lundi 25 octobre 2010

L'usure arménienne

Anahide Ter Minassian, La question arménienne, Roquevaire, Parenthèses, 1983 :

"Endettés en permanence, livrés à l'arbitraire, les paysans arméniens se voient enlever leurs récoltes et leurs terres par les fermiers des impôts, les usuriers (qui sont souvent des aghas arméniens), les grands propriétaires musulmans." (p. 76-77)

"Endettés en permanence, les paysans arméniens se voient enlever leurs terres par des usuriers arméniens et les grands propriétaires musulmans." (p. 121, note 45)

Georges Mamoulia, Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales : Le cas de la Géorgie (1921-1945), Paris, L'Harmattan, 2009 :

"A Tiflis, centre administratif du Caucase et siège du vice-roi russe, les commerçants et les usuriers étaient surtout des Arméniens. Considérés comme le peuple le plus fiable à l'égard de l'empire par rapport aux autres Caucasiens, ils étaient, comme d'habitude, privilégiés par l'administration impériale, ce qui suscitait l'animosité des Géorgiens et rendait les slogans socialistes plus attractifs." (p. 10)

lundi 18 octobre 2010

Trévoux : un Arménien arrêté pour trafic de cigarettes

TRéVOUX
12 000 euros d'amende pour trafic de 240 cartouches de cigarettes publié le 22.05.2010 04h00
Mardi matin, les gendarmes de Trévoux avaient opéré une vague d'interpellations au foyer Fétan dans le cadre d'une enquête pour des vols de pièces automobiles et de carburant (Le Progrès du 20 mai).
Un résident a également été arrêté en possession de 781 paquets de cigarettes chez lui et 1 665 dans sa voiture, soit plus de 240 cartouches.
« C'est pour ma consommation personnelle », a d'abord expliqué sans rire cet homme de 55 ans de nationalité arménienne. Avant d'admettre qu'il avait acheté le tout à de mystérieux « Lituaniens » qui auraient importé la marchandise d'Espagne. Achetée 25 euros, chaque cartouche était revendue 30 euros.
Un trafic qui, selon lui, était destiné à financer sa propre consommation a-t-il expliqué jeudi lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.
Conformément aux réquisitions du ministère public, il a été condamné à six mois de prison avec sursis et 12 000 euros d'amende douanière.
F. B.

Montbenon : assassinat commis par un jeune requérant d'asile arménien

Jeune tué à Montbenon: l'assassin mineur condamné à 4 ans de prison
Par ats - Mis en ligne le 16.03.2010 à 11:02
Le Tribunal des mineurs vaudois a condamné le 12 mars dernier à quatre ans de prison le jeune, mineur à l'époque, qui a poignardé un adulte de 25 ans le 1er septembre 2009 sur l'esplanade de Montbenon, à Lausanne. Il l'a reconnu coupable d'assassinat.
Sa culpabilité est extrêmement lourde, a indiqué le Ministère public. L'auteur des coups de couteau a également été condamné pour tentative de meurtre et d'autres infractions de moindre importance. Désormais majeur, il purgera sa peine dans un établissement pour adultes.
Si l'agresseur avait été majeur au moment des faits, le Ministère public aurait demandé la réclusion à perpétuité. La peine maximale aurait vraisemblablement été obtenue au tribunal pour autant qu'il n'y ait pas eu de diminution de responsabilité, a déclaré une substitute du procureur.

L'affaire avait suscité l'effroi et l'émotion. Le mineur, un requérant d'asile arménien de 17 ans et demi, avait poignardé en plein coeur un jeune Algérien de 25 ans parce qu'il estimait que ce dernier lui avait manqué de respect et lui avait adressé "un regard mal placé".

L'assassinat de ce jeune homme, à quelques centaines de mètres de la place Saint-François et en pleine après-midi, avait frappé les esprits. La police avait ensuite organisé des rondes plus fréquentes dans ce parc qui entoure la Cinémathèque suisse et qui était également devenu un lieu de trafic de drogue.
Une manifestation quelques jours plus tard avait réuni une quarantaine de personnes. "Une vie pour un regard, c'est cher payé", pouvait-on lire sur une banderole. L'organisatrice de la réunion avait expliqué qu'elle accueillait à Lausanne ce jeune Algérien abandonné par sa mère à l'âge de quatre ans.
Source : http://www.hebdo.ch/jeune_tue_a_montbenon_lassassin_mineur_condamne_a_44029_.html

Gangstérisme arménien aux USA : quatre morts dans un restaurant de Los Angeles

Fusillade dans un restaurant de Los Angeles: quatre morts

04.04.10 - 09:51

Un inconnu a ouvert le feu samedi dans un restaurant moyen-oriental d'un district de North Hollywood à Los Angeles, tuant quatre personnes et en blessant une autre, a annoncé la police.

