samedi 31 décembre 2011

L'antisémitisme arménien : quelques pistes à explorer

Jacob Barnai, "The Development of Community Organizational Structures : The Case of Izmir", in Avigdor Levy (dir.), Jews, Turks, Ottomans : a shared history, fifteenth through the twentieth century, New York, Syracuse University Press, 2002, p. 50 :

"Un autre facteur important à Izmir à cette époque était le conflit acharné en cours entre les différentes communautés ethno-religieuses. La population chrétienne (grecque et arménienne) devint de plus en plus hostile au régime ottoman et aux musulmans étant donné que leur conscience nationale fut réveillée par la lutte de leurs communautés pour l'indépendance. En cela, elles furent soutenues par les puissances européennes. Les conditions économiques difficiles conduisirent à une rivalité persistante et sans merci entre les différents groupes à Izmir, et le conflit économique contribua à accroître les tensions interreligieuses.

Les Juifs d'Izmir étaient exposés à un feu croisé. Les communautés chrétiennes faisaient usage des deux formes traditionnelle-religieuse et moderne-nationaliste de l'antisémitisme afin de consolider leur conscience religieuse et nationaliste, ainsi que pour atteindre des objectifs économiques.
La manifestation la plus notoire des tensions entre chrétiens et juifs dans la ville était les diffamations sanglantes des chrétiens contre les Juifs, qui eurent régulièrement lieu tout au long du XIXe siècle. Parfois, les autorités ottomanes étaient contraintes d'intervenir. Dans ces cas-là, elles prirent généralement position en faveur des Juifs. La faiblesse du régime, cependant, l'empêchait de contrôler les conflits intercommunautaires à Izmir."


Henri Nahum, "Portrait d'une famille juive de Smyrne vers 1900", in Paul Dumont et François Georgeon (dir.), Vivre dans l'Empire ottoman : Sociabilités et relations intercommunautaires (XVIIIe-XXe siècles), Paris, L'Harmattan, 1997, p. 166-167 :

"(...) collectivement les relations [des Juifs] avec les communautés grecque et arménienne sont souvent conflictuelles. Périodiquement, aux alentours de la Pâque juive, la communauté juive est accusée d'avoir assassiné un enfant chrétien pour mêler son sang au pain azyme. Des émeutiers grecs et arméniens font irruption dans le quartier juif, molestent les passants, cassent les devantures des magasins, pillent les marchandises. On a beau retrouver quelques jours plus tard l'enfant disparu qui en général a fait une fugue, rien n'y fait : la calomnie de meurtre rituel renaît l'année suivante. A Smyrne, il y a eu des incidents analogues en 1888, 1890, 1896. Quelques mois après la photographie qui fait l'objet de cet article, en mars 1901, un jeune Grec disparaît. La foule envahit le quartier juif, conspue l'archevêque orthodoxe qui essaye de calmer les émeutiers, monte au clocher de l'église et sonne le tocsin. Le vali (gouverneur) rétablit le calme et ordonne un procès. On retrouve le jeune garçon disparu qui était allé passer quelques jours à Tchechmé chez des amis. Au procès, les avocats grecs, tout en essayant de défendre leurs clients, condamnent la calomnie de meurtre rituel. A ce procès est directement mêlé le fiancé de l'une des jeunes filles Mizrahi, qui en fait la chronique."



Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites : An Inquiry into Conflict and Prejudice, New York-Londres, W. W. Norton & Company, 1986, p. 138 :

"A un stade assez précoce, les adversaires des Jeunes-Turcs prétendirent que leur révolution était due à des machinations juives. Ce n'était pas une nouvelle habitude dans les terres islamiques, où depuis des siècles, attribuer une origine juive à un mouvement était un moyen reconnu pour tenter de le discréditer. Dans le passé, de telles accusations étaient rarement poursuivies, et ne formaient guère plus qu'une partie du vocabulaire injurieux généralisé. Cette fois, c'était différent. L'accusation trouva une nouvelle sophistication et cohérence, et se basait sur les doctrines et croyances antisémites qui avaient été entre-temps importées d'Europe. Certains journalistes et diplomates européens s'emparèrent du thème, notamment l'ambassadeur britannique, Sir Gerard Lowther, et son drogman en chef, Gerald H. Fitzmaurice, tous deux accros aux théories du complot sur les Juifs. Les histoires de ce genre commencèrent à circuler parmi la communauté étrangère. Elles apparurent dans les journaux locaux grecs, arméniens, et arabes chrétiens (et, en 1911, pénétrèrent même dans la presse turque)."


Justin McCarthy, Death and exile : the ethnic cleansing of Ottoman Muslims, 1821-1922, Princeton, Darwin Press, 1995, p. 189 :

"Lorsque les Ottomans évacuèrent Van [en 1915], beaucoup de ceux qui avaient pu s'enfuir furent pris à partie par des bandes arméniennes sur les routes. Environ 400 d'un même groupe furent tués entre Erçis et Adilcevaz.
Les Arméniens tuèrent également trois cent Juifs qui tentaient de s'échapper vers Hakkâri. D'autres réfugiés trouvèrent leur chemin bloqué par des bandes arméniennes et des villageois arméniens armés, qui attaquaient tous les musulmans passant par là." 


Nathalie Cettina, Terrorisme : l'histoire de sa mondialisation, Paris, L'Harmattan, 2001, p. 45-46 :

"L'ASALA voit le jour, en 1975, au Liban, pays dans lequel les Arméniens ont trouvé refuge après le génocide de 1915. L'arrivée de Palestiniens au Liban suscite l'adhésion de certains Arméniens qui, sur le modèle des terroristes qu'ils côtoient, adoptent cette méthode dans leur lutte contre l'Etat turc. Une transnationalité alliée à une ouverture idéologique affirmée conduit l'organisation à étendre son champ d'action. La haine des juifs et de l'Occident est à l'origine de sa participation à l'attentat de la rue Copernic, en 1980, à Paris."


Pierre Blanchet, "L'ASALA et ses sponsors", Le Nouvel Observateur, 10 octobre 1986, p. 54 :

"Comment expliquer qu'aujourd'hui l'ASALA s'allie avec le Djihad islamique et réclame l'exécution de Jean-Paul Kauffmann ? Dépourvue de base, l'ASALA a été en fait récupérée par les Syriens et par les Iraniens. Il est de notoriété publique que l'ASALA dispose de facilités à Damas et même à Téhéran. A ces manipulations une explication sociologique et culturelle : les Arméniens les plus durs dans leur folie détestent au fond les juifs à qui ils reprochent d'avoir réussi là où ils ont échoué : ils ont fait reconnaître leur génocide et ils ont trouvé un territoire. Jalousie historique qui conduit aujourd'hui les enfants du massacre de 1915 à s'allier aux plus intégristes des musulmans."


Voir également : Une des "raisons" de l'antisémitisme arménien : la loyauté des Juifs ottomans à leur Etat, sous Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) et les Jeunes-Turcs

Un thème récurrent de la propagande arménienne : le soi-disant complot judéo-maçonnique et dönme derrière la révolution jeune-turque

L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

Les déportations et expulsions massives dans l'Empire russe au cours de la Première Guerre mondiale

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Wikileaks révèle la prégnance du complotisme antisémite et antimaçonnique sur la scène politique arménienne en 2008 et plus particulièrement dans les médias pro-gouvernementaux

vendredi 30 décembre 2011

Pied de nez au lobby arménien et à ses laquais liberticides : le magazine L'Histoire rend accessible l'intégralité de l'entretien entre Fuat Dündar et François Georgeon (avril 2009)

A la une
Génocide arménien, de la loi à la polémique
A la une soumis le 29/12/2011

Jeudi 22 décembre, les députés ont voté à l'Assemblée nationale une proposition de loi pénalisant la négation des génocides, dont le génocide arménien de 1915. L'historien turc Fuat Dündar avait abordé le sujet, objet à polémique et tensions diplomatiques... Génocide Arménien, le scénario
Source : http://www.histoire.presse.fr/web/la-une/genocide-armenien-de-la-loi-la-polemique-29-12-2011-41831

Pour rappel, nous avions nous-même cité cet entretien (ayant provoqué l'ire des extrémistes arméniens, car M. Dündar y remet notamment en cause leur fameux chiffre d'1,5 million de morts et interprète les motivations des Jeunes-Turcs dans un sens qui n'a pas l'heur de leur plaire), à partir d'un exemplaire en notre possession, en avril dernier : Entretien avec Fuat Dündar

Une décision salutaire donc de la part du magazine L'Histoire, à un moment où certains communautaristes et autres stipendiés électoralistes veulent réprimer pénalement la "négation" et la "minimisation" du "génocide" arménien, faute d'avoir pu convaincre les historiens.

mardi 27 décembre 2011

Le courageux historien Pierre Nora démasque les extrémistes arméniens et leurs certitudes sectaires

Lois mémorielles : pour en finir avec ce sport législatif purement français

Point de vue | LEMONDE | 27.12.11 | 15h40

On ne pouvait imaginer pire. Et si le Sénat devait confirmer cette funeste loi sur "la pénalisation de la contestation des génocides établis par la loi", ce sont les espoirs de tous ceux qui ont désapprouvé la généralisation des lois mémorielles et tous les efforts de l'association Liberté pour l'histoire depuis 2005, qui se trouveraient anéantis. A peine y avait-il une cinquantaine de députés en séance pour voter à main levée. Je ne doute pas que les plus conscients d'entre eux ne tarderont pas à se mordre les doigts devant les conséquences de leur initiative. L'ampleur du désastre est telle qu'il faut reprendre la question à zéro.

Il y a en effet dans cette loi deux aspects très différents : la question arménienne, sur laquelle on s'est focalisé ; et un aspect de portée beaucoup plus générale, qui n'a pas été mis en relief.

