vendredi 28 janvier 2011

Liban : deux Arméniens dans le nouveau gouvernement mis en place sous la pression du Hezbollah ?

Two Armenians to join Lebanese Government

January 26, 2011 | 15:15

Under the Constitution of Lebanon, the President and Premier jointly form the Government, Shahan Kandaharian, the Editor-in-Chief of the Beirut-based Azdak newspaper, told Armenian News-NEWS.am. The Armenian community has the right to two seats in the 24-member Lebanese Government, he said.

The formation of Government is a complicated process, as the "ex-majority", which has turned into Opposition, has stated it will not take part in forming the Government. "Let us see what will be the result of the talks. I do not think the former government structure will be restored," Kandaharian.

The Lebanese Constitution does not set any specific terms for forming the Government, but the Premier should at least try to ensure all the sides` participation. Prime Minister Najib Azmi Mikati called on all the sides to take part in forming the government. The next few days will show the Opposition`s response to the call.

Since the Armenian Revolutionary Federation-Dashnakstuyun (ARF-D) is supportive of the new Premier, what is the possibility of the ARF-D nominating its candidates? "The candidates are not necessarily members of political parties. The ARF-D will at least nominate its candidate and have its representative in the Lebanese Government. The Armenian community has not yet nominated its candidate," Kandaharian.

As to the domestic political situation, he said the situation is peaceful, and the Lebanon Armenians did not take part in clashes.
Source : http://news.am/eng/news/45878.html

Pour rappel : D'après Wikileaks, l'Arménie a livré des armes à l'Iran

Grossière duplicité de l'activisme arménien

jeudi 27 janvier 2011

Finissons-en avec un mythe misérabiliste arménien : le pseudo-blocus turc ne saurait expliquer la pauvreté de l'Arménie

Deux faits contredisent l'allégation arménienne selon laquelle les mesures de rétorsion prises par la Turquie à la suite de l'agression arménienne contre le territoire azerbaïdjanais du Karabakh constitueraient un "blocus".

Les liaisons aériennes entre Istanbul et Erevan existent bel et bien :

http://www.monde-du-voyage.com/armenie/billet-avion-istanbul_erevan.php

La Turquie et l'Arménie entretiennent des relations économiques indirectes malgré le conflit arméno-azéri, comme le rappelle avec honnêteté le professeur d'économie Gérard Achdjian :

"L’autre pays permettant le désenclavement de l’Arménie est certainement la Turquie ; leurs échanges commerciaux passent aujourd’hui par la Géorgie."

Source : http://www.gab-ibn.com/IMG/pdf/Le_conflit_russo-georgien._Consequences_economiques_pour_l_Armenie_et_perspectives_regionales.pdf

(p. 4)

Cela n'a donc rien à voir avec l'isolement quasi-complet de la République Turque de Chypre du Nord ou le véritable blocus arménien appliqué contre la République autonome du Nakhitchevan (qui a d'ailleurs subi comme le Karabakh une agression arménienne au début des années 90). Mais "curieusement" on entend guère les militants arméniens et leurs complices pour se plaindre de ces situations, bien au contraire...

En conséquence, les causes de la pauvreté de l'Arménie se trouvent moins à l'extérieur qu'à l'intérieur, que cela plaise ou non... Et il serait peut-être temps que les Arméniens fassent preuve de maturité en cessant cette "bouc-émissairisation" systématique et mythomaniaque des Turcs, perçus comme la source de tous leurs problèmes, y compris ceux qui relèvent de la responsabilité de la classe dirigeante d'Erevan.

mercredi 26 janvier 2011

Le parasitisme des fonctionnaires arméniens de l'Empire byzantin

Gérard Dédéyan, "Les princes arméniens de l'Euphratèse et l'Empire byzantin (fin XIe-milieu XIIe siècle)", in L'Arménie et Byzance : histoire et culture (ouv. col.), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 84-85 :

"Les chefs arméniens, T'oros à Edesse, Gabriel à Mélitène, restaurent les fortifications urbaines ou aménagent les forteresses isolées. Ces travaux, ainsi que l'entretien de troupes soldées, entraînent pour la population de lourdes charges fiscales.

La perception, sans ménagements, de l'impôt dû à Byzance, les exactions infligées à la communauté jacobite, confèrent aux chefs arméniens un réel pouvoir économique. Le cas est particulièrement flagrant pour T'oros le Curopalate dont les trésors excitèrent la convoitise de Baudouin de Boulogne. D'une manière générale, les princes arméniens de la région euphratésienne semblent avoir accumulé dans leurs citadelles ou dans leurs châteaux forts des réserves d'or et d'argent dont l'importance considérable venait du fait que rien, sur les taxes prélevées sur les habitants, et plus particulièrement sur les Syriens jacobites, n'était reversé à l'administration centrale de l'Empire ; à cela s'ajoutaient les trésors d'orfèvrerie constitués aux dépens des couvents jacobites. Le surnom de Gol, « Voleur », donné au prince Vasil, n'est pas usurpé. Fonctionnaires byzantins coupés de Constantinople, les Arméniens en poste sur la frontière orientale de l'Empire se muent souvent en seigneurs-brigands."

Voir également : Le banditisme, une tradition profondément ancrée chez les Arméniens

L'usure arménienne

Les Arméniens et Byzance

mardi 25 janvier 2011

Enver Paşa (Enver Pacha) et les Arméniens

Bernard Lewis, The Emergence of Modern Turkey, Londres-Oxford-New York, Oxford University Press, 1968, p. 217 :

"Le dimanche suivant l'entrée des libérateurs [l'"Armée d'Action" formée par les officiers jeunes-turcs pour mater la mutinerie réactionnaire de 1909] dans Istanbul, une cinquantaine d'hommes qui étaient tombés dans les combats furent solennellement enterrés, avec une cérémonie publique, dans une fosse commune. Dans un discours prononcé au-dessus de la tombe, Enver Bey "soulignait... que les musulmans et les chrétiens étaient couchés côte à côte en signe qu'ils sont désormais, vivants ou morts, des compatriotes qui ne connaissent pas de distinction de race ou de croyance"."

Enver Paşa, rapport n° 671 du 12 janvier 1914, cité par Odile Moreau dans L'Empire ottoman à l'âge des réformes. Les hommes et les idées du "Nouvel Ordre" militaire (1826-1914), Paris, Maisonneuve et Larose, 2007, p. 50 :

"Je suis d'avis que les non-musulmans doivent comme les musulmans le service militaire. On les incorporera en nombre tel que leur effectif ne dépasse jamais le 10ème de l'effectif total de l'unité. Je sais par l'expérience de la dernière guerre qu'ils peuvent faire d'excellents soldats et j'ai vu des Ottomans de race bulgare se battre vaillamment contre leurs frères de race. Ceux qui ne seront pas incorporés pour faire leur service normal paieront la taxe d'exonération mais le taux de celle-ci ne sera pas le même pour tout le monde. Chacun paiera proportionnellement à sa fortune. Ceux que leur mauvaise constitution fera dispenser du service militaire paieront aussi. La taxe ne dispensera pas de tout service, car tout le monde doit passer sous les drapeaux pour être en mesure en temps de guerre de participer à la défense du pays."

Odile Moreau, ibid., p. 305 :

"Autre mesure disciplinaire, il [Enver] interdit aux officiers de s'attabler dans les cabarets [en 1914]. En effet, la fréquentation de ces endroits et l'absorption de boissons alcoolisées nuisait, selon lui, au prestige militaire et était contraire à la religion. La transgression de cet interdit entraînerait immédiatement la mise à la retraite ou en disponibilité des coupables. Enver publia un autre ordre relatif à la religion, dans lequel il disait qu'une armée sans foi ni religion ne réussissait jamais. La foi serait la force morale qui assurerait la discipline dans l'armée et raffermirait l'union nationale. Il recommandait aux supérieurs qu'ils veillent à ce que les soldats musulmans et non-musulmans [lesquels étaient alors en grande partie arméniens, étant donné la perte de la Macédoine ottomane en 1913] suivent les prescriptions religieuses."

Geoffrey Lewis, "An Ottoman officer in Palestine, 1914-1918", in David Kushner (dir.), Palestine in the late Ottoman Period. Political, Social and Economic Transformation, Leyde, Brill, 1986, p. 407 :

"Il [Falih Rıfkı Atay] consacre un chapitre [de ses mémoires] à une visite qu'il a effectuée à Médine [probablement en 1915] en compagnie de Cemal et Enver Pachas, une poignée d'officiers d'état-major, quelques Mevlevis dans leur grands chapeaux et un serveur arménien. L'Arménien est allé avec eux dans le train d'Amman jusqu'à Mada'in Salih. Là, il a dû quitter le train, les chrétiens n'étant pas autorisés à Médine."

Fuat Dündar, Crime of Numbers : The Role of Statistics in the Armenian Question (1878-1918), New Brunswick, Transaction Publishers, 2010, p. 105-106 :

"La deuxième catégorie [la première étant les artisans et marchands] de familles [arméniennes] à être exemptées de la déportation furent les familles de soldats. C'étaient les soldats arméniens dont les armes avaient été confisquées en août 1914 [en fait février 1915], qui travaillaient dans des emplois nécessitant de la maîtrise technique et des compétences spécialisées au sein de "bataillons de travail". Dans un ordre du 16 août 1915, envoyé aux commandants des première, troisième et cinquième armées, Enver Pacha demanda que les familles de soldats exemptées de la déportation soient envoyées dans les villages avoisinants s'il y avait plus de cinq familles arméniennes dans leur propre village, de sorte que le nombre de familles arméniennes ne dépasserait jamais la proportion de 5 % dans un seul village. Il était indiqué que ces cinq familles avaient été décidées selon la proportion de 5 %, et que s'il y avait 20 familles dans un village, pas plus d'une famille arménienne ne pourrait être autorisée à y rester. En ce qui concerne les endroits où il y avait plus de 100 ménages, il ne pouvait pas y avoir plus de cinq familles arméniennes. Une liste de toutes les familles de soldats a dû être préparée et présentée aux autorités locales."

