mercredi 26 janvier 2011

Le parasitisme des fonctionnaires arméniens de l'Empire byzantin

Gérard Dédéyan, "Les princes arméniens de l'Euphratèse et l'Empire byzantin (fin XIe-milieu XIIe siècle)", in L'Arménie et Byzance : histoire et culture (ouv. col.), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 84-85 :

"Les chefs arméniens, T'oros à Edesse, Gabriel à Mélitène, restaurent les fortifications urbaines ou aménagent les forteresses isolées. Ces travaux, ainsi que l'entretien de troupes soldées, entraînent pour la population de lourdes charges fiscales.

La perception, sans ménagements, de l'impôt dû à Byzance, les exactions infligées à la communauté jacobite, confèrent aux chefs arméniens un réel pouvoir économique. Le cas est particulièrement flagrant pour T'oros le Curopalate dont les trésors excitèrent la convoitise de Baudouin de Boulogne. D'une manière générale, les princes arméniens de la région euphratésienne semblent avoir accumulé dans leurs citadelles ou dans leurs châteaux forts des réserves d'or et d'argent dont l'importance considérable venait du fait que rien, sur les taxes prélevées sur les habitants, et plus particulièrement sur les Syriens jacobites, n'était reversé à l'administration centrale de l'Empire ; à cela s'ajoutaient les trésors d'orfèvrerie constitués aux dépens des couvents jacobites. Le surnom de Gol, « Voleur », donné au prince Vasil, n'est pas usurpé. Fonctionnaires byzantins coupés de Constantinople, les Arméniens en poste sur la frontière orientale de l'Empire se muent souvent en seigneurs-brigands."

Voir également : Le banditisme, une tradition profondément ancrée chez les Arméniens

L'usure arménienne

Les Arméniens et Byzance