Versant arménien, l'affaire est claire. Le parallèle historique entre le "génocide" arménien et la Shoah, qui justifierait l'alignement de la législation française sur la loi Gayssot - pénalisant en 1990 la contestation du génocide juif -, ne tient pas. Pour la Shoah, en effet, la responsabilité de la France vichyste est engagée, alors que, dans le cas de l'Arménie, la France n'y est pour rien. Et s'il s'agissait de faire pression sur la Turquie, le résultat est concluant : la décision française ne peut qu'exacerber le nationalisme turc et bloquer toute forme d'avancée vers la reconnaissance du passé. La Turquie avait proposé, en 2005, la création d'une commission bipartite d'historiens et l'ouverture des archives ; les Arméniens avaient refusé au nom de leurs certitudes : génocide il y avait, et donc rien à ajouter, comme si le mot seul dispensait d'explorer les conditions de la chose. Le gouvernement français aurait dû faire pression pour qu'Ankara installe une commission internationale, dont la Turquie se serait engagée à suivre les conclusions, pour sortir du fatal tête-à-tête.

Le mot génocide a une aura magique, mais il faut rappeler que tous les historiens sérieux sont réticents à l'utiliser, lui préférant, selon les cas, "anéantissement", "extermination", "crimes de masse". L'expression, élaborée pendant la guerre, a été dotée d'une définition juridique en 1948, fondée sur une intention exterminatrice. Elle a pris une connotation extensive aux frontières floues, et son utilisation n'a plus qu'un contenu émotif, politique ou idéologique. Si les Arméniens souhaitent l'utiliser, pourquoi pas ? Il peut se justifier. Mais ce génocide était déjà reconnu par la République française depuis 2001. Alors ?

Ce qui frappe dans la loi adoptée le 22 décembre, son urgence, son téléguidage par l'Elysée, c'est le cynisme politicien, la volonté de couper l'herbe sous le pied d'une initiative parallèle de la gauche au Sénat, son arrière-pensée d'en finir avec toute candidature à l'UE de la Turquie, ainsi diabolisée, et pratiquement "nazifiée".

Il en va de même de la notion de crime contre l'humanité, associée dans la loi à celle de génocide. La notion est entrée dans le droit en 1945 au procès de Nuremberg, et son imprescriptibilité signifiait qu'aucun des auteurs du crime n'était à l'abri de poursuites jusqu'à sa mort. On l'a vu pour les nazis. Mais l'Arménie ? Aucun des acteurs n'étant encore en vie et le crime datant de près d'un siècle, faut-il que ce soient les historiens qui en portent la responsabilité ? Comment ceux-ci pourraient-ils travailler sur un sujet désormais tabou ?

L'aspect arménien n'est pas le plus grave. Cette loi prétend n'être que la mise en conformité du droit français avec la décision-cadre européenne du 28 novembre 2008 portant sur "la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal". C'est faux : elle va plus loin. Devant la décision de Bruxelles, la France avait choisi une "option" qui consistait à ne reconnaître que les crimes contre l'humanité, génocides et crimes de guerre déclarés tels par une juridiction internationale. C'était admettre l'éventualité d'une criminalisation des auteurs du génocide au Rwanda, au Kosovo et autres crimes internationaux contemporains, mais mettre les historiens qui travaillent sur le passé à l'abri de toute mise en cause. La loi actuelle s'applique à tous les crimes qui seraient reconnus par la loi française.

En termes clairs, la voie est ouverte pour toute mise en cause de la recherche historique et scientifique par des revendications mémorielles de groupes particuliers puisque les associations sont même habilitées par le nouveau texte à se porter partie civile. La criminalisation de la guerre de Vendée était d'ailleurs sur le point d'arriver sur le bureau de l'Assemblée en 2008 lorsque la Commission d'information sur les questions mémorielles avait conclu à la nécessité pour la représentation nationale de s'abstenir de toute initiative future en ce sens. D'autres propositions de loi se pressaient : sur l'Ukraine affamée par le pouvoir stalinien en 1932-1933 et les crimes communistes dans les pays de l'Est, sur l'extermination des Tziganes par les nazis, et même sur le massacre de la Garde suisse, aux Tuileries, en 1792 ! A quand la criminalisation des historiens qui travaillent sur l'Algérie, sur la Saint-Barthélemy, sur la croisade des Albigeois ? Mesure-t-on à quel degré d'anachronisme on peut arriver en projetant ainsi sur le passé des notions qui n'ont d'existence que contemporaine, et de surcroît en se condamnant à des jugements moraux et manichéens ? D'autant plus que la loi n'incrimine plus seulement la "négation" du génocide, mais introduit un nouveau délit : sa "minimisation", charmante notion que les juristes apprécieront.

La loi Gayssot avait sanctuarisé une catégorie de la population, les juifs ; la loi Taubira une autre catégorie, les descendants d'esclaves et déportés africains ; la loi actuelle en fait autant pour les Arméniens.
La France est de toutes les démocraties la seule qui pratique ce sport législatif. Et le plus tragique est de voir l'invocation à la défense des droits de l'homme et au message universel de la France servir, chez les auteurs, de cache-misère à la soviétisation de l'histoire. Les responsables élus de la communauté nationale croient-ils préserver la mémoire collective en donnant à chacun des groupes qui pourraient avoir de bonnes raisons de la revendiquer la satisfaction d'une loi ? Faut-il leur rappeler que c'est l'histoire qu'il faut d'abord protéger, parce que c'est elle qui rassemble, quand la mémoire divise ?

C'est ce que défend Liberté pour l'histoire. Nous avions lancé en octobre 2008, aux Rendez-vous de l'histoire de Blois, un appel aux historiens européens que plus d'un millier d'entre eux avaient signé en quelques semaines. "L'histoire, proclamait-il, ne doit pas être l'esclave de l'actualité ni s'écrire sous la dictée de mémoires concurrentes. Dans un Etat libre, il n'appartient à aucune autorité politique de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de l'historien sous la menace de sanctions pénales (...). En démocratie, la liberté pour l'histoire est la liberté de tous."

C'est le moment de rappeler cet appel. Que tous ceux qui l'approuvent prennent l'initiative de nous rejoindre. Il est des revers qui ne font que relancer l'ardeur au combat. Il est des lois que d'autres lois peuvent défaire, des institutions politiques que d'autres institutions politiques peuvent corriger. Rien ne peut davantage prouver le bien-fondé de notre cause, appuyée sur le simple bon sens, que cette attaque en rase campagne. Ou plutôt en pleine campagne électorale.
Historien, président de l'association Liberté pour l'histoire, Pierre Nora est l'auteur notamment de "Présent, nation, mémoire" (Gallimard, 420 p., 25 euros)
Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/27/lois-memorielles-pour-en-finir-avec-ce-sport-legislatif-purement-francais_1623091_3232.html

Voir également : L'éminent historien Pierre Nora dénonce une fois de plus le projet de loi liberticide (et met à jour les velléités anti-turques de Sarkozy)

L'historien Pierre Nora réprouve énergiquement les agissements du lobby arménien en France

Témoignage de Pierre Nora (historien pris pour cible par le lobby arménien) : BHL "balancerait" en privé ses "compagnons" nationalistes arméniens

Nicolas Stoquer, président du parti gaulliste RPF, analyse de manière remarquable l'idéologie victimaire et la généralisation perverse du qualificatif de "génocide" dans les cas arménien et tutsi

"Génocide" tutsi : victoire de Pierre Péan face aux extrémistes de SOS Racisme, la vision unilatérale de l'histoire rwandaise mise à mal

La confrontation du MIT turc et du Mossad israélien avec le problème du terrorisme arménien

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 77-79 :

"(...) décidés à faire plier la FRA, dont les attentats du CJGA se sont étendus au Canada, où le colonel Attila Altikiat, attaché militaire turc à Ottawa, est assassiné le 27 août 1982, les Etats-Unis participent le 28 décembre 1982, à Beyrouth, à l'enlèvement, d'Apo Achdjian, chef présumé du Conseil militaire dachnak et n° 2 du CJGA.

Coup dur pour la FRA, qui s'agite dans tout Beyrouth et interpelle chancelleries occidentales et ONG pour retrouver son chef militaire et dénoncer « le terrorisme d'Etat de la Turquie du général Evren responsable du kidnapping ». L'enlèvement d'A. Achdjian a trop longtemps été présenté comme le résultat d'une « division interne entre l'aile droite du Parti (Maroukhian-Zeitlian) contre l'aile gauche (Achdjian) ». Cette version relève, sinon de la méconnaissance du phénomène dachnak, du moins de la provocation. Les auteurs de cette thèse, des chercheurs turcs et américains, créent de cette manière la zizanie au sein de la FRA et font porter le chapeau de cet enlèvement au bras politique du Parti. Depuis quand H. Maroukhian incarne-t-il la droite du Parti aux côtés de S. Zeitlian, alors qu'il est avec A. Achdjian favorable à la poursuite du terrorisme ? Au-delà du fait qu'elle affaiblit le CJGA, l'affaire Achdjian serait le résultat d'un complot mené par la CIA, le MIT, le Mossad et les Phalangistes de B. Gemayel et préparé en pleine invasion israélienne au Liban. Malgré un démenti du gouvernement turc dans cette affaire, son service secret, le MIT, coopère avec les services de renseignements israéliens, eux-mêmes en relation avec le Kataëb. A. Achdjian a été enlevé à Beyrouth-Est, dans une zone sous contrôle phalangiste, ce qui impliquerait au moins la passivité des services de sécurité du Parti maronite. Selon la FRA, B. Gemayel, instigateur potentiel de l'enlèvement, veut la faire payer pour sa neutralité positive dans le conflit libanais. Fadi Frem, commandant général des Forces libanaises, opposées au parti Kataëb, corrobore cette thèse en déclarant que « l'enlèvement le 28 décembre 1982 d'A. Achdjian est l'œuvre des services secrets turcs qui avaient agi très habilement ». La mort d'A. Achdjian, telle qu'elle a été annoncée par son parti, n'a cependant jamais été confirmée. Les enquêtes de la FRA n'ont pas dépassé la thèse de l'enlèvement. D'après certaines sources, A. Achdjian aurait été aperçu à Istanbul, à la fin des années 1980, autour d'agents de la CIA. A. Achdjian est-il dès lors lui-même membre des services secrets américains ? Ce qui étayerait la thèse de la responsabilité américaine dans la mise en place du terrorisme du CJGA en 1975. Il ne s'agirait donc même pas d'un enlèvement, mais d'une simple mise en sommeil d'un agent. Il est difficile, à l'heure actuelle, de se prononcer davantage sur ces allégations, bien que le corps d'A. Achdjian n'ait, à ce jour, jamais été retrouvé...

