mercredi 22 septembre 2010

Genève : un bijoutier arménien victime d'un règlement de compte familial


Romandie News
Genève: un règlement de compte familial jugé devant les assises
La Cour d'assises de Genève se penche depuis ce lundi sur une sombre affaire de vengeance familiale au sein de la communauté arménienne. Un homme de 39 ans est accusé d'avoir engagé un tueur pour assassiner son beau-père. Ce dernier a miraculeusement survécu.
Le gendre, le tueur présumé âgé de 42 ans, ainsi qu'un homme de 50 ans qui aurait fourni le pistolet du crime, se sont assis lundi matin sur le banc des accusés. Tous contestent l'intégralité des accusations qui pèsent sur eux. Ils plaideront leur acquittement devant les douze jurés.
Abattu à un arrêt de bus
Les faits se sont déroulés en octobre 2007. Un bijoutier d'origine arménienne de 72 ans attend à un arrêt de bus dans le quartier de Champel. Accusé d'avoir voulu tuer sa fille lors d'une dispute liée à des questions d'argent, le vieil homme doit se rendre au Palais de justice pour assister au troisième jour de son procès.
Selon un témoin, un homme de grande taille a alors traversé la rue, s'est dirigé vers le septuagénaire et a tiré sur lui a bout portant. Blessé au cou, le vieil homme s'écroule. Le tireur prend la fuite à pied. La police retrouvera l'arme du crime dans un buisson, à proximité de l'arrêt de bus.
Arrêté en France
A l'issue d'une enquête de plus d'une année, le tireur présumé est finalement arrêté à Clermont-Ferrand (F) et extradé. L'Arménien n'est pas un inconnu en Suisse. Il y a demandé l'asile et a vécu à Genève entre 2001 et 2006 avant d'être refoulé. Durant cette période, il a commis divers petits vols.
L'ADN retrouvé sur l'arme du crime correspond à celle du tueur à gages présumé, a relevé un inspecteur de police. L'accusé est aussi arrivé à Genève quelques jours avant la tentative d'assassinat et a déjeuné avec le gendre du bijoutier et son épouse dans un restaurant à Versoix.
Le procès doit se terminer vendredi. Le beau-fils comparaît libre devant la Cour d'assises, alors que les deux autres accusés sont détenus à Champ-Dollon (GE).
(ats / 20 septembre 2010 13:29)
Source : http://www.romandie.com/infos/ats/display2.asp?page=20100920132947640172019048164_brf020.xml

vendredi 17 septembre 2010

La menace sécessionniste arménienne en Anatolie

Bernard Lewis, Islam et laïcité. La naissance de la Turquie moderne, Paris, Fayard, 1988, p. 311-312 :

"Avec le déclin manifeste de la puissance ottomane et la montée de l'influence européenne au XIXe siècle, la situation des Ottomans non-musulmans empira de manière catastrophique. Les relations matérielles entre musulmans et chrétiens se transformèrent radicalement. L'ancien lien, mutuellement accepté, entre musulmans et zimmî, qui valait à ces derniers un statut et des droits précis et reconnus, fut sapé et détruit par des idées et des ambitions nouvelles. Les principes libéraux exigeaient des Turcs qu'ils accordent aux peuples assujettis la pleine égalité des droits dans l'Empire ; les principes nationaux autorisaient ces peuples à se rebeller contre lui pour fonder des Etats indépendants ; les principes chrétiens et impériaux inclinaient les prétentions tant à la citoyenneté qu'à la sécession. Dans ces conditions, comment la suspicion, la peur, la haine (et parfois, pourrions-nous ajouter, les exemples que donnait l'Occident de son intolérance) n'auraient-elles pas transformé l'attitude des Turcs envers les peuples assujettis ? La faiblesse et les hésitations des Turcs face à l'invasion étrangère et à la rébellion intérieure aboutirent souvent à une oppression et des brutalités terribles.

Particulièrement tragique fut le cas des Arméniens qui, au début du XIXe siècle, étaient encore appelés le Millet-i Sadika, la communauté loyale, et dont un visiteur français bien informé disait que c'était la minorité la plus fidèle à l'Empire ottoman et celle en qui les Turcs avaient le plus confiance. Tout commença à changer avec la conquête russe du Caucase dans le premier quart du XIXe siècle ; et la création à la frontière orientale de l'Empire d'une Arménie russe où l'Eglise arménienne était reconnue, où des gouverneurs et des généraux arméniens administraient les provinces et commandaient les armées. L'influence politique et culturelle de l'Arménie russe, d'une part, et, d'autre part, les nouvelles idées nationales et libérales venant d'Europe touchèrent puissamment les Arméniens ottomans, en particulier les classes moyennes en plein essor, et encouragèrent le développement d'un mouvement nationaliste arménien aussi ardent qu'actif.

Aux yeux des Turcs, cette menace sécessionniste arménienne apparaissait la plus redoutable de toutes. Ils pouvaient encore, tout à regret que ce fût, abandonner leurs conquêtes serbes, bulgares, albanaises et grecques pour rapprocher de chez eux les frontières de l'Empire. Mais les Arméniens, qui s'étendaient à travers la Turquie d'Asie depuis la frontière du Caucase jusqu'à la côte méditerranéenne, étaient implantés en plein coeur de la patrie turque ; et renoncer à ces régions aurait signifié plus que le tronçonnement : la dissolution de l'Etat turc. Depuis des siècles, les villages turcs et arméniens, inextricablement mêlés, vivaient en bon voisinage, et voilà que s'engagea entre eux une lutte désespérée, lutte entre deux nations pour la possession d'une seule patrie qui s'acheva par les terribles tueries de 1915, dans laquelle périrent un et demi million d'Arméniens, selon certaines estimations [allégations arméniennes], et un nombre inconnu de Turcs."

vendredi 10 septembre 2010

Guerre de clans entre Arméniens et Géorgiens ou entre Arméniens d'Arménie et Arméniens de Géorgie ?

9 juin 2010 09h15
Par Aude Ferbos

La guerre de clans avait fini dans le sang

Un Arménien condamné à six ans de prison hier, pour sa participation au sanglant règlement de comptes du 7 juin 2001 à Campet-et-Lamolère (Landes).

C'est une vieille - et sanglante - affaire qui était à nouveau convoquée à la barre du tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, hier, pour une audience spécifique.

L'histoire remonte au 7 juin 2001. Ce soir-là, un véritable règlement de comptes entre Arméniens et Géorgiens se solde par un bilan tragique : Otto Amirov, 46 ans, père de trois jeunes enfants, est proprement égorgé dans un bois de Campet-et-Lamolère, tandis que son compatriote géorgien, Davit Ourassian, est grièvement blessé.

À l'origine de ce crime, une véritable guerre des clans oppose les ressortissants des deux communautés installées à Mont-de-Marsan, sur fond de racket et de trafic de drogue. Même si les relations entre les uns et les autres ne sont pas si claires, les ennemis d'un jour étant aussi les amis de la veille. Et vice-versa. Mais dans un contexte de livraison de cannabis en retard, la tension monte et une première altercation éclate le 5 juin 2001. L'Arménien Armen Iskanderov est blessé d'un coup de couteau dans les fesses. Un affront que le clan veut venger.

Vengeance

C'est ainsi que l'expédition punitive est organisée par les Arméniens qui, avant d'en découdre, appellent des renforts de Paris, Pau et d'Allemagne. Et convoquent les deux Géorgiens à une fausse « cérémonie de paix », qui dégénère en « tribunal sauvage » et règlement de comptes au couteau.

Une affaire difficile à dénouer pour les enquêteurs. Faute d'avoir suffisamment d'éléments sur la scène de crime et sur les auteurs de cette vendetta, l'affaire est finalement ouverte et jugée pour association de malfaiteurs : cinq Arméniens sont renvoyés devant le tribunal en mars 2007. Deux seulement assistent à l'audience : Vardan Avagian et son fils Vagram Avakian. Ils sont condamnés à quatre ans de prison, tandis que les trois absents écopent de sept ans.

Ces trois-là restent introuvables malgré un mandat d'arrêt international. Jusqu'à ces derniers mois : Armen Tsakanyan est interpellé par la police espagnole lors d'un banal contrôle d'identité et extradé en France pour exécuter sa peine. Sauf qu'il fait opposition de son jugement. Et comparaissait donc à nouveau hier pour « participation à une association de malfaiteurs ». Ainsi a-t-il pu expliquer sa fuite, à l'issue de ce 7 juin 2001. Disparaissant complètement du paysage montois, il a refait sa vie à Barcelone où sous une fausse identité, il a monté un commerce de « télécommunications » et fait venir sa famille.

