mardi 14 décembre 2010

Thierry Deve-Oglou : l'improbable explication de ses crimes dans le prétendu génocide arménien

Société 14/12/2010 à 00h00
Le flash de l’accusé du meurtre du RER D

Par DIDIER ARNAUD

Thierry Devé-Oglou, 46 ans, se tient avec son pull beige à col roulé, la diction hésitante, hier, devant la cour d’assises de Pontoise (Val-d’Oise) où il est jugé jusqu’à demain pour le meurtre d’Anne-Lorraine Schmitt, tuée de 34 coups de couteau. Dans le wagon du RER D, ce dimanche de novembre 2007, il a eu un flash dans la tête. «J’ai été vers la jeune fille, je lui ai demandé de faire l’amour, elle s’est mise à crier, j’ai donné un coup de couteau, après elle s’est débattue, je l’ai repoussée, je lui ai donné encore des coups de couteau [il sanglote] en lui donnant des coups, je me suis donné des coups à moi-même.» C’est comme cela qu’il parle de la jeune étudiante de 23 ans.

Thierry est cet homme d’origine arménienne,
à la scolarité brinquebalante, devenu ébéniste, qui vit encore chez ses parents. Il a raté à cinq reprises son permis de conduire. Sportif (il aime la plongée et la course à pied), serviable. Il change de coupe de cheveux selon les modes, se teint parfois en blond, aime porter des bagues. Il dit fréquenter les prostituées, achète des revues pornos, et il regarde, sur le téléviseur familial, quand les parents sont au lit, des films du même tonneau. Son père est atteint de la maladie d’Alzheimer : «S’il était venu ici, il aurait chanté», dit sa mère, Annie.

Elle évoque un fils couvé, qui à 12 ans fait une fugue pour rejoindre sa mère, pareil durant son service militaire, où il sera reconnu déserteur. La présidente demande à sa mère si le génocide arménien a marqué sa famille. Oui, son mari a perdu ses deux grands-pères et puis son oncle. Il venait d’un milieu très riche, mais la famille a tout perdu, même son nom «Devedian».

Avec son frère Philippe, avec qui il partageait tout, Thierry Devé-Oglou a beaucoup voyagé. En 1996, il avait déjà été condamné pour viol. «Vous l’avez tuée pour qu’elle se taise et ne vous dénonce pas ?» lui demande l’avocate de la partie civile. «Oui», répond-il dans un souffle.
 Source : http://www.liberation.fr/societe/01012307917-le-flash-de-l-accuse-du-meurtre-du-rer-d

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