Au Moyen-Orient, plusieurs rebondissements s'ajoutent à la guerre civile, compliquent davantage les lignes de forces et redistribuent les alliances locales. Il s'agit de l'invasion du Liban par Tsahal, de la guerre israélo-syrienne, du conflit Iran-Irak, des divisions du camp maronite, de l'arrivée de la force multinationale et de l'apparition de la milice chiite du Hezbollah, le parti de Dieu, pro-iranien, au Liban. Alors que l'armée israélienne détruit les structures de l'ASALA au Liban-Sud, H. Hagopian trouve refuge chez son ami Abou Nidal. Celui-ci, privé de l'appui du FPLP, offre à H. Hagopian logistique et moyens financiers dans la Bekaa sous contrôle syrien. Abou Nizar et Abd Al Rhaman Iza, deux hommes d'A. Nidal, mettent en contact H. Hagopian avec le colonel Haitham Saïd, responsable du Département d'intelligence de l'Air Force syrienne, ce qui procure à H. Hagopian des facilités en Syrie et par ficelles interposées entre l'ASALA et le KGB."

Voir également : Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

La coopération des terroristes arméniens de l'ASALA avec les services secrets de Kadhafi

Grossière duplicité de l'activisme arménien

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Un pétard mouillé à la Knesset : la session sur la "reconnaissance" du prétendu "génocide" arménien a été interrompue sous la pression du ministère des Affaires étrangères

Fearing Turkey, Knesset avoids recognizing Armenian genocide

Knesset members and historians urge public not to deny the genocide • Foreign Ministry exerts pressure, and members of the Education Committee decide against holding a vote • Knesset speaker: It is our obligation to remember.
Yael Branovsky

The Knesset Education Committee on Monday held a hearing on whether or not to recognize the mass murder of Armenians in the Ottoman Empire during World War I as a genocide, but fearing the wrath of its former ally Turkey, decided to end the session without a vote.

Historians and experts who took part in the discussion urged their audience not to engage in denial of the tragedy. "Those who deny the Armenian genocide deny all of human history. We have a moral obligation of the highest order to recognize the Armenian genocide," Professor Yehuda Bauer, a Holocaust expert at the Hebrew University, said at the hearing.

Turkey and Israel were once warm allies, but their relationship has deteriorated over the past few years and is now at a bare-bones diplomatic level.

To the chagrin of the hearing's initiators MKs Zahava Gal-On (Meretz) and Aryeh Eldad (National Union), the committee was unable to come to a resolution. "I think this was a missed opportunity," Gal-On said after the hearing. "I assume the decision was not made due to pressure from the Prime Minister's Office and the Foreign Ministry."

"I am greatly disappointed," Eldad said. "The committee chairman capitulated and no decision was made for fear of triggering Turkish sensitivities. For years we've been told not to go near this issue because our relationship with Turkey was good, and now they say that our relationship is not good, and that's the reason why we can't address the issue."


Education Committee Chairman MK Alex Miller explained that the issue is very complex and sensitive. His committee, he said, would hold additional hearings on the topic in the future.

"This isn't a political issue but a moral one of the highest order," Knesset Speaker Reuven Rivlin (Likud) said during the hearing. "We have a moral obligation to remember and remind others of the tragedy that befell the Armenian nation." Rivlin said he does not view a commemoration of the Armenian tragedy as a provocation against the Turks.

Irit Lillian, director of the Europe Department at the Foreign Ministry, came out in opposition of recognition. She said at the hearing that thus far only 21 countries have recognized the Armenian genocide but that doesn't mean that all the other countries are immoral. "This is a political issue that could, heaven forbid, cause our relations with Turkey to further deteriorate. Our relations with Turkey at present are so fragile that we must avoid crossing any red lines. Otherwise, we could find ourselves facing very severe strategic repercussions."
Source : http://www.israelhayom.com/site/newsletter_article.php?id=2392

Voir également : Israël : Otniel Schneller (parti Kadima) et Arye Gut (Association Internationale Israël-Azerbaïdjan) s'opposent fermement à toute "reconnaissance" spécifique du prétendu "génocide" arménien par la Knesset

Israël : Danny Ayalon et Avigdor Lieberman contre la "reconnaissance" du prétendu génocide arménien

Wikileaks révèle la prégnance du complotisme antisémite et antimaçonnique sur la scène politique arménienne en 2008 et plus particulièrement dans les médias pro-gouvernementaux

Le discours anti-israélien du dirigeant libanais Nabih Berri (chef du mouvement islamiste chiite Amal) applaudi par les députés du Parlement arménien

L'Université d'Arménie accorde un doctorat honorifique au chef du Amal, mouvement islamiste libanais

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

La Géorgie condamne le génocide des Circassiens, à la différence de l'Arménie

lundi 26 décembre 2011

Charles Aznavour (Shahnourh Varinag Aznavourian) et Patrick Devedjian : de paisibles citoyens français ou des nationalistes arméniens volontiers fanatiques ?

Charles Aznavour, cité dans Le Nouvel Observateur, 27 janvier 1984, p. 31 :

"Français de naissance et de culture, Arménien de religion, des larmes de ma mère et de la mère de mon père (...), je suis contre toute violence. Mais quand on me demande ce qu'il faut faire, je ne sais que répondre (...). Je ne peux pas les condamner [les membres de l'ASALA]."

Patrick Devedjian, cité dans The Armenian Reporter, 6 juin 1985, p. 2 :

"Ils appellent ça terrorisme, j'appelle ça résistance. Je défends ces garçons [membres de l'ASALA] parce que ce sont des Arméniens en révolte. Et c'est de loin plus important que les différences politiques entre mes idées politiques et les leurs."

Voir également : Le "Français" Shahnourh Varinag Aznavourian, dit Charles Aznavour, et l'organisation terroriste sanguinaire ASALA

Ils ont osé le dire : l'apologie insidieuse ou ouverte du terrorisme arménien

"Arménité", "cause arménienne", qu'est-ce que c'est ?

Le terrorisme arménien en France : images d'archives

Quelques figures de l'activisme/terrorisme arménien

Le financement communautaire et illicite de l'organisation terroriste arménienne ASALA

L'historien et journaliste Alexandre Adler analyse l'impasse d'une loi irresponsable

Le Figaro, 24 décembre 2011 :
Loi sur le génocide arménien : l'impasse

Alexandre Adler

A l'heure où paraît cette chronique, le débat créé par le vote parlementaire français sur la question du génocide arménien a déjà pris une considérable ampleur.

Commençons donc par dire qu'il ne s'agit pas de nier la réalité d'un génocide qui a bien eu lieu, dans les régions intérieures de l'Arménie ottomane, en 1915.

Le terme de génocide a pu légitimement être discuté, sans pour autant impliquer une attitude négationniste : on sait, en effet, que, à la différence du génocide juif de 1941-1945, l'Etat turc (ou plutôt ottoman) n'a jamais étendu les massacres aux populations arméniennes de l'Ouest du pays, à Istanbul en particulier où demeure, à ce jour, une communauté arménienne relativement importante.


Mais il est également vrai que les génocides ne se ressemblent pas tous et qu'à entrer dans des distinctions de ce genre, on ne fait qu'offenser le sentiment profond des nombreuses victimes et de leurs familles, massacrées, abandonnées dans des mouroirs en plein désert, ou, dans le meilleur des cas, pour certaines femmes, mariées de force et contraintes d'abandonner leur identité à tout jamais. Mustafa Kemal Atatürk avait d'ailleurs, de lui-même, baptisé cet épisode de « page la plus noire de l'histoire militaire de la Turquie » . C'est la raison pour laquelle la Turquie contemporaine a commencé à bouger sérieusement sur cette affaire, grâce aussi à l'action d'un intellectuel turc et arménien comme Hrant Dink, assassiné voici quatre ans par des criminels qui, semble-t-il, voulaient aussi déstabiliser la démocratie turque.

Aujourd'hui, c'est le gouvernement d'Ankara qui a entendu, de toutes les manières possibles, se rapprocher de l'Arménie indépendante, même en sacrifiant, non sans opportunisme, la cause de l'Azerbaïdjan frère, dont une partie du territoire demeure illégalement occupée par des Arméniens qui y ont pratiqué la purification ethnique. Et la proposition turque de commencer à examiner le problème à travers une commission d'historiens des deux pays représente le bon sens même pour établir pas à pas une vérité historique qui ne saurait être une « vérité d'Etat » : il va de soi que, dans une pareille procédure, on devrait aussi examiner les « petits génocides » pratiqués de 1912 à 1923 sur certaines populations turques, particulièrement exposées.

A mon avis, il serait également nécessaire, comme dans la commission sud-africaine Vérité et Justice, que l'on envisage toutes les questions en suspens, telles que par exemple le rôle du terrorisme arménien, celui de l'Asala en particulier, a pu jouer dans la déstabilisation de la Turquie des années 1970 aux côtés des services secrets soviétique, syrien et grec ainsi que du PKK kurde et du FPLP palestinien. S'il faut, en effet, vider une querelle, il est besoin d'entendre tous les griefs. A l'évidence, le vote français va à l'encontre de ces objectifs : il accuse un pays qui est, depuis la victoire d'Atatürk en 1923, l'allié de la France, d'abord contre Hitler jusqu'en 1940, puis contre l'Union soviétique stalinienne qui voulait d'ailleurs démanteler le territoire national turc en 1945 en invoquant notamment la question arménienne.

Il va de soi que, derrière la chasse opportuniste aux voix de nos compatriotes d'origine arménienne, il y a aussi de la part des directions nationales du Parti socialiste et, à présent, de l'UMP, la volonté de verrouiller l'accès de la Turquie à la négociation européenne, afin de complaire à des électeurs du Front national, dont il reste à démontrer que ce sujet leur soit sensible.