L'incident a eu lieu vers 16H40 (01H40 dimanche, heure belge), a précisé une porte-parole de la police, Rosario Herrera. Le tireur solitaire -un homme d'une trentaine d'années qui pourrait être Arménien selon la police-, a réussi à prendre la fuite. La police a déclaré ignorer les mobiles du tireur. Mais des sources proches de l'enquête ont indiqué au Los Angeles Times que des gangs arméniens pourraient être liés à l'incident.

Trois personnes ont été retrouvées mortes dans le restaurant et deux autres ont été conduites à l'hôpital. L'une d'elles a succombé à ses blessures. Les victimes sont toutes des hommes âgés de 20 à 25 ans.
Belga
Source : http://www.rtbf.be/info/monde/divers/un-homme-ouvre-le-feu-dans-un-restaurant-de-los-angeles-quatre-morts

La mafia des escrocs arméniens aux USA

Mafia arménienne aux USA: Erevan aidera la police américaine
 
19:26 14/10/2010
EREVAN, 14 octobre - RIA Novosti
L'Arménie aidera la police américaine à lutter contre la mafia arménienne aux Etats-Unis, a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie arménienne Tigran Balaïan.

"Nous regrettons que des citoyens arméniens aient été impliqués dans des délits d'escroquerie aux Etats-Unis. Les autorités arméniennes sont évidemment prêtes à coopérer avec leurs collègues américains en cas de nécessité", a-t-il affirmé.

Selon les médias américains, plus de 40 personnes, pour la plupart des immigrés ou des citoyens arméniens, ont été arrêtés le 13 octobre à New York et à Los Angeles pour avoir volé les données personnelles de milliers de patients et de médecins en vue de détourner des millions de dollars du système d'assurance maladie Medicare.
Parmi les personnes arrêtées figurent les "parrains" de la mafia arménienne à Los Angeles David Mirzoïan et à New York Robert Terdjanian.
Source : http://fr.rian.ru/world/20101014/187636032.html

samedi 2 octobre 2010

Ecrit-on trop sur les Arméniens ?

Jean-Paul Roux, préface à La Tragédie arménienne de 1915 de Georges de Maleville, Paris, Lanore, 1988 :
On écrit beaucoup sur les Arméniens.
On écrit trop peut-être bien qu’il ne soit pas indifférent aux Français de connaître ce peuple dont maints de leurs concitoyens sont issus, qui a joué un si grand rôle dans l’élaboration de leur art médiéval et dont l’existence historique a toujours été si profondément dramatique : situés aux confins de deux univers, l’un occidental - Rome, Byzance, l’Empire Ottoman - l’autre oriental l’Iran - ils n’ont cessé d’être au lieu de rencontres et donc de conflits, avant même que le fantastique essor des Russes n’ait amené à leur septentrion, avec un nouvel Empire, de nouvelles causes de déchirements et de malheurs.

On écrit trop peut-être, parce que les livres et les articles qui se succèdent ne font guère que de se répéter.

Sur les rayons de ma bibliothèque s’alignent des ouvrages dont bien peu sont originaux.

Du passé, de la culture, de la République Socialiste Soviétique d’Arménie, rien ou à peine. On dirait que seule puisse nous interpeller la tragédie qui, au début de notre siècle, a jeté un voile de deuil sur cette civilisation deux fois millénaire.

Et c’est, pour la présenter, toujours les mêmes mots, un discours qui ne se renouvelle guère.

Un procès ? Nullement. Un acte d’accusation contre le gouvernement ottoman jugé responsable des innombrables morts d’hommes, de femmes et d’enfants arméniens dans la sombre année de 1915, jugé responsable de ce que l’on a nommé « le génocide ».

Le livre de Maître de Maleville, par ses intentions et par son ton - celui d’un maître du Barreau - tranche sur cette sombre et monotone production.

Ce n’est certes pas celui d’un historien ou d’un archéologue, mais bien celui d’un avocat qui plaide avec talent et fougue pour une cause qui ne lui paraît pas entendue.
On se croirait, à le lire, dans une salle d’audience et ses accents sont tels qu’il ne faut pas une grande imagination pour deviner les amples gestes du bras, l’élan de la poitrine tendue en avant pour convaincre, les modulations de la voix.

Oui, un plaidoyer, le plaidoyer de la défense que, selon toute la loi des pays civilisés, il faut écouter avant de prononcer un jugement. Il faisait certainement défaut.

