samedi 1 janvier 2011

Histoire des Arméniens : la fin de la présence azérie en Arménie

Antoine Constant, L'Azerbaïdjan, Paris, Karthala, 2002, p. 22-23 :

"Avant la dégradation des relations avec l'Arménie, 200 000 Azéris, surtout ruraux, étaient établis dans le Zanguezour, dans la plaine de l'Araxe et autour du lac Göytcha (Sevan), où ils avaient un statut de seconde zone. A la revendication d'intellectuels arméniens de rattacher le Karabagh à l'Arménie, des voix s'élevèrent à Bakou pour réclamer en retour un statut d'autonomie qui protègerait les droits des Azéris dans les districts où ils étaient majoritaires : on évoqua ainsi un territoire autonome du Zanguezour (Sissian, Goris, Ararat, Artachat, Massis, Djermouk, Yereknadzor, Meghri et Kapan) et un territoire autonome du Kara-Koyunlu (Krasnoselsk et Vardenis). Les Azéris étaient également nombreux à Idjevan, Gougark et Amassia (extrême ouest de l'Arménie, frontalier de la région géorgienne d'Akhalkalaki). Un échange forcé et presque complet de population, à l'exception de quelques mariages mixtes des deux côtés, mit un terme à la présence azérie en Arménie vers la fin de la perestroika de Mikhaïl Gorbatchev.

Cette vieille population sédentaire à laquelle se sont agrégées de nombreuses couches de peuplement a longtemps conservé quelques ensembles de semi-nomades : Ayroums dans l'ouest (région de Qazakh), Padars au centre (région de Shemakhi), Shahsevens (frontière iranienne et Nakhitchevan). Pratiquement disparus, quelques clans terekemes vivent encore dans les environs de Kelbadjar avant l'invasion arménienne en 1993. Chassés comme les sédentaires, ils se sont réfugiés sur leurs pâturages d'hiver près d'Agdjabédi."

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Elimination de la minorité azérie au Karabagh

L'agression arménienne contre le Nakhitchevan