Mais s'il a en effet été jugé coupable d'avoir participé à l'entreprise, à laquelle l'audience a permis d'établir qu'il n'avait pas un rôle d'exécutant, sa comparution n'a pas permis de faire toute la lumière sur ce règlement de comptes sanglant. Dans la salle, la veuve d'Otto Amirov n'a rien appris de plus sur le déroulement de cette tragique soirée, pas plus que sur les raisons précises pour lesquelles son mari, respecté des deux communautés et considéré comme le patriarche pacificateur, est mort. « Ce n'est pas moi qui décidais, c'est Armen Iskanderov. Moi je faisais ce qu'il disait parce que j'avais peur », se défausse, en russe, Armen Tsakanyan. « À longueur de procédure, les deux Armen sont cités comme étant les organisateurs des violences ayant dégénéré en crime », oppose le procureur Jean-Pierre Laffite, requérant cinq ans de prison.

Le tribunal ira au-delà, condamnant Armen Tsakanyan à six ans de prison.
Source : http://www.sudouest.fr/2010/06/09/la-guerre-de-clans-avait-fini-dans-le-sang-112179-3324.php

Le terrorisme arménien en France : images d'archives

Grossière duplicité de l'activisme arménien

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002 :

- IIIe Reich : 

" « La FRA [Dachnak], souligne Hraïr Maroukhian (1928-1998), secrétaire général du Parti de 1972 à 1994, se donne la liberté d'avoir des relations avec tous ceux qui peuvent jouer un rôle dans l'évolution du haïtadisme [la "cause arménienne"] », des plus vertueux aux plus vicieux, jusqu'à pactiser avec le diable pour réaliser son idéal, comme ce fut le cas pendant la seconde guerre mondiale où une partie de ses rangs a collaboré avec l'Allemagne nazie pour la révision des traités de paix et le combat contre l'URSS de Staline." (p. 10)

- Droite maronite :

"Au Liban, la FRA maintient son alliance avec les Phalangistes et participe à l'élection de S. Frangié à la tête de l'Etat en 1970." (p. 23)

"(...) la FRA se cache derrière le bouclier de la neutralité positive : ne pas participer au conflit [libanais] et assurer l'autodéfense des quartiers arméniens, tout en favorisant le dialogue entre les belligérants en vue d'obtenir un accord de paix durable. Sur le terrain, cette politique a cependant du mal à s'appliquer. Une partie de la milice dachnak rejoint les forces de C. Chamoun dans les combats de Naba'a en juillet 1976 contre les forces progressistes musulmanes." (p. 42)

"Alors que les députés sunnites boycottent l'élection de septembre 1982, les députés dachnaks assurent une présence de principe à l'élection présidentielle gagnée par B. Gemayel, l'homme de l'opération antiarménienne de 1979. Mais opposée à l'élection de l'ex-président C. Chamoun, profanateur du monument dédié au génocide arménien de Bikfayah, la FRA croit qu'il existe toujours un Etat libanais, même à ces heures les plus noires de la guerre civile. N'ayant, à ses yeux, pas le choix, la FRA apporte ses voix à la victoire de B. Gemayel. La constitution a ses contraintes que la neutralité positive n'est pas en mesure de régler. Après l'assassinat du nouveau président en septembre 1982 et les massacres de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila, l'élection d'A. Gemayel à la présidence de la République accélère la création d'un réduit maronite à l'est de Beyrouth." (p. 79)

- Nationalisme arabe :

"Sensible aux idées pan-nationales et étonnée par les réussites du socialisme anticolonial des Etats arabes, la FRA, au nom de sa révolution culturelle haïtadiste, se glisse dans les habits de la neutralité positive et lui accorde une portée à la fois internationale, stratégique, politique, nationale et tiers-mondiste." (p. 39)

"Indignée par les massacres palestiniens de Septembre noir, la jeunesse dachnak associe le destin des Arméniens à celui des Palestiniens, deux peuples sans Etat, même si l'installation massive des Palestiniens au Liban ébranle les bases du Pacte national cher à la FRA." (p. 23)

"Hostile à Israël, pays ami de la Turquie, la FRA condamne l'invasion du Liban par Tsahal. Elle y voit le résultat d'une alliance israélo-phalangiste afin de liquider la question palestinienne et de supprimer l'Etat libanais au profit d'un mini-Etat chrétien, allié d'Israël et rempart contre le monde musulman." (p. 79)

"En Syrie, après plus de dix ans d'interdiction pour espionnage anticommuniste au service des Etats-Unis, la FRA doit son existence formelle à la bonne volonté du nouveau leader, Hafez el Assad, soucieux de préserver un équilibre ethnique dans le pays, en favorisant les minorités les plus dociles à son égard." (p. 23)

"Du côté de la Syrie, Damas reconnaît, après s'en être méfiée, que la stratégie autonomiste et neutraliste des Arméniens du Liban constitue l'un des principaux maillons de la chaîne des minorités favorables à la Syrie qu'elle cherche à fabriquer. Sur l'échiquier arménien, la Syrie occupe une place centrale pour orchestrer les négociations sur le plan politique et militaire. Soutenu par les dachnaks syriens, qui renforcent l'autorité du régime alaouite à Alep, ville syrienne à forte composante arménienne, contre la contestation sunnite, le président Assad sait qu'il peut désormais aussi compter sur les Arméniens de Beyrouth pour orienter à sa guise sa politique au Liban. Sur le plan militaire, le général Kanaan, commandant des forces syriennes au Liban et établi à Andjar, surveille l'action du Dachnak dans la région, mais l'alliance entre la Syrie et le PSP de W. Joumblatt, lui-même proche de l'ASALA, dissuade la FRA de trop s'exposer. Les activités du 2e bureau syrien à Beyrouth comme dans la Bekaa invitent la FRA à la plus grande prudence ; à l'inverse, sachant que la FRA a des connexions avec l'Armée rouge, les officiers syriens au Liban s'en tiennent avec la FRA à des échanges de bons procédés." (p. 63-64)

"La FRA se rapproche de la Syrie et du Hezbollah, hostile à Israël et à la Turquie, qualifiant « le panturquisme et le sionisme d'idéologie raciste qui constituent les deux faces d'une même médaille, celle de l'impérialisme ». Jamais, depuis la création d'Israël, la FRA n'a eu une position si dure à l'égard de l'Etat hébreu. En août 1997, la Syrie appelle à donner des garanties de sécurité aux Arméniens du Haut-Karabakh tandis que la FRA demande le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, après que le général Cohen, ministre de la Défense américain, a déclaré que la Syrie, la Libye, l'Iran et l'Irak stockent de grandes quantités d'armes chimiques et bactériologiques. (...) Le principal enseignement que la FRA tire de cette complication des enjeux stratégiques, c'est que le post-haïtadisme est indissociable du conflit israélo-arabe et trouve paradoxalement sa vitesse de croisière dans sa riposte à la consolidation de l'axe israélo-turc. Convaincue que l'Arménie finira par signer des accords militaires avec la Syrie et l'Iran, sur la base de ceux signés avec la Grèce et la Russie en 1997, la FRA soutient ouvertement les Etats arabes et iranien.

Pour se développer au Liban, le post-haïtadisme a dû s'émanciper de la tutelle du Premier ministre R. Hariri dont les relations avec Damas s'enveniment à mesure que Beyrouth cherche un accord de paix séparée avec Israël alors que Damas souhaite une paix globale dans la région." (p. 251-252)

- Iran :

"En Iran, alliée du Shah, la FRA s'appuie sur cinq vice-ministres et deux députés arméniens au parlement iranien pour contrôler les affaires communautaires." (p. 23)

"(...) l'islamisme iranien ne manque pas de séduire la communauté chiite libanaise divisée entre la milice Amal, pro-syrienne, et la milice du Hezbollah, pro-iranienne. Ce qui ne simplifie pas les affaires de la FRA, qui doit désormais tenir compte du facteur iranien dans sa politique à l'égard de la milice du Hezbollah.

Or, en 1983, Téhéran organise une rafle d'arrestation de dachnaks, après que les Gardiens de la révolution ont découvert des stocks d'armes dans leurs appartements. En même temps, fidèle aux préceptes éducatifs formulés par le guide de la révolution, l'Ayatollah Khomeyni, le gouvernement impose les règles de l'Islam dans les écoles communautaires arméniennes, ferme écoles et centre sportif arméniens. L'attaque contre la FRA participe de l'entrée de la révolution iranienne dans sa phase de thermidorisation. Elle atteste également d'un changement tactique de la part du régime des Mollahs. Il ne s'agit plus, comme en 1979-1981, de réprimer la FRA en tant qu'ancien soutien au régime du Shah, mais plutôt de la faire plier puis de l'instrumentaliser au bénéfice de sa politique de surveillance communautaire. Vraisemblablement, la découverte d'un arsenal militaire sert de prétexte à la reprise en main de la FRA et à l'amorce d'un dialogue secret entre les dachnaks et le gouvernement islamique. Dans cette perspective, la FRA compte sur Karekine II, Catholicos de la Maison de Cilicie et ancien archevêque arménien à Téhéran, pour obtenir un assouplissement du régime iranien à son égard et s'aménager une politique de respect mutuel avec le Hezbollah." (p. 80)

- Grèce : 

"Par solidarité avec la nation hellène, la FRA ne s'exprime pas sur la responsabilité de la Grèce des colonels dans le renversement du régime de Makarios et s'en tient à une ligne antiturque." (p. 36)

"A cheval sur l'Occident et l'Orient, la Grèce, membre de la CEE, est l'ennemie traditionnelle de la Turquie et soutient le monde arabe dans sa lutte contre Israël. Proche du PASOK, le Parti socialiste grec au pouvoir, H. Maroukhian entretient de bonnes relations avec le Premier ministre, A. Papandréou." (p. 105)

- Internationale socialiste :

"(...) une motivation, se donner toutes les chances d'adhérer à l'IS [Internationale socialiste], réunie en congrès en 1976 à Genève, au cours duquel la FRA présente sa candidature, une nouvelle fois rejetée officiellement pour raisons statutaires. Mais les relations avec ces partis socialistes occidentaux ou autonomes par rapport à Moscou illustrent l'enracinement de la FRA à gauche, même si sa collaboration avec le régime des colonels en Grèce et des Phalangistes au Liban reste en travers de la gorge des socialistes." (p. 41)

"Le soir de la victoire du 10 mai 1981, les dachnaks participent, en France ou à l'étranger, à l'ivresse populaire qui gagne le peuple de gauche et scandent eux aussi le slogan : « On a gagné. » A la lecture du discours de F. Mitterrand à Mexico, certains voient même dans la France socialiste une terre dachnak favorable aux peuples en lutte. Le gouvernement de Pierre Mauroy compte plusieurs ministres arménophiles. Le PS de Lionel Jospin prête une oreille attentive à la FRA dont les démarches auprès des socialistes transitent par un poids lourd du gouvernement, C. Hernu. Les changements sont immédiats en matière de justice. L'Assemblée nationale vote, le 4 août 1981, une loi d'amnistie destinée à « permettre à ceux que la passion politique avait égarés de réintégrer la communauté nationale »." (p. 70)

- Etats-Unis et URSS :

"Le détonateur de 1965 est passé par là et plus rien ne peut arrêter l'inflexion stratégique de la FRA d'un antisoviétisme vers un neutralisme d'inspiration tiers-mondiste." (p. 19)

"Soutenu par H. Maroukhian qui lui accorde plus d'intérêt à mesure que les négociations avec l'URSS avancent, E. Hovannessian critique la dissidence en RSS d'Arménie. Mais alors pourquoi se présente-t-il lui-même comme un dissident déchu de sa citoyenneté soviétique auprès de ses interlocuteurs ? Pourquoi se réclamer des idées du dissident Soljenitsyne alors que sa famille, restée en URSS, n'a jamais été menacée par le KGB ? Comment peut-on être le directeur du département arménien de Radio Free Europe alors que son fils, Vahan, a pu poursuivre ses études d'archéologie à Moscou sans connaître le moindre ennui avec le KGB ? Enfin comment peut-il être crédible lorsque, de Munich, il critique le régime communiste mais jamais le premier secrétaire du PCA, alors que sa femme est une amie intime du couple Demirdjian à Erevan ?" (p. 98)

"Considérant que les Etats-Unis ont beaucoup à perdre dans ce conflit [chypriote] opposant deux Etats membres de l'OTAN, Washington maintient la pression sur Ankara qui depuis 1973 est aux mains du Premier ministre, Bülent Ecevit, un nationaliste de gauche. Ankara autorise la culture du pavot en dépit des objections américaines et voit dans la guerre du pavot une manière pour les Turcs de dire non aux Etats-Unis. En riposte, le Département d'Etat reçoit l'ensemble des dachnaks américains réunis en congrès fédéral. En 1975, le Congrès américain déclare le 24 avril 1915 « Journée de l'inhumanité de l'homme envers l'homme », sans utiliser toutefois le terme de génocide. Enfin, pour désapprouver l'invasion de Chypre, Washington impose un embargo sur les livraisons d'armes à la Turquie en 1975." (p. 36)

"(...) Américains et Soviétiques ont-ils une responsabilité dans ce tournant terroriste ? En froid avec la Turquie, les deux grands ont-ils, sans se concerter, accepté que la FRA plonge dans le terrorisme ? Et qui à Washington et à Moscou a plus intérêt à voir Arméniens et Turcs s'empoigner ? Pour les Américains, la réactualisation de la cause de l'Arménie turque et le terrorisme arménien sont deux moyens de pressions sur Ankara, à la condition que ce dernier se limite à la reconnaissance du génocide et renonce à frapper la Turquie sur le sol américain. Pour les Soviétiques, fragiliser la Turquie, bastion de l'OTAN dans la Méditerranée orientale, c'est affaiblir la stratégie américaine en Europe et au Moyen-Orient, a fortiori quand cette puissante Turquie fait de l'ombre aux Etats arabes battus par Israël. En poussant les Arméniens au terrorisme, Moscou contraindrait la Turquie à ne s'occuper que des menaces intérieures kurde et arménienne et réduirait l'influence de la Turquie, donc de l'OTAN, dans la région. Il est encore trop tôt pour attribuer une quelconque responsabilité américaine ou soviétique dans le terrorisme arménien, même si, pour ne pas laisser libre cours aux bras militaire de leur Etat respectif intéressé par la problématique du terrorisme dachnak, la CIA a suivi avec curiosité l'évolution de l'ASALA et le KGB a coopéré avec le FPLP-COSE, autorité de tutelle de l'ASALA au Liban. Détail étonnant cependant : Soviétiques et Américains n'ont pas réagi aux premiers attentats arméniens." (p. 37-38)

Les troubles sanglants provoqués par les comités arméniens sous Abdülhamit II

Jacques Jeulin, note dans Avec mon père le sultan Abdulhamid : de son palais à sa prison d'Ayşe Osmanoğlu, Paris, L'Harmattan, 1991, p. 288-289 :

"Dès juillet 1895, l'ambassade de Grande-Bretagne faisait savoir au Foreign Office que : "les comités arméniens étaient résolus à provoquer un massacre et qu'ils préparaient des soulèvements en divers points du territoire". Ceci fut confirmé.

Dans la seconde moitié de 1895, une trentaine d'assassinats, de soulèvements et d'incidents graves eurent lieu dans diverses villes de l'Est du pays. Il semble que, cette année-là (en dehors de la révolte de Zeytoun, évoquée ci-dessous), il y eut un total d'une dizaine de milliers de morts, dont plus de 1.000 à 2.000 musulmans.

La révolte de Zeytoun (appelé aujourd'hui Suleymanli), district situé dans la province de Marach (180 kilomètres au nord d'Alep), fut provoquée entièrement par les Arméniens, qui refusaient de payer leurs impôts. Plusieurs révoltes y avaient déjà éclaté dans le passé, mais celle de 1895 fut organisée sur une grande échelle par le comité Hentchak, avec des hommes venus de l'extérieur, qui armèrent et organisèrent la population. Des milliers de musulmans, gendarmes, militaires et civils, furent tués, y compris des soldats faits prisonniers par les rebelles. L'insurrection commença le 24 octobre, et s'acheva le 28 janvier 1896, par la reddition et la capture de la plupart des insurgés. Sur l'intervention des puissances, notamment de la Grande-Bretagne, les insurgés furent traités avec mansuétude. Il n'y eut pas de condamnation à mort. En réalité, c'est surtout après la révolte que les Arméniens moururent en grand nombre, du fait des épidémies de typhus, de dysenterie et de variole. Bien entendu, l'épidémie n'épargna pas les villages musulmans. Les villages arméniens détruits furent reconstruits grâce à l'aide des missionnaires américains. Mais personne ne s'intéressa aux villages musulmans.