En ce qui concerne Cemal Paşa : Cemal Paşa (Djemal Pacha), figure majeure de l'arménophilie turque

Jolimont : émoi quant au sort d'une famille arménienne

Publié le 22/01/2011 03:48 - Modifié le 22/01/2011 à 10:28 | LaDepeche.fr
Jolimont. Ani, 3 ans, menacée d'expulsion vers l'Arménie

L'expulsion en Arménie le mercredi 19 janvier du père de la petite Ani B. scolarisée à l'école maternelle Reille-Monge et l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de sa mère a suscité l'émoi et la mobilisation de la communauté éducative et des parents d'élèves. Hier matin avant l'entrée en classe, ils ont été nombreux à manifester devant l'école, leur soutien à la famille et fait signer une pétition, en présence des représentants de la Cimade et de RESF31 (Réseau Éducation Sans frontière), de Marie-Christine Lafforgue, conseillère générale, de Vincentella de Comarmond, représentante de la mairie au conseil d'école et de Jean-Jacques Mirassou, sénateur et conseiller général du canton.
En attente du recours déposé au tribunal administratif

La famille d'Ani est arrivée d'Arménie au mois de septembre 2008 afin de solliciter la protection de la France. Malgré le refus de la demande d'asile au mois de mai 2010, la famille a décidé de rester en France. En effet, les risques en cas de retour ne permettaient pas d'envisager un avenir serein pour leur petite fille. De plus, Mme B. est atteinte d'une pathologie particulièrement lourde et bénéficie à ce titre d'un suivi médical en France. Face à l'obligation à quitter le territoire français la mère d'Ani attend le résultat du recours déposé au tribunal administratif dans le but de rester en France avec sa fille afin d'y poursuivre son traitement médical. Françoise Zamuner de RESF31, au nom de son association s'avoue « indignée par la situation que vit cette famille, mais satisfaite sur le fait que ce dossier d'expulsion ne soit pas traité en catimini et que le préfet soit mis face à ses responsabilités ». Jean-Jacques Mirassou qui soutient les parents d'élèves et les enseignants mobilisés autour de la petite Ani et sa maman, est sur la même longueur d'onde : « Il s'agit de tout mettre en œuvre pour que, après le père de famille, Ani et sa maman ne soient pas à leur tour expulsées. A cet effet, j'ai immédiatement alerté Monsieur le Préfet sur le sort de cette petite fille qui mérite un meilleur départ dans la vie qu'une menace d'expulsion dont elle serait la victime innocente. Sa maman, quant à elle, doit pouvoir accéder à un titre de séjour car le suivi médical dont elle bénéficie, le justifie pleinement. »

La préfecture reste ferme. Selon la secrétaire générale, Françoise Souliman, « la demande de dossier d'étranger malade refusée à Madame B. par la préfecture a été confirmée par le tribunal administratif, qui a dit que son traitement pouvait lui être administré en Arménie. Toutes les voies de recours ont été épuisées, il y aura donc rapidement un regroupement de la famille en Arménie. »

Gérard Freyssenge
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/22/995448-Jolimont-Ani-3-ans-menacee-d-expulsion-vers-l-Armenie.html

Moulins : pudeur d'une famille de réfugiés arméniens quant aux "problèmes" en Arménie

LILLE / MOBILISATION
« On n'a pas envie de les voir partir »

Publié le samedi 22 janvier 2011 à 06h00

À Fives, à l'école Lakanal, comme à Moulins, à l'école Saint-Exupéry, les élèves connaissent des copains et copine de classe qui pourraient se voir expulser du territoire avec leurs parents. Deux situations qui ont mobilisé hier soir.


JULIA MÉREAU ET JULIEN GILMAN > lille@nordeclair.fr
À l'école Lakanal de Fives : « On ne veut pas les voir partir ! » Cinq chaises vides dans une cour d'école. Et des prénoms sur chacune d'entre elles. Chiab, Mouhamad, Mohamed, Rada et Mouad. Soit une fratrie de cinq enfants scolarisés à Fives, à l'école Lakanal et à la maternelle Brasseur.
Hier soir, de nombreux parents d'élèves, militants associatifs (LDH et RESF) et politiques étaient mobilisés : « On n'a pas envie de les voir partir ! » a confié Marc bouvier, le directeur de l'école Lakanal. « Ces enfants sont intégrés, acceptés. » Et visiblement bien appréciés. Des camarades de classe avaient préparé des affiches, « Non, non, non à l'expulsion de Mohamed et de sa famille ». Parmi la foule rassemblée dans l'école, il y a leur maman, la gorge nouée. Et leur papa un peu rassuré de voir autant de monde. « Sinon j'ai peur. Je ne sors pas de chez moi. » Fahd Mohamed Ali est né sous la nationalité française, à Djibouti, avant l'indépendance de 1977. « Mon père a travaillé 37 ans, jusqu'à son dernier jour, pour ce pays », insiste Fahd Mohamed Ali. Sauf qu'au jour du décès de ce dernier, Fahd s'est vu déchu de sa nationalité. Son père avait pourtant entamé les démarches pour la conserver, même après l'indépendance, mais il est mort avant. « Et là-bas, on a conseillé à Fahd de venir s'installer en France avec sa famille pour la récupérer. » De fait, ce père de famille a tout vendu sur place, et a fait le voyage avec sa famille. Arrivé en France en 2009, Fahd a fait les démarches nécessaires pour demander des titres de séjour. Lesquels lui ont été refusés sans le sésame de sa réintégration dans la nationalité, qu'il aurait dû obtenir à Djibouti. « C'est Kafka », résume Annick Batalan pour la LDH. En attendant, cette famille est sous le coup d'une expulsion. Fahd a formulé un recours avec son avocat. Il attend. « Je demande juste un geste humanitaire au préfet », a-t-il glissé hier, ému.


À l'école Saint-Exupéry de Moulins : « Chez nous, c'est chez vous ». Depuis avril 2008, les Voskanyan vivent dans l'incertitude du jour le jour. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), cette famille est dans l'incapacité de s'établir, de trouver un logement et, le père, de travailler légalement. Natela arrive d'Arménie en 2003 avec Julia, sa fille de sept mois. Voskan, son époux, les rejoint en mars 2004. Lui est mécanicien, « mais j'ai fait plein de choses », explique-t-il dans un français hésitant. Ils ont fui l'Arménie parce qu'ils y rencontraient « des problèmes ». Les mots sont simples, les regards gênés de livrer l'intimité à un inconnu.
À Lille, ils trouvent à se loger au centre d'hébergement et de réinsertion sociale « Sara », dans le quartier de Moulins. Julia est scolarisée et sa maman apprend le français à l'association La Clé. C'est là qu'elle rencontre Thérèse Capron, bénévole, avec qui elle se lie d'amitié. À tel point qu'il y a deux ans et demi, quand naît la seconde enfant de la famille, on la prénomme Tereza. En un mot, la famille s'intègre. Voskan assure pouvoir compter sur trois promesses d'embauche, qu'il ne peut satisfaire sans papier. Et, à 8 ans, Julia est une élève intégrée à Saint-Exupéry. « Sa vie d'enfant, de camarade d'école et de grande soeur s'est faite ici depuis qu'elle est bébé, argumente son enseignante Marie Bernard. Il serait inacceptable qu'on la renvoie en Arménie, un pays qu'elle ne connaît pas. » Hier soir, l'institutrice s'est réunie avec des collègues, des parents d'élèves, des travailleurs sociaux de Sara, des membres du Réseau éducation sans frontière (RESF) et des élus dans la cour de l'école afin d'alerter sur la situation des Voskanyan, qui risquent à tout moment l'expulsion. À la demande de RESF, Dalila Dendouga, adjointe au maire en charge de la lutte contre les discriminations, s'est engagée à organiser prochainement une cérémonie de parrainage républicain de la famille. La veille, Martine Aubry avait déjà écrit au préfet afin de réclamer la régularisation des Voskanyan. Présent hier, Le député Bernard Romand a également fait part de son soutien : « On va faire en sorte que le plus vite possible on vous donne des papiers pour que chez nous, ce soit chez vous ! » Une situation qui est déjà une évidence pour les jeunes parents : « C'est notre vie ici », lance Natela. « C'est notre pays, ici, poursuit son mari. L'Arménie, c'est le deuxième ! » Au lycée Jean-Monnet. Nelo Pedro, ex-enfant soldat, a fui l'Angola et rejoint la France en 2009. Bien que scolarisé, avec le soutien du Conseil général du Nord, au lycée Jean-Monnet, il est, selon RESF, sous le coup d'une OQTF et est retenu au centre de rétention administrative de Lesquin.
Il devrait être présenté au juge des libertés et de la détention ce matin. Les militants de RESF se mobilisent pour lui à 10 h, devant le Palais de justice de Lille.w
Source : http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/2011/01/22/on-n-a-pas-envie-de-les-voir-partir.shtml

dimanche 23 janvier 2011

L'hallucinant chantage communautariste du chanteur Shahnourh Varinag Aznavourian, dit Charles Aznavour

Extrait d'une interview récente :

"Vous avez dit que vous vous sentez “100 % Français et 100 % Arménien.” Où vivez-vous la plupart du temps ?

- C’est vrai, j’ai dit ça, tellement on m’a posé la question. Et puis j’ai dit “écoutez, c’est comme le café au lait. Une fois qu’on a mélangé le lait et le café, on ne peut plus les diviser.” C’est comme si on demande à un enfant s’il préfère son papa ou sa maman. Jusqu’à maintenant, je vivais surtout avec mes valises. Maintenant, je vis essentiellement en Suisse et à Mouriès, près des Alpilles dans les Bouches-du-Rhône. Et puis à Paris, bien sûr, pour le travail.

Vous n’hésitez jamais à dire ce que vous pensez. Qu’est-ce qui vous indigne dans le monde actuel ?

- En ce moment, je suis très préoccupé par la question arménienne. Le président Sarkozy a un peu renié ce qu’il avait promis au moment des élections (lire Repères). Il a tort, car la communauté arménienne française représente un nombre important de personnes par rapport à la communauté turque. Le peuple arménien est responsable, courageux. Il a donné son sang pour son pays. C’est la première fois que je dis ça, mais si le président ne change pas, je me servirai de ses votes le temps venu.

Nous représentons au moins 400 000 ou 500 000 personnes en France et n’importe quel Français d’origine arménienne me suivra, je le sais. Si ça continue, je serai totalement engagé. Moi, je ne fais pas de politique, mais j’ai un pouvoir politique très important. Je sais que je risque ma vie en disant ça. Mais à mon âge, après tout, risquer sa vie, c’est risquer combien d’années ?"

Source : http://www.ledauphine.com/drome/2011/01/22/n-importe-quel-francais-d-origine-armenienne-me-suivra

samedi 22 janvier 2011

Les racines positivistes du nationalisme révolutionnaire arménien

Fuat Dündar, Crime of Numbers : The Role of Statistics in the Armenian Question (1878-1918), New Brunswick, Transaction Publishers, 2010 :

"Au cours de la période menant à 1894, il y eut un nombre de développements internes importants au sein de la communauté arménienne. En 1885, le parti Armenakan (plus tard fusionné avec le Parti Démocratique Libéral Arménien ou Ramkavar) fut fondé à Van, le parti social-démocrate Hintchak fut fondé à Genève en 1887, le plus important, la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, connue aussi comme Dashnaktsutiun ou parti Dachnak) fut fondée à Tbilissi en 1890. Ces organisations furent fondées par des intellectuels, la majorité desquels avaient étudié en Russie et en Occident, avaient un point de vue positiviste, et avaient mis au point des programmes qui consistaient à organiser une lutte, y compris la lutte armée, visant à libérer la population arménienne de l'oppression de la part de certains musulmans et de l'appareil d'Etat ottoman. La violence dans la zone géographique [l'Anatolie orientale] est entrée dans une nouvelle phase suite à la création de ces organisations, dont le but était de forcer les autorités ottomanes à mener à bien les réformes qu'elles avaient promises au Congrès de Berlin. Le plus important, leur but était d'attirer l'attention de l'Occident sur la question arménienne par le biais de divers types d'actions modernes et préparées, y compris des insurrections armées et des révoltes générales." (p. 32-33)

"Par ailleurs, l'une des principales raisons des relations étroites entre le CUP [Comité Union et Progrès] et les organisations progressistes arméniennes, en particulier la FRA, avant et immédiatement après la révolution de 1908, était cette perspective positiviste partagée. Les deux organisations convenaient que l'organisation tribale de la société (principalement kurde) était archaïque, et un obstacle au progrès social." (p. 172, note 16)

Voir également : Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

Les nationalistes arméniens, des idiots-utiles de l'expansionnisme russo-tsariste

Stéphane Yerasimos, "Caucase, la grande mêlée (1914-1921)", Hérodote, n° 54-55, 4e trimestre 1989, p. 155-159 :

