samedi 4 septembre 2010

Henrik Orujyan, près de 10 ans de résidence illégale en France


Actualité Sarthe
lundi 20 octobre 2008

« Et après l'enterrement, on va m'expulser ? »

Hébergé à Coulaines, Henrik Orujyan a appris, hier midi, le décès de sa compagne, Josiane Nardi.

Une tasse de café. Une cigarette à la main et une assiette remplie de quartiers d'orange devant lui. Il est un peu moins de midi, hier, dans un appartement de Coulaines. Henrik Orujyan, 31 ans, n'a pas dormi depuis la veille. Attablé, l'homme raconte qu'il a passé la nuit à ramasser à la lumière d'un briquet les restes de vêtements calcinés de sa compagne éparpillés devant la maison d'arrêt du Mans.
On sonne à la porte. Le commissaire Cédric Santoro entre dans le logement occupé par la famille d'Arméniens où le sans-papiers a trouvé refuge depuis sa sortie du centre de rétention administrative de Rennes, la veille au soir.
Le policier entre avec un sauf-conduit signé le matin-même par le préfet et censé permettre à Henrik Orujyan, assigné à résidence, de se rendre à l'hôpital des grands brûlés de Tours. Là où Josiane Nardi, sa compagne de 60 ans, a été transférée après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans.
Mais entre la signature du document et l'arrivée du policier, l'hôpital de Tours a annoncé la mort de la sexagénaire. Personne n'a encore prévenu Henrik Orujyan. C'est à Cédric Santoro qu'échoit la lourde charge.
Henrik l'écoute et s'effondre. « Tout ça, c'est à cause de moi. Elle l'avait dit à la préfecture : soit c'est moi, soit c'est Henrik qui va mal finir », sanglote-t-il en allumant une cigarette. Il s'éloigne pour fumer sur le balcon. Et revient. « Je ne sais même pas si j'aurai été capable de l'aider comme elle m'a aidé. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Que vais-je devenir », répète-t-il.
« Quand je suis sorti de prison, j'ai cherché son regard mais je n'ai vu que des policiers et des pompiers. J'ai l'impression de vivre un mauvais rêve. » Les yeux rougis, il se désespère : « Que vais-je devenir ? Je n'ai plus rien à perdre. Tout est foutu. » Et de s'interroger : « Et après l'enterrement, on va m'expulser ? »

Contactée, hier en fin d'après-midi, la préfecture de la Sarthe a confirmé que Henryk Oruyjan bénéficiait via l'assignation à résidence d'un régime allégé de rétention administrative. Une mesure prise « dans l'attente de son éloignement géographique. Mais compte tenu de la situation, notamment des obsèques de la victime, on ne va pas le faire tout de suite », précise le directeur de cabinet du préfet.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_--Et-apres-l-enterrement-on-va-m-expulser-_dep-725979_actu.Htm

Actualité Sarthe
lundi 20 octobre 2008
La fille de Josiane Nardi : « Henrik me fait peur »
Derrière le comptoir de son bar, le 27, elle cherche des photos de sa maman. Vanina Brière, 30 ans, travaillait avec sa mère, Josiane Nardi, depuis une dizaine d'années. « Elle a toujours tenu des bars, raconte-t-elle. On a vécu très longtemps dans l'Eure. » C'est là-bas que Josiane a rencontré Henrik, en 2003. « C'était un client. » Mais depuis que leur histoire avait commencé, Vanina trouvait sa mère « dépressive ». « Elle était moins heureuse qu'avant. Elle disait qu'elle en avait marre. Elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours une fois, en 2006. »
Henrik, qui habitait le bar, rue du Bourg-Belé, avec Josiane, a été condamné pour violences sur sa concubine. « Leurs rapports ont toujours été compliqués. Il était très violent, l'insultait, assure sa fille. Moi, il me fait peur. »
Ces derniers jours, « on la sentait bizarre. Elle avait à la fois peur et envie qu'il sorte ».

Dimanche matin, Vanina affirme avoir reçu sa visite, alors qu'il est normalement assigné à résidence. « Il a commencé à frapper à la porte. J'ai eu peur, je ne voulais pas le voir. »
La fille de Josiane Nardi, sous le choc après la mort de sa mère, est allée se plaindre à la police. Son bar est, depuis, sous surveillance.
Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-La-fille-de-Josiane-Nardi-Henrik-me-fait-peur-_dep-725985_actu.Htm

Actualité Le Mans
lundi 18 janvier 2010

Henrik Orujyan : retour à la case prison

Soupçonné d'avoir frappé son amie, l'ex-compagnon de Josiane Nardi qui s'était immolée par le feu devant la prison du Mans, en octobre 2008, a été écroué samedi. Il est jugé aujourd'hui.