L'échec de cette insurrection fut la fin du parti Hentchak ; après 1896, ce fut le parti Dachnak qui commença à occuper le terrain en Anatolie.

Une révolte à Van éclata le 14 juin 1896, elle aussi préparée bien à l'avance, surtout par les Dachnaks. Le consul britannique de l'époque à Erzéroum écrivit qu'elle débuta par l'attaque, par des Arméniens, de soldats et gendarmes turcs, et aussi de villageois musulmans, à Van et dans les villages des alentours. Au total, cette révolte aurait fait environ cinq cents morts musulmans, et mille morts arméniens."

Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

François Georgeon, "Le dernier sursaut (1878-1908)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 560-564 :

"Mais, à la fin du XIXe siècle, c'est surtout l'évolution du mouvement national arménien qui paraît préoccupante pour l'Etat ottoman. Depuis le milieu du siècle, la société arménienne a profondément changé. Elle a connu un réveil culturel marqué par le développement d'un réseau d'écoles modernes, l'envoi de jeunes Arméniens en Europe, la multiplication des livres et des journaux édités en arménien. Cette renaissance culturelle a débouché sur l'adoption, en 1860, d'une constitution, le Règlement organique arménien, qui réduisait les pouvoirs traditionnels du patriarche au profit de la bourgeoisie. L'étape suivante est marquée par la naissance du mouvement national arménien au début des années 1860. Dans l'est de l'Anatolie, des pétitions circulent dans la population arménienne, des insurrections, encore localisées, éclatent, comme à Zeytun en 1862. Cette effervescence va se poursuivre jusqu'à la réunion du Parlement ottoman en 1876 qui offre aux députés arméniens l'occasion d'exposer les aspirations de leur communauté pour obtenir des réformes, la sécurité, etc.

Ces éléments que l'on observe aux origines du nationalisme arménien (développement des écoles, renouveau littéraire, agitation), on les retrouve au point de départ de tous les mouvements nationaux dans l'empire. Pourtant, le cas arménien se signale par quelques traits spécifiques. D'abord, la géographie du peuplement arménien dans l'Empire ottoman, qui fait que dans l'Anatolie orientale et en Cilicie la population arménienne est étroitement imbriquée dans le tissu démographique musulman. En outre, dans les six provinces orientales les plus peuplées d'Arméniens, ceux-ci ne constituent nulle part à la fin du siècle la majorité de la population. Arméniens, Turcs, Kurdes, Circassiens se côtoient dans les mêmes villages, dans les mêmes villes.

Un autre fait à noter, c'est que les Arméniens, sans doute plus que toute autre minorité non musulmane, sont intégrés à la structure politique et administrative de l'Etat. Depuis l'insurrection grecque, qui a eu pour résultat de beaucoup réduire l'influence politique des Grecs de l'empire, les Arméniens occupent une place importante dans le personnel politique attaché au Palais ou à la Porte. Ils sont nombreux également dans les institutions locales mises en place par la loi de 1864. Ils sont présents dans les conseils municipaux, les tribunaux, fournissent des experts en finance, des interprètes, des techniciens dans les services de la santé et de l'agriculture. Ainsi, leur place devient plus grande dans l'Etat au moment même où la conscience de leur identité nationale se fait plus aiguë.

Le troisième trait qui fait l'originalité de la question arménienne est le type de contacts que la population arménienne entretient avec l'extérieur. Ils sont liés à l'existence d'une diaspora arménienne en Europe déjà ancienne, qui dispose de brillants foyers de culture nationale, comme celui que les Mékhitaristes ont fondé à Venise. Par ailleurs, les rapports avec le Caucase et les liens avec les Arméniens de Russie sont étroits. Du Caucase des hommes et des idées circulent en Anatolie orientale avant même d'atteindre Istanbul. Enfin, la communauté arménienne a été largement pénétrée par les missions, surtout les missions protestantes américaines. Ainsi, par l'ouverture de ses élites sur le monde extérieur, la société arménienne, celle de l'Anatolie orientale surtout, se différencie de plus en plus de la société musulmane qui l'entoure.

A partir de 1878, la question arménienne s'internationalise, et le mouvement national se radicalise. Lors des négociations des traités de paix (San Stefano et Berlin), les Arméniens avaient envoyé des délégations pour faire entendre leur désir de réformes et d'autonomie sur le modèle de l'autonomie accordée au Liban en 1860. A San Stefano, c'était la Russie qui devait veiller à l'application des réformes dans l'Arménie turque ; à Berlin, cette responsabilité pèse désormais sur les puissances européennes (article 61). Entre-temps, par la convention de Chypre, la Grande-Bretagne s'était engagée à faire appliquer les réformes et à défendre l'Anatolie orientale contre toute attaque, donc contre le danger russe.

Désormais, les provinces arméniennes sont devenues un élément de la rivalité anglo-russe. Par le plateau arménien, la Russie menace les Indes anglaises. La Grande-Bretagne s'inquiète de la poussée militaire russe à partir du Caucase et de l'utilisation qui est faite par la Russie du thème de la protection des Arméniens. Poussée par une opinion publique fortement sensibilisée au sort des populations arméniennes, elle s'efforce de faire pression sur le gouvernement ottoman pour qu'il entreprenne les réformes promises ; à cette fin, des consuls militaires anglais seront envoyés en Anatolie orientale en 1879-1880. Craignant que ce combat pour les réformes ne soit pour les Anglais un moyen de prendre pied en Anatolie orientale, les Russes s'opposent presque systématiquement aux projets britanniques.

La radicalisation du mouvement national arménien après 1878 est liée en grande partie à l'analyse qui a été faite par les intellectuels arméniens de l'indépendance bulgare : celle-ci a été obtenue grâce à l'intervention de l'Europe, certes, mais surtout grâce aux méthodes violentes des « comités » révolutionnaires bulgares. Ainsi le « modèle bulgare » hante les militants arméniens, ceux notamment qui vont fonder les premières organisations. C'est en effet au milieu des années 1880 que commencent à apparaître les premiers partis révolutionnaires : le parti Armenakan fondé à Van en 1885 par quelques instituteurs, puis les deux grands partis qui, à la différence du premier, seront fondés par des Arméniens du Caucase n'ayant que peu de liens avec l'Arménie turque : le Hentchak (la cloche) fondé à Genève en 1887, et la Dachnak (Fédération révolutionnaire arménienne) en 1890 à Tiflis.

En dépit de certaines différences (le Hentchak par exemple est le seul à parler d'indépendance et à réclamer l'union des populations arméniennes de Turquie, de Russie et d'Iran), les deux grands partis ont bien des points communs : fondés par des intellectuels coupés des masses, ils s'inspirent du populisme russe et se réclament ouvertement du socialisme. Ils envisagent le terrorisme et la lutte armée pour parvenir à leurs fins, et pensent qu'il faut armer la paysannerie arménienne pour organiser sa défense. Ils comptent également beaucoup sur l'aide que l'Occident peut apporter à leur cause, et une partie de leur activité sera d'entreprendre une intense propagande auprès de l'opinion publique et des hommes politiques occidentaux. Premier signe de l'activité révolutionnaire, le Hentchak organise une manifestation en 1890 à Istanbul dans le quartier de Kump Kapï pour dénoncer le sort misérable des Arméniens de l'Anatolie orientale.

Face à la montée du nationalisme arménien, quelle sera l'attitude de 'Abdül-Hamîd ? Pour le sultan, le problème arménien, pris dans son ensemble, est un autre problème de nationalité qui s'ajoute aux problèmes grec, serbe, bulgare. Autrement dit, il représente une nouvelle menace qui pèse sur l'intégrité territoriale de l'empire et offre aux puissances européennes de nouvelles occasions d'intervenir. Il convient donc, instruit par les expériences précédentes, d'étouffer les premiers germes de nationalisme chez les Arméniens avant qu'il ne soit trop tard. Vu sous l'angle territorial, le problème arménien est celui de l'Anatolie en général, et plus particulièrement de l'Anatolie orientale. Chaque recul ottoman dans les Balkans est perçu par les Arméniens comme un encouragement, et par les dirigeants ottomans comme une raison supplémentaire pour affermir leur domination sur l'Anatolie. L'Anatolie orientale est, après 1878, menacée de l'extérieur par les Russes et les Anglais, et de l'intérieur par les Arméniens.