"Fin juillet 1914, le parti Dachnak, qui est à la pointe du mouvement national arménien, convoque son huitième congrès à Erzeroum quand la guerre éclate en Europe (la Turquie n'y entrera que le 1er novembre). A la fin du congrès, une délégation de personnalités « Jeunes-Turcs » vient proposer aux représentants arméniens leur participation à la guerre contre les Russes, leur offrant en contrepartie un Etat autonome comprenant les territoires transcausiens peuplés d'Arméniens ainsi qu'un certain nombre des districts des provinces d'Erzeroum, de Van et de Bitlis. Les responsables arméniens répondent que le parti Dachnak a choisi la neutralité. Au même moment, le catholicos d'Etchmiadzin, patriarche de tous les Arméniens, lance un appel vibrant à Vorontzov-Dachkov, vice-roi du Caucase, demandant à la Russie de protéger les Arméniens et de modifier le statut d'autonomie, déjà acquis à leur profit, avec la nomination d'un gouverneur chrétien choisi par la Russie à la tête des six provinces unifiées. En même temps, Vorontzov-Dachkov contacte les personnalités du Conseil national arménien à Tiflis, dont le maire de la ville Khatissian, et promet l'autonomie arménienne dans les six provinces orientales turques, si celles-ci sont conquises avec l'aide arménienne. Les Arméniens proposent alors la création d'unités de volontaires et des télégrammes sont aussitôt envoyés par le Conseil national arménien à toute la communauté, lui demandant de se mobiliser. Entre cette date et le début de la guerre turco-russe, le 1er novembre, quatre détachements de volontaires arméniens, composés d'Arméniens de Turquie (puisque les Arméniens de Russie sont enrôlés dans l'armée régulièrement formée) sont constitués. Leur quantité est sans doute négligeable dans la masse de l'armée russe, puisque chaque détachement compte environ mille hommes, mais utilisés au début comme éclaireurs et ensuite dans toutes les batailles sensibles mettant en cause des populations kurdes et arméniennes dans les endroits les plus contestés, leur rôle politique fut sans commune mesure avec leur poids réel.

Ainsi, dès le 24 octobre, une semaine avant le début des hostilités, le deuxième détachement volontaire arménien, dont le commandant en second est un député arménien au Parlement ottoman, part d'Igdir en direction de Van. La région allant du lac de Van à celui d'Ourmia est un des endroits clés du conflit, parce qu'elle constitue le chemin le plus court entre le Caucase russe et Mossoul, le centre de la haute Mésopotamie, d'où la jonction avec les Britanniques, qui attendaient déjà au Koweït la déclaration de la guerre pour occuper Basra, était possible. (...)

Le deuxième détachement arménien sera arrêté par les Turcs le 1er novembre. Mais, dès le début des hostilités, les troupes russes pénètrent en territoire turc en se servant des détachements de volontaires arméniens comme éclaireurs. De leur côté, les Turcs mobilisent les Kurdes en les utilisant comme cavalerie irrégulière. Dès le premier contact avec les Russes, 10 000 de ces cavaliers, sur un total de 13 000, désertent et se dispersent dans les villages des environs, où ils sont reçus à coups de fusil. De même, les fantassins kurdes et arméniens, mobilisés dans l'armée régulière, désertent et vont avec leurs armes protéger leurs villages. Dès le premier mois de la guerre, la confusion est totale.

Après l'échec de la première pénétration vers Van, les Russes décident d'utiliser le territoire iranien. En novembre, le khan de Maku est déposé et remplacé par un cousin plus docile. Une colonne russe, accompagnée du premier détachement de volontaires arméniens, dirigé par Antranik, le chef arménien le plus célèbre, traverse Khoy et Qotur et occupe Saray, à l'intérieur du territoire turc et à 70 kilomètres de Van. Baskale, plus au sud, est occupé le 24 novembre par l'armée russe. Les habitants arméniens en profitent pour piller les maisons musulmanes. Une contre-offensive turque récupère la ville et c'est alors le massacre des Arméniens. (...)

Après les premiers revers, les Turcs préparent une grande offensive. Le généralissime Enver Pacha prévoit une grande percée qui lui ouvrirait le Caucase et même au-delà, la patrie ancestrale, le Turkestan. Quelque 120 000 hommes sont lancés en décembre sur des chemins de montagne à plus de 2 000 mètres d'altitude. L'annonce de l'offensive turque entraîne toutefois un retrait précipité des forces russes, qui évacuent non seulement le territoire turc occupé, mais aussi l'Azerbaïdjan iranien. Le premier détachement arménien se retire à Djoulfa, sur la frontière russo-iranienne. Simko Agha passe dans le camp turc et les tribus kurdes déferlent sur la plaine d'Ourmia. La ville d'Ourmia est prise le 2 janvier et toute la région soumise au pillage. Tabriz même sera conquise le 14 par un détachement irrégulier turc.

L'offensive turque, dite de Sarikamis, du nom de la ville qui était le premier objectif, fut une des plus grandes défaites de l'histoire turque, due notamment aux conditions climatiques et à une logistique lamentable. Elle fit plus de 70 000 morts, dont la plupart périrent gelés. Mais l'hiver paralysa également en grande partie la contre-offensive russe et les régions frontalières furent laissées à elles-mêmes pendant cet hiver terrible, sillonnées par des déserteurs poursuivis par des gendarmes, chacun attaquant à son tour les villages de tout bord. Des mouvements arméniens furent réprimés dans la région de Bitlis et 2 000 Arméniens prirent le maquis autour d'Ercis.

Après l'échec de la grande offensive turque, la région Van-Ourmia retrouve son importance. En février, les Russes réoccupent les territoires iraniens et Simko bascule encore une fois dans le camp russe. Mais cette fois les Turcs préparent à Mossoul une division, sous la direction de Halil Bey (futur pacha), oncle d'Enver Pacha, qui quitte cette ville en mars en direction d'Ourmia, à travers les défilés du Grand Zab. C'est à cette occasion que des émissaires russes sont envoyés chez Mar Shimoun, le patriarche (dans le sens biblique du terme) des nomades nestoriens qui tiennent, conjointement avec les Kurdes, cette région. En même temps les 2e, 3e, 4e et 5e (nouvellement créé) détachements de volontaires arméniens sont réunis en un corps spécial, chargé de marcher sur Van. La région est en effervescence depuis le début du printemps et, le 20 avril, la révolte arménienne de Van éclate. Quand les nouvelles arrivent à Istanbul, les milieux les plus nationalistes du parti Jeune-Turc, groupés autour du ministre de l'Intérieur Talât Pacha, qui voient chez les Arméniens l'obstacle principal à la réalisation des objectifs nationaux, obtiennent la publication d'un décret ordonnant la déportation des Arméniens et la mise sous séquestre de leurs biens. Il en résultera une confiscation globale des biens et des massacres plus ou moins systématiques, selon les régions, des convois de déportés, s'ajoutant aux décès dus aux mauvais traitements, à la famine et aux maladies endémiques. 600 000 à 800 000 personnes sur une population arménienne globale de près d'un million et demi y périront. (...)

Devant les nouvelles de la révolte de Van, les détachements arméniens accélèrent leurs préparatifs et quittent Erivan le 28 avril. Trois jours plus tard, Halil Bey se trouve à Dilman, au nord de l'Ourmia, face au premier détachement arménien, celui d'Antranik. Le lendemain, la bataille est encore indécise, quand le commandant turc reçoit un télégramme lui annonçant la révolte de Van et la nécessité de rentrer pour protéger la route de Mossoul à travers Bitlis. Le temps que Halil Bey arrive à Bitlis avec une armée en très mauvais état, harcelée le long du parcours par les Kurdes, les détachements arméniens entrent à Van le 18 mai et entreprennent le « nettoyage » des rives du lac. En même temps une colonne russe se dirige à travers Baskale vers le pays nestorien et, cette fois-ci, Mar Shimoun semble convaincu de participer au front chrétien qui doit courir du Caucase à Mossoul. Des membres de la communauté nestorienne, très importante dans cette ville, hésitant à suivre le patriarche à cause de la proximité des Turcs, sont assassinés par ses émissaires.

Devant l'aggravation de la situation, les Turcs, en agitant le danger chrétien, arrivent à rallier les Kurdes et reprennent progressivement les bords du lac Van. Le 4 août, les Russes doivent quitter Van et évacuer sa population arménienne. En été 1915, la situation revient au point de départ, mais 300 000 Arméniens sont réfugiés dans le Caucase et se trouvent entassés dans des conditions dramatiques autour d'Erivan, tandis que les déportations continuent sur tout le reste de l'Anatolie. De leur côté, les Nestoriens, pressés au nord par les Kurdes et au sud par un détachement turc venu de Mossoul, quittent les hautes vallées du Zab, où ils étaient installés depuis des millénaires, pour se réfugier dans la plaine d'Ourmia.

Suite à ces revers, les Russes reprennent une grande offensive d'hiver. En attendant, Van est réoccupée en septembre et les détachements arméniens progressent de nouveau le long des rives du lac. Cette fois-ci, ce sont les populations musulmanes qui s'enfuient vers l'ouest, quand elles le peuvent. Mais bientôt les forces russes prennent la relève. Mus est prise le 16 février 1916, le même jour qu'Erzeroum. Trabzon, au bord de la mer Noire, capitule le 18 avril. L'offensive russe atteint Erzincan, son point le plus avancé, le 25 juillet. Mais les Turcs reprennent Mus le 6 août et tiennent toujours Bitlis, empêchant toute descente vers la Mésopotamie. Lors de cette guerre « en accordéon », les fronts successifs et l'arrière-front sont dépeuplés à 75 %. Si l'on estime la population arménienne de cette région entre 30 et 40 % du total, le reste est composé des populations musulmanes, kurde ou turque.

Au moment où les forces russes occupent la plus grande partie des six provinces ottomanes, revendiquées par les Arméniens, Sazonov, le ministre russe des Affaires étrangères, dans une note au grand-duc Nicolas, vice-roi du Caucase, s'élève contre le projet d'une région arménienne autonome, puisque la population arménienne, qui n'atteignait avant la guerre que le quart de la population totale, avait encore diminué au cours des deux dernières années. Par conséquent, l'insistance des autorités russes à maintenir ce projet sur un territoire sous leur occupation leur aliénerait les populations musulmanes. Ainsi, Sazonov propose maintenant une administration directe reconnaissant les droits de chaque minorité. Le commandement du Caucase, face au dépeuplement de la région, élabore d'autres projets, comme celui de la création d'un territoire des Cosaques de l'Euphrate, peuplé d'émigrants russes. C'est ainsi que les détachements de volontaires arméniens, leur rôle terminé, seront dissous, après avoir perdu un tiers de leurs effectifs."

Sur le même sujet : Le nationalisme arménien : un instrument de l'impérialisme russo-tsariste

vendredi 21 janvier 2011

Gor Abrahamyan et sa famille seront-ils renvoyés en Arménie, pays non-sûr ?




Expulsion: le bout du tunnel pour Gor, petit espoir venu d’Arménie?
Publié le jeudi 20 janvier 2011 à 08H14

Cheveux noirs et mâchoire carrée, Gor Abrahamyan n’a pas dix-huit ans et déjà une « carrure à la David Douillet ». Sur le banc du tribunal administratif de Nice, ce colosse d’origine arménienne courbe l’échine face au président qui statuait hier sur son sort et celui de toute sa famille. Car Gor, son frère, sa petite sœur et ses parents installés à Grasse depuis 2008, après avoir fui la répression policière arménienne, ne sont plus les bienvenus dans ce pays. Pourtant Gor n’aspire aujourd’hui qu’à une chose : porter haut les couleurs de la France.