Quinze mois après le drame qui a coûté la vie à sa compagne, Henrik Orujyan, un Arménien sans papier de 32 ans, a de nouveau maille à partir avec la justice.
L'homme, dont la concubine, Josiane Nardy, 60 ans, s'était immolée par le feu le 18 octobre 2008 devant la maison d'arrêt du Mans pour protester contre l'expulsion imminente de son ami, dort en prison depuis samedi. Il est poursuivi pour violence conjugale en récidive et devrait être jugé, aujourd'hui, dans le cadre d'une procédure accélérée de comparution immédiate. Il risque une peine-plancher d'un an de prison.
Des coups échangés
D'après les premiers éléments de l'enquête, les faits qu'on lui reproche se seraient produits, vendredi matin, sur fond d'alcool, dans un appartement de la rue Collet. Une bagarre aurait d'abord éclaté entre Henrik Orujyan et un homme qui sortait du domicile de sa compagne. L'Arménien aurait ensuite eu des mots avec son amie. Là encore, des coups auraient été échangés. L'homme est également soupçonné d'avoir frappé le frère de sa compagne qui se trouvait aussi là.
Avertis par la mère de la jeune femme, les policiers ont interpellé Henrik Orujyan alors qu'il avait déjà quitté l'appartement. Placé en garde à vue, il a été présenté, samedi après-midi, aux services du procureur qui ont décidé de le juger dès lundi.
Un geste fatal
Arrivé en France en 2001, Henrik Orujyan avait rencontré Josiane Nardy en 2005 dans l'Eure. Ils s'installent en Sarthe. Cette même année, alors qu'ils se sont installés en Sarthe, la gendarmerie de Saint-Mars-la-Brière intervient pour mettre fin à une altercation dans le couple. Henrik Orujyan est condamné à six mois de prison pour violences avec arme en juillet 2006. En 2007, la cour d'appel d'Angers le condamne à neuf mois de prison pour violences sur sa concubine et infraction à la législation des étrangers. C'est cette peine qu'il venait de finir de purger au Mans lorsque sa compagne a commis le geste fatal qui l'a emporté ; elle est décédée le lendemain au service des grands brûlés de l'hôpital de Tours.
Bienveillance de la préfecture
Assigné à résidence depuis le drame, Henrik Orujyan devait pointer toutes les semaines au commissariat. Il bénéficiait jusqu'à aujourd'hui d'une certaine bienveillance de la part du service des étrangers de la préfecture. Aucune action de reconduite à la frontière n'avait en effet été engagée à son encontre depuis la mort de Josiane Nardy. Il ne lui restait que quelques mois avant que sa période d'interdiction du territoire français n'arrive à son terme.
Igor BONNET.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-Henrik-Orujyan-retour-a-la-case-prison-_loc-1230094_actu.Htm

Actualité Le Mans
jeudi 05 août 2010
Libéré, l'Arménien suicidaire n'est pas expulsé
Une fois de plus, Henrik Orujyan a échappé de justesse à une expulsion dès sa sortie de prison. Sur cette photo, prise hier après-midi, il est entouré de Françoise Domalin et Claude Roquet, de la Ligue des droits de l'homme.
Sous la menace d'une expulsion à sa sortie de prison, Henrik Orujyan peut finalement rester au Mans pour se soigner. Il y a deux ans, l'immolation de sa compagne avait défrayé la chronique.

Voitures de police et de gendarmerie, motards en uniforme... Ambiance tendue, hier matin, devant la maison d'arrêt des Croisettes, à Coulaines. Motif : Henrik Orujyan, 32 ans, doit être libéré dans la journée. En octobre 2008, cet Arménien avait défrayé la chronique lors de l'immolation de sa concubine, Josiane Nardi, devant la maison d'arrêt du Vert-Galant, dans le centre du Mans. Comme en 2008, il finit de purger une peine de prison pour violences sur sa compagne. Comme en 2008, il risque, dès sa sortie, d'être reconduit vers son pays d'origine.
Lames de rasoir
Depuis 6 h du matin, le détenu fait tout pour retarder l'échéance. Menace notamment de se suicider avec une lame de rasoir qu'il sort de sa bouche. Dehors, une poignée d'amis, de militants de la Ligue des droits de l'homme et de journalistes font le pied de grue. En fin de matinée, un fonctionnaire de police sort de l'établissement, talkie-walkie à la main. Dans la foulée, motos et voitures bleu blanc rouge s'évaporent. Peu après midi, Henrik Orujyan apparaît. Libre.
« Il reste expulsable »
La pression de la Ligue des droits de l'homme, qui fustigeait l'application de « la double peine », a-t-elle obligé le ministère de l'Intérieur à changer son fusil d'épaule ? La préfecture affirme que c'est plutôt l'état de santé psychique du détenu qui a justifié cette remise en liberté. Une chose est sûre : ce nouvel épisode s'inscrit dans un feuilleton sentimentalo-judiciaire à rebondissements.
La suite ? « Je prends des calmants pour dormir. Je vais voir un psychiatre et je vais essayer de trouver du travail », assure Henrik Orujyan, large croix sur le torse. Et lourde épée de Damoclès au-dessus de la tête. « Il reste expulsable, rappelle la préfecture. Si son état de santé le permet et qu'il est arrêté dans la rue, il peut être renvoyé plus tard ».
Jérôme LOURDAIS.

Ouest-France
Source : http://www.lemans.maville.com/actu/actudet_-Libere-l-Armenien-suicidaire-n-est-pas-expulse_loc-1467118_actu.Htm