jeudi 16 décembre 2010

Angoulême : deux Arméniens enlèvent et séquestrent une jeune fille au nom d'une coutume de leur communauté

25 novembre 2010 09h05 | Par Natacha Thuillier  
Angoulême : ils avaient enlevé et séquestré la "fiancée"

Six mois de prison avec sursis ont été requis hier soir contre deux jeunes gens arméniens.             

Il voulait qu'elle devienne sa femme. Elle, amoureuse, voulait auparavant terminer ses études. Cette opposition claire n'a pas empêché le jeune homme de 22 ans, issu de la communauté arménienne de Joué-lès-Tours, d'organiser avec un copain d'Orléans, l'enlèvement de la jeune Angoumoisine, ce 17 novembre 2008 au matin, devant le lycée Guez-de-Balzac d'Angoulême.

Ils ont comparu tard hier soir devant le tribunal correctionnel d'Angoulême pour cette opération effectuée d'après eux « selon la coutume arménienne » qui avait déclenché une « alerte enlèvement » nationale.

Quelques heures

Ils étaient poursuivis également pour séquestration de la jeune fille au domicile de l'un d'eux pendant quelques heures. Les policiers avaient en effet vite suivi la trace de la voiture qui transportait la jeune fille d'Angoulême à Orléans et l'ont retrouvée en fin d'après-midi.

« C'est la coutume, on n'a pas pensé que ça allait faire une autre image en France », a expliqué à la barre le copain de l'amoureux, qui a fourni son aide, la voiture qui a servi à l'enlèvement et… la maison de sa mère à l'arrivée.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'affaire n'est pas passée inaperçue. Un professeur avait tenté de s'interposer lorsque la lycéenne avait été poussée de force dans la voiture, devant plusieurs élèves. Un passant de Soyaux a ausi appelé la police lorsqu'il a entendu une jeune fille appeler au secours depuis une voiture passant en trombe.

« J'ai forcé pour la mettre dans la voiture », admet l'amoureux. Lorsque la jeune fille, en pleurs, lui a demandé de la ramener. Il n'a pas écouté. Lorsqu'un oncle a appelé, il n'a pas voulu lui passer le téléphone.

Coutume distordue

La « coutume arménienne », qui ne prévaut pas sur la loi française, prévoit toutefois que les enlèvements organisés se déroulent en accord avec la jeune fille, ou tout du moins, avec celui des parents, a rappelé le tribunal aux deux jeunes gens. L'enquête comprenait un entretien avec une éminente spécialiste de la culture arménienne, chercheuse au CNRS.

Au vu de l'absence d'antécédent des deux prévenus et de la persistance des liens amoureux, le parquet a requis six mois de prison avec sursis pour chacun d'entre eux.

L'avocate a souligné, de son côté, que pour qu'il y ait séquestration, il fallait qu'il y ait contrainte, ce qui n'est pas démontré dans le dossier. La jeune fille n'a pas mis à profit les occasions qu'elle a eues de quitter ses ravisseurs ou de téléphoner à sa famille. Elle n'a pas été violentée et était visiblement tiraillée entre ses sentiments pour l'un des deux garçons et l'envie de retrouver sa famille, ce que révèlent ses déclarations aux enquêteurs, a souligné Me Brochet, qui a plaidé la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 14 décembre.
Source : http://www.sudouest.fr/2010/11/25/ils-avaient-enleve-et-sequestre-la-fiancee-248752-823.php

14 décembre 2010 18h21 | Par SudOuest.fr avec l'AFP    
Quatre mois de prison avec sursis pour les ravisseurs d'une lycéenne à Angoulême

La jeune fille avait été enlevée en novembre 2008 par son petit ami, lequel souhaitait faire sa vie avec elle.


Le 17 novembre 2008, vers 10 heures, en présence de nombreux témoins, la jeune fille avait été poussée à l'arrière d'une voiture devant son établissement, le lycée Guez-de-Balzac, dans le centre d'Angoulême (Photo Isabelle Louvier)      

Le tribunal correctionnel d'Angoulême a condamné mardi à quatre mois de prison avec sursis deux hommes qui avaient enlevé l'espace de quelques heures en novembre 2008 à Angoulême une lycéenne de 18 ans, convoitée par l'un des deux prévenus qui souhaitait l'épouser.

Une peine de six mois de prison avec sursis avait été requise par le substitut Cyril Vidalie qui réclamait une "mesure symbolique et dissuasive" à l'encontre des deux hommes de 20 et 22 ans, sans antécédents judiciaires et qui comparaissaient libres pour enlèvement et séquestration, sans violence toutefois. Les deux prévenus avaient indiqué avoir agi conformément à une coutume arménienne ancestrale qui autorisait un soupirant à enlever une jeune fille lorsque les parents s'opposaient au mariage.

Le 17 novembre 2008, vers 10 heures, en présence de nombreux témoins, la jeune fille avait été poussée à l'arrière d'une voiture devant son établissement, le lycée Guez-de-Balzac, dans le centre d'Angoulême. Une alerte nationale avait été diffusée et la lycéenne avait été retrouvée le soir même à Orléans, au domicile des parents de l'un des deux hommes. Les ravisseurs avaient été interpellés devant ce domicile.

L'enquête avait révélé que la victime connaissait l'un des deux jeunes gens, alors âgé de 20 ans et rencontré quelques mois plus tôt lors d'un mariage, avec lequel elle avait entretenu une relation sentimentale. Les deux jeunes se voyaient régulièrement le week-end et son soupirant, qui souhaitait faire sa vie avec elle, lui avait demandé de le rejoindre chez lui, à Tours, ce que la lycéenne avait toujours refusé de faire.
Source : http://www.sudouest.fr/2010/12/14/quatre-mois-de-prison-avec-sursis-pour-les-ravisseurs-d-une-lyceenne-a-angouleme-267111-813.php