mardi 9 novembre 2010

Chalon : triste situation d'une famille arménienne sans-papiers

chalon. Le Réseau éducation sans frontières a installé des tentes symboliques hier en ville.

Alerte sur le logement

Pour dénoncer les situations de trois familles sans papiers, bientôt expulsées de leur logement et d’une famille régularisée mais sans toit, le RESF a planté des tentes au centre-ville de Chalon.
«Sanoussy, 16 mois, né à Chalon. Mes parents viennent de Guinée Konakry. La préfecture n’a pas renouvelé la carte de séjour de mon père. Donc mon père a perdu son travail. Pas de travail = pas de logement. Où vais-je dormir ? »

« Christian, j’ai 5 mois. Micha, j’ai 2 ans. Maman est régularisée, pourtant, mon frère et moi attendons un toit depuis cinq mois. »

« Salima, j’ai 4 mois, je suis née à Chalon. Azamat, j’ai 4 ans, je viens d’Ingouchie. La France nous met dehors. Notre père a été torturé. Retourner en Ingouchie = danger de mort. Dans un mois, nous serons à la rue. »

« Luiza, j’ai 4 ans, je viens d’Arménie. Vatzgen, j’ai 6 mois, je suis né à Chalon. Notre père a été tabassé en Arménie. Nous devons quitter notre logement. » Pour symboliser ces situations, le Réseau éducation sans frontières (RESF), avait installé, hier, des tentes sur la place de Beaune à Chalon. « Des logements pour tous, avec ou sans papiers. » C’était le message que les membres du réseau souhaitaient faire passer, en prenant l’exemple des difficultés rencontrées par quatre familles à Chalon. Trois familles déboutées de leur demande de carte de séjour qui vont se retrouver à la rue. Une famille régularisée, mais sans solution pour se loger. L’initiative a été bien accueillie par certains passants : « Ce n’est pas digne d’une société démocratique de se comporter de la sorte » déplorait l’un d’entre eux, « avec ces méthodes, la France se taille une très mauvaise réputation à l’étranger. Qu’on traite les sans-papiers comme des criminels me scandalise. »

Mais d’autres avaient à cœur d’exprimer leur désaccord par rapport aux actions du RESF : « Qu’on s’occupe d’abord de la misère en France » protestait une passante en déployant moult arguments. S’en est suivi un échange verbal musclé avec Martine Courbon, ajointe au maire, présente sur les lieux : « En tant que vice-présidente du CCAS, je peux vous dire que la misère en France, on s’en occupe tous les jours. Ce n’est pas une raison pour être égoïste ! Si ces personnes sont ici, c’est qu’elles ne pouvaient pas vivre dans leur pays. »

Valérie Monin
Publié le 07/11/2010
Source : http://www.lejsl.com/fr/accueil/article/4098482,1293/Alerte-sur-le-logement.html