mardi 9 novembre 2010

Les Mureaux : scandaleux traitement d'une famille de réfugiés politiques arméniens

dimanche 25 juillet 2010, 20:07
Réfugié politique : c'est non pour une famille arménienne des Mureaux !
Par Troll de Mantes - Lien permanent

La famille H., arrivée clandestinement en France s'est vue refuser le statut de réfugié politique car l'Arménie est un pays sûr selon l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). Qu'en est-il vraiment ?

En réalité, depuis la fusillade du parlement arménien le 27 octobre 1999, le président Robert Kotcharian et son avatar devenu président Serge Sargsian procèdent à une véritable répression de l'opposition. Le conseil de l'Europe dénonce cette situation, notamment dans sa résolution 1643 (2009) portant sur la "Mise en œuvre par l’Arménie des Résolutions 1609 (2008) et 1620 (2008) de l’Assemblée" :

"5. L’Assemblée note que des doutes ont été émis (...) sur le procès à l’encontre des personnes reconnues coupables en relation avec les événements des 1er et 2 mars 2008. Par conséquent, l’Assemblée considère que, dans ces conditions, les charges retenues contre un grand nombre de personnes, (...) qui reposaient uniquement sur des témoignages de police, auraient pu être politiquement motivées. L’Assemblée est profondément préoccupée par les conséquences de cette situation, si l’on n’y remédie pas."

C'est après avoir participé aux manifestations des 1er et 2 mars 2008, que la famille H. a fuit vers la France. Monsieur H., partisan de Levon Ter-Petrossian a été arrêté à plusieurs reprises, et a subi des violences de la part de la police arménienne ainsi que des menaces de mort. Arrivé en France le 9 mars 2008, Monsieur H. entame le jour même, à Versailles, les démarches pour obtenir le statut de réfugié politique. Lui et sa famille ont très rapidement été orientés vers Les Mureaux, sans doute pour ne pas troubler la tranquillité des bourgeois versaillais. Depuis, ils vont d'hôtels en foyers, quand ce n'est pas dans la rue ! Ils ont ainsi vécus deux mois à quatre (dont deux enfants de quatre et deux ans) dans leur voiture sur le parking d'un supermarché ! Après le rejet de sa demande, et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, la famille vie dans la peur d'être arrêtée et reconduite à la frontière. Monsieur H. s'est rendu à la préfecture jeudi dernier pour y déposer sa demande de réexamen de son dossier, mais après trois heures d'attente, il lui a été signalé de revenir la semaine suivante. Seules cinq ou six demandes étant acceptées par semaine ! Ce jeudi, monsieur H. attendra l'ouverture de la préfecture la veille pour être certain de pouvoir déposer son dossier... dans l'espoir qu'il lui soit donné une suite positive.

Le système est particulièrement inhumain et c'est grâce à l'action militante d'organisations (DAL, LDH, RESF, RESEL, Attac, PCF, PG, NPA, etc) que la famille H., et tant d'autres, arrivent à survivre. La France doit redevenir une terre d'asile pour les opprimés ! Espérons que la décision du conseil d'état d'annuler le classement de l'Arménie dans la liste des pays d'origine sûrs permette à la famille H. d'obtenir l'asile politique qu'elle mérite.
Source : http://www.troll-de-mantes.com/index.php?post/2010/07/25/Refugie-politique-c-est-non-pour-une-famille-armenienne-des-Mureaux