samedi 22 janvier 2011

Les racines positivistes du nationalisme révolutionnaire arménien

Fuat Dündar, Crime of Numbers : The Role of Statistics in the Armenian Question (1878-1918), New Brunswick, Transaction Publishers, 2010 :

"Au cours de la période menant à 1894, il y eut un nombre de développements internes importants au sein de la communauté arménienne. En 1885, le parti Armenakan (plus tard fusionné avec le Parti Démocratique Libéral Arménien ou Ramkavar) fut fondé à Van, le parti social-démocrate Hintchak fut fondé à Genève en 1887, le plus important, la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA, connue aussi comme Dashnaktsutiun ou parti Dachnak) fut fondée à Tbilissi en 1890. Ces organisations furent fondées par des intellectuels, la majorité desquels avaient étudié en Russie et en Occident, avaient un point de vue positiviste, et avaient mis au point des programmes qui consistaient à organiser une lutte, y compris la lutte armée, visant à libérer la population arménienne de l'oppression de la part de certains musulmans et de l'appareil d'Etat ottoman. La violence dans la zone géographique [l'Anatolie orientale] est entrée dans une nouvelle phase suite à la création de ces organisations, dont le but était de forcer les autorités ottomanes à mener à bien les réformes qu'elles avaient promises au Congrès de Berlin. Le plus important, leur but était d'attirer l'attention de l'Occident sur la question arménienne par le biais de divers types d'actions modernes et préparées, y compris des insurrections armées et des révoltes générales." (p. 32-33)

"Par ailleurs, l'une des principales raisons des relations étroites entre le CUP [Comité Union et Progrès] et les organisations progressistes arméniennes, en particulier la FRA, avant et immédiatement après la révolution de 1908, était cette perspective positiviste partagée. Les deux organisations convenaient que l'organisation tribale de la société (principalement kurde) était archaïque, et un obstacle au progrès social." (p. 172, note 16)

Voir également : Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens