samedi 1 janvier 2011

Les arrestations arbitraires en Arménie

Document - Arménie. Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements. Figures politiques de l'opposition : Aleksandr Arzoumanian ; Ararat Zurabian ; et des dizaines de militants de l'opposition


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : EUR 54/003/2008 – ÉFAI

19 mars 2008


AU 70/08 Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements


ARMÉNIE Aleksandr Arzoumanian (h) ] figures politiques de l'opposition

Ararat Zurabian (h) ]

et des dizaines de militants de l'opposition



Mardi 10 mars, Aleksandr Arzoumanian et Ararat Zurabian, deux figures politiques de l'opposition, ont été arrêtés dans la capitale Erevan. Des dizaines de militants de l'opposition ont aussi été arrêtés avant et après l'élection présidentielle contestée du 19 février. Tous risquent d'être torturés ou de subir des mauvais traitements ; selon les témoignages recueillis, nombre d'entre eux auraient été roués de coups par la police pendant leur garde à vue. Ils auraient été mis en détention uniquement en raison de leurs convictions politiques.


Aleksandr Arzoumanian et Ararat Zurabian ont été conduits au quartier général des services de la Sécurité nationale à Erevan ; selon des sources gouvernementales, ils ont été inculpés de « complot visant à renverser le gouvernement ». Des mandats d'arrêt ont été émis à l'encontre d'un certain nombre d'autres figures éminentes de l'opposition qui seraient passées dans la clandestinité.


Aleksandr Arzoumanian a occupé le poste de Premier ministre à la fin des années 1990, sous la présidence de Levon Ter-Petrossian, dont il a dirigé le Q. G. de campagne lors des dernières élections. En mai 2007, Aleksandr Arzoumanian a été arrêté et inculpé de blanchiment d'argent, avant d'être libéré le 6 septembre de la même année, faute de preuves. Ararat Zurabian est le président du bureau directeur du Mouvement national arménien (MNA), l'ancien parti au pouvoir.


Selon les résultats officiels, l'élection présidentielle du 19 février a été remportée par Serge Sarkisian, jusque là Premier ministre et successeur désigné du président sortant Robert Kocharian. Il a obtenu 52,8 p. cent des voix contre 21,5 % pour Levon Ter-Petrossian, son principal rival, arrivé en deuxième position. Levon Ter-Petrossian et ses partisans affirment de leur côté être les vrais vainqueurs de ces élections. Des observateurs internationaux ont affirmé que les élections s'étaient déroulées, dans l'ensemble, conformément aux normes internationales, mais ont noté de nombreuses irrégularités, notamment lors du décompte des voix.


À la suite des élections, les partisans de Levon Ter-Petrossian ont organisé une série ininterrompue de manifestations dans le centre d'Erevan. Le 1er mars au matin, la police a dispersé la foule en faisant, selon de nombreux témoignages, un usage excessif de la force. Huit personnes auraient été tuées et 131 blessées ; la violence s'est, semble-t-il, répandue dans la ville dans les heures qui ont suivi et le président Kocharian a décrété l'état d'urgence. À ce moment précis, Levon Ter-Petrossian était, semble-t-il, placé en résidence surveillée – ce que nient les autorités arméniennes. Les autorités affirment d'autre part que certains manifestants étaient armés, alors que l'opposition ainsi que des militants des droits humains accusent les autorités d'avoir elles-mêmes déposé des armes dans des caches situées place de la Liberté.


L'état d'urgence est assorti de sévères restrictions au travail des reporters ; seuls les communiqués du gouvernement peuvent être publiés par les médias arméniens. Amnesty International a reçu de plusieurs organisations de défense des droits humains des informations selon lesquelles une centaine de militants auraient été arrêtés dans tout le pays. Il y aurait, parmi eux, des membres du MNA de Levon Ter-Petrossian, et en particulier des membres de l'équipe chargée de sa campagne électorale. Des membres du parti Hanrapetutiun (République), autre parti d'opposition, et des fonctionnaires qui auraient refusé de faire des faux témoignages incriminant les militants de l'opposition auraient aussi été arrêtés. Amnesty International a enfin connaissance d'allégations selon lesquelles certaines de ces personnes ont été torturées ou maltraitées.


ACTION RECOMMANDÉE : Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en arménien, en russe, en anglais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous préoccupé de l'arrestation d'Aleksandr Arzoumian et Ararat Zurabian, qui semble n'avoir pour but que de les empêcher d'avoir une activité politique et cherchez à obtenir l'assurance qu'ils ne seront ni torturés ni maltraités ;

- exhortez les autorités à faire en sorte qu'Aleksandr Arzoumian et Ararat Zurabian soient autorisés à contacter librement l'avocat de leur choix ;

- faites part de vos préoccupations concernant les nombreux militants qui seraient détenus sans avoir la possibilité d'entrer en contact avec un avocat ou avec leur famille ;

- faites part de l'inquiétude que vous inspirent les témoignages selon lesquels certaines des personnes arrêtées auraient été torturées et exhortez les autorités à veiller à ce que ces allégations fassent l'objet d'enquêtes rapides et impartiales.
Source : http://www.amnesty.org/en/library/asset/EUR54/003/2008/fr/e26dc725-f66f-11dc-9ede-d1a77e860724/EUR540032008fra.html