Gérard Chaliand, 1915, le génocide des Arméniens, Bruxelles, Complexe, 2006, p. 191-192 :
"L'expérience montre que tout peuple doit d'abord compter sur ses propres forces. Trop souvent, l'absence d'une tradition étatique a mené les Arméniens à confondre, hier comme aujourd'hui, chez leurs alliés, calculs stratégiques et prise de position morale. C'est aussi ne pas reconnaître l'ampleur de la réussite de Mustapha Kémal parvenant aux forceps à donner naissance à la Turquie moderne. Ce n'est pas par hasard qu'il est surnommé père des Turcs : Atatürk. Le changement de rapport de forces sur le terrain : échec des Grecs, échec français dû à la lassitude de la Grande-Guerre, échec arménien, a amené à reconsidérer les réalités nouvelles en Anatolie à l'heure où la Russie bolchevique est perçue par l'Occident comme le danger majeur. On ne peut, par ailleurs, que souligner la sous-estimation par les Arméniens en général des élites ottomanes et turques et de leur longue tradition étatique, diplomatique et militaire."
"L'expérience montre que tout peuple doit d'abord compter sur ses propres forces. Trop souvent, l'absence d'une tradition étatique a mené les Arméniens à confondre, hier comme aujourd'hui, chez leurs alliés, calculs stratégiques et prise de position morale. C'est aussi ne pas reconnaître l'ampleur de la réussite de Mustapha Kémal parvenant aux forceps à donner naissance à la Turquie moderne. Ce n'est pas par hasard qu'il est surnommé père des Turcs : Atatürk. Le changement de rapport de forces sur le terrain : échec des Grecs, échec français dû à la lassitude de la Grande-Guerre, échec arménien, a amené à reconsidérer les réalités nouvelles en Anatolie à l'heure où la Russie bolchevique est perçue par l'Occident comme le danger majeur. On ne peut, par ailleurs, que souligner la sous-estimation par les Arméniens en général des élites ottomanes et turques et de leur longue tradition étatique, diplomatique et militaire."