Bref, il s'agit là d'une mauvaise action perpétrée par les deux grands partis démocratiques français pour une fois d'accord - et pas sur la règle d'or - et dont les conséquences inévitables se feront sentir dès à présent : dans le domaine économique, c'est évident, mais aussi dans celui de la politique régionale où, pourtant, Paris et Ankara se devraient d'agir dans la concertation la plus étroite pour aboutir à une solution politique en Syrie, alors que Bachar Assad demeure arc-bouté sur le soutien de ses rares alliés irakien, iranien, russe... et bien sûr arménien.

Pour toutes ces raisons, le vote actuel est une page noire dans l'histoire de la diplomatie française, un acte surtout irresponsable dont on peut espérer que ceux qui s'y sont opposés, en tête desquels Alain Juppé, pourront bientôt démanteler les effets pervers dans l'intérêt de la Turquie et de la France certes mais même dans l'intérêt véritable du peuple arménien auquel nous unissent les liens de l'affection et du respect.

Voir également : L'historien Alexandre Adler exprime son refus du projet de loi liberticide et anti-républicain (et critique l'occupation illégale du Karabakh et le soutien arménien à la dictature d'Assad)

L'éminent historien Pierre Nora dénonce une fois de plus le projet de loi liberticide (et met à jour les velléités anti-turques de Sarkozy)

L'historien Pierre Nora réprouve énergiquement les agissements du lobby arménien en France

L'historien de gauche Marc Ferro s'oppose aux exigences liberticides du lobby arménien

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

L'amitié franco-turque

Israël : Otniel Schneller (parti Kadima) et Arye Gut (Association Internationale Israël-Azerbaïdjan) s'opposent fermement à toute "reconnaissance" spécifique du prétendu "génocide" arménien par la Knesset

"At the same time, Foreign Ministry representatives in the meeting said that it would be irresponsible to make any official declarations on the matter.

The ministry never denied the Armenian genocide, the representatives explained, but the issue has become political, and Israel prefers not to be involved, especially because Turkey and Armenia have been holding an open dialog on the facts and opinions surrounding it.

In addition, only 21 countries have officially recognized the Armenian genocide, according to the Foreign Ministry, and it would be unfair to declare all those who haven’t immoral.


“We can’t disconnect ourselves from reality. The Islamic world is getting more and more extreme,” MK Otniel Schneller (Kadima) said, echoing the Foreign Ministry’s stance. “We have to improve our relationship with Turkey; it’s a matter of survival, even if it has a painful price.”


Schneller suggested that the Knesset declare that according to human and Jewish morality, genocide is unacceptable no matter where it takes place, be it Armenia, Rwanda or Cambodia. He added that specific discussion of the Armenian genocide would be irresponsible.

In addition, two representatives of the Israel-Azerbaijan International Association (AZIZ), denied that genocide took place, saying that Armenians took the side of Turkey’s enemies and were a “fifth column” in Turkey.


In addition, AZIZ spokesman Arye Gut said that thousands of Azerbaijanis were killed in war with Armenia, and that Armenia occupies land Azerbaijan’s land. The two countries fought a war following World War I, and another war from 1988-1994.


Gut told the committee to keep in mind that Turkey helped Jews after the Spanish Inquisition and during the Holocaust, and that there are only 300 Jews in Armenia, while 30,000 live in Azerbaijan.


He called for the government not to make any official statements, and wait for decisions to be made in an international, academic forum.

No vote took place at the end of the meeting, and Knesset Education Committee chairman Alex Miller (Israel Beiteinu) said that more open discussions of the Armenian genocide will take place."

Source : http://www.jpost.com/DiplomacyAndPolitics/Article.aspx?id=250974

Voir également : Mauvaise nouvelle pour Erevan : 60 drones israéliens pour l'Azerbaïdjan

Mauvaise nouvelle pour Erevan : l'Azerbaïdjan obtient des drones israéliens sous licence

Mauvaise nouvelle pour Erevan : les relations entre l'Azerbaïdjan et Israël sont toujours au beau fixe

Israël : Danny Ayalon et Avigdor Lieberman contre la "reconnaissance" du prétendu génocide arménien

Wikileaks révèle la prégnance du complotisme antisémite et antimaçonnique sur la scène politique arménienne en 2008 et plus particulièrement dans les médias pro-gouvernementaux

Le discours anti-israélien du dirigeant libanais Nabih Berri (chef du mouvement islamiste chiite Amal) applaudi par les députés du Parlement arménien

L'Université d'Arménie accorde un doctorat honorifique au chef du Amal, mouvement islamiste libanais

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Grand jeu concours : trouvez où Hitler parle des Arméniens et/ou des Juifs dans ce discours à ses généraux (22 août 1939)

La collaboration de la FRA-Dachnak avec l'Allemagne hitlérienne

Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

Drastamat "Dro" Kanayan : de Staline à Hitler, parcours d'un "héros national" arménien

Des victimes oubliées du terrorisme nationaliste arménien en Anatolie : les Juifs d'Hakkari et les Grecs de Trabzon

Les déportations et expulsions massives dans l'Empire russe au cours de la Première Guerre mondiale

Les Arméniens d'Izmir et la calomnie antisémite du crime rituel

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin s'oppose aux lois mémorielles

Génocide arménien : la loi est "une erreur"

Par Marie-Laure Combes

Publié le 25 décembre 2011 à 12h09 Mis à jour le 25 décembre 2011 à 13h19

L'ancien Premier ministre a estimé sur Europe 1 que l'adoption de la loi n'était pas opportune.

"On ne légifère pas sur la mémoire". Dominique de Villepin a condamné dimanche sur Europe 1 lors du Grand Rendez-Vous l'adoption d'une loi pénalisant la négation du génocide arménien par les députés français. Selon lui, les "lois mémorielles" sont "une erreur". Le candidat à la présidence de la République a par ailleurs assuré qu'il n'avait aucun ressentiment envers l'actuel locataire de l'Elysée.
"Faire avancer les choses sur le bon terrain"

"Est-ce que nous serions heureux que le parlement algérien légifère sur la mémoire ?", a-t-il encore demandé. "Il faut être prudent et faire avancer les choses sur le bon terrain. Or la mémoire n'est pas le terrain de la loi". Il n'est pas question de remettre en cause, pour nous Français l'existence du génocide arménien, mais il s'agit de savoir si nous faisons progresser les choses en légiférant sur ce terrain", a-t-il précisé.


"La mémoire n'est pas le terrain de la loi" :


Villepin : "on ne légifère pas sur la mémoire" par Europe1fr
 
"Soyons prudents. On ouvre des querelles qui nous font régresser et pas progresser", a prévenu Dominique de Villepin. "Agir sur le terrain politique avec des arrières-pensées, qui en cette période électorale sont évidentes, est très malsain et c'est une erreur", a-t-il condamné. "Je souhaite qu'on revienne sur de tels agissements", a conclu l'ancien Premier ministre.
"Aucune forme de différend avec Sarkozy"

Dominique de Villepin est par ailleurs revenu sur sa candidature à la présidentielle de 2012. "Il n'y a dans ma démarche aucune forme de différend avec Nicolas Sarkozy", a-t-il assuré. L'ancien Premier ministre, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2012 début décembre, a affirmé qu'il n'avait aucun ressentiment envers l'actuel locataire de l'Elysée.

"J'ai tourné la page. J'ai pardonné à Nicolas Sarkozy", a déclaré Dominique de Villepin, qui a rappelé avoir été blanchi "par deux fois" dans l'affaire Clearstream. "Ceci n'entre pas en ligne de compte", a-t-il assuré. "Ne mélangeons pas les relations personnelles et l'ambition qui est la mienne", a demandé le candidat.

Dominique de Villepin a toutefois laissé entendre que des pressions avaient été exercées pour empêcher sa candidature. "Je ne suis pas dupe de tout ce qui a été fait pour me dissuader d'être candidat", a-t-il indiqué. Mais l'ancien Premier ministre s'est dit confiant "dans la capacité que nous avons, au cours des prochaines semaines, de rassembler plus de 500 signatures et mobiliser les moyens nécessaires pour une campagne".
Un président "arbitre"

Candidat indépendant, Dominique de Villepin a appelé la "France de Mitterrand, la France de Chirac et la France de Nicolas Sarkozy" à "avancer ensemble". "Nous ne sommes pas dans un temps de droite ou de gauche", a martelé Dominique de Villepin, qui souhaite que le prochain président de la République soit "un arbitre de notre vie nationale".

"Je vois se reconstituer République des partis" :

Villepin : "choisir un arbitre de notre vie... par Europe1fr
 
"Nous avons besoin d'un président qui rassemble. La France ne peut pas vivre avec un président de la République hémiplégique qui représente seulement la moitié des Français", a-t-il dit. Pour Dominique de Villepin, "ce n'est pas à l'UMP, au PS, au Modem ou au Front national de choisir le président". "Je ne veux pas que cette élection présidentielle soit kidnappée par les partis politiques", a-t-il ajouté.
Source : http://www.europe1.fr/Politique/Genocide-armenien-la-loi-est-une-erreur-878191/

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang pourfend la turcophobie sarkozyste

Génocide aménien: Jack Lang pointe que "les autorités nationales attaquent en permanence la Turquie"

Publié le 24.12.2011, 16h56

L'ancien ministre Jack Lang (PS) se demande pourquoi "depuis cinq ans, les autorités nationales attaquent en permanence la Turquie", et regrette la loi votée jeudi par les députés réprimant la négation des génocides dont celui des Arméniens, dans un entretien publié samedi par le JDD.fr.
"Je ne comprends pas pourquoi, depuis cinq ans, les autorités nationales attaquent en permanence la Turquie et font de son entrée dans l'Union européenne un obstacle", s'étonne le député du Pas-de-Calais en référence au quinquennat de Nicolas Sarkozy.

