vendredi 31 décembre 2010

Pays basque : "coup de gueule" contre l'insupportable inconvenance arménienne

Semaine du 06/12/2010  - Chronique
André Manoukian et l'invasion des canards
(Manoukian and the ducks)
Écrit par Roidite
Je suis un sale con. Oui, oui, je sais ce que vous allez dire, encore des flatteries. Le plaisir de se noircir, etc. Non, cette fois, c'est vrai : j'ai dit non à André Manoukian. Carrément non, zut, crotte et je m'en veux horriblement. Celui qui a dit non à Manoukian ne pourra plus jamais voguer tranquille sur les crêtes d'Iparla, connaître la paix intérieure en se plongeant, nu, dans la rivière Igurgi. Râpé, foutu, le paradis.

Enfin, quand je dis zut, c'est indirectement, hein, que j'ai lancé cette goujaterie à notre André national. Comme souvent, c'est une femme hélas qui a pris pour lui, ce vendredi soir de novembre. C'est que le brave André parraine le Phonéton arménien cette année et cette bénévole comme tant d'autres était chargée ce soir-là, par téléphone, d'aller à la pêche aux devises. Les autres fois, j'avais cédé, bêtement, pas dupe non mais faible, j'y étais allé de mon obole. C'est confortable, l'argent, c'est une façon de ne rien faire et de ne pas en penser plus.

Mais en quelques mois, il a bien fallu se rendre à l'évidence, à la réalité : l'Arménie s'invitait au pays basque. Sous la forme de deux couples ballotés, chassés comme des malpropres avec enfants et bagages. Leurs crimes ? Pour le premier couple, avoir un père ayant servi au KGB. Pour l'autre ? Horreur du couple mixte, renégat, contre-nature, comprenez un arménien chrétien et une azéri musulmane.

J'évoquais ces cas à la bénévole ; jusqu'à quand la dérussification devait-elle sévir ? Encore deux, trois générations ? Et la tolérance religieuse -oxymore-, une option sans doute ? Elle évoqua en retour l'utilité des dons, la chère construction d'écoles, oui, lui dis-je, dans le Haut-Karabagh, brillante démonstration de colonisation douce.

Elle ne céda en somme qu'à la loi – ne voulant se fâcher avec un bon Français comme elle. Je lui rappelais que depuis cet été, la France ne devrait plus expulser vers l'Arménie que le conseil d'Etat ne juge plus comme un pays « sûr », ce qui signifie en clair que l'Arménie ne joue plus officiellement dans la cour des nations démocratiques. Ah l'autorité de la loi quand même. Reste que tout cela est bien triste ; où est l'âme arménienne, celle qui pleure dans son duduk, où est-elle cette merveilleuse tolérance, cette âme pacifique ? Il est grand temps qu'elle se reprenne, qu'elle se retrouve, qu'elle écoute les bonnes voix.

Trop de fausses notes, mon cher André, en résumé, pour le candidat Hermine. Pourtant, vous saviez bien les débusquer ce me semble, à la Star Ac. Faudrait peut-être avoir l'oreille moins sélective. Et ne pas couvrir les couacs d'une patrie par ailleurs exemplaire. C'est précisément parce qu'elle est admirable cette âme mélomane qu'elle ne peut supporter autant de canards sur sa portée. Qu'elle doit lutter de pied ferme contre cette invasion.
Source : http://www.paysbasqueinfo.com/component/zine/article/1104-andre-manoukian-et-invasion-des-canards.html