La « sympathie » du tribunal

Ce jeune homme partage en effet bien plus que son allure de géant avec David Douillet. Gor est lui aussi un sportif de haut niveau. Il vient de décrocher le titre de champion de France de lutte, dans la catégorie cadet, et ses entraîneurs dijonnais le voient déjà « aux JO de 2016 ». Sauf que la France veut renvoyer cet espoir de médaille dans son pays d’origine.

En juin dernier, le préfet des Alpes-Maritimes a signifié aux Abrahamyan qu’ils devaient partir. Le père, ancien boulanger reconverti en préparateur de meubles sur la Côte d’Azur, s’est vu débouter du droit d’asile. Dont acte, les services de l’État lui ont signifié l’heure du retour au pays. Tant pis si l’Arménie vient d’être retirée de la liste des « pays sûrs » par le Conseil d’État. C’est la loi ! Et hier le tribunal administratif de Nice, tout en mettant en délibéré sa décision, semblait acquiescer... Sans pour autant approuver.

Drôle d’audience que celle-ci ! C’est le rapporteur public qui, tout en entérinant la décision préfectorale, « au regard du droit », sort de son chapeau une jurisprudence qui pourrait la contourner. Et le président va jusqu’à « conseiller » aux Abrahamyan de déposer une nouvelle demande de titre de séjour. « En cas de refus, vous pourrez toujours revenir devant cette juridiction...» Juridiction dont Gor et sa famille ont manifestement la « sympathie ». Le mot est prononcé. Il brille comme une lueur d’espoir. « Aujourd’hui, je suis confiant », lâche sur les marches du tribunal Me Joseph Ciccolini. L’avocat décrypte à ses clients l’audience qui vient de se dérouler. « Vous avez compris, il va falloir déposer une demande de séjour...»

Au-delà même de la décision du tribunal qui ne sera rendue que dans quinze jours, est-ce enfin le bout du tunnel pour Gor et les siens ?

À Grasse, on veut y croire. Car le sort réservé à cette famille n’avait pas manqué d’indigner des habitants de Grasse. En juin, les élèves du collège Saint-Hilaire, où Gor le colosse était scolarisé, ainsi que ses professeurs, avaient même manifesté contre la mesure de reconduite à la frontière. « Or, il ne faudrait pas oublier que le peuple est souverain dans ce pays », concluait hier Me Ciccolini.
Source : http://www.nicematin.com/article/faits-divers/expulsion-le-bout-du-tunnel-pour-gor-petit-espoir-venu-d%E2%80%99armenie

Erevan : 7.000 opposants manifestent contre le régime bananier

19/01/11 18:03
Manifestation de 7.000 opposants au régime en Arménie

EREVAN, Arménie (AP) — Quelque 7.000 partisans d'un parti d'opposition ont manifesté mercredi à Erevan, exhortant le gouvernement à améliorer la situation économique et sociale en Arménie.

La manifestation, dans la capitale arménienne, était organisée par le Parti du peuple dirigé par un homme d'affaires, Tigran Karapetian. Son parti n'est pas représenté au Parlement national.

S'exprimant lors de ce rassemblement, M. Karapetian a notamment exhorté le gouvernement à augmenter les salaires et les retraites, et à libérer des opposants actuellement emprisonnés.

Il a ajouté que son parti ferait pression pour la tenue d'élections anticipées si le gouvernement ne répondait pas à ses exigences d'ici fin février. AP

pyr/v591
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110119.FAP3916/manifestation-de-7-000-opposants-au-regime-en-armenie.html

jeudi 20 janvier 2011

L'ambassadeur d'Azerbaïdjan répond à la logorrhée de l'extrémiste Ara Toranian

Une lettre de l'ambassadeur d'Azerbaïdjan

LEMONDE | 18.01.11 | 15h55  •  Mis à jour le 18.01.11 | 15h55

A la suite de la publication du point de vue d'Ara Toranian, "Paris lâche les Arméniens" (Le Monde du 29 décembre), M. Elchin Amirbayov, ambassadeur d'Azerbaïdjan en France, nous écrit notamment :

"Cette tribune présente une image déformée de ce qui se passe réellement entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan à propos du conflit du Haut-Karabakh. L'occupation du Haut-Karabakh et de sept autres régions voisines de la République d'Azerbaïdjan (environ 20 % du territoire d'Azerbaïdjan) par l'Arménie s'est en effet soldée par des milliers de victimes azeris sans compter un million d'Azerbaïdjanais chassés de leurs terres. Lors des négociations menées entre nos deux pays, sous l'égide du Groupe de Minsk de l'OSCE depuis 1992, l'Arménie n'a jamais accepté de libérer ne serait-ce qu'une parcelle de ces territoires tout en y créant des colonies. Je tiens également à souligner que l'Azerbaïdjan reste vigoureusement attaché à un règlement, juste et pacifique, fondé sur les principes et normes du droit international, se référant strictement aux dispositions des décisions et résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU, l'OSCE, le Conseil de l'Europe, le Parlement européen et les autres organismes internationaux." 
Article paru dans l'édition du 19.01.11
Source : http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/01/18/une-lettre-de-l-ambassadeur-d-azerbaidjan-le-monde-date-mercredi-19-janvier_1467178_3382.html

lundi 17 janvier 2011

Le banditisme, une tradition profondément ancrée chez les Arméniens

Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance (963-1210), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 401 :

"Le banditisme arménien ne s'exerçait pas exclusivement aux dépens des soldats byzantins112. (...)

112 - Ibn al-Athir notait déjà qu'en 1036 les Sanassunites du Tarôn pillèrent une caravane de pèlerins musulmans, traduction d'ARISTAKÈS DE LASTIVERT, p. 107 n. 1."

Yves Ternon, La cause arménienne, Paris, Le Seuil, 1983, p. 31 :

"Elle [la FRA] organise un mouvement d'autodéfense de la paysannerie, dans la tradition du banditisme rural, le mouvement fedaï, qui embrase les montagnes de l'Arménie occidentale."

Anahide Ter Minassian, La question arménienne, Roquevaire, Parenthèses, 1983, p. 88 :

"Sorti du peuple (intellectuel caucasien ou ottoman, prêtre ou simple paysan), le fédaï arménien est le révolutionnaire armé qui a voué sa vie au peuple qu'il réveille par l'exemple de ses exploits et de sa mort. S'il porte en lui les traits légués par les populistes russes, les garibaldistes, et les haïdouk bulgares, il est aussi l'héritier d'un banditisme rural arménien antérieur."

Voir également : L'usure arménienne

jeudi 13 janvier 2011

Sarreguemines : un petit garçon arménien qui était victime de maltraitances familiales en Russie et en Arménie

6 ANS, EN RETENTION !
Le jeune Erik, 6 ans, a été interpellé chez lui, à Sarreguemines avec sa mère. Ils étaient en France depuis 6 mois, l’enfant était ravi d’aller à l’école après les maltraitances familiales subies en Russie et Arménie....
Le dossier OFPRA a été classé en procédure prioritaire sans même que Mme A soit convoquée. Elle a également eu un refus d’APS. Puis très rapidement elle a reçu une OQTF bien qu’étant en attente d’une convocation à la CNDA.
Mme A a voulu protéger sa vie et celle de son fils en fuyant en France. Mais la préfecture retient le fait que Mme A a dû comparaitre en correctionnelle pour détention de faux billets. Chose qu’elle a toujours contesté en expliquant que c’est la monnaie qui lui avait été rendue lorsqu’elle a acheté à manger dans un kebab peu après son arrivée à l’aéroport. Elle a d’ailleurs fait appel et la présomption d’innocence doit jouer pour elle comme elle joue pour Hortefeux qui reste au gouvernement bien que deux fois condamné en raison dit-il de ses appels.
Nous leur rendons rendons visite au CRA chaque jour : Erik va de plus en plus mal, ne mange pas ne dort pas, il pleure beaucoup et devient de plus en plus agressif avec sa maman car il ne veut plus rester là. Il demande de retourner à l’école jouer avec ses copains. Il a peur des hommes qui se bagarrent et crient fort, il a peur des uniformes. Sa maman est la seule femme au CRA.
Nous avons saisi la Défenseure des enfants qui a rapidement contacté la préfecture et s’est vu répondre cette histoire de condamnation (6 mois avec sursis). L’avocate qui connait le fond du dossier est furieuse, le JLD "n’ose pas " ??? libérer ?
RESF vient d’envoyer une lettre au préfet pour demander la libération, et compte bien mettre çà sur le tapis lors des "festivités" de cette fin de semaine si la rétention était prolongée.
Source : http://www.millebabords.org/spip.php?article16228

mercredi 12 janvier 2011

Arménie : un colonel arrêté pour avoir agressé physiquement quatre civils arméniens et tué l'un d'entre eux

Armenian Officer Arrested Over Deadly Incident

10.01.2011
Irina Hovhannisyan

An Armenian army colonel was fired and arrested on Monday following the death of one of four civilian men allegedly assaulted by him on New Year’s Eve.

Doctors at Yerevan’s Surp Grigor Lusavorich hospital told RFE/RL’s Armenian service that the 20-year-old Taron Yengibarian died from severe head injuries sustained at a military base near the northeastern town of Ijevan.

Yengibarian and three other residents of Getavohit village located in the area reportedly clashed with the unit’s commander, Colonel Sergei Karapetian, and several other officers late on December 31 while visiting, apparently without an authorization, a friend serving there.

According to the victims’ relatives, Karapetian insulted them and shot at their car before having them forcibly taken to his second-floor office. They say the young men jumped out of the office window to escape and were hospitalized with serious injuries. Yengibarian suffered a fractured skull.

Military investigators have still not confirmed or denied this version of events, saying only that there was a “dispute between the unit’s commander and a group of civilians.” They have also said that a criminal investigation is being conducted under an article of the Criminal Code dealing with “hooliganism.”

According to an Armenian Defense Ministry spokesman, Defense Minister Seyran Ohanian signed on Monday an executive order dismissing Karapetian and two other officer from their positions.

An official at the ministry’s Investigative Service told RFE/RL’s Armenian service later in the day that Karapetian has been detained but not formally charged yet. Whether the two other fired servicemen will also be prosecuted was not immediately clear.

Several other Armenian officers were already arrested late last year in connection with a spate of non-combat deaths and other violent incidents within the army ranks. One of them was sentenced to three years in prison last month for beating and humiliating two conscripts in a videotaped incident publicized through the Internet.

Amid a barrage of media criticism, Ohanian has repeatedly pledged a tougher crackdown on army crimes, while maintaining that their number has considerably fallen over the past decade.
Source : http://www.azatutyun.am/content/article/2272005.html

Arménie : les dauphins du delphinarium sont victimes de mauvais traitements

Arménie : les défenseurs des animaux protestent contre l'ouverture d'un delphinarium
Info rédaction, publiée le 27 décembre 2010

Le 24 décembre, le tout premier delphinarium arménien a été inauguré à Erevan, la capitale du pays. Un événement perturbé par une cinquantaine de défenseurs de l'environnement venus protester contre les conditions dans lesquelles vivent les dauphins en captivité.

Munis de pancartes et de banderoles sur lesquels on pouvait lire "liberté pour les dauphins" ou "N'utilisez pas les dauphins pour vous divertir", les manifestants se sont réunis devant le delphinarium à l'initiative de plusieurs associations de défense de l'environnement et de protection des animaux.

Comme l'ont souligné les militants écologistes, en plus de la cruauté que constitue l'enfermement des dauphins dans un espace clos, le climat d'Erevan n'est pas du tout adapté aux mammifères marins. Les températures peuvent en effet atteindre -10°C dans la capitale arménienne, tandis que l'été, les températures sont très élevées. "En été, il fait très chaud, et en hiver, il fait trop froid. C'est malsain pour les dauphins et autres mammifères marins", a déploré auprès de l'AFP Rouben Kotcharian, directeur du Fonds arménien de la protection de la nature.