L'Etat ottoman s'efforce de répondre à ces menaces avec les handicaps structurels qui lui sont propres : médiocre état des finances, mauvais état des routes et communications, corruption, etc. Une première réponse sera d'ordre démographique : elle consiste à utiliser les réfugiés venus de Russie pour renforcer les éléments musulmans, en particulier le long de la frontière avec l'empire des tsars. Une autre réponse, politico-militaire, est la création en 1891 des régiments Hamîdiye établis sur le modèle des Cosaques de Russie. Il s'agit de régiments composés d'éléments appartenant à des tribus kurdes. A Istanbul, ils constituent la garde personnelle du sultan, et sur place, dans l'est anatolien, ils sont chargés de maintenir l'ordre, en réalité de faire front aux activités des révolutionnaires arméniens. Mais la création des Hamîdiye s'inscrit également dans la politique kurde de 'Abdül-Hamîd qui consistait à essayer de renforcer la solidarité des musulmans et à éviter toute collusion entre Kurdes et Arméniens. Une telle éventualité aurait rendu très difficile la défense de l'Anatolie orientale.

En tout cas, ces nouveaux régiments n'empêchent pas la fermentation révolutionnaire de déboucher sur deux années d'agitations et de violences, en 1894-1896. Pendant l'été 1894, des militants du Hentchak encouragent leurs compatriotes du district de Sasun à se soulever contre les Kurdes. Considérant qu'il s'agit d'une rébellion, le gouvernement turc envoie la troupe. La répression est brutale, et les massacres soulèvent une grande émotion en Europe et contribuent au réveil du mouvement arménophile. Un an plus tard, le Hentchak organise en plein coeur d'Istanbul, devant la Sublime Porte, une manifestation qui dégénère en affrontements sanglants avec la police. Pendant les années 1895-1896, la région de Zeytun, à l'est, est en état d'insurrection à peu près permanent. En août, l'agitation culmine avec le coup de main audacieux du parti Dachnak contre le siège de la Banque ottomane à Istanbul. Pour toucher les puissances européennes dans leurs intérêts et les pousser à agir en faveur des Arméniens, une vingtaine de militants occupe le bâtiment et retient le personnel en otage durant toute une journée. L'affaire provoque des représailles contre la communauté arménienne d'Istanbul, sans que les revendications des terroristes soient satisfaites.

L'Europe, en effet, n'intervient pas. Malgré la force du courant arménophile, où se distingue Gladstone, le gouvernement anglais ne peut entraîner les autres puissances dans une action collective, et il n'a pas les moyens d'agir seul, comme l'avouait Salisbury lorsqu'il disait qu'il ne pouvait pas envoyer la flotte britannique sur le mont Ararat. La Russie, qui pratique à la fin du siècle une politique de russification et persécute ses propres Arméniens, est devenue très méfiante à l'égard du mouvement arménien de Turquie animé par des révolutionnaires et des socialistes, comme à l'égard de toute politique de réforme ou d'autonomie qui serait menée en Anatolie orientale. Elle fait donc obstacle aux projets de Londres. Quant à la France, alliée de la Russie, créancière de l'Empire ottoman où elle a de gros intérêts économiques et culturels, elle s'abstiendra prudemment.

Les conséquences de ces années d'agitations et de troubles sanglants sont importantes. Le mouvement national arménien traverse une crise profonde. Le choix d'une idéologie socialiste, le recours au terrorisme et à la violence lui ont aliéné la bourgeoisie arménienne d'Istanbul. Il a misé sur l'aide de l'Europe, pensant qu'elle pouvait manipuler à sa guise le gouvernement ottoman. Le plus grave sans doute est que le mouvement national arménien n'a pas, sauf pendant une brève période (1890-1891), été unifié ; les deux grands partis restent divisés par des questions de personnes et de clientèles plutôt que d'idéologie. Dès 1896, une fraction du Hentchak renonce au socialisme pour se concentrer sur la libération nationale. Les révolutionnaires arméniens révisent leur stratégie : ils feront alliance avec l'opposition jeune-turque en 1902 et 1907 pour tenter de restaurer la Constitution.

Quant à 'Abdül-Hamîd, il a réussi, non sans brutalité, à affaiblir le mouvement national arménien. Durant quelques années, il n'y aura plus de troubles majeurs sur le plateau arménien. Mais les affrontements de 1894-1896 ont laissé des cicatrices profondes. Près de 100 000 Arméniens prennent le chemin de l'exil vers la Transcaucasie ou l'Amérique. Un fossé de méfiance et d'hostilité sépare désormais les chrétiens et les musulmans dans l'Est anatolien. Un exemple parmi d'autres : un des cheykhs kurdes responsables de la répression de la révolte de Sasun, passant par Diyarbekir sur la route du pèlerinage de La Mecque, fut accueilli en héros par la population musulmane de la ville."

samedi 4 septembre 2010

Le violeur et meurtrier Thierry Dève-Oglou est d'origine arménienne et non turque

L’incroyable clémence qui a profité au violeur du RER D

Propos recueillis par Cyrille Louis

03/12/2007
Mise à jour : 09:11
 
Le meurtrier présumé d’Anne-Lorraine Schmitt avait déjà été condamné pour l’agression d’une étudiante. Mais la justice n’avait pas décelé de dangerosité particulière. Avocate au barreau de Senlis, Me Isabelle Pfeiffer avait défendu devant la cour d’assises de Beauvais, en 1996, la première victime de Thierry Deve Oglou, une étudiante violée le 25 janvier 1995.
LE FIGARO. – Quels étaient les faits reprochés à Deve Oglou lors de son premier procès ?

Isabelle PFEIFFER. – L’affaire était étrangement similaire au drame survenu le 25 novembre. Ma cliente, une brillante étudiante en lettres, était une très belle jeune femme, blonde et élégante. Un après-midi de semaine, elle s’était retrouvée seule dans un wagon du RER D avec Thierry Deve Oglou qui avait sorti un Opinel et l’avait forcée à lui pratiquer une fellation. Grâce à l’aide de patrouilles SNCF, elle avait fini par retrouver l’homme qui avait aussitôt reconnu les faits. Comme il en était à son premier viol, le juge d’instruction avait proposé de «correctionnaliser» le dossier, comme s’il s’était agi d’une agression sexuelle. Je me rappelle que ma cliente lui avait répondu : «Je ne suis pas vindicative mais je tiens à ce que cet homme soit jugé aux assises.»

La peine prononcée – cinq ans de prison dont deux ferme – apparaît clémente. Comment l’expliquez-vous ?

Tout d’abord, les faits avaient été banalisés par la cour, comme si le fait d’être contrainte à une fellation n’était pas un vrai viol. Ensuite, Deve Oglou était apparu comme un pauvre type, frustré mais pas méchant, qui avait cédé à une pulsion mais le regrettait. Vendeur au Bon Marché, il n’a­vait pas de petite amie mais affirmait avoir parfois fréquenté des prostituées à Paris. À l’au­dience, il était venu entouré par une famille d’origine arménienne, simple et modeste, qui avait spontanément payé les dommages et intérêts. Tout le monde, y compris les ex­perts, semblait alors penser qu’il n’y avait pas de risque de récidive. De son côté, ma cliente était apparue à la barre pleine de compassion et avait dit avec beaucoup de générosité : «Je sais que cet homme en­court vingt ans de réclusion mais je ne réclame pas vengeance. Ce que je veux, c’est m’en remettre à vous pour que vous décidiez d’une peine juste.» Sur le mo­ment, elle n’avait d’ailleurs pas été choquée par le verdict.

Qu’avez-vous pensé en apprenant que onze ans plus tard,Deve Oglou venait de tuer ?