L'ancien ministre de François Mitterrand déplore une "attitude foncièrement hostile des autorités françaises, notamment pour des raisons électorales".
M. Lang en veut-il aux députés -notamment PS- qui ont voté le texte? "Je ne leur en veux pas, ce n'est pas le mot. Mais il ne fallait pas de cette loi", juge-t-il.
"Et ce, pour des raisons qui dépassent la question de l'Arménie et de la Turquie. Je partage le sentiment de Robert Badinter: ce texte n'est pas conforme à la Constitution, puisqu'il entrave la liberté d'expression", estime M. Lang.
Il juge par ailleurs que ce texte n'exprime "certainement pas une volonté de dialogue entre la Turquie et l'Arménie".
L'Assemblée nationale a adopté jeudi une proposition de loi UMP réprimant la négation de tout génocide, suscitant la fureur des autorités turques et une suspension des relations diplomatiques. Le chef de file des sénateurs PS François Rebsamen a demandé vendredi au gouvernement d'inscrire le texte à l'ordre du jour du Sénat "dans les plus brefs délais" car "rien ne serait pire aujourd'hui que de l'enterrer".
Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/genocide-amenien-jack-lang-pointe-que-les-autorites-nationales-attaquent-en-permanence-la-turquie-24-12-2011-1782819.php

En visite en Arménie, l'islamiste fanatique Ahmadinejad plaide pour une coopération arméno-iranienne accrue

En Arménie, Ahmadinejad plaide pour une coopération accrue
L’équipe du site

Le Président iranien en visite d’Etat, en Arménie, a plaidé, en faveur d'une coopération accrue entre les parlements des deux pays. Au cours d’une rencontre avec le Président du parlement arménien, Samuel Nikouiyan, le Président Ahmadinejad a estimé qu’un solide partenariat entre les deux Etats pourrait avoir, pour support, des coopérations interparlementaires plus élargies.

"L’Iran et l’Arménie partagent la même vision, au sujet de nombreux dossiers régionaux et internationaux. Nos deux pays demandent à ce que la paix et la sécurité et la justice soient établies, à travers le monde", a ajouté Ahmadinejad.


Pour le président du parlement arménien, les relations cordiales qu’entretiennent les deux pays vont dans le sens d’une nette promotion, ce qui est, d’ailleurs, inévitable. Plus tard, dans la matinée, Ahmadinejad a rencontré les Iraniens résidant à Erevan.

"L’Ordre arrogant continue de mener sa politique terroriste, dans notre région, quitte à placer ses pions aux commandes et à réaliser ses desseins néfastes, via ses acolytes", a-t-il poursuivi.

Source: Irib News
    24-12-2011 - 14:13 Dernière mise à jour 24-12-2011 - 14:13
Source : http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=42766&frid=20&seccatid=28&cid=20&fromval=1

Voir également : Le président arménien Sarkissian appelle à un renforcement des liens mutuels avec le régime islamiste iranien

Isolé, le régime bananier arménien se voit proposer un débouché... par les islamistes iraniens

Liban : deux Arméniens dans le nouveau gouvernement mis en place sous la pression du Hezbollah ?

Le discours anti-israélien du dirigeant libanais Nabih Berri (chef du mouvement islamiste chiite Amal) applaudi par les députés du Parlement arménien

L'Université d'Arménie accorde un doctorat honorifique au chef du Amal, mouvement islamiste libanais

Grossière duplicité de l'activisme arménien

dimanche 25 décembre 2011

Une des "raisons" de l'antisémitisme arménien : la loyauté des Juifs ottomans à leur Etat, sous Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) et les Jeunes-Turcs

Abraham Galanté, Histoire des juifs de Turquie, Istanbul, Isis, 1984 :

"Au mois d'Avril de l'année 1892, les Juifs de Turquie célébrèrent le quatrième centenaire de leur immigration en Turquie. Cet anniversaire fut célébré avec grande pompe, le premier jour de Pâque de la même année, dans toutes les synagogues de l'ancien Empire Ottoman. Le locum-tenens du grand-rabbin, feu Moché Levy se rendit, le même jour, au Palais de Yıldız et remit au Sultan la traduction turque du texte de la prière hébraïque lue le même jour, dans toutes les synagogues de l'Empire ainsi qu'une adresse d'hommages exprimant les sentiments de reconnaissance des communautés juives, le tout, contenu dans un magnifique album en or, artistiquement travaillé. Les journaux juifs de Turquie publièrent, à cette occasion, des numéros spéciaux, relatant les diverses phases de l'émigration d'Espagne et se faisant l'écho de la reconnaissance du judaïsme turc, vis-à-vis du peuple turc." (tome 8, p. 8)

"Le monarque basait son affection pour le locum-tenens sur le fait que l'élément juif ne causa au pays aucun souci de n'importe quel ordre et qu'il se montra toujours d'une fidélité à toute épreuve. Aussi, eut-il plusieurs fois l'occasion de faire bénir par Moché Lévi les princes, en bas âge, de la famille impériale." (tome 9, p. 184)


Abraham Galanté, ibid., 1985 :

"Après les pogroms de Russie (1891-92), des milliers de Juifs étaient venus se réfugier à Istanbul. Par un Iradé spécial, une commission fut constituée en vue d'étudier leur situation et de déterminer leur sort. Plusieurs de ces malheureux furent installés à Salonique, d'autres à Izmir et ses alentours, d'autres enfin furent dirigés sur l'Egypte et sur Marseille. Dans ces tristes circonstances, Abdul Hamid aurait eu l'idée d'encourager un mouvement d'immigration juive en Turquie. Voici comment les choses se sont passées :

C'était au printemps de l'année 1893. Un jour que le locum-tenens [du grand-rabbin] était en train de déjeuner dans sa résidence d'Ortakeuy, un aide-de-camp du Sultan vint lui remettre un message du premier secrétaire impérial l'informant que Sa Majesté désirait le voir le jour même dans l'après-midi et qu'un caïque se tenait à sa disposition. Accompagné de son « Kapou-Kâhya » et de l'un de ses petits fils, le locum-tenens prit place dans l'embarcation et se rendit au Palais. Introduit aussitôt auprès du souverain, celui-ci après s'être enquis de sa santé, comme c'est l'usage, lui exprima la satisfaction que lui causait les sentiments de fidélité de l'élément juif, lequel avait toujours joui de la sollicitude de ses prédécesseurs et il lui demande si les Juifs n'étaient pas disposés à rendre de nouveaux services au pays. Moché Lévi répondit que ses coreligionnaires n'attendaient que les ordres de Sa Majesté et que, d'ailleurs, les lois du pays où ils vivent, leur étaient aussi sacrées que leurs lois religieuses. Satisfait de cette réponse, le maître du Yıldız, fit cette déclaration: « Je sais que les Juifs sont persécutés dans divers pays et qu'un grand nombre vient trouver asile dans le mien. Je consentirai volontiers à accepter les Juifs russes et autres qui voudraient venir en Turquie. Mon intention est d'installer ces émigrés dans une partie de l'Anatolie Orientale, lesquels avec les Juifs indigènes pourraient me fournir une force de cent mille hommes, qui seraient attachés à la Quatrième armée. Si la question de cacher et tourfa (taref) des soldats de confession juive, serait un obstacle à leur service militaire, j'installerai en leur intention des cuisines cacher. Qu'en dites-vous haham bachi Effendi ? ».

Le locum-tenens remercia le Sultan de l'honneur qu'il avait fait à la communauté juive en voulant l'astreindre au service militaire et ajouta qu'il allait soumettre le cas, et d'une façon confidentielle, au conseil religieux du grand-rabbinat. Le conseil religieux se rendit au devant du désir du Sultan et rédigea un acte signé par 17 rabbins. Dans cet acte il était dit, que le judaïsme turc était reconnaissant à Sa Majesté de la nouvelle marque de confiance qu'Elle venait de lui témoigner en le faisant astreindre au service militaire.

Le locum-tenens remit personnellement l'acte au Sultan, qui en fut extrêmement content et qui lui dit : « les portes du palais sont toujours ouvertes à vous et à tous les Juifs ». Abdul Hamid transmit l'acte en question au conseil des ministres, qui fut particulièrement touché de l'attachement des Juifs au pays, mais que, pour des considérations politiques vis-à-vis des autres éléments non musulmans du pays, ne crut pas le moment opportun de lui donner la suite qu'il comportait." (tome 5, p. 295-296)


François Georgeon, compte rendu d'Ottoman Civil Officialdom. A Social History (Carter Vaughn Findley), Turcica, volume 24, 1992 :

"Cette place des non-musulmans dans l'administration constitue ce que l'auteur avait appelé dans une recherche précédente « le test acide de l'ottomanisme ». L'auteur voit d'ailleurs la proportion des Grecs et des Arméniens dans les bureaux s'affaiblir à l'époque du règne de Abdülhamid, au profit semble-t-il, d'employés issus de communautés plus restreintes, Juifs ou Arabes chrétiens, encore que les chiffres sur lesquels il s'appuie (surtout en ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères), soient d'interprétation délicate." (p. 342)


François Georgeon, Abdülhamid II : le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003 :

"Sur le plan politique, quelle place pour les non-musulmans dans l'Etat hamidien ? A l'époque des Tanzimat, la montée des communautés s'est traduite par « l'ottomanisme », doctrine qui cherchait, sur la base de l'égalité entre les communautés, à créer une « nation ottomane ». L'expérience du Parlement de 1877-1878 a constitué le sommet de cette politique, puisqu'il reconnaissait une représentation nationale aux communautés. Après sa suppression subsiste leur participation plus modeste dans les assemblées provinciales et dans les conseils municipaux. Il reste aussi l'emploi des non-musulmans dans les ministères, dans le corps diplomatique, dans les différents degrés de l'administration, mais ils atteignent rarement le plus haut niveau de responsabilités. D'ailleurs, cette présence dépend de biens des facteurs. Après l'indépendance de la Grèce, les Grecs de l'Empire ont perdu leurs positions dans l'administration et ont été souvent remplacés par des Arméniens. Après 1895, la place des Arméniens tend à diminuer au profit de juifs ou d'Arabes chrétiens." (p. 323)


Feroz Ahmad, "The Special Relationship : The Committee of Union and Progress and the Ottoman Jewish Political Elite, 1908–1918", in Avigdor Levy (dir.), Jews, Turks, Ottomans : a shared history, fifteenth through the twentieth century, New York, Syracuse University Press, 2002 :

"Alors que les Grecs et les Arméniens étaient disposés à jouer un rôle dans la relance économique de l'empire, ils n'étaient pas désireux de voir la création d'un Etat fort et centralisé. C'était la préoccupation principale du CUP [Comité Union et Progrès], une préoccupation partagée par l'élite politique juive, le seul groupe non-musulman, non-turc à le faire." (p. 219)

"Enfin [durant les Guerres balkaniques], Cemal Bey tourne son attention vers le soldat juif et lui fait le plus beau compliment qu'il puisse imaginer. Il écrit :

Un soldat juif, s'il est régulier, correctement entraîné, sert comme un musulman. L'effort et le courage du sergent Mişon de la troisième compagnie de Mustafa Paşa ont vraiment rendu ses officiers fiers. Même si le sergent Mişon est le fils d'un riche Juif, il n'a pas payé la taxe d'exemption. Il commanda ses troupes lors de la phase la plus redoutable de la bataille. Il commandait un détachement.


