jeudi 9 décembre 2010

Sordides affaires au sein de l'armée arménienne

Nous n’avons pas le droit de dissimuler...   9/08/2010

Nous n’avons pas le droit de dissimuler et de garder le silence

Les suicides à répétition, au sein de l’armée de la République d’Arménie, et récemment la mort violente, non élucidés, de soldats, pendant une période de paix et non pendant une guerre ou opération militaire, ont provoqué la colère dans les différents milieux de la population arménienne. Il est néanmoins regrettable que la société se résigne à l’idée que les brimades envers des soldats et maintenant les meurtres sont la conséquence du laxisme qui règne dans le « système » et que l’ignorance symptomatique au sein de l’armée en est la cause.

L’armée arménienne existe depuis vingt ans et aujourd’hui on attribue toujours la situation actuelle aux causes « objectives » de l’étape de sa formation. Notre armée a été créée sur la base d’une idée sublime qui était la protection de la patrie. C’est grâce à cela que nous avons pu vaincre l’ennemi dont les effectifs dépassaient largement les nôtres. Mais cette conscience idéologique a disparu et les cas de fuite de l’armée, la désertion, sont fréquents de nos jours. Le déserteur préfère la fuite, tout en sachant bien qu’il va répondre un jour devant le tribunal militaire ou subir les tortures des officiers, au cas où il sera arrêté. C’est déjà un fait parlant. Les cadres dirigeants de l’Armée, par leur conduite, devraient servir d’exemple aux troupes et soutenir nos soldats. Malheureusement ils ne sont, en général, que des gens irresponsables et inconscients. Une commission d’enquête doit se former au sein de l’Assemblée Nationale de la République d’Arménie. Cette commission devra étudier les circonstances des assassinats. Elle devrait être composée non pas des serviteurs de l’État mais de membres impartiaux, ayant une position objective. Les responsables finiront-ils par comprendre que le cas d’un soldat mortpendant la guerre est différent d’un cadavre défiguré et remis à sa mère dans une période pacifique ? Ces incidents abominables font perdre la confiance de la société civile envers l’armée ; une confiance qui a été toujours très solide puisque l’armée a été perçue comme l’une des institutions solides de la République.

Les gens doivent prendre conscience que, in fine, les personnes qui seront tenues responsables de ces incidents dans l’armée sont le Ministre lui-même et les officiers. Combien de victimes devrons-nous supporter encore et parler parallèlement des exploits de notre armée et de la civilisation de notre nation ? Les mœurs de notre armée nationale sont l’expression déformée des mœurs de notre société. Le sadisme qui règne dans l’armée est aussi la conséquence du niveau d’éducation déplorable des officiers.

La découverte de ce dernier incident et sa dénonciation publique pourrait être un précédent dans l’espoir d’empêcher d’autres drames à l’avenir.

M. G.
02.08.2010
(c) M.G. et Europe&Orient
Source : http://eo.tchobanian.org/protected/communique0001010a.html