Maître de Maleville est un juriste bien connu de son milieu professionnel et c’est en tant que tel qu’il se penche sur les « pièces à conviction », en se demandant quelle peut être leur valeur, en les triant sans doute, en les disséquant, en essayant de démontrer qu’elles n’ont peut-être pas l’éminente importance qu’on leur accorde. N’est-ce pas le rôle reconnu de l’avocat ?

Il a souhaité que je le présente. Je ne doute pas qu’il eut bien pu s’en passer. Sa propre force s’impose. Comme historien du monde turc, je suis sans doute suspect de partialité et, bien qu’en tant qu’historien je cherche à n’en point avoir, je n’ose pas affirmer que j’en suis exempt. Je suis en tous les cas bien placé pour savoir combien elle ne manque pas aux adversaires de la Turquie.

Aussi bien tairai-je ici mon sentiment. En rien je ne me sens juge ni juré. Il me sera cependant sans doute permis de dire que la démarche de Maître de Maleville est celle d’un homme libre, d’un homme qui dit avec netteté et courage ce qu’il a le désir de dire, sans se soucier des modes et des courants, et, croirais je, ce qu’il pense, en son âme et conscience, être la vérité. C’est un honneur des pays démocratiques que chacun puisse exprimer son opinion. C’est l’honneur de l’humanité que chacun puisse le faire. Dieu lui-même n’a-t-il pas laissé à ses créatures le droit de lui répondre non ?

Jean-Paul ROUX
Directeur de recherche au CNRS

Les Arméniens, des éléments suspects dans l'Empire ottoman

Jean-Paul Roux, Un choc de religions : la longue guerre de l'islam et de la chrétienté, 622-2007, Paris, Fayard, 2007, p. 328-330 :

"Qu'en 1915 il y ait eu génocide (comme beaucoup, avec les Arméniens, l'affirment) ou massacres (comme, avec les Turcs, d'autres le soutiennent), ce sur quoi les historiens ne se sont pas mis d'accord, la tragédie arménienne est l'une des plus atroces de la lutte millénaire entre l'islam et la chrétienté. Ce qui est certain, c'est qu'il ne restait plus en Turquie à la fin des hostilités que 70 000 des ressortissants d'un peuple qui y avait été si nombreux : combien étaient morts ? combien avaient émigré ? Les uns avancent le chiffre de 1,5 million de victimes, les autres n'en dénombrent que 300 000. Même si la vérité, comme c'est si souvent le cas, se situe entre les deux estimations, elle touche à l'intolérable.

Pendant des siècles, les relations entre les communautés arméniennes, turques et kurdes avaient été acceptables, mais elles avaient commencé à se gâter au XIXe siècle avec l'éveil du nationalisme et l'accession à l'indépendance des Grecs, des Serbes et autres Bulgares. Puisque tous les peuples chrétiens soumis à l'Empire ottoman étaient devenus libres, l'Arménie ne devait-elle pas aussi le devenir ? Elle avait tendance à le penser et il ne manquait pas de gens à l'étranger pour l'y encourager. Dès la guerre russo-turque de 1877-1878, l'armée russe, où servaient des généraux arméniens, avait été reçue en libératrice à Kars, Hakkari, Batoum. En 1894-1896, des mouvements insurrectionnels avaient éclaté en Anatolie orientale et avaient eu des répercussions dans tout l'Empire. Les Turcs les avaient réprimés sans pitié, tuant de 100 000 à 200 000 personnes, et en faisant fuir à peu près autant à l'étranger. Pour attirer l'attention du monde qui se montrait d'une indifférence totale devant ce drame, un commando arménien avait occupé le siège central de la Banque ottomane à Istanbul.

Il est à peu près certain que les Turcs, qui traversaient en 1915 des heures difficiles sur le front oriental, eurent le sentiment que leurs sujets chrétiens n'étaient pas sûrs, que beaucoup d'entre eux les trahissaient. Atatürk (qu'on ne peut pas accuser de fanatisme musulman en ces jours de 1927 où il entend insérer la Turquie dans la civilisation européenne) déclare dans son Discours-fleuve (Nutuk), en se replaçant au temps de la guerre : « Partout dans le pays, les éléments chrétiens travaillent ouvertement ou clandestinement pour leur propre intérêt. » Et c'est un fait que les Russes proclamaient qu'ils seraient reçus à bras ouverts par les Arméniens d'Anatolie. Et c'en est un autre que des Arméniens avaient pris parti pour eux, notamment à Van où les combats avaient été particulièrement violents (la ville rasée, dont les monuments n'ont jamais été reconstruits, en porte encore la trace), où ils avaient tué des dizaines de milliers d'habitants."