Non seulement l'Etat ottoman pouvait compter sur les troupes juives pour se battre avec vaillance, mais dans certaines zones, il a également armé la population juive de manière à résister à une invasion grecque de la côte égéenne. Le 4 avril 1913, le consul général Barnham rapportait d'Izmir

que des armes avaient été récemment distribuées à un nombre considérable de sujets mahométans et juifs de la Porte dans des quartiers comme Tourbali, Sokia, Menemen, Phokia, et Magnesia, qui sont tous à proximité relative de la mer.

Mes informateurs ont déclaré que les armes ont été distribuées à la plupart des hommes musulmans et juifs, que ce soit dans les petits cantons ou les villages, et 100 cartouches de munitions ont été remises avec les martinis.


Il est intéressant de noter que la Porte n'a pas armé population arménienne de la région ; on peut en conclure que les Arméniens de la région n'étaient pas dignes de confiance pour résister à une invasion grecque. Il est généralement admis que les Arméniens d'Anatolie restèrent fidèles à l'Empire ottoman durant les Guerres balkaniques. Richard G. Hovanissian note, toutefois, qu'"en 1912, les Arméniens des Balkans réagirent en formant une unité de volontaires pour aider la Bulgarie contre la Turquie, tandis que les Arméniens de Transcaucasie s'agitaient de nouveau pour une implication russe dans les affaires ottomanes"." (p. 226-227)

"En août 1918, il était trop tard pour maintenir l'intégrité de l'empire, en fait, la survie même d'un Etat turc était mise en doute. Même dans ces circonstances, l'élite juive ne déserta pas le navire en perdition. Nahum continuait à parler en faveur des Turcs. Même après la défaite ; Nissim Mazliyah entretenait des relations avec Talât Pacha à Berlin afin de mieux informer le public sur la situation en Turquie.

L'élite politique juive ne fut jamais monolithique et les engagements contradictoires dans l'ottomanisme et le sionisme auraient été une question relevant de la conscience individuelle. L'attitude de Nahum peut avoir été guidée par son rôle religieux de grand-rabbin, tandis que Karasu (selon ses propres mots) avait "à concilier son devoir de patriote turc avec celui de nationaliste juif". D'autres, comme Tekinalp, allèrent au-delà de l'ottomanisme et soutinrent les idées de turquification, des idées que seule une minorité avait alors, même au sein du CUP. Ceux qui veulent en apprendre davantage sur Tekinalp n'ont qu'à se tourner vers l'excellente monographie de Jacob Landau. Il va sans dire que Tekinalp, bien qu'il ne fut jamais un membre de haut rang de l'élite juive, devint l'une des opinions idéologiques les plus importantes parmi les nationalistes turcs et ouvra la voie à l'intégration de la communauté juive dans la nouvelle république." (p. 230)


Abraham Galanté, op. cit., 1984 :

"Répondant à la demande du grand-rabbin relativement à l'état des soldats dans l'armée, le ministre de la Guerre Enver pacha répondit : « Les soldats juifs se sont distingués sous tous les rapports ». Le ministre s'arrêta sur le cas d'un « tchaouche » (sergent) d'Edirne (Andrinople) juif qui se distingua au service de la télégraphie sans fil, soldat dont il ne se souvenait pas le nom. (El Tiempo, 9/1/1914)." (tome 8, p. 158)


François Georgeon, "La montée du nationalisme turc dans l'Etat ottoman (1908-1914). Bilan et perspectives", Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, n° 50, 1988 :

"(...) Tekin Alp qu'un ouvrage récent de Jacob Landau a fait sortir de l'ombre (J.M. Landau, 1984). Personnage très intéressant car il s'agit d'un juif originaire de Serrés, qui, depuis Salonique, prit fait et cause, pour le nationalisme turc, y compris sous la forme la plus extrême, le « touranisme ». Un exemple qui montre que les intérêts de la bourgeoisie juive de Salonique, privée d'appuis extérieurs, allaient bien dans le sens de ceux des Turcs (Cf. en général R. Oison, 1986)." (p. 35)


Tekin Alp (Moiz Kohen), entretien : "Un peu d'histoire inedite : M. Tekin Alp nous parle du Sionisme et du Judaïsme turc", L'Etoile du Levant (Istanbul), 1/5, 20 août 1948 :

"Je saisis cette occasion pour évoquer un épisode historique très intéressant.

C'était en 1908, l'année où la Constitution fut proclamée en Turquie, grâce au triomphe de la Révolution des Jeunes Turcs. M. le Dr. Jacobson, alors membre du Comité d'action sioniste, qui était de passage à Salonique me proposa de me rendre au Congrès Sioniste de Hambourg en qualité de délégué. Je lui fis savoir que je ne pouvais accepter cette charge que seulement dans le cas où il trouverait une formule qui permettrait aux Juifs de Turquie d'y participer, sans que leurs sentiments et devoirs patriotiques aient à en soufrir. Il me proposa de préparer moi-même cette formule et de la lui soumettre. C'est ce que je fis en demandant de supprimer du programme élaboré au Congrès de Bale la clause relative à la garantie du Foyer National par le Droit Public. Je lui fis remarquer que la Constitution turque suffisait déjà à garantir le Foyer National pourvu que le Gouvernement turc y consentit. Je lui proposai aussi de ne pas limiter l'immigration juive au seul territoire palestinien, mais de l'étendre à toute la Turquie. Juste à cette époque j'étais en train de mener une campagne dans les journaux turcs en faveur de cette immigration, campagne qui avait trouvé un très bon accueil auprès des dirigeants de l'Union et Progrès. Le Dr. Jacobson m'avisa que le Congrès de Hambourg offrait déjà une occasion propice pour mettre en avant officiellement ma proposition. Je me rendis à Hambourg et fis une conférence en pleine séance du Congrès sur l'opportunité d'étendre l'immigration juive dans toute la Turquie, attendu que celle-ci avait grandement besoin à cette époque d'éléments actifs et loyaux. Après avoir pris contact avec le Comité Permanent du Congrès, j'eus l'impression que ma proposition tendant à l'abrogation de la clause relative au Foyer National n'avait pas grande chance d'aboutir. Là-dessus, je quittai le Congrès et rentrai à Salonique cessant ainsi toute relation avec le mouvement sioniste. Cependant la question de l'immigration juive dans toute la Turquie me tenait toujours à cœur. Obéissant à ce sentiment et sur l'intervention du Dr. Gustav Kohn, Président de la JTO (Jewish Territorial Organisation) j'entrai en correspondance avec Israël Sangwill, Président de cette organisation mondiale. Le célèbre écrivain juif s'intéressa beaucoup à cette question, mais exprima le désir de demander aux autorités turques l'affection d'un territoire déterminé où on créerait un centre culturel où les immigrants trouveraient la possibilité de développer leurs cultures et traditions nationales. Je me suis rendu compte alors que ce désir du Dr. Sangwill n'était pas conforme aux intérêts des communautés juives établies en Turquie.

A cette époque nous avions plutôt besoin de faire tout notre possible pour nous assimiler la langue et la culture turques dont nous nous étions éloignés pendant la période de l'ottomanisme. C'est depuis lors que j'ai acquis la conviction que notre premier devoir, à nous Juifs de Turquie, était de nous assimiler complètement la culture, la langue et l'idéal du pays dans lequel nous vivions et où nous jouissons aujourd'hui de tous nos droits civiques grâce à la Constitution. Dès lors je me suis voué à cette tâche. Vous connaissez certainement mon livre et mes nombreux écrits sur cette question." (p. 1-2)


Voir également : Un thème récurrent de la propagande arménienne : le soi-disant complot judéo-maçonnique et dönme derrière la révolution jeune-turque

Les Arméniens d'Izmir et la calomnie antisémite du crime rituel

L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

Des victimes oubliées du terrorisme nationaliste arménien en Anatolie : les Juifs d'Hakkari et les Grecs de Trabzon

Les déportations et expulsions massives dans l'Empire russe au cours de la Première Guerre mondiale

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Wikileaks révèle la prégnance du complotisme antisémite et antimaçonnique sur la scène politique arménienne en 2008 et plus particulièrement dans les médias pro-gouvernementaux

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes

Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

Un thème récurrent de la propagande arménienne : le soi-disant complot judéo-maçonnique et dönme derrière la révolution jeune-turque

Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites : An Inquiry into Conflict and Prejudice, New York-Londres, W. W. Norton & Company, 1986, p. 138-139 :

"A un stade assez précoce, les adversaires des Jeunes-Turcs prétendirent que leur révolution était due à des machinations juives. Ce n'était pas une nouvelle habitude dans les terres islamiques, où depuis des siècles, attribuer une origine juive à un mouvement était un moyen reconnu pour tenter de le discréditer. Dans le passé, de telles accusations étaient rarement poursuivies, et ne formaient guère plus qu'une partie du vocabulaire injurieux généralisé. Cette fois, c'était différent. L'accusation trouva une nouvelle sophistication et cohérence, et se basait sur les doctrines et croyances antisémites qui avaient été entre-temps importées d'Europe. Certains journalistes et diplomates européens s'emparèrent du thème, notamment l'ambassadeur britannique, Sir Gerard Lowther, et son drogman en chef, Gerald H. Fitzmaurice, tous deux accros aux théories du complot sur les Juifs. Les histoires de ce genre commencèrent à circuler parmi la communauté étrangère. Elles apparurent dans les journaux locaux grecs, arméniens, et arabes chrétiens (et, en 1911, pénétrèrent même dans la presse turque). Elles trouvèrent un nouveau souffle au cours de la Première Guerre mondiale, quand les puissances impériales, se trouvant en guerre avec la Turquie et craignant une désaffection de leurs sujets musulmans, tentèrent par tous les moyens de discréditer l'Empire ottoman et en particulier le régime jeune-turc qui le dirigeait. L'argument selon lequel le régime jeune-turc n'était pas vraiment islamique mais était dominé par les Juifs et les francs-maçons avait une certaine valeur dans la propagande des Alliés tournée vers les Arabes et, plus généralement, vers le monde islamique.