De son côté, la compagnie ukrainienne chargée de la construction du delphinarium assure que les quatre dauphins et les deux otaries en captivité évolueront dans des conditions tout à fait convenables. Et de préciser que les animaux seront protégés par une coupole de verre qui les maintiendra dans un climat adapté. "Je ne comprends pas cette protestation. Nous offrons aux enfants la possibilité de communiquer avec ces beaux animaux", a estimé le dresseur des animaux du delphinarium d'Erevan, Dmitri Ourivski.
Source : http://www.maxisciences.com/dauphin/armenie-les-defenseurs-des-animaux-protestent-contre-l-039-ouverture-d-039-un-delphinarium_art11428.html

mardi 11 janvier 2011

Langeac : le fils d'un voleur de gasoil arménien est conduit dans un centre de rétention

FAITS DIVERS SOCIÉTÉ ÉDUCATION NATIONALE
Un enfant arrêté dans son école et conduit dans un centre de rétention

En bref - L’essentiel de l’info

11/01/2011 - 10h00

Des gendarmes sont venus chercher un enfant de six ans dans son école en Haute-Loire pour le conduire dans un centre de rétention avec son père en situation irrégulière, a-t-on appris lundi auprès de Réseau Éducation Sans Frontières (RESF). Trois gendarmes, accompagnés du père de l'enfant, se sont rendus vendredi en milieu d'après-midi dans l'école de Vazgen Asryan, six ans, située à Langeac (Haute-Loire) pour qu'il soit conduit avec son père dans le centre de rétention de Nîmes. "Habillés en civil, ils ont récupéré l'enfant dans un couloir de l'école, la direction avait été avertie", selon RESF, faisant part de "l'émotion des parents d'élèves" de ce bourg d'environ 4.000 habitants, où l'enfant était scolarisé depuis 2007. Joint au téléphone par Thomas Prouteau pour RTL, la défenseure des enfants Dominique Versini déclare que cette histoire est "invraisemblable".

Ecouter

En détails

David Asryan, son père, avait été arrêté jeudi soir pour une infraction concernant un vol de gasoil : "Les gendarmes ont constaté qu'il n'avait pas de papiers et ont prévenu le préfet", a expliqué la porte-parole de RESF, précisant que la compagne de cet homme, âgée de 20 ans, avait également été arrêtée.
  
Le juge des libertés et de la détention de Nîmes a confirmé leur placement en rétention pour 15 jours, selon des sources concordantes.  "Ils sont apeurés et se demandent ce qui leur arrive", a dit la porte-parole de RESF.

"La situation de M. Asryan est incontestable", a expliqué de son côté la préfecture de la Haute-Loire. M. Asryan "a été arrêté pour un délit et les gendarmes ont découvert à cette occasion qu'il avait une obligation de quitter le territoire. Il a exprimé le souhait d'avoir son enfant, tout s'est passé de la manière la plus optimale possible pour une situation inhabituelle", a-t-on ajouté.
  
Le père du garçonnet, d'origine arménienne, exilé en Russie où il a grandi, avait gagné la France en 2007, "fuyant des persécutions politiques", selon RESF. Il avait vu sa demande d'asile rejetée et avait reçu à l'automne une obligation de quitter le territoire français (OQTF).


La famille était hébergée par des membres de l'équipe de football du village dans laquelle M. Asryan était très impliqué, ayant été joueur professionnel en Russie, selon la porte-parole de RESF.
Source : http://www.rtl.fr/actualites/article/un-enfant-arrete-dans-son-ecole-et-conduit-dans-un-centre-de-retention-7649929438

vendredi 7 janvier 2011

Les prétendus "massacres hamidiens" de l'automne 1895

François Georgeon, Abdülhamid II : le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003, p. 291-295 :

"Le lundi 30 septembre 1895, le parti Hintchak organise à Istanbul une manifestation pour tenter d'arracher au sultan les réformes tant annoncées. Vers midi, plusieurs centaines de manifestants se rassemblent à Kumkapı devant le patriarcat arménien. Leur objectif est de se rendre à la Sublime Porte et de remettre au gouvernement une pétition dans laquelle ils dénoncent les mauvais traitement dont sont victimes les Arméniens en Anatolie orientale, les exactions subies du fait des Kurdes ou des collecteurs de taxes et demandent l'égalité devant la loi, les libertés, la nomination d'un gouverneur général chrétien pour superviser les réformes, ainsi que le droit pour les Arméniens de porter des armes puisqu'il est impossible de désarmer les Kurdes. Deux jours auparavant, le parti a fait parvenir une lettre aux ambassades des grandes puissances et à la Sublime Porte : la manifestation projetée, annonce-t-il, a pour but de contraindre le gouvernement ottoman aux réformes, elle est « tout à fait pacifique » et si elle devait s'accompagner d'incidents, la responsabilité en retomberait d'avance sur les autorités.

Manifestation qui se veut pacifique, mais certains militants du Hintchak, armés de pistolets et de couteaux, veulent provoquer des désordres dans la capitale et créer une situation qui forcerait les grandes puissances à intervenir. Dans la ville, des mesures de précaution très strictes ont été prises : des soldats sont postés autour des bâtiments administratifs, la police veille, des détachements de cavalerie gardent l'accès à la Sublime Porte. Lorsque les manifestants s'approchent du siège du gouvernement, les forces de l'ordre s'interposent, des heurts se produisent, un officier de police est tué, et immédiatement la manifestation dégénère. Une fusillade nourrie éclate, plusieurs gendarmes et une soixantaine de manifestants sont tués. La police s'attaque aux fuyards, des softa [étudiants en théologie] armés de gourdins se mêlent de la partie et se livrent à une chasse aux Arméniens. Les jours suivants, des Arméniens sont attaqués un peu partout dans la capitale ; beaucoup ne trouvent le salut qu'en se réfugiant dans des églises. La police effectue de nombreuses arrestations. La manifestation a tourné au drame.

Abdülhamid se trouve désormais acculé, plus question pour lui de jouer à opposer les grandes puissances entre elles. Celles-ci sont unanimes dans leur condamnation de la répression. Leurs représentants à Istanbul remettent une note verbale très ferme à la Porte le 6 octobre, manifestant ainsi, comme le dit Cambon, l'ambassadeur de France à Istanbul, « l'existence bien réelle du concert européen ». Le 17 octobre, Abdülhamid cède sous la pression ; il publie un irade [décret] annonçant un programme de réformes. Dans l'ensemble, celui-ci reprend les propositions européennes : réformes pour les six provinces de l'Anatolie orientale et non pour tout l'Empire ; envoi d'un haut-commissaire (qui se trouve déjà à pied d'oeuvre en Anatolie) pour veiller à l'application des réformes, assisté d'un adjoint non-musulman ; les gouverneurs seront également assistés de non-musulmans, des non-musulmans seront admis dans la police et la gendarmerie en proportion des chiffres des populations, un contrôle plus étroit sera exercé sur les Kurdes ; la perception des impôts et la justice seront améliorées. En outre, pour veiller à l'application de ces réformes, une commission permanente, composée à égalité de musulmans et de non-musulmans, sera créée à la Sublime Porte.

A l'annonce de la publication de cet irade, les grandes puissances avouent leur soulagement ; leurs représentants à Istanbul font part de leur « gratitude » au sultan. De leur côté, les Hintchakistes crient victoire ; ils se vantent d'avoir réussi à contraindre leur « féroce bourreau » à « reconnaître les droits du peuple arménien, à écouter sa voix, et à s'incliner devant ses aspirations et sa force morale ». Mais c'est se réjouir trop tôt. A partir de la fin d'octobre, une série d'émeutes anti-arméniennes ensanglantent les provinces de l'Est anatolien. Elle commencent à Erzincan le 21 octobre, puis se propagent comme une onde de choc de ville en ville ; à la fin octobre, Bitlis, Bayburt, Erzurum sont touchées ; en novembre, c'est le tour de Diyarbakır, Malatya, Harput, Sivas, Amasya, Antep, Kayseri, Urfa. En deux mois, les violences se sont répandues dans une grande partie de l'Anatolie orientale.

Partout le scénario est à peu près le même : une altercation banale au départ, des injures qui fusent, une bagarre qui éclate, des coups de feu qui partent, et c'est le signal du pogrom. La plupart du temps, les violences commencent au marché, les assaillants s'en prennent à des commerçants arméniens, s'attaquent à leurs boutiques et à leurs entrepôts, se livrent au pillage, mettent le feu, molestent ou tuent les propriétaires. Ainsi à Erzurum, des centaines de boutiques appartenant à des Arméniens sont mises à sac et incendiées. Puis les émeutiers se jettent sur les quartiers arméniens, qui sont le théâtre de scènes de pillages, de meurtres, de viols, de rapts de femmes, de conversions forcées à l'islam.

L'estimation du nombre des victimes est très difficile. En février 1896, les missionnaires américains avançaient le chiffre de 37 000 Arméniens tués (dont 29 000 dans les six provinces de l'Est anatolien) et 1800 musulmans. Ils évaluaient en outre à environ 300 000 le nombre des personnes se trouvant réduites à la misère dans une Anatolie orientale complètement dévastée. D'autres estimations sont nettement plus élevées et font état de 100 000, voire de 300 000 victimes. Quoi qu'il en soit, il faut remonter loin dans l'histoire ottomane pour trouver un massacre d'une telle ampleur ; au début du XVIe siècle, les persécutions contre les Alévis (les Kızılbaş) firent peut-être 40 000 morts.

Qu'est-ce qui a déclenché ces violences en chaîne ? Depuis le début de la décennie 1890, les tensions se sont aggravées sur le terrain entre musulmans et non-musulmans, entre Arméniens et Kurdes. Après les évènements du Sasun et les pressions européennes en faveur des « réformes », le climat s'est encore dégradé. Au cours de l'été 1895, les consuls font part de leur crainte de voir éclater des troubles en cas d'adoption des réformes. La nouvelle de la manifestation hintchakiste ajoute encore à l'exacerbation des esprits ; organisée en plein coeur de la capitale, elle est perçue par les musulmans comme un défi lancé par les Arméniens. Quelques jours plus tard, un véritable pogrom se produit à Trébizonde et des centaines d'Arméniens sont tués. Mais l'évènement décisif, le véritable déclencheur, c'est l'annonce, le 17 octobre, de l'acceptation des réformes par le sultan. Par le télégraphe, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Comme on l'a dit très justement, « plus que les activités des partisans arméniens, ce sont les réformes voulues par l'Europe qui [exacerbent] le sentiment anti-arménien. Les musulmans [sont] persuadés que ces réformes visent à accorder leur indépendance aux Arméniens ».

Mais si l'on voit bien l'évènement déclencheur, qu'en est-il des responsabilités ? Une explosion de violence spontanée ? C'est en tout cas la thèse d'Abddülhamid : les massacres des Arméniens constituent, à l'en croire, une « manifestation populaire spontanée » face à laquelle son gouvernement s'est trouvé « impuissant ». Il est vrai que depuis les défaites de 1877-1878, depuis les pertes de territoires dans les Balkans et en Anatolie orientale, depuis l'émigration forcée de centaines de milliers de musulmans chassés de leurs terres, on perçoit un profond ressentiment dans la population musulmane. Il est vrai aussi que les auteurs des massacres appartiennent pour la plupart aux couches populaires. Mais s'il s'agissait d'une violence spontanée, on comprendrait mal la manière dont elle s'est propagée. Il semble bien, en réalité, que la colère populaire ait été utilisée et canalisée contre les Arméniens. Mais par qui ?

