mardi 9 novembre 2010

Saint-Junien : le courageux dissident arménien Hayk Mkrtchyan demande l'asile politique




SAINT-JUNIEN
Immigration Politique
jeudi 5 août 2010 - 06:17

Un réfugié arménien à Saint-Junien

En cette période où beaucoup ne pensent qu'au farniente sur des plages exotiques, d'autres, venus d'ailleurs, pensent d'abord à subsister. A se faire aussi une place dans notre société. Un jeune Arménien témoigne.
Son nom est imprononcable pour un Français mais Hayk Mkrtchyan ne désespère pas de s'installer en France. Et pourquoi pas à Saint-Junien où il vit depuis le début de l'an dernier.

Âgé de 29 ans, le jeune homme assure avoir quitté son pays, l'Arménie, pour des raisons politiques.
Depuis la fin de son service militaire, il a vécu des années particulièrement agitées. Dans son propre pays d'abord où il s'est opposé au régime gouvernemental. Puis en Allemagne, en Italie, et en France, à Limoges, où il a partagé le quotidien des Sans Domicile Fixe, pendant une dizaine de mois.

Hayk aurait pu mener l'existence tranquille d'un petit bijoutier, métier qu'il a appris à Erevan, la capitale du pays. Mais le pouvoir en place, en Arménie, ne correspond pas à l'idée qu'il se fait de la démocratie. Alors il participe à des manifestations qui dégénèrent souvent en combats de rue avec la police.

Un jour, après des affrontements, très sérieusement blessé, il ne peut se relever. "Je suis resté 48 h dans le coma" , se souvient-il. "J'ai perdu beaucoup de sang". Pourtant il refuse d'être hospitalisé. "J'aurais été emprisonné aussitôt ". Son frère, dentiste, et des amis médecins lui apportent les soins nécessaires.
Mais il ne se sent plus en sécurité. Il décide, le coeur gros, de fuir l'Arménie, sa famille, ses amis, ses racines...

En décembre 2006, muni d'un visa italien, il prend l'avion à destination de l'Allemagne, avec une délégation de députés d'opposition.

A Cologne, il ne parvient pas à attendrir la police allemande qui l'envoie pendant 4 jours en prison où il entame une grève de la faim. Trois mois plus tard, il est expédié manu militari en Italie.

Pendant 3 semaines, il séjourne à Milan et à Rome. Il y voit surtout l'envers du décor. Enfin, il reçoit un peu d'argent de sa famille et file vers la Géorgie, avec l'idée de rentrer en Arménie.

Ses parents le persuadent du contraire et l'aident financièrement à monter une expédition vers la France, pays de la liberté, à bord d'un camion géorgien. Destination Limoges.

Le 19 avril 2007, il dépose un dossier de demande d'asile politique à la préfecture de la Haute-Vienne et reçoit le soutien d'un avocat.

Hayk n'est pas sauvé pour autant. Sans argent, sans domicile et sans travail, il dort dans la rue et sollicite l'aide des services sociaux.

Le jeune homme, au physique de pilier de rugby, sombre peu à peu dans une sévère dépression.
Après des mois de galère dans la capitale régionale, on lui dit qu'il serait peut-être mieux à Saint-Junien... Et depuis il n'a pas quitté la cité gantière.

Il y trouve un hébergement, une écoute attentive auprès du GEM (groupe d'entraide mutuelle) et un soutien auprès des services sociaux municipaux.

Aujourd'hui Hayk n'est pas encore tiré d'affaire mais, dans un contexte favorable, de petits boulots en petits boulots, il reprend goût à la vie et s'invente un avenir.

Jean-Marie Misset

Arménie :
La presse arménienne rend compte, depuis le début de l'année, d'une augmentation de la criminalité, liée généralement à des affaires mafieuses. Les touristes sont priés d'être extrêmement prudents.
Par ailleurs, des zones du pays sont à éviter. En particulier vers les frontières avec l'Azerbaïdjan où des incidents ont lieu régulièrement depuis la violation du cessez-le-feu. Les mines anti-personnelles constituent un réel danger à l'Est du pays.
Source : http://www.lepopulaire.fr/editions_locales/saint_junien/un_refugie_armenien_a_saint_junien@CARGNjFdJSsGExMCBho-.html