Des preuves contemporaines indiquent que les réactions contre la révolution jeunes-turque dans les provinces arabes et ailleurs s'inquiétaient de l'égalisation des non-musulmans en général et n'étaient pas dirigées spécifiquement contre les Juifs."


Bernard Lewis, The Emergence of Modern Turkey, Londres-Oxford-New York, Oxford University Press, 1968, p. 211-212 :

"Même à l'époque, et encore plus tard, il y avait de nombreux observateurs étrangers qui, par préjugé, malentendu, ou déception étaient prêts à tirer une croix sur l'ensemble du mouvement et de la révolution jeunes-turcs comme une simple façade, comme une autre tentative de tromper l'Occident avec un semblant de changement tout en laissant les réalités fondamentales de la vie turque inchangées, peut-être inchangeables. D'autres sont allés encore plus loin, et tentèrent d'expliquer les Jeunes-Turcs comme quelque chose d'étranger et hors de propos, un interlude par des acteurs étrangers, sans rapport non plus avec les actes précédents ou suivants. De cette manière, divers auteurs, des adhérents de la conception conspirative de l'Histoire pour la plupart, ont attribué la révolution de 1908 aux Juifs, aux francs-maçons, à l'Eglise catholique romaine, aux positivistes, à la Maison d'Orléans, à l'état-major allemand, et au British Foreign Office.4 (...)

4 Sur ces différentes histoires, voir Ramsaur, p. 88 et suiv., 103 et suiv., 107 et suiv., 140 et suiv. L'histoire d'un complot juif maçonnique, en raison de circonstances particulières, trouva pendant un certain temps une large diffusion en dehors des cercles dans lesquels l'approche de l'Histoire se développe habituellement, et requiert donc une brève notice. Provenant d'une position de la pensée cléricale et nationaliste familière sur le continent, elle fut reprise dans certains milieux britanniques, et fut saisie quelques années plus tard par les propagandistes des Alliés comme un moyen de discréditer leurs ennemis turcs. Les Jeunes-Turcs, depuis la révolution, avaient connu un succès remarquable dans leur propagande parmi les musulmans non-ottomans, avec les attraits à la fois panturc et panislamique (voir ci-dessous, p. 337). Cela semblait donc une bonne idée de montrer qu'ils n'étaient eux-mêmes ni turcs ni musulmans. Une déclaration caractéristique sera trouvée dans Rise of Nationality in the Balkans de R. W. Seton-Watson (1917, p. 135-6) : "Le fait principal sur le Comité Union et Progrès, c'est son caractère essentiellement non-turc et non-musulman. Depuis le début, à peine un seul parmi ses véritables leaders a été un Turc de sang pur. Enver est le fils d'un Polonais renégat. Djavid appartient à la secte juive des Dunmehs. Carasso est un Juif séfarade de Salonique. Talaat est un Gitan bulgare islamisé. Achmet Riza, une des figures de proue temporaires du groupe, est à moitié circassien et à moitié magyar, et un positiviste de l'école de Comte". Une image, certes romancée, des Jeunes-Turcs sera trouvée dans le célèbre roman de John Buchan Greenmantle, où, pour faire bonne mesure Enver Pacha devient un Juif polonais. Cette curieuse histoire de l'origine polonaise d'Enver Paşa est probablement due à une confusion avec Enver Paşa Celaleddin, un officier d'état-major, qui était le fils du comte polonais renégat Constantin Borsecki (sur lequel voir ci-dessous, p. 339).

Les Turcs de la période jeune-turque étaient très loin de penser dans des termes tels que "Turcs de sang pur", et sans doute que les musulmans turcophones ottomans d'origine balkanique, caucasienne et autre jouaient un rôle considérable dans le mouvement. Il semble, cependant, n'y avoir aucune évidence, dans l'abondante littérature turque sur les Jeunes-Turcs, que les Juifs aient jamais joué un rôle de quelque importance dans leurs conseils, que ce soit avant ou après la révolution, ou que les loges maçonniques furent plus qu'une couverture occasionnelle pour leurs réunions secrètes. L'avocat de Salonique Carasso, dont le nom est souvent mentionné par les adversaires européens des Jeunes-Turcs, était un personnage mineur. Cavid, qui a joué un rôle de grande importance, était un dönme (une secte syncrétiste judéo-islamique fondée au 17e siècle) et pas un vrai Juif, il semble en tout cas avoir été le seul membre de sa communauté à atteindre le premier rang. (Pour des observations intéressantes sur le rôle des dönme et la réaction turque face à cela, voir Leskovikli Mehmed Rauf, Ittihad ve Terakki Cemiyeti ne idi ? (1327 A.H.), p. 79 et suiv. En novembre 1911, Tevfik Ebüzziya, qui avait exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation au sujet du sionisme, relie pour la première fois les loges maçonniques à des fins juives. Il prend soin de disculper les unionistes, dont l'utilisation des loges pour leurs propres fins était justifiable lorsque la nécessité du secret était primordiale. Voir "Italyan Farmason Locaları ve Siyonizm", Mecmua-i Ebüzziya, no. 121 (1329 A.H.), p. 129-34)"


Voir également : Les Arméniens d'Izmir et la calomnie antisémite du crime rituel

L'accusation de crime rituel : l'antisémitisme calomniateur et lourd de conséquences des chrétiens d'Orient

Des victimes oubliées du terrorisme nationaliste arménien en Anatolie : les Juifs d'Hakkari et les Grecs de Trabzon

Les déportations et expulsions massives dans l'Empire russe au cours de la Première Guerre mondiale

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Wikileaks révèle la prégnance du complotisme antisémite et antimaçonnique sur la scène politique arménienne en 2008 et plus particulièrement dans les médias pro-gouvernementaux

Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Intolérance grecque-orthodoxe vis-à-vis des populations non-orthodoxes

Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

vendredi 23 décembre 2011

Bakou condamne la loi "française" sur le prétendu "génocide arménien"

Génocide : l'Azerbaïdjan condamne la loi

AFP Publié le 23/12/2011 à 13:31

L'Azerbaïdjan, allié de la Turquie, a "condamné" vendredi l'adoption par les députés français d'une loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915, la jugeant "inacceptable" et "non conforme" aux principes de la liberté d'expression.


"Nous condamnons cette décision" de l'Assemblée nationale française, a déclaré le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mammadiarov, lors d'une conférence de presse, ajoutant que cette loi n'allait "créer que des problèmes".
"L'Azerbaïdjan exprime son étonnement et déclare que cette mesure inacceptable n'est pas conforme aux principes de la liberté de parole et d'expression qui sont le fondement de la démocratie en Europe", a indiqué la diplomatie azerbaïdjanaise dans un communiqué.

L'Assemblée nationale, chambre basse du parlement français, a adopté jeudi une proposition de loi pénalisant d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915 qui a fait 1,5 million de morts dans l'Empire ottoman, selon les Arméniens.

La Turquie reconnaît que jusqu'à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation, mais non par une volonté d'extermination.
Ankara a réagi en annonçant des représailles politiques et diplomatiques, et a rappelé son ambassadeur en France.

Proche allié de la Turquie, l'Azerbaïdjan est en conflit avec l'Arménie à propos de la région séparatiste azerbaïdjanaise du Nagorny Karabakh. Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de cette région où les deux pays se sont livrés à une guerre qui a fait 30.000 morts entre 1988 et 1994.
Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/23/97001-20111223FILWWW00316-genocide-l-azerbaidjan-condamne-la-loi.php

Le Sénat du Mexique qualifie le massacre de Khodjali de génocide

jeudi 22 décembre 2011

Le Sénat du Mexique a qualifié les événements de Khodjali de génocide

Le Sénat du Mexique qualifie de génocide les événements tragiques, qui s’étaient produits le 26 février 1992 à Khodjali, ville de la région du Haut Karabakh d’Azerbaïdjan.

Se référant au service de presse du MAE d’Azerbaïdjan, 1news.az informe, que l’organe législatif du Mexique a adopté une résolution, consistant d’articles de l’accord, liée au conflit du Haut-Karabakh arméno-azerbaïdjanais.
Le document témoigne, que le 26 février 1992, les forces armées arméniennes ont attaqué la population civile  de Khodjali. Au cours des événements, reconnu inconditionnellement comme un génocide par les organisations internationales, des centaines de personnes ont été tuées selon l’appartenance ethnique.

