samedi 4 septembre 2010

Le violeur et meurtrier Thierry Dève-Oglou est d'origine arménienne et non turque

L’incroyable clémence qui a profité au violeur du RER D

Propos recueillis par Cyrille Louis

03/12/2007
Mise à jour : 09:11
 
Le meurtrier présumé d’Anne-Lorraine Schmitt avait déjà été condamné pour l’agression d’une étudiante. Mais la justice n’avait pas décelé de dangerosité particulière. Avocate au barreau de Senlis, Me Isabelle Pfeiffer avait défendu devant la cour d’assises de Beauvais, en 1996, la première victime de Thierry Deve Oglou, une étudiante violée le 25 janvier 1995.
LE FIGARO. – Quels étaient les faits reprochés à Deve Oglou lors de son premier procès ?

Isabelle PFEIFFER. – L’affaire était étrangement similaire au drame survenu le 25 novembre. Ma cliente, une brillante étudiante en lettres, était une très belle jeune femme, blonde et élégante. Un après-midi de semaine, elle s’était retrouvée seule dans un wagon du RER D avec Thierry Deve Oglou qui avait sorti un Opinel et l’avait forcée à lui pratiquer une fellation. Grâce à l’aide de patrouilles SNCF, elle avait fini par retrouver l’homme qui avait aussitôt reconnu les faits. Comme il en était à son premier viol, le juge d’instruction avait proposé de «correctionnaliser» le dossier, comme s’il s’était agi d’une agression sexuelle. Je me rappelle que ma cliente lui avait répondu : «Je ne suis pas vindicative mais je tiens à ce que cet homme soit jugé aux assises.»

La peine prononcée – cinq ans de prison dont deux ferme – apparaît clémente. Comment l’expliquez-vous ?

Tout d’abord, les faits avaient été banalisés par la cour, comme si le fait d’être contrainte à une fellation n’était pas un vrai viol. Ensuite, Deve Oglou était apparu comme un pauvre type, frustré mais pas méchant, qui avait cédé à une pulsion mais le regrettait. Vendeur au Bon Marché, il n’a­vait pas de petite amie mais affirmait avoir parfois fréquenté des prostituées à Paris. À l’au­dience, il était venu entouré par une famille d’origine arménienne, simple et modeste, qui avait spontanément payé les dommages et intérêts. Tout le monde, y compris les ex­perts, semblait alors penser qu’il n’y avait pas de risque de récidive. De son côté, ma cliente était apparue à la barre pleine de compassion et avait dit avec beaucoup de générosité : «Je sais que cet homme en­court vingt ans de réclusion mais je ne réclame pas vengeance. Ce que je veux, c’est m’en remettre à vous pour que vous décidiez d’une peine juste.» Sur le mo­ment, elle n’avait d’ailleurs pas été choquée par le verdict.

Qu’avez-vous pensé en apprenant que onze ans plus tard,Deve Oglou venait de tuer ?

J’ai été bouleversée. A posteriori, je me dis qu’on est passé à côté de quelque chose en ne comprenant pas qu’un type qui utilise un couteau pour s’attaquer à une femme est dangereux. Plus encore que le viol, c’est la peur de mourir qui avait marqué ma cliente. J’ignore ce qu’elle ressent aujourd’hui car je l’ai perdue de vue après le procès. À l’époque, elle envisageait de partir vivre au Canada. Pour ma part, j’ai le sentiment que la justice n’a pas su prendre en compte la terrible impression de mort qui n’a cessé de l’habiter depuis le jour où elle a croisé Thierry Deve Oglou.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualites/2007/12/03/01001-20071203ARTFIG00336-le-sacrifice-danne-lorraine-ne-doit-pas-etre-vain.php

La double personnalité du meurtrier présumé du RER D
Nathalie Revenu

03.12.2007

«ON NE CONNAIT jamais la vraie nature des gens. Même ceux qu'on a vus droit dans les yeux. Il avait deux visages », confie un ex-copain d'enfance de Thierry Dève-Oglou, 44 ans, auteur présumé d'un meurtre d'une rare sauvagerie dimanche dernier dans le RER D. Sa victime Anne-Lorraine Schmitt n'avait que 23 ans. Elle a reçu plusieurs dizaines de coups de couteau.
A Louvres où résidait le meurtrier, les rues s'appellent des « squares ». Construites au début des années 1970, ces maisonnettes jumelles avec le jardinet à l'arrière donnent l'image d'un quartier calme et propre. La gare RER est à peine à cinq minutes à pied. Le 25 novembre, le meurtrier présumé s'est acharné sur l'étudiante avant de sauter sur le quai de la station suivante, à Fosses-Survilliers.
« Thierry était très posé, jamais de bagarre »
Dans la rue où résident toujours les proches de Thierry Dève-Oglou, le temps s'est arrêté. Depuis le drame, la famille vit cloîtrée. Il y a quelques jours, ce fils de 44 ans habitait toujours sous leur toit et travaillait comme menuisier-ébéniste. « Nous sommes deux familles brisées », lâche son frère. Les « anciens » du square sont mal à l'aise. « Tout le monde est choqué. C'est terrible ! Ses parents, je les adore. Jamais on n'aurait imaginé que ce garçon avait de tels problèmes. Mais on ne savait pas non plus qu'il avait déjà été condamné », concède une femme qui l'a connu adolescent. Dans les années 1970, il y avait dans le quartier une ribambelle de gamins. Thierry faisait partie des grands. Ces camarades de jeux de l'époque en gardent tous un bon souvenir : « On était tout un groupe. Thierry était très posé, jamais de bagarre, ni de gros mots. Il était toujours en train de veiller sur nous. » Une jeune femme ajoute : « Il n'a jamais eu un geste équivoque avec nous, les filles. » « C'était la dernière personne sur qui j'aurais eu un doute », lâche un autre ex-copain.
Le père, exilé d'origine arménienne, était un homme affable qui avait construit une famille très unie. « Le papa appelait toujours ses enfants ses gamins. Les deux garçons habitaient chez eux. »
Mais, le 25 janvier 1995, Thierry est pris d'une pulsion dans le RER D. A La Chapelle-en-Serval, sous la menace d'un couteau, il exige une fellation d'une jeune femme. La victime sauve sa peau. Son agresseur écopera de trois ans de prison. Le lourd secret a été douloureusement gardé par ses proches. Il a explosé au visage de tous la semaine dernière : « Nous à l'époque, on a pensé qu'il était parti travailler en province », murmure-t-on dans le square. Tout juste se rappelle-t-on d'un épisode curieux : « Quand il avait une vingtaine d'années, il s'est promené tout nu dans le square. Il avait probablement trop bu. »
Onze ans après sa condamnation, les démons intérieurs de Thierry Dève-Oglou ont ressurgi. Mais, cette fois, ils l'ont conduit au meurtre.
Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique VAL D'OISE
Source : http://www.leparisien.fr/val-d-oise/la-double-personnalite-du-meurtrier-presume-du-rer-d-03-12-2007-3291397546.php

Un nom à consonance turque (mais adapté à la phonétique française) donc, comme peuvent en porter les Arméniens de Turquie (cf. l'économiste Daron Acemoğlu) :

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Turkish-Armenians