J’ai été bouleversée. A posteriori, je me dis qu’on est passé à côté de quelque chose en ne comprenant pas qu’un type qui utilise un couteau pour s’attaquer à une femme est dangereux. Plus encore que le viol, c’est la peur de mourir qui avait marqué ma cliente. J’ignore ce qu’elle ressent aujourd’hui car je l’ai perdue de vue après le procès. À l’époque, elle envisageait de partir vivre au Canada. Pour ma part, j’ai le sentiment que la justice n’a pas su prendre en compte la terrible impression de mort qui n’a cessé de l’habiter depuis le jour où elle a croisé Thierry Deve Oglou.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualites/2007/12/03/01001-20071203ARTFIG00336-le-sacrifice-danne-lorraine-ne-doit-pas-etre-vain.php

La double personnalité du meurtrier présumé du RER D
Nathalie Revenu

03.12.2007

«ON NE CONNAIT jamais la vraie nature des gens. Même ceux qu'on a vus droit dans les yeux. Il avait deux visages », confie un ex-copain d'enfance de Thierry Dève-Oglou, 44 ans, auteur présumé d'un meurtre d'une rare sauvagerie dimanche dernier dans le RER D. Sa victime Anne-Lorraine Schmitt n'avait que 23 ans. Elle a reçu plusieurs dizaines de coups de couteau.
A Louvres où résidait le meurtrier, les rues s'appellent des « squares ». Construites au début des années 1970, ces maisonnettes jumelles avec le jardinet à l'arrière donnent l'image d'un quartier calme et propre. La gare RER est à peine à cinq minutes à pied. Le 25 novembre, le meurtrier présumé s'est acharné sur l'étudiante avant de sauter sur le quai de la station suivante, à Fosses-Survilliers.
« Thierry était très posé, jamais de bagarre »
Dans la rue où résident toujours les proches de Thierry Dève-Oglou, le temps s'est arrêté. Depuis le drame, la famille vit cloîtrée. Il y a quelques jours, ce fils de 44 ans habitait toujours sous leur toit et travaillait comme menuisier-ébéniste. « Nous sommes deux familles brisées », lâche son frère. Les « anciens » du square sont mal à l'aise. « Tout le monde est choqué. C'est terrible ! Ses parents, je les adore. Jamais on n'aurait imaginé que ce garçon avait de tels problèmes. Mais on ne savait pas non plus qu'il avait déjà été condamné », concède une femme qui l'a connu adolescent. Dans les années 1970, il y avait dans le quartier une ribambelle de gamins. Thierry faisait partie des grands. Ces camarades de jeux de l'époque en gardent tous un bon souvenir : « On était tout un groupe. Thierry était très posé, jamais de bagarre, ni de gros mots. Il était toujours en train de veiller sur nous. » Une jeune femme ajoute : « Il n'a jamais eu un geste équivoque avec nous, les filles. » « C'était la dernière personne sur qui j'aurais eu un doute », lâche un autre ex-copain.
Le père, exilé d'origine arménienne, était un homme affable qui avait construit une famille très unie. « Le papa appelait toujours ses enfants ses gamins. Les deux garçons habitaient chez eux. »
Mais, le 25 janvier 1995, Thierry est pris d'une pulsion dans le RER D. A La Chapelle-en-Serval, sous la menace d'un couteau, il exige une fellation d'une jeune femme. La victime sauve sa peau. Son agresseur écopera de trois ans de prison. Le lourd secret a été douloureusement gardé par ses proches. Il a explosé au visage de tous la semaine dernière : « Nous à l'époque, on a pensé qu'il était parti travailler en province », murmure-t-on dans le square. Tout juste se rappelle-t-on d'un épisode curieux : « Quand il avait une vingtaine d'années, il s'est promené tout nu dans le square. Il avait probablement trop bu. »
Onze ans après sa condamnation, les démons intérieurs de Thierry Dève-Oglou ont ressurgi. Mais, cette fois, ils l'ont conduit au meurtre.
Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique VAL D'OISE
Source : http://www.leparisien.fr/val-d-oise/la-double-personnalite-du-meurtrier-presume-du-rer-d-03-12-2007-3291397546.php

Un nom à consonance turque (mais adapté à la phonétique française) donc, comme peuvent en porter les Arméniens de Turquie (cf. l'économiste Daron Acemoğlu) :

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Turkish-Armenians

Milieu arménien : l'assassinat de Félix Margarian

ASSISES DE L'AIN
Cinq seconds couteaux pour un meurtre mafieux

publié le 07.06.2010 04h00

Ils auraient dû être huit à comparaître aujourd'hui devant la cour d'assises de Bourg-en-Bresse. Trois manqueront à l'appel. Et ces absences ne donneront pas à ce procès l'ampleur qu'il aurait dû avoir, avec des questions qui risquent de rester sans réponses.

Ces huit hommes ont plusieurs points en commun. Ils sont tous Arméniens et gravitaient dans un monde maffieux ou l'omerta règne. Félix Margarian qui était leur complice ou leur ami en a fait les frais, retrouvé sans vie par un chasseur le 19 novembre 2006, dans un bois de Dompierre-sur-Veyle. Mort par strangulation, avec aussi une plaie au visage par arme blanche. Visiblement, on avait tenté de l'intimider avant de le tuer.

Cet assassinat, car il y a bien eu préméditation, les gendarmes sont parvenus à l'élucider dans ses grandes lignes en mars 2007. En recherchant dans son entourage, ils comprenaient vite que Félix Margarian n'était pas un ange, qu'il se livrait entre autre à un trafic de cigarettes à grande échelle. En recoupant l'utilisation des téléphones portables de ses « amis », les enquêteurs étaient parvenus à établir une liste de meurtriers possibles et de complices. Entendus, ils ont peu parlé, mais les gendarmes ont réussi à établir, dans les grandes lignes, la pyramide des responsabilités.

Car le meurtre avait été prémédité. Trois personnes avaient repéré l'endroit du crime, trois réunions s'étaient tenues dans un bar de Rillieux-la-Pape (Rhône) pour mettre en place l'exécution. Et certains impliqués ont été plus locaces, expliquant que si Felix Margarian avait été tué, c'est parce qu'il devait une somme importante, 350 000 euros, et qu'en l'exécutant, on devançait un meurtre que lui-même aurait pu commettre contre ses amis.

Mais voilà, depuis les conclusions de l'enquête, il s'est passé des choses. Àrtur Grigorian, le meurtrier présumé, s'est donné la mort en prison à Corbas (Rhône). Ses deux plus proches collaborateurs, Arsèn Rananyan et Artur Mkrtchyan sont en fuite, ayant bénéficié du silence des seconds couteaux lors de leurs auditions.

Par conséquent, ces derniers pourraient bien, à l'audience, jouer les naïfs, rejeter sur le disparu et les deux fuyards l'ensemble des responsabilités. Certains, tout au plus, risquent de supporter la seule accusation d'association de malfaiteurs, voire de séjour irrégulier.

Olivier Leroy

Ain - Justice
Assises : un assassinat sur fond de règlement de comptes
publié le 08.06.2010 04h00
Un cadavre retrouvé à Dompierre-sur-Veyle, au sud de Bourg-en-Bresse, un mobile, un contexte plus ou moins mafieux, mais pas d'assassins ! Le procès qui s'est ouvert hier devant la cour d'assises de l'Ain ne concerne que des « seconds couteaux », qui de plus nient leur participation.
Des trois assassins présumés, l'un, Artur Grigorian, dit « Artur de Nice » s'est suicidé à la prison de Corbas (Rhône) le 23 janvier dernier. Les deux autres, Arsène Rananyan, et Artur Mkrtchyan, ont fait leurs valises quand les gendarmes ont lancé les premières interpellations en mars 2007. Ils seraient en Arménie. Une fuite qui sonne évidemment comme un aveu.
Le corps de Félix Margarian avait été retrouvé par un chasseur dans un bois, le 19 novembre 2006. Poignardé au visage, et surtout étranglé par-derrière avec une cordelette, son corps avait aussi été transporté a expliqué à la barre le médecin légiste.
Pour retrouver ses assassins, les gendarmes ont effectué un laborieux travail de recoupement à partir du téléphone portable de cet Arménien de 29 ans. Ils ont aussi passé au crible tous les appels téléphoniques de la zone.
Très vite, l'enquête s'est resserrée autour de la communauté arménienne du Rhône, et surtout de Décines, et de son bar communautaire le Panam. Malgré la peur, et l'omerta, quelques langues se sont déliées : Margarian donnait dans le trafic de cigarettes importées de Saint-Pétersbourg avec Arman Grigorian, dit « Arman le Grand », qui lui avait échappé à une tentative de meurtre le 6 décembre à Décines. 300 cartons d'une valeur de 300 000 euros qu'ils n'auraient pas payés.
Et il aurait menacé Artur Grigorian et surtout sa famille, qui finalement « aurait pris les devant » en lui réglant son compte avec ses deux compatriotes en fuite. Reste les trois hommes jugés aux assises. Ashot Panossian, 35 ans, est poursuivi pour complicité. Il aurait abandonné la voiture de Margarian à la Verpillère (Isère). « C'est faux, j'y suis passé mais c'était pour aller voler dans un supermarché de Bourgoin » s'est défendu l'accusé. Son téléphone, là encore, montre qu'il aurait été en contact avec les assassins présumés : « Mais des fois au bar je le prête ».
Au rythme d'une lente traduction en arménien qui alourdit les débats, le procès s'enlise dans des questions et réponses autour de la téléphonie. Les deux autres, Artur Akopian, 35 ans, et Édouard Panossian, 40 ans, frère aîné d'Ashot, sont accusés d'association de malfaiteurs, pour avoir été présent lors de « réunions » à Décines avant l'homicide, et à Valence après. Mais la seconde n'était « qu'une fête » et pour la première ils n'ont fait selon eux que croiser de loin les assassins présumés.
Frédéric Boudouresque
 