Dans la résolution du Sénat, on a abordé le processus du règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais, on a découvert le contenu des principes de Madrid, on a noté le fait de l’occupation des territoires azerbaïdjanais par l’Arménie et l’importance du retour des réfugiés et des personnes déplacées sur leurs terres.
«  La chambre des députés, tout en respectant la souveraineté des peuples azerbaïdjanais et arménien, appelle les gouvernements des deux pays à faire des efforts pour atteindre dans les meilleurs délais un accord pour le règlement définitif du conflit du Haut-Karabakh, ainsi que les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE à continuer le soutien nécessaire aux deux côtés pour atteindre ces buts », – est noté dans le texte de la résolution.
« Les victimes de la tragédie de Khodjali n’ont toujours pas obtenu justice malgré les 19 ans passés. Cela démontre la nécessité de la recherche rapide d’un élément clé de quelque accord de paix, et si possible, du rétablissement des relations harmonieuses entre les gens », est remarqué dans le texte.
Source : http://paysdefeu.blogspot.com/2011/12/le-senat-du-mexique-qualifie-les.html

Pour information : Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh

Le diplomate socialiste Hubert Védrine critique une loi électoraliste et "mettant la France hors-jeu en Turquie"

Le républicain de gauche Jean-Pierre Chevènement dénonce une "capitulation face aux lobbies"

Génocide arménien: "capitulation face aux lobbies" (Chevènement)

Dépêche AFP, vendredi 23 décembre, 12h58.

Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à l'élection présidentielle, a estimé vendredi que le texte de loi réprimant la négation des génocides, notamment arménien, voté par l'Assemblée nationale, "portait la marque chez les partis" de la "capitulation face aux lobbies".


"Les lois mémorielles, qu'elles soient de repentance ou d'ingérence, portent en elles-mêmes atteinte à la liberté d'expression, c'est-à-dire à la République elle-même",
écrit le sénateur de Belfort dans un communiqué.

Pour M. Chevènement, "le texte voté hier par l'Assemblée nationale porte la marque chez les partis de la perte du sens de l'intérêt national et de la capitulation face aux lobbies".

L'Assemblée nationale a adopté jeudi une proposition de loi pénalisant la contestation de tout génocide, dont celui des Arméniens en 1915 dans l'Empire ottoman, provoquant la colère du gouvernement turc, qui a annoncé des représailles politiques et diplomatiques, et a rappelé son ambassadeur à Paris.
Source : http://www.chevenement.fr/Genocide-armenien-capitulation-face-aux-lobbies-Chevenement_a1326.html

Voir également : Jean-Pierre Chevènement s'élève contre la dérive "victimaire" et communautariste du PS

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé : "Je pense que cette initiative n'était pas opportune"

Génocide arménien : Juppé juge la loi "pas opportune"

Le Point.fr - Publié le 23/12/2011 à 14:09 - Modifié le 23/12/2011 à 14:25
Le ministre des Affaires étrangères prend ses distances avec un texte défendu par Nicolas Sarkozy.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a appelé vendredi à Bordeaux "à la retenue" après les déclarations du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en réaction au vote en France du texte de loi réprimant la négation du génocide arménien, une "initiative pas opportune" selon lui.

"Il y a beaucoup de raisons de maintenir entre la France et la Turquie des relations de confiance et même d'amitié, j'ose le mot, parce que nous avons beaucoup de choses à faire ensemble, pas simplement sur le plan économique, mais aussi sur le plan politique et stratégique (...) donc j'appelle à nouveau au sang-froid et à la retenue", a déclaré Alain Juppé à Bordeaux, ville dont il est le maire. "J'avais appelé les autorités turques à ne pas surréagir au vote du Parlement. Je constate qu'il y a eu des déclarations sans doute excessives", a ajouté le chef de la diplomatie.
"Reprendre des relations apaisées" (Juppé)

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé vendredi la France d'avoir commis un "génocide" en Algérie et le président Nicolas Sarkozy de jouer sur "la haine du musulman et du Turc" à des fins électoralistes, en réaction au vote de ce texte de loi. "Je pense que cette initiative n'était pas opportune, mais le Parlement a voté. (...) Essayons maintenant de reprendre des relations apaisées. Ce sera difficile, j'en ai conscience, mais le temps fera son oeuvre", a ajouté Alain Juppé.

L'Assemblée nationale a adopté jeudi la proposition de loi pénalisant la contestation de tout génocide, dont celui des Arméniens en 1915, provoquant immédiatement la colère du gouvernement turc, qui a annoncé des représailles politiques et diplomatiques, et a rappelé son ambassadeur à Paris.

Ankara réfute le caractère génocidaire des massacres survenus dans les dernières années de l'empire ottoman.
Source : http://www.lepoint.fr/societe/genocide-armenien-juppe-juge-la-loi-pas-opportune-23-12-2011-1411918_23.php

Voir également : Le patriote gaulliste Alain Juppé fait de la résistance face à la vilenie du parti de l'étranger

Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

Le juriste Robert Badinter : "Il s'agit d'un texte qui véritablement à mon sens est anticonstitutionnel."

""ANTICONSTITUTIONNEL" POUR BADINTER

Jeudi, l'ancien président socialiste du Conseil constitutionnel, Robert Badinter, avait estimé sur RTL que la proposition de loi, qui pénalise la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915, était anticonstitutionnelle. "J'exprime ici les plus extrêmes réserves" sur la constitutionnalité du texte, a dit M. Badinter, ajoutant : "Il s'agit d'un texte qui véritablement à mon sens est anticonstitutionnel."

Un point de vue qu'il avait développé au Sénat, en mai, lorsqu'un texte similaire avait été soumis au vote. Selon lui, la loi de 2001 reconnaissant le génocide arménien était déjà anticonstitutionnelle. Il estimait qu'une loi punissant la négation de ce génocide tendrait "à la communauté arménienne elle-même une sorte de piège". En effet, la question prioritaire de constitutionnalité, créée lors de la dernière révision constitutionnelle, permettrait à tout négationniste poursuivi pour ses propos de saisir le Conseil constitutionnel.

"Ce n'est pas aux parlementaires de dire l'histoire. Moins encore aux parlementaires français quand il s'agit de faits qui ont été commis en Asie mineure […] il y a un siècle, où il n'y a eu ni victime ni complicité française. Ça ne concerne en rien la France", a ajouté l'ancien garde des sceaux sur RTL.

A la question de savoir si ce vote était dicté par des raisons électorales, il a répondu : "Il est certain qu'il y a de très fortes motivations compréhensibles de la part de la communauté arménienne en France et ça représente des centaines de milliers de voix.""

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/12/22/loi-sur-le-genocide-armenien-hollande-denonce-une-operation-electorale_1622032_823448.html

jeudi 22 décembre 2011

L'éminent historien Pierre Nora dénonce une fois de plus le projet de loi liberticide (et met à jour les velléités anti-turques de Sarkozy)

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l'armée russe durant la Première Guerre mondiale

Justin McCarthy, Death and exile : the ethnic cleansing of Ottoman Muslims, 1821-1922, Princeton, Darwin Press, 1995, p. 238, note 75 :

"Une source britannique d'après-guerre déclarait que les Arméniens "massacrèrent entre trois et quatre cent mille Kurdes dans les districts de Van et Bitlis", principalement le fait des Arméniens dans l'armée russe ("Interview du colonel Wooley de l'armée britannique, 12 septembre 1919", dans US 184.021/265). Voir aussi, FO 371-3658, no. 64421, Calthorpe au Secrétaire d'Etat principal aux Affaires étrangères de Sa Majesté, Constantinople, 9 avril 1919 et FO 371-3658, no. 4432, Webb à Curzon, Constantinople, 18 mai 1919.

Sur les atrocités commises contre les musulmans dans le vilayet d'Erzurum pendant l'occupation russe, voir Vehip au commandant suprême par intérim, 21 mars 1916. Belgeler III, no. 169."

Voir également : Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Des victimes oubliées du terrorisme nationaliste arménien en Anatolie : les Juifs d'Hakkari et les Grecs de Trabzon


L'intégriste catholique Bernard Antony révèle ses relations douteuses avec l'ancien porte-parole de l'ASALA : "Ara Toranian vint me remercier"

Bernard Antony signale sur son blog :

"Les organisations arméniennes dont le président du Conseil Central, Ara Toranian, vint me remercier, purent reprendre l’action initiée par l’AGRIF par des procès sur la base de l’article 1382 du Code Civil « réparant sur le fondement de la responsabilité civile le préjudice causé aux victimes »."


Pour information, ladite AGRIF a eu pour avocat Jacques Trémolet de Villers, qui défendit également le milicien sanguinaire Paul Touvier.

L'AGRIF a pour secrétaire général Richard Haddad, également vice-président de Chrétienté-Solidarité (présidée par le même Bernard Antony). Qui est Richard Haddad ? Un émule maronite d'Edouard Drumont :

"Richard Haddad, fondateur des Editions Godefroy de Bouillon, est un chrétien libanais de trente ans dont la carrière précoce a été marquée, entre autres, par la réédition, à Beyrouth d'un classique de l'antisémitisme datant de l'époque de Dreyfus, La France juive de Drumont. Proche de la rédaction de Présent, la branche catholique du Front national, il a été critiqué par certains membres du Front en raison de ses origines arabes. Il s'est récemment éloigné du Front national. Entretien avec Pierre-André Taguieff, juin 1998." (Alice Kaplan, Intelligence avec l'ennemi. Le procès Brasillach, Paris, Gallimard, 2001, p. 296, note 10)

Sur la production "culturelle" de l'association "antiraciste" (sic) Chrétienté-Solidarité, on retiendra :

"Pour bien comprendre l'utilisation politique qui est faite de Brasillach aujourd'hui, il suffit de visionner un bref enregistrement vidéo intitulé Il s'appelait Robert. Ce film, dont Présent fait régulièrement la promotion, a été produit par un groupe qui s'appelle Chrétienté et solidarité, dont le mot d'ordre est : « Contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne ». On voit dans cette vidéo se déployer tous les aspects du mythe Brasillach, en une série d'images mièvres, de juxtapositions hâtives, sur fond de musique religieuse et de citations suggestives. On y entend Pierre Fresnay récitant « Le jugement des juges », ce poème écrit à Fresnes, où Brasillach démontre à longueur de vers la culpabilité des juges et sa propre innocence. Le tout est accompagné d'images de cierges, de plans montrant le ciel et une plage proche de Perpignan, lieu de naissance de Brasillach." (Alice Kaplan, ibid., p. 247-248)