Quelle est la part de responsabilité d'Abdülhamid dans ces massacres ? Dès cette époque, le sultan a été accusé de les avoir ordonnés et même planifiés depuis Yıldız, accusation bien souvent reprise par les historiens contemporains ; il l'aurait fait pour « se venger » d'avoir dû céder aux grandes puissances, ou pour empêcher l'application de réformes qui lui avaient été arrachées contre sa volonté. Pourtant, l'extrême prudence manifestée tout au long de son règne par Abdülhamid dans la conduite de sa diplomatie comme de sa politique intérieure va à l'encontre de cette hypothèse. D'autre part, s'il s'agissait d'un mouvement planifié à partir de Yıldız, comment expliquer que certaines régions, certaines villes des provinces arméniennes aient échappé aux désordres ? Comment expliquer que certains gouverneurs et administrateurs aient pu, avec relativement de succès, s'opposer aux violences et maintenir l'ordre dans leurs districts ? Par exemple à Muş, à Tokat, à Mersin, à Ankara, à Van, d'énergiques représentants du pouvoir central, ici le gouverneur général, là le gouverneur, là encore le commandant militaire ou le juge ont réussi à circonscrire la flambée de violences. Auraient-ils désobéi aux ordres impériaux ?

Les massacres de 1895 semblent avoir été provoqués par des musulmans de l'Anatolie orientale, des notables, des membres de confréries, des oulémas, des chefs de tribus kurdes. Depuis que le spectre d'une autonomie ou d'une indépendance arménienne plane sur l'Anatolie orientale, c'est-à-dire depuis 1878, il est probable que ces groupes ne sont pas restés les bras croisés face à une menace qui risquait de faire d'eux, à terme, des muhacir [réfugiés]. Tout au long de l'année 1895, des rumeurs circulaient selon lesquelles des musulmans conservateurs attaqueraient les Arméniens si les réformes exigées par les grandes puissances étaient adoptées ; à l'automne, des prédicateurs lançaient de véritables appels aux meurtre dans les mosquées, des agitateurs se déplaçaient de ville en ville pour répandre la rumeur d'une prochaine indépendance arménienne, pour inciter la population à prendre les armes et à s'attaquer aux Arméniens. Ce qui expliquerait la propagation de ces émeutes comme une onde de choc dans l'ensemble de l'Anatolie orientale. Les masses musulmanes sont lancées contre les Arméniens. Et bientôt, plus personne ne peut contrôler la violence déchaînée, qui donne lieu à des règlements de compte, où s'expriment les jalousies, les frustrations de toutes sortes, sociales, culturelles, voire sexuelles. Le facteur économique joue également ; depuis une vingtaine d'années, la dépression se fait sentir, les prix agricoles sont à la baisse, beaucoup de musulmans sont endettés auprès de prêteurs arméniens ; les violences commencent au marché, au bazar, par le pillage et la destruction des échoppes et des ateliers appartenant à des Arméniens.

Les auteurs des massacres reçoivent bien souvent l'aide des autorités locales. Parfois, les gouverneurs eux-mêmes sont complices et encouragent leurs coreligionnaires, comme Enis pacha à Diyarbakır, mais aussi tel commandant militaire, tel chef de la gendarmerie. Ils laissent faire, voire participent en personne aux pillages et aux massacres. A Harput, des officiers, des soldats, des gendarmes participent au pillage. Parfois des armes sont distribuées aux insurgés. Dans certains cas, les autorités locales n'osent pas intervenir contre les émeutiers.

Au début de novembre, Paul Cambon écrit que l'on est en présence « d'un mouvement général que le gouvernement est aujourd'hui impuissant à réprimer ». Il est vrai que la situation est très confuse. L'Anatolie orientale offre le spectacle d'une complète anarchie. Un chaos, dont cherchent à profiter certains acteurs de la scène orientale de l'Anatolie (et notamment les Kurdes, qui peuvent espérer trouver l'occasion de récupérer les droits qu'ils ont perdus du fait de la centralisation ottomane). En créant la cavalerie hamidiye, le sultan n'a-t-il pas été, jusqu'à un certain point, un apprenti sorcier ?

Pour les musulmans, les réformes signifient l'indépendance de l'Arménie, et celle-ci signifie à son tour pour eux qu'ils vont devoir vivre sous une autorité chrétienne ou connaître le sort qui a frappé depuis un siècle des centaines de milliers de musulmans de Crimée, du Caucase, des Balkans, l'émigration et la perte de leurs terres et de leurs biens. Dans un télégramme envoyé à Istanbul, les musulmans de Diyarbakır menacent : si les réformes viennent à être appliquées, disent-ils, « ils ne reconnaîtront plus l'autorité du sultan ». Les musulmans de l'Anatolie orientale ont le sentiment que le Palais est en train de les abandonner, ils ne se sentent plus protégés par Istanbul. D'une certaine manière, les massacres perpétrés contre les Arméniens constituent aussi un acte de rébellion contre Abdülhamid, accusé d'être devenu un jouet entre les mains des grandes puissances (il y aura d'autres exemples de ce type de rébellion de la province contre Istanbul, à commencer par la révolution jeune-turque de Macédoine en 1908).

Peut-on pourtant exonérer Abdülhamid de toute responsabilité ? On ne peut exclure que, une fois ces violences déclenchées, il les ait laissées faire ou même encouragées en sous-main pour rendre inapplicables sur place les mesures qui lui étaient arrachées à Istanbul par les puissances. La répression brutale qu'il a menée dans le Sasun à l'été 1894 a dû jouer pour légitimer le recours à la violence contre les Arméniens ; on retrouve certains de ceux qui y ont participé un an plus tard parmi les émeutiers des massacres de l'automne 1895. D'autre part, il est clair qu'Abdülhamid éprouve une grande répugnance à faire intervenir la troupe contre les musulmans ; c'est ce qui provoque un désaccord avec Said pacha, au moment de la manifestation de la Sublime Porte et, de la même façon, en Anatolie orientale, il refuse souvent que l'armée soit engagée contre les musulmans ; à Sivas, le gouverneur rassemble des troupes de réserve et des gendarmes pour mâter l'émeute, mais il n'obtient pas l'autorisation de les utiliser pour rétablir l'ordre. Est-ce le signe d'un manque de confiance du sultan dans l'armée (dont, de toute façon, beaucoup d'éléments, officiers, soldats, gendarmes, sont engagés à titre individuel dans les violences) ? Considère-t-il que les forces de l'ordre sur le terrain sont trop faibles ? Craint-il une réaction des Kurdes ?"

Une autre citation de François Georgeon, très liée à ce sujet : Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

jeudi 6 janvier 2011

La place des Arméniens dans les révolutions jeune-turque et kémaliste

Pierre Anmeghian : contributeur du journal jeune-turc Mechveret Supplément Français sous le pseudonyme d'Ottomanus.

Agop Bey Cherbetgian : directeur du journal La Jeune Turquie à Paris.

Bedros Haladjian : juriste, membre du CUP (Comité Union et Progrès), ministre des Travaux publics en 1910 et député d'Istanbul en 1912.

Babiguian Efendi : membre du CUP, député de la ville d'Edirne en 1912.

Artin Bosgezenian : membre du CUP, député de la ville d'Alep en 1912.

Oskan Mardikian : membre du CUP, ministre des Postes en 1913.

Agop Boyacıyan : professeur à l'Université d'Istanbul, un des membres fondateurs de l'association turcologique Türk Derneği.

Andon Tıngır : membre de la Türk Derneği, contributeur de son journal homonyme sur les questions linguistiques.

Bedros Kapamajian : proche du CUP, maire de la ville de Van en 1909, assassiné par le Dachnak en 1912.

Berç Türker Keresteciyan : directeur adjoint, puis directeur général de la Banque ottomane durant la Première Guerre mondiale, président d'honneur de l'Association pour l'Amitié turco-arménienne dans les années 20, député de la ville d'Afyon (1935-1946).

Karabet Devletliyan : personnalité pro-kémaliste.

Agop Dilaçar : né Agop Martayan, linguiste et secrétaire général de l'association Türk Dil Kurumu.

Cemal Paşa (Djemal Pacha), figure majeure de l'arménophilie turque

Cemal Paşa, Hatıralar, Istanbul, Çağdaş Yayınları, 1977, p. 404 :

"Nous préférons davantage les Arméniens, et les révolutionnaires arméniens en particulier, aux Grecs et aux Bulgares. Parce qu'ils sont un élément plus brave et héroïque. Ils ignorent l'hypocrisie. Fidèles à leurs amitiés, fidèles à leurs inimitiés. Surtout, nous avons la conviction que la politique de la Russie est la cause principale de l'hostilité entre les éléments arménien et turc."

Guenter Lewy, The Armenian massacres in Ottoman Turkey : a disputed genocide, Salt Lake City, University of Utah Press, 2005, p. 112-113 :

"En ce qui concerne Djemal Pacha, commandant de la Quatrième armée turque en Syrie et en Palestine et un autre haut dirigeant du CUP, il y a des preuves fiables qu'il a pris des mesures pour prévenir la violence contre les Arméniens et punissait effectivement les transgresseurs. Le consul allemand à Alep, Walter Rossler, rapportait le 1er avril 1915, qu'un décret pris par Djemal Pacha le 29 mars avait interdit aux particuliers de s'ingérer dans les affaires gouvernementales. Tous les musulmans qui attaqueraient un Arménien feraient face à une cour martiale. Plus tard, au cours de cette année, Djemal Pacha prouva qu'il avait l'intention de faire respecter cet ordre. Deux officiers turcs, Cerkez Ahmed et Galatali Halil, furent impliqués dans des atrocités contre des déportés arméniens dans le vilayet de Diarbékir et furent tenus responsables de l'assassinat de deux Arméniens membres du parlement (Krikor Zohrab et Seringulian Vartkes). A la demande de Djemal, ils furent arrêtés au moment où ils entrèrent dans le territoire sous sa juridiction, jugés par une cour martiale à Damas, et condamnés à être pendus.

Il y a d'autres exemples des efforts de Djemal Pacha pour punir les responsables d'atrocités contre les Arméniens. Après que le camp de transit à Islahia (au nord d'Alep) eut été le théâtre d'attaques répétées par les Kurdes et que des femmes et des enfants eurent été tués, Djemal ordonna des mesures sévères contre les coupables ; plusieurs Kurdes attrapés furent pendus. Le 15 février 1916, le consul d'Autriche à Damas, Karl Ranzi, indiqua que grâce à l'intervention de Djemal Pacha un officier de la gendarmerie fut exécuté pour des infractions graves contre l'honneur et les biens des réfugiés arméniens là-bas. Même Dadrian, qui ne fait généralement pas l'éloge des dirigeants du CUP, admet que Djemal Pacha fut l'un des quelques leaders ittihadistes qui "refusaient d'embrasser l'agenda génocidaire secret des hauts dirigeants du parti et quand ils le pouvaient essayaient de résister et de décourager les massacres en découlant". L'autre personne créditée par Dadrian pour un tel rôle est le commandant de la Troisième armée turque, le général Vehib Pacha, qui, en février 1916 a, dit-on, traduit en cour martiale et pendu le commandant d'une unité de gendarmerie et son complice responsables du massacre de deux mille Arméniens dans un bataillon de travail."

Fuat Dündar, Crime of Numbers : The Role of Statistics in the Armenian Question (1878-1918), New Brunswick, Transaction Publishers, 2010, p. 114 :

"Le vrai danger, cependant, consistait dans la majorité arabe dans la région [la Syrie]. C'est dans cette équation ethno-religieuse, une fois que la question de Zeytun et de Dörtyol avait été réglée, que les Arméniens ne constituaient pas un grave problème démographique pour la zone Sud. Parlant de sa stratégie, Cemal Pacha notait : "Les masses nuisibles d'Arméniens en Anatolie se sont transformées en bagatelles inoffensives à Suriye [Syrie]". C'est assez vrai, Haleb [Alep] était un point de passage reliant Istanbul aux pays arabes, et une province où le plus gros problème était sa population arabe et le nationalisme arabe. Les Arméniens qui avaient été déportés d'Anatolie étaient une population utile du point de vue de Cemal Pacha en raison de la majorité démographique arabe dans cette région. En plus de cela, les aptitudes des Arméniens comme artisans et commerçants auraient servi à réduire l'influence économique des Arabes dans la région. Comme Kamuran Gürün l'a également affirmé, Cemal Pacha devait souhaiter "que les Arméniens déportés lui soient remis afin qu'il puisse les installer dans les parties intérieures de Suriye, acquérant ainsi une garantie contre l'extrémisme nationaliste arabe"."

mardi 4 janvier 2011

lundi 3 janvier 2011

Clermont-Ferrand : une famille de réfugiés politiques arméniens risque de se retrouver à la rue



CLERMONT-FERRAND
Réfugiés
lundi 3 janvier 2011 - 06:30
Une famille arménienne, en attente d'asile à Clermont-Ferrand

Rafayel, réfugié arménien, est toujours en attente de l'asile. Même si la demande d'extradition vers Erevan a été rejetée par la France, sa demande tarde à aboutir. Lui et sa famille pourraient se retrouver à la rue d'ici peu.

La rencontre remonte à quelques semaines, dans un bar clermontois. Dans un coin, une famille, tirée à quatre épingles, lui en costume-cravate, elle vêtue d’un épais manteau.

Le fils, Harutyun, blouson de cuir sur le dos, est le seul à parler français. « Un peu, dit-il. Je suis en CAP ». Avec ses parents Rafayel et Nune, il est demandeur d’asile. En France. En 2010.

Si l’on en croit les associations, la réforme du droit d’asile, menée en 2008, ne facilite pas vraiment l’intégration, surtout quand la France comme l’Auvergne font face à un afflux massif de demandeurs. + 84 % en trois ans, sur la région, par exemple (voir notre édition du 28 décembre).

Nombre d’entre eux sont basés à Clermont, où les dossiers sont désormais enregistrés.

Conséquence : peu ou pas de places disponibles dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), et l’embouteillage qui guette, face à la vague de déracinés.

En bout de course, les demandeurs se retrouvent rejetés vers le SAMU social, déjà surchargé. Exactement comme toute la petite famille, qui selon son avocat Laurent Rauzier, « est censée dépendre du 115, à partir du 31 décembre (vendredi dernier, N.D.L.R.) ».

Un coup du sort, auquel ni Harutyun, ni ses parents Rafayel et Nune, n’étaient préparés.

Dans leurs pays, ils font plutôt partie des notables, Rafayel, étant chef d’entreprise et élu national d’opposition, depuis 2004.

D’après ce dernier, ce statut constitue même le déclencheur du drame qui est en train de se nouer.

Depuis 2008, Rafayel est poursuivi dans osn pays pour trafic de drogue. « 8,45 grammes d’opium, explique son avocat. Vous voyez, c’est un grand trafiquant ».

Mais en Arménie, la quantité suffit pour le placer en détention, lui, un opposant assidu au régime en place.


« C’est une machination pour pouvoir me persécuter », dit-il. Il ne serait pas non plus le seul dans ce cas, la présidence de Serge Sargsian étant soumise à caution.

La preuve, en juillet dernier, le Conseil d’État a retiré le pays de la liste des « pays sûrs », ce qui a joué en faveur de Rafayel, qui a vu la demande d’extradition de son pays natal, rejetée par la France, en novembre.

« La seule chose, c’est que nous ne voulons pas vivre à la rue »

Autre conséquence de ce déclassement, la procédure de demande d’asile de la famille, n’est plus classée comme prioritaire, ce qui contrairement aux a priori, est plutôt une bonne chose : la procédure « normale » en cours empêche toute expulsion.

Au niveau humain, par contre, les problèmes sont loin d’être réglés. Jusqu’à la fin décembre, Rafayel, Nune et Hurutyun vivaient « à trois, dans une chambre de 6 m2 », et avec 300 euros par mois, pour toutes ressources.

Pour l’instant, la demande d’asile a été rejetée en première instance par l’Office Français pour les Réfugiés et les Apatrides (OFPRA). Comme près de neuf fois sur dix.

Un appel est en cours devant la Commission nationale du Droit d’Asile (CNDA), mais il faudra attendre « au moins un an », explique Laurent Rauzier.

« D’ici là, poursuit le juriste, même si on a gagné au plan pénal, ils n’ont pas véritablement de statut ».

Malgré tout, reconnaissent Nune et Rafayel, « la France nous a apporté la paix et la tranquillité. Notre fils, qui ne voulait pas aller à l’école à Erevan, y retourne aujourd’hui avec plaisir. La seule chose, c’est que nous ne voulons pas vivre à la rue ».



Sébastien Dubois
Source : http://www.lamontagne.fr/editions_locales/clermont_ferrand/une_famille_armenienne_en_attente_d_asile_a_clermont_ferrand@CARGNjFdJSsBFBIDBB8-.html

Cas déjà mentionné ici.

Le parti Dachnak et le trafic de drogue

Gaïdz Minassian, Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Paris, Autrement, 2007, p. 93 :

"Interdite par les Soviétiques, la FRA a été suspendue en Arménie de 1994 à 1998 par Levon Ter Petrossian pour « atteinte à la sûreté de l'Etat », après le démantèlement d'un réseau de trafiquants de drogue responsable de plusieurs assassinats à Erevan. Réhabilitée par Robert Kotcharian, la FRA a rejoint la coalition gouvernementale en 1999 et adhère à l'Internationale socialiste dont elle est à ce jour le seul parti de la CEI membre à part entière. Elle compte quatre ministres et un groupe parlementaire en Arménie, un « ministre » au Haut-Karabakh (celui des « Affaires étrangères ») et des députés aux Parlements libanais, iranien, syrien et canadien. Proche de la Syrie depuis les accords de Taïf ayant mis fin en 1989 à quinze ans de guerre au Liban, la FRA a cautionné dans les années 1970 et 1980 le terrorisme contre la Turquie commis par les Commandos des justiciers du génocide arménien, devenus l'Armée révolutionnaire arménienne."

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 41 :

"La rupture avec le haïtadisme répond donc à une nécessité : sortir les Arméniens du chaos et de la détresse en renonçant à la reconnaissance du génocide comme priorité. Elle s'effectue en deux temps. D'abord la suspension de la FRA en décembre 1994 pour « atteinte à la sûreté de l'Etat » après le démantèlement d'un réseau de trafiquants de drogue agissant de l'intérieur du parti."

Voir également : Le trafic de drogue et la diaspora arménienne

samedi 1 janvier 2011

"Arménité", "cause arménienne", qu'est-ce que c'est ?

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 29-32 :

"M. Marian propose trois éléments explicatifs du caractère récurrent du phénomène terroriste arménien. Le terrorisme incarne le concept du politique fondé sur le dualisme ami-ennemi. Le concept d'ennemi est partie intégrante, quoique extrême, de la construction du sentiment national arménien. Fidèle à la théorie essentialiste de la politique, l'arménité a été conçue dans l'histoire à partir de la désignation de l'ennemi comme condition de sa véritable existence politique. Mais de tous les éléments adverses diabolisés dans l'inconscient collectif arménien, l'ennemi turc, depuis le génocide, n'a pas d'équivalent dans la chaîne des malheurs. Crimes de l'époque moderne, les tragédies arméniennes commises par les Turcs réveillent des sensations cauchemardesques chez les Arméniens, d'autant plus violentes qu'elles sont toutes restées dans l'impunité, de telle sorte que le catastrophisme, qui constitue la trame identitaire arménienne, est indissociablement rattaché à l'élément turc. On le voit encore aujourd'hui avec la guerre du Haut-Karabakh, où l'Arménien combat l'Azéri assimilé au Turc. La pensée terroriste arménienne trouve là la légitimité morale qui fait défaut à d'autres causes ayant recours à la terreur.

La réduction de la politique au champ clos des violences explique la longévité du terrorisme arménien. Les pages de l'histoire arménienne du XXe siècle sont celles du chaos et de la mort devant plus fort que soi. Si bien que seul le renversement du rapport de force est susceptible de rapprocher les Arméniens de la victoire et de leur procurer les sensations de la grandeur engendrée par la conquête et l'écrasement de l'ennemi. Extrapolation du concept du progrès ou jugement tiré d'expériences macabres, les Arméniens pensent que c'est par le seul usage de la force que le droit progresse et civilise le monde. Mais, ajoute Y. Ternon, « un usage qui arrive en dernier recours, seule alternative au désespoir et à la déréliction » et qui constitue la base, certes controversée, de la légitimité politique du terrorisme arménien.

Enfin, suggère M. Marian, le troisième élément du creuset terroriste réside dans la dramatisation du temps, seul rempart contre l'imminence de la catastrophe. Indissociable des deux premiers éléments, la dramatisation ne reflète pas une prise de conscience du danger d'extinction qui guette les Arméniens, mais une spirale d'irrationalités qui transforme l'irréel en possible et la vie en angoisse absolue, à force de survivre dans l'obsession de cumuler les pertes par les guerres et le génocide par l'assimilation et l'occidentalisation des mœurs. Restera-t-il demain des Arméniens sur terre ? Un demain qui dans la pensée terroriste prend la forme de l'urgence. Telle est la hantise du petit peuple arménien condamné à l'extinction, s'il ne prend pas les devants. Le terrorisme lui propose d'apaiser son impatience, « de dramatiser ses sens pour faire savoir, de provoquer une émotion ».

Voilà le schéma raison-déraison qui s'installe mécaniquement dans l'esprit du terroriste. Celui-ci pense tirer de cette « inversion », comme le dit M. Wieviorka, la source de sa légitimité psychologique que le monde réel ne peut lui concéder. L'Arménien, de surcroît dachnak, glisse facilement dans le terrorisme. Sans doute y a-t-il dans chaque dachnak une part de terroriste qui sommeille. La victimisation de l'arménité enracine la légitimité arménienne qui singularise le terrorisme arménien par rapport aux autres types de violence politique. Et, en ce sens, la FRA et, d'une façon plus large, les Arméniens préfèrent le concept plus noble de résistance ou de lutte armée à celui de terrorisme. Mais peut-on sérieusement parler de légitimité sans être accusé sinon d'apologie de la terreur au moins de sortir d'une réserve de rigueur ? Y a-t-il des terrorismes justes ?

« Il peut y avoir, explique M. Wieviorka, à l'origine des mouvements terroristes [...] une compréhension dans l'opinion publique qui reconnaît une certaine légitimité, un certain sens à l'usage de la violence. Puis, tôt ou tard, ces sentiments plus ou moins bienveillants se détournent en même temps que la violence s'installe, devient de plus en plus meurtrière et aveugle. » Le fossé se creuse et la communication devient impossible entre ceux qui y ont recours et ceux qui en sont affectés. Pour que le climat de sympathie soit maintenu, il faudrait que le terrorisme sache s'arrêter au moment où il faut, prévoir le seuil de tolérance, l'apogée qu'il va falloir atteindre, mais sans aller au-delà, de peur de verser sur l'autre versant, celui de la folie meurtrière et du rejet de la violence par la société. En somme, si le terroriste sait à quel moment frapper sa cible, il doit aussi savoir à quel moment s'arrêter pour garder ce capital de sympathie qu'il a péniblement récolté, sinon il devient « un sacrificateur » selon André Malraux ou « un boucher » selon Roupen Ter Minassian, dirigeant dachnak et ancien ministre de la Défense arménien en 1919.

Même s'il reste encore quelques irréductibles qui refusent d'associer le CJGA à la FRA, il n'y a aujourd'hui aucun doute sur l'identité des membres du CJGA et leur appartenance au réseau dachnak. « Il n'y a peut-être jamais eu un parti révolutionnaire, écrivait M. Varandian à la fin des années 1920, qui ait eu une aussi riche expérience des méthodes terroristes que la Fra [...]. Le Dachnak a produit les caractères les plus forcenés du terrorisme et formé des centaines de maîtres du pistolet, de la bombe et du poignard. » Le terroriste dachnak est un professionnel auquel les bolcheviks ont donné le nom de mauseriste, en référence au revolver allemand Mauser. Pour l'ancien ministre de la Défense R. Ter Minassian, le terroriste dachnak est « l'archange Gabriel auquel on ne saurait s'opposer. Il est invisible et invulnérable ». « Il hait le meurtre, précise Yves Ternon, mais a fait le sacrifice de sa vie. Son acte est ressenti comme une nécessité vitale », morale diraient les dachnaks, car le terroriste a « les mains pures ». Son geste de justicier est une fatalité irréversible. « La décision prise, la victime est déjà tuée, comme si les terroristes dachnaks incarnaient les balles qui doivent la frapper. » Si bien qu'Evan Maxwell en conclut que « when they went to job, somebody usually died »."


Une illustration frappante se trouve certainement dans ce discours particulièrement agressif (apologie plus ou moins assumée du terrorisme arménien que l'on pourrait dire traditionnel) et paranoïaque (M. Minassian a évidemment raison de dire que le Turc tient une place centrale dans la focalisation haineuse de l'activisme communautaire arménien mais pas unique : le Géorgien, l'Arabe, le Russe, l'Européen, etc., ne sont pas loin non plus derrière, si vous écoutez avec attention) d'Ara Toranian, ancien porte-parole de la sanglante organisation terroriste ASALA :



Pour en savoir plus sur l'activisme arménien frénétique, très fluctuant géopolitiquement et rhétoriquement (étant avant tout motivé par une turcophobie obsessionnelle et systématique) : Grossière duplicité de l'activisme arménien

Auvergne : une famille d'exilés arméniens n'est pas reconduite en Arménie

CLERMONT-FERRAND

mardi 28 décembre 2010 - 12:05
L'Auvergne, terre d'exilés

84,33% de hausse en trois ans, contre 26,51 % au niveau national. L'Auvergne est fortement touchée par l'afflux des demandeurs d'asile. Avec, à la clé, de vrais drames humains.

Ils s'appellent Pierre, Jacques et Paul (*) et sont arrivés à Clermont-Ferrand, au milieu de l'été, en provenance du Congo où ils militaient contre le régime de Joseph Kabila.

Elle était journaliste d'investigation en Mongolie. A la suite d'agressions, elle a débarqué en France en janvier 2009. Aujourd'hui, elle dort dans un bureau, en attendant mieux.

Ils s'appellent Rafayel, Nune et Harutyun, ont fui l'Arménie où le père, Rafayel, avait été placé en détention de manière arbitraire pour une sombre affaire de drogue. En novembre, cet ancien élu de l'opposition a vu sa demande d'extradition vers Erevan refusée. Depuis, la petite famille vit à trois, « dans une chambre de six mètres carrés » et risque de retrouver à la rue dans trois jours.

Tous les sept appartiennent à la vague de demandeurs d'asile qui a déferlé sur l'Auvergne depuis 2006. Les chiffres sont impressionnants : + 84 %, alors que l'augmentation au niveau national sur la même période s'établit autour de 26 %. Après une baisse en 2004-2005, on a retrouvé un niveau comparable à celui du début des années 2000, époque de l'immigration tchétchène massive.

Si les demandeurs d'asile sont désormais plutôt Kosovars, Mongols, Arméniens ou Congolais, la tendance reste la même : l'Auvergne est pour eux une terre d'accueil. Pour certains travailleurs sociaux, « il existe un effet d'appel, comparable à celui de l'immigration économique : quand les gens sont bien reçus à un endroit, ils en parlent ».

Problème, aujourd'hui cette hospitalité a du plomb dans l'aile. Avec la régionalisation de la demande d'asile et la mise en place du DNA (dispositif national d'asile) en 2008, « la tâche est de plus en plus compliquée, souligne Emmanuel Bouhier, président de la Cimade 63. On a l'impression que tout est fait pour que ça se passe mal ». Ces difficultés, les histoires de Pierre, Jacques, Altantuya ou Rafayel viennent les confirmer. Aucun d'eux n'a, pour l'instant, obtenu le droit d'asile. Pourtant, les taux d'acceptation de dossiers restent stables : autour de 15 % devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), 25 % en appel devant la commission nationale du droit d'asile (CNDA).

Mais, derrière le rose des chiffres, qui placent la France au deuxième rang mondial des terres d'asile, c'est bien la noirceur de la situation qui saute aux yeux des associations de défense des droits de l'homme. « On se demande même comment on fait pour être deuxième, s'interroge Marie-Luce Pouchard, de la LDH. On a l'impression du plus total arbitraire ». « Certains bons dossiers ne passent pas, d'autres qui le sont moins sont acceptés, ajoute Emmanuel Bouhier. C'est incompréhensible ».

De cette situation naît une incertitude, qui plonge les demandeurs au c?ur de véritables drames humains. Peu de ressources, pas de logement, problèmes de santé et ce doute qui grandit sans cesse. « S'ils le pouvaient, je crois qu'ils repartiraient chez eux », avance Marie-Luce Pouchard. « Je ne m'attendais pas à ça, confirme Pierre, exilé du Congo éprouvé par la faim. C'est comme si j'étais toujours en prison ».

(*) Prénoms modifiés.
Illustration : dessin d'un enfant du centre d'accueil de demandeurs d'asile de Bussières-et-Pruns (Puy-de-Dôme) => lire notre reportage

Sébastien Dubois
Source : http://www.lamontagne.fr/editions_locales/clermont_ferrand/l_auvergne_terre_d_exiles@CARGNjFdJSsBFB0ABxo-.html

Les arrestations arbitraires en Arménie

Document - Arménie. Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements. Figures politiques de l'opposition : Aleksandr Arzoumanian ; Ararat Zurabian ; et des dizaines de militants de l'opposition


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : EUR 54/003/2008 – ÉFAI

19 mars 2008


AU 70/08 Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements


ARMÉNIE Aleksandr Arzoumanian (h) ] figures politiques de l'opposition

Ararat Zurabian (h) ]

et des dizaines de militants de l'opposition



Mardi 10 mars, Aleksandr Arzoumanian et Ararat Zurabian, deux figures politiques de l'opposition, ont été arrêtés dans la capitale Erevan. Des dizaines de militants de l'opposition ont aussi été arrêtés avant et après l'élection présidentielle contestée du 19 février. Tous risquent d'être torturés ou de subir des mauvais traitements ; selon les témoignages recueillis, nombre d'entre eux auraient été roués de coups par la police pendant leur garde à vue. Ils auraient été mis en détention uniquement en raison de leurs convictions politiques.


Aleksandr Arzoumanian et Ararat Zurabian ont été conduits au quartier général des services de la Sécurité nationale à Erevan ; selon des sources gouvernementales, ils ont été inculpés de « complot visant à renverser le gouvernement ». Des mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre d'un certain nombre d'autres figures éminentes de l'opposition qui seraient passées dans la clandestinité.


Aleksandr Arzoumanian a occupé le poste de Premier ministre à la fin des années 1990, sous la présidence de Levon Ter-Petrossian, dont il a dirigé le Q. G. de campagne lors des dernières élections. En mai 2007, Aleksandr Arzoumanian a été arrêté et inculpé de blanchiment d'argent, avant d'être libéré le 6 septembre de la même année, faute de preuves. Ararat Zurabian est le président du bureau directeur du Mouvement national arménien (MNA), l'ancien parti au pouvoir.


Selon les résultats officiels, l'élection présidentielle du 19 février a été remportée par Serge Sarkisian, jusque là Premier ministre et successeur désigné du président sortant Robert Kocharian. Il a obtenu 52,8 p. cent des voix contre 21,5 % pour Levon Ter-Petrossian, son principal rival, arrivé en deuxième position. Levon Ter-Petrossian et ses partisans affirment de leur côté être les vrais vainqueurs de ces élections. Des observateurs internationaux ont affirmé que les élections s'étaient déroulées, dans l'ensemble, conformément aux normes internationales, mais ont noté de nombreuses irrégularités, notamment lors du décompte des voix.


À la suite des élections, les partisans de Levon Ter-Petrossian ont organisé une série ininterrompue de manifestations dans le centre d'Erevan. Le 1er mars au matin, la police a dispersé la foule en faisant, selon de nombreux témoignages, un usage excessif de la force. Huit personnes auraient été tuées et 131 blessées ; la violence s'est, semble-t-il, répandue dans la ville dans les heures qui ont suivi et le président Kocharian a décrété l'état d'urgence. À ce moment précis, Levon Ter-Petrossian était, semble-t-il, placé en résidence surveillée – ce que nient les autorités arméniennes. Les autorités affirment d'autre part que certains manifestants étaient armés, alors que l'opposition ainsi que des militants des droits humains accusent les autorités d'avoir elles-mêmes déposé des armes dans des caches situées place de la Liberté.


L'état d'urgence est assorti de sévères restrictions au travail des reporters ; seuls les communiqués du gouvernement peuvent être publiés par les médias arméniens. Amnesty International a reçu de plusieurs organisations de défense des droits humains des informations selon lesquelles une centaine de militants auraient été arrêtés dans tout le pays. Il y aurait, parmi eux, des membres du MNA de Levon Ter-Petrossian, et en particulier des membres de l'équipe chargée de sa campagne électorale. Des membres du parti Hanrapetutiun (République), autre parti d'opposition, et des fonctionnaires qui auraient refusé de faire des faux témoignages incriminant les militants de l'opposition auraient aussi été arrêtés. Amnesty International a enfin connaissance d'allégations selon lesquelles certaines de ces personnes ont été torturées ou maltraitées.


ACTION RECOMMANDÉE : Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en arménien, en russe, en anglais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous préoccupé de l'arrestation d'Aleksandr Arzoumian et Ararat Zurabian, qui semble n'avoir pour but que de les empêcher d'avoir une activité politique et cherchez à obtenir l'assurance qu'ils ne seront ni torturés ni maltraités ;

- exhortez les autorités à faire en sorte qu'Aleksandr Arzoumian et Ararat Zurabian soient autorisés à contacter librement l'avocat de leur choix ;

- faites part de vos préoccupations concernant les nombreux militants qui seraient détenus sans avoir la possibilité d'entrer en contact avec un avocat ou avec leur famille ;

- faites part de l'inquiétude que vous inspirent les témoignages selon lesquels certaines des personnes arrêtées auraient été torturées et exhortez les autorités à veiller à ce que ces allégations fassent l'objet d'enquêtes rapides et impartiales.
Source : http://www.amnesty.org/en/library/asset/EUR54/003/2008/fr/e26dc725-f66f-11dc-9ede-d1a77e860724/EUR540032008fra.html