vendredi 31 décembre 2010

Cholet : deux familles de réfugiés arméniens poussées à l'exil du fait de la loi de la jungle mafieuse qui régne dans leur pays

Actualité
Cholet
Vendredi 31 décembre 2010

Réfugiés arméniens : une situation encore fragile

En juin dernier, les membres du comité Oumar-Diallo avaient installé un campement devant la mairie de Cholet, pour accompagner les deux familles de réfugiés.

Cet été, deux familles d'origine arménienne s'étaient retrouvées sans logement, à Cholet. Depuis, leur situation a évolué, mais elle reste inquiétante.

« Aujourd'hui, ils ont une Autorisation provisoire de séjour (APS), mais ils restent très inquiets. Car, si hier, ces APS étaient d'une durée raisonnable, aujourd'hui elles sont réduites à un mois. Cette famille vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête », se désole Michel Le Cler, du comité Oumar-Diallo.

Cette famille, c'est Gago et Anuch (1), et leurs deux garçons de 11 et 15 ans. D'origine arménienne, ils sont arrivés en France en 2008 avec une autre famille Arthur et Lola (1), après avoir fui leur pays. En juin dernier, les deux familles s'étaient retrouvées sans logement. Gago et Anuch étaient à ce moment-là engagés dans un recours devant le tribunal administratif, et un dossier devant le conseil d'État, à la suite de l'obligation de quitter le territoire qui leur avait été notifiée. Leurs amis attendaient une réponse de la deuxième demande auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).

La précarité de leur situation avait alors poussé les membres du comité Oumar-Diallo qui les accompagne, à installer un campement solidaire devant la mairie de Cholet, pendant une dizaine de jours. L'occupation des lieux avait suscité d'extrêmes tensions lors du conseil municipal de juin, puis de juillet. Le conseil général avait également été interpellé.

Du travail par intermittence

Depuis cet été, Arthur et Lola ont quitté Cholet pour Angers. Ils espèrent toujours une convocation devant la CNDA. Gago et Anuch, eux, sont restés dans les Mauges où ils sont désormais logés par le Secours catholique. Avec leur titre provisoire de séjour, ils ont pu travailler cet automne, par intermittence.

« Tantôt à la cueillette des pommes, tantôt à abattre un mur, une nuit pour faire des brioches dans une usine... Ils veulent vraiment travailler, certifie Michel Le Cler. Non seulement pour manger, mais aussi parce que ça permet de stabiliser la situation. Ils s'inscrivent totalement dans une volonté d'intégration. » Les deux garçons sont scolarisés à Cholet. Les parents se sont inscrits à des cours pour apprendre la langue française.

L'APS de Gago et Anuch sera renouvelable en janvier.

Sans relâche, les membres du comité travaillent le dossier : « Il existe un véritable danger dans leur ville d'origine, où la mafia est très présente et où règne la loi du plus fort. Cette famille nous a raconté son histoire. Nous l'avons vérifiée, avec des contacts sur place qui ont confirmé la menace qui pèse durement sur elle. C'est sur cet aspect que nous voulons avancer. »



(1) Les prénoms ont été modifiés



Ouest-France 
Source : http://www.cholet.maville.com/actu/actudet_-Refugies-armeniens-une-situation-encore-fragile_loc-1640018_actu.Htm?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_cholet&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS