vendredi 17 décembre 2010

Noyon : un réfugié kurde de Géorgie condamné pour avoir défendu son père face à un agresseur arménien

ASSISES
Le réfugié géorgien avait tué dans la bagarre

FRÉDÉRIC NORMAND | 29.11.2010, 07h00

Ce matin débute le procès à la cour d’assises de l’Oise de Badri Khmoevi, un réfugié georgien âgé de 23 ans. Durant deux jours, au palais de justice de Beauvais, l’homme va devoir s’expliquer sur cette terrible soirée du dimanche 9 juillet 2006. Ce jour-là, une bagarre éclate sur le parking du foyer Aftam, à Noyon, rue du Moulin-Saint-Blaise.

Il est 19 heures. Badri Khmoevi ne participe pas aux bousculades. Son père, en revanche, y est mêlé. Et c’est, semble-t-il, pour lui porter secours que le jeune homme, qui n’avait alors que 19 ans, vient participer à l’affrontement. Il sort un couteau de sa poche et frappe. Samuel Akodjan s’écroule. Cet Arménien âgé de 42 ans ne survivra pas à ses blessures. Selon différents témoignages, il était d’une santé fragile mais c’est bien le coup de couteau qui a provoqué sa mort.
Les gendarmes, rapidement sur place, interpellent Badri Khmoevi sans difficulté. L’homme n’explique pas vraiment son geste lorsqu’il est déféré au parquet de Compiègne. Il est placé en détention. Il y restera dix-huit mois, son avocat, Me Benoît Dietsch, obtenant sa libération sous contrôle judiciaire le 6 janvier 2008.

Il a changé de vie

Depuis sa sortie de prison, Badri Khmoevi a changé de vie. Il travaille et vit avec sa compagne dont il a eu un enfant. Il parle désormais parfaitement notre langue. Le réfugié géorgien s’est, semble-t-il, parfaitement réinséré. Il n’empêche que les faits qui lui sont reprochés sont extrêmement graves, même si l’instruction menée par le juge Mahéo n’a pas permis de retenir la préméditation. D’ailleurs, c’est pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner qu’il comparaît aujourd’hui. Un qualificatif qui lui permettra sans doute d’éviter une lourde peine. A moins que les experts, attendus demain matin, ne mettent à mal la thèse de l’accident. Badri Khmoevi répondra également durant ces deux jours des blessures, légères, qu’il a infligées à un autre belligérant durant la même bagarre. Le verdict est attendu demain soir.
 Source : http://www.leparisien.fr/beauvais-60000/le-refugie-georgien-avait-tue-dans-la-bagarre-29-11-2010-1169544.php

ASSISES
Le Géorgien tueur fixé sur son sort aujourd’hui

STÉPHANIE FORESTIER | 30.11.2010, 07h00

« Mon client, Badri Khmoevi, a été traumatisé par son enfance en Géorgie. Il a vu son père kurde se faire maltraiter par des miliciens, assure Me Benoît Dietsch. Son frère en a témoigné aujourd’hui (NDLR : hier) à la barre des assises de l’Oise, poursuit-il. Il porte le souvenir de ce quotidien fait de peur et de violence : une cicatrice sur la joue.
C’est par peur, pour défendre son père, que Badri a donné ce coup de couteau. » Ce réfugié géorgien de 23 ans connaîtra sa peine ce soir. Il comparaît pour avoir porté un coup de couteau mortel à Samuel Akodjan, un Arménien de 42 ans.
Les faits remontent à juillet 2006. A Noyon, au foyer Aftam (Association pour la formation des travailleurs Africains et Malgaches) de la rue du Moulin-Saint-Blaise, une bagarre éclate ce jour-là. Badri nettoie sa voiture à 50 m de là et entend son père hurler. Il lui porte secours une première fois, puis revient avec un couteau. Les agresseurs sont fortement alcoolisés. Dans la mêlée, le coup part. Les gendarmes interviennent. Entre-temps, Samuel Akodjan, grièvement blessé, est remonté dans sa chambre. L’un des protagonistes de la rixe assure aux forces de l’ordre que « tout va bien ». Ils repartent. Les secours sont finalement appelés, trop tard. Samuel Akodjan va de plus en plus mal. Il décédera quelques instants plus tard. Le docteur Marc, le médecin légiste qui a autopsié le corps, a affirmé hier que la victime aurait pu être sauvée si le Smur était intervenu plus vite.
« Mon client était jeune aux moments des faits, 19 ans. Il était immature », argumente Me Dietsch, qui espère la clémence du jury. « Depuis, il a fait dix-huit mois de préventive, a refait sa vie, s’est inséré dans la société. Sa femme attend même leur deuxième enfant. »
Verdict ce soir.
Source : http://www.leparisien.fr/moulin-sous-touvent-60350/le-georgien-tueur-fixe-sur-son-sort-aujourd-hui-30-11-2010-1170936.php

ASSISES
Cinq ans de prison pour le réfugié géorgien

S.F. | 01.12.2010, 07h00

Le verdict a été rendu hier en début de soirée. Au terme de deux jours de procès aux assises de l’Oise, Badri Khmoevi, 23 ans, a été condamné à cinq ans de prison dont un an avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve, pour avoir poignardé mortellement un Arménien au cours d’une rixe à Noyon en 2006.
Aucun mandat de dépôt n’a été prononcé à l’audience. « On revient de loin, souffle Me Benoit Dietsch, son avocat. Mon client avait déjà été placé en détention pendant dix-huit mois et en était ressorti le 6 janvier 2008. Il n’avait qu’une crainte : repartir en prison. L’avocat général avait requis huit ans, M. Khmoevi a été très angoissé jusqu’à ce que le jury se prononce. C’était un soulagement pour lui et sa famille de savoir que sa peine sera aménageable. »

Ce réfugié géorgien s’est rendu coupable de violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. C’était il y a quatre ans, en juillet au foyer Aftam de Noyon. Pour défendre son père, impliqué dans une bagarre avec des compatriotes sérieusement éméchés, le jeune homme, qui avait 19 ans à l’époque, s’interpose, couteau à la main. Dans la bagarre, Samuel Akodjan, un Arménien de 42 ans, est grièvement blessé : il décédera quelques instants plus tard.

Hier, son père et un témoin de la scène se sont succédé à la barre. L’expert psychiatre, qui est intervenu par vidéoconférence, a décrit un jeune immature, traumatisé par ses souvenirs. En effet, dans son enfance, le jeune Badri a été le témoin de scènes particulièrement violentes entre son père, d’origine kurde, et des miliciens géorgiens. A l’arrivée en France en 2002, avec toute la famille, ce pays était pour eux synonyme d’espoir, de renouveau. En 2004, Badri obtient le statut de réfugié politique. Maintenant, il parle couramment le français, a rencontré une jeune femme qui lui a donné un enfant et qui en attend un deuxième.
Source : http://www.leparisien.fr/noyon-60400/cinq-ans-de-prison-pour-le-refugie-georgien-01-12-2010-1172402.php

Le deuxième agresseur ivre du père de Badri Khmoevi était sans doute lui aussi arménien.