COUR D'ASSISES DE L'AIN
De la guerre en Arménie au règlement de comptes entre Arméniens
publié le 09.06.2010 04h00
La seconde journée du procès de trois hommes pour complicité d'assassinat ou association de malfaiteurs a été consacrée aux témoignages sur la victime, Félix Margarian, et à la personnalité des trois accusés.
Tous sont Arméniens, dont certains originaires de la minorité vivant en Azerbaïdjan, et ont fui la guerre dans leur pays, laissant souvent tout derrière eux, leur maison et parfois des parents tués.
La victime était impliquée dans un trafic de cigarettes. Il aurait « détourné un camion de cigarettes et des caïds de Géorgie lui ont réglé son compte pour faire passer le message », a raconté un témoin. Un autre évoquant « cette jeune génération venue en France pour voler ou faire des trafics, au profit de chefs qui dirigent tout depuis l'Arménie. »
Un contexte mafieux qui éclaire l'assassinat de l'homme qui avait été retrouvé mort en novembre 2006 à Dompierresur-Veyle.
On connaîtra ce soir le verdict pour les trois hommes, ainsi que pour les deux assassins présumés jugés par défaut.

ASSISES DE L'AIN
Deux relaxes sur trois, et deux accusés en fuite

publié le 10.06.2010 04h00

Des trois hommes jugés aux assises de Bourg pour leur implication dans l'assassinat d'un Arménien, deux ont été relaxés. Deux accusés absents ont été condamnés par défaut à 20 ans de réclusion

Après trois jours d'audience de la cour d'assises de l'Ain, le procès de trois hommes d'origine arménienne pour leur implication dans l'assassinat d'un de leur compatriote a tourné au fiasco judiciaire.

Principaux accusés en fuite, témoins absents, enquête et surtout instruction lacunaires, assassin présumé qui a mis à ses jours en prison en janvier, le bilan est sévère.
Et les avocats de la défense n'ont pas eu à se donner beaucoup de mal pour pointer les failles béantes du dossier.

Le 19 novembre 2006, le cadavre de Félix Margarian, un Arménien de 29 ans, avait été retrouvé dans un bois de Dompierre-sur-Veyle, au sud de Bourg-en-Bresse. Il avait été étranglé à l'aide d'une cordelette.

Très vite l'enquête allait identifier les assassins présumés, trois autres Arméniens : Artur Grigorian, dit le Niçois, qui s'est suicidé, Arsène Rananyan, dit Zolo, et Artur Mkrtchyan. Ce dernier avait débarqué en France quelques jours auparavant et il s'était rapidement volatilisé. Zolo, lui, a eu le temps de fuir en Arménie quand il a appris les premières interpellations. Le mobile allait également rapidement être découvert. La victime aurait détourné un semi-remorque de 300 cartons de cigarettes contrefaites d'une valeur de 300 000 euros. Un de ses complices avait échappé à une tentative de meurtre le 6 décembre à Décines.

Au sein de la communauté arménienne, qui se retrouve au bar le Panam de cette commune de la banlieue lyonnaise, beaucoup en savaient long sur le meurtre de Dompierre. Mais l'instruction n'avait pas retenu la non-dénonciation de crime, mais « l'association de malfaiteurs » contre Artur Akopian et Edouard Panossian, et la « complicité » contre Ashot Panossian, soupçonné d'avoir abandonné la voiture de la victime à la Verpillère.

Mais l'accusation reposait en grande partie sur la localisation des accusés à l'aide de leur portable et leur participation supposée à des « réunions » préparatoires. Akopian par contre ayant reconnu avoir joué les bons offices entre les assassins présumés et la victime la veille du crime.

L'avocate générale, Marie-Gabrielle Ratel, a requis 18 à 20 ans de réclusion contre Mkrtchyan et Rananyan, jugés par défaut, qui ont finalement écopé de 20 ans. Et 5 ans, ferme contre Ashot Panossian, et la même peine dont du sursis contre son frère aîné, et Artur Akopian. Seul ce dernier a été condamné à quatre ans dont un an avec sursis.

Les deux autres ont été relaxés. Me Gossweiler a notamment dénoncé ces « localisations téléphoniques à 20 km près » qui ne donnaient pas la certitude de la présence des accusés lors des fameuses « réunions ». « Ce ne sont même pas des lampistes mais des boucs émissaires » a ajouté Me Laurent, dénonçant « une enquête bâclée et basée sur des extrapolations téléphoniques. ».

Frédéric Boudouresque
Source : http://www.leprogres.fr/fr/videos/buzz/article/3289051/Deux-relaxes-sur-trois-et-deux-accuses-en-fuite.html

Le suicide d'Artur Haratyunyan



Article paru dans l'édition du
Mardi 2 Mars 2010
 
Faits Divers
Strasbourg / Après le suicide d'un Arménien en maison d'arrêt
 
La mère dépose plainte contre la prison
La mère d'un détenu arménien retrouvé pendu dans sa cellule en octobre 2008 vient de déposer plainte contre la directrice de la maison d'arrêt de Strasbourg pour omission de porter secours. Son fils Arthur Haratyunyan était soupçonné d'avoir mortellement poignardé un compatriote, le 28 juin 2008, dans le quartier de Hautepierre.

Après vingt mois d'enquête, le juge d'instruction est sur le point de clôturer l'information judiciaire ouverte au sujet du meurtre du 28 juin 2008. Une bagarre avait mis aux prises une quinzaine de personnes, toutes issues de la communauté arménienne, boulevard Dostoïevski à Strasbourg-Hautepierre. Moris Kachatryan, 39 ans, avait été tué à l'arme blanche. D'après les témoins de la rixe qui avait éclaté aux alentours de 23 h, les protagonistes étaient tous armés de couteaux ou de nunchakus.
Source : http://sitemap.dna.fr/articles/201003/02/la-mere-depose-plainte-contre-la-prison,faits-divers,000000740.php

Voir aussi : http://arturharutyunyan.free.fr/artur/dotclear/

Henrik Orujyan, près de 10 ans de résidence illégale en France


Actualité Sarthe
lundi 20 octobre 2008

« Et après l'enterrement, on va m'expulser ? »

Hébergé à Coulaines, Henrik Orujyan a appris, hier midi, le décès de sa compagne, Josiane Nardi.

Une tasse de café. Une cigarette à la main et une assiette remplie de quartiers d'orange devant lui. Il est un peu moins de midi, hier, dans un appartement de Coulaines. Henrik Orujyan, 31 ans, n'a pas dormi depuis la veille. Attablé, l'homme raconte qu'il a passé la nuit à ramasser à la lumière d'un briquet les restes de vêtements calcinés de sa compagne éparpillés devant la maison d'arrêt du Mans.
On sonne à la porte. Le commissaire Cédric Santoro entre dans le logement occupé par la famille d'Arméniens où le sans-papiers a trouvé refuge depuis sa sortie du centre de rétention administrative de Rennes, la veille au soir.
Le policier entre avec un sauf-conduit signé le matin-même par le préfet et censé permettre à Henrik Orujyan, assigné à résidence, de se rendre à l'hôpital des grands brûlés de Tours. Là où Josiane Nardi, sa compagne de 60 ans, a été transférée après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans.
Mais entre la signature du document et l'arrivée du policier, l'hôpital de Tours a annoncé la mort de la sexagénaire. Personne n'a encore prévenu Henrik Orujyan. C'est à Cédric Santoro qu'échoit la lourde charge.
Henrik l'écoute et s'effondre. « Tout ça, c'est à cause de moi. Elle l'avait dit à la préfecture : soit c'est moi, soit c'est Henrik qui va mal finir », sanglote-t-il en allumant une cigarette. Il s'éloigne pour fumer sur le balcon. Et revient. « Je ne sais même pas si j'aurai été capable de l'aider comme elle m'a aidé. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Que vais-je devenir », répète-t-il.
« Quand je suis sorti de prison, j'ai cherché son regard mais je n'ai vu que des policiers et des pompiers. J'ai l'impression de vivre un mauvais rêve. » Les yeux rougis, il se désespère : « Que vais-je devenir ? Je n'ai plus rien à perdre. Tout est foutu. » Et de s'interroger : « Et après l'enterrement, on va m'expulser ? »

Contactée, hier en fin d'après-midi, la préfecture de la Sarthe a confirmé que Henryk Oruyjan bénéficiait via l'assignation à résidence d'un régime allégé de rétention administrative. Une mesure prise « dans l'attente de son éloignement géographique. Mais compte tenu de la situation, notamment des obsèques de la victime, on ne va pas le faire tout de suite », précise le directeur de cabinet du préfet.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_--Et-apres-l-enterrement-on-va-m-expulser-_dep-725979_actu.Htm

Actualité Sarthe
lundi 20 octobre 2008
La fille de Josiane Nardi : « Henrik me fait peur »
Derrière le comptoir de son bar, le 27, elle cherche des photos de sa maman. Vanina Brière, 30 ans, travaillait avec sa mère, Josiane Nardi, depuis une dizaine d'années. « Elle a toujours tenu des bars, raconte-t-elle. On a vécu très longtemps dans l'Eure. » C'est là-bas que Josiane a rencontré Henrik, en 2003. « C'était un client. » Mais depuis que leur histoire avait commencé, Vanina trouvait sa mère « dépressive ». « Elle était moins heureuse qu'avant. Elle disait qu'elle en avait marre. Elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours une fois, en 2006. »
Henrik, qui habitait le bar, rue du Bourg-Belé, avec Josiane, a été condamné pour violences sur sa concubine. « Leurs rapports ont toujours été compliqués. Il était très violent, l'insultait, assure sa fille. Moi, il me fait peur. »
Ces derniers jours, « on la sentait bizarre. Elle avait à la fois peur et envie qu'il sorte ».

Dimanche matin, Vanina affirme avoir reçu sa visite, alors qu'il est normalement assigné à résidence. « Il a commencé à frapper à la porte. J'ai eu peur, je ne voulais pas le voir. »
La fille de Josiane Nardi, sous le choc après la mort de sa mère, est allée se plaindre à la police. Son bar est, depuis, sous surveillance.
Ouest-France
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Actualité Le Mans
lundi 18 janvier 2010

Henrik Orujyan : retour à la case prison

Soupçonné d'avoir frappé son amie, l'ex-compagnon de Josiane Nardi qui s'était immolée par le feu devant la prison du Mans, en octobre 2008, a été écroué samedi. Il est jugé aujourd'hui.

Quinze mois après le drame qui a coûté la vie à sa compagne, Henrik Orujyan, un Arménien sans papier de 32 ans, a de nouveau maille à partir avec la justice.
L'homme, dont la concubine, Josiane Nardy, 60 ans, s'était immolée par le feu le 18 octobre 2008 devant la maison d'arrêt du Mans pour protester contre l'expulsion imminente de son ami, dort en prison depuis samedi. Il est poursuivi pour violence conjugale en récidive et devrait être jugé, aujourd'hui, dans le cadre d'une procédure accélérée de comparution immédiate. Il risque une peine-plancher d'un an de prison.
Des coups échangés
D'après les premiers éléments de l'enquête, les faits qu'on lui reproche se seraient produits, vendredi matin, sur fond d'alcool, dans un appartement de la rue Collet. Une bagarre aurait d'abord éclaté entre Henrik Orujyan et un homme qui sortait du domicile de sa compagne. L'Arménien aurait ensuite eu des mots avec son amie. Là encore, des coups auraient été échangés. L'homme est également soupçonné d'avoir frappé le frère de sa compagne qui se trouvait aussi là.
Avertis par la mère de la jeune femme, les policiers ont interpellé Henrik Orujyan alors qu'il avait déjà quitté l'appartement. Placé en garde à vue, il a été présenté, samedi après-midi, aux services du procureur qui ont décidé de le juger dès lundi.
Un geste fatal
Arrivé en France en 2001, Henrik Orujyan avait rencontré Josiane Nardy en 2005 dans l'Eure. Ils s'installent en Sarthe. Cette même année, alors qu'ils se sont installés en Sarthe, la gendarmerie de Saint-Mars-la-Brière intervient pour mettre fin à une altercation dans le couple. Henrik Orujyan est condamné à six mois de prison pour violences avec arme en juillet 2006. En 2007, la cour d'appel d'Angers le condamne à neuf mois de prison pour violences sur sa concubine et infraction à la législation des étrangers. C'est cette peine qu'il venait de finir de purger au Mans lorsque sa compagne a commis le geste fatal qui l'a emporté ; elle est décédée le lendemain au service des grands brûlés de l'hôpital de Tours.
Bienveillance de la préfecture
Assigné à résidence depuis le drame, Henrik Orujyan devait pointer toutes les semaines au commissariat. Il bénéficiait jusqu'à aujourd'hui d'une certaine bienveillance de la part du service des étrangers de la préfecture. Aucune action de reconduite à la frontière n'avait en effet été engagée à son encontre depuis la mort de Josiane Nardy. Il ne lui restait que quelques mois avant que sa période d'interdiction du territoire français n'arrive à son terme.
Igor BONNET.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-Henrik-Orujyan-retour-a-la-case-prison-_loc-1230094_actu.Htm

Actualité Le Mans
jeudi 05 août 2010
Libéré, l'Arménien suicidaire n'est pas expulsé
Une fois de plus, Henrik Orujyan a échappé de justesse à une expulsion dès sa sortie de prison. Sur cette photo, prise hier après-midi, il est entouré de Françoise Domalin et Claude Roquet, de la Ligue des droits de l'homme.
Sous la menace d'une expulsion à sa sortie de prison, Henrik Orujyan peut finalement rester au Mans pour se soigner. Il y a deux ans, l'immolation de sa compagne avait défrayé la chronique.

Voitures de police et de gendarmerie, motards en uniforme... Ambiance tendue, hier matin, devant la maison d'arrêt des Croisettes, à Coulaines. Motif : Henrik Orujyan, 32 ans, doit être libéré dans la journée. En octobre 2008, cet Arménien avait défrayé la chronique lors de l'immolation de sa concubine, Josiane Nardi, devant la maison d'arrêt du Vert-Galant, dans le centre du Mans. Comme en 2008, il finit de purger une peine de prison pour violences sur sa compagne. Comme en 2008, il risque, dès sa sortie, d'être reconduit vers son pays d'origine.
Lames de rasoir
Depuis 6 h du matin, le détenu fait tout pour retarder l'échéance. Menace notamment de se suicider avec une lame de rasoir qu'il sort de sa bouche. Dehors, une poignée d'amis, de militants de la Ligue des droits de l'homme et de journalistes font le pied de grue. En fin de matinée, un fonctionnaire de police sort de l'établissement, talkie-walkie à la main. Dans la foulée, motos et voitures bleu blanc rouge s'évaporent. Peu après midi, Henrik Orujyan apparaît. Libre.
« Il reste expulsable »
La pression de la Ligue des droits de l'homme, qui fustigeait l'application de « la double peine », a-t-elle obligé le ministère de l'Intérieur à changer son fusil d'épaule ? La préfecture affirme que c'est plutôt l'état de santé psychique du détenu qui a justifié cette remise en liberté. Une chose est sûre : ce nouvel épisode s'inscrit dans un feuilleton sentimentalo-judiciaire à rebondissements.
La suite ? « Je prends des calmants pour dormir. Je vais voir un psychiatre et je vais essayer de trouver du travail », assure Henrik Orujyan, large croix sur le torse. Et lourde épée de Damoclès au-dessus de la tête. « Il reste expulsable, rappelle la préfecture. Si son état de santé le permet et qu'il est arrêté dans la rue, il peut être renvoyé plus tard ».
Jérôme LOURDAIS.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-Libere-l-Armenien-suicidaire-n-est-pas-expulse_loc-1467118_actu.Htm