jeudi 24 février 2011

Le député UMP Jean Marc Roubaud témoigne des pressions du lobby arménien sur les politiciens français

« Une visite présidentielle capitale malgré sa courte durée »
24 February 2011, Thursday / PAULINE HAMMÉ, PARIS

Le député UMP Jean-Marc Roubaud est persuadé que « l’année à venir apportera de bonnes nouvelles par rapport à l’adhésion » de la Turquie « car l’Europe a besoin de croissance. »

Alors que Nicolas Sarkozy était en visite officielle en Turquie le 25 février, Zaman a rencontré le député UMP Jean Marc Roubaud, auteur du rapport de l’Assemblée Nationale sur la Turquie, publié en juillet 2010.


« La visite du président français en Turquie a une importance capitale, en particulier dans le cadre du G20 » soutient enthousiaste Jean-Marc Roubaud. L’assemblée venue écouter le député UMP à la Plateforme de Paris, lors d’un séminaire-débat le 15 février, reste perplexe. La visite de Nicolas Sarkozy ne durera que cinq heures ! Plutôt court pour une visite « capitale. » Mais selon M. Roubaud, « la durée de la visite n’importe pas, on peut se comprendre en une demi-heure et ne pas réussir à s’entendre pendant trois mois. » Et d’ajouter : « On a déjà reproché au président la rapidité de ses déplacements mais c’est son style, on aime ou on aime pas. » Pendant sa visite, Nicolas Sarkozy souhaite aborder les problématiques liées au G20, dont la première réunion s’est ouverte le 18 février à Paris. Cet agenda risque d’éclipser le problème de l’adhésion de la Turquie à l’UE. Mais pour M. Roubaud «comme le G20 traite aussi des questions sociales, les discussions ne seront pas seulement tournées autour des réformes économiques mondiales. » Si cette visite est de la plus haute importance aux yeux du député, c’est parce que la Turquie s’impose désormais comme une puissance émergente. « La diplomatie tous azimuts du gouvernement turc, calquée sur l’activité des entreprises, favorise la croissance économique du pays » soutient-il.  De plus, comme cela est souligné dans le rapport de l’Assemblée Nationale, la Turquie devient un grand « centre énergétique » au coeur des échanges de ressources d’énergie entre l’Est et l’Ouest ce qui en fait un acteur incontournable pour l’UE. D’ailleurs, J-M Roubaud, favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE, est persuadé que « l’année à venir apportera de bonnes nouvelles par rapport à l’adhésion car l’Europe a besoin de croissance. » Cette affirmation est à contre-courant de la position du président Sarkozy qui s’est maintes fois opposé à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

« La politique intérieure influence la position de Sarkozy »

Selon M. Roubaud, si l’adhésion de la Turquie à l’UE a si mauvais presse en France cela n’est pas lié à un problème géographique mais plutôt à des questions de politique intérieure. « Nicolas Sarkozy se positionne par rapport à l’opinion publique française » assure le député. Par ailleurs, pour M. Roubaud, l’action du lobby arménien est le premier responsable de cette crispation. « Le lobby turc n’existe pratiquement pas en France par rapport au lobby arménien. Aux dernières élections, j’ai été assailli  par les associations arméniennes opposées à l’adhésion turque. » « Les arméniens nous font pleurer  toute la sainte année avec le génocide, il faut voir le monde comme il est, pas tel qu’il était » ajoute-il. C’est pour rompre avec « les images du passé » que J-M Roubaud a initié le rapport de l’Assemblée Nationale sur la Turquie. « Après avoir travaillé sur le rapport, les députés français ont changé d’avis sur la question» affirme-t-il. « La Turquie est un pays dynamique, sa jeunesse est moderne, elle peut constituer un modèle pour les pays arabes » conclut M. Roubaud. 
Source : http://fr.zaman.com.tr/fr/newsDetail_getNewsById.action?newsId=4878

Les massacres d'Azerbaïdjanais par les Arméniens, une question portée à l'agenda des députés européens

Azerbaïdjanais massacrés par les arméniens New
Info ajouté par TRT le 2011-02-23 14:31:56

Azerbaïdjanais massacrés par les arméniens


Le massacre des arméniens contre les azerbaïdjanais en 1993 et l'occupation du Haut-Karabagh ont été portés à l'agenda des certains députés participants à la réunion parlementaire mixte Turquie-UE.

Les députés ont affirmé que l'Union européenne pouvait contribuer davantage à la résolution de ces problèmes.

Le représentant bulgare au Parlement européen Metin Kazak a rappelé que le parlement avait fait un appel clair aux parties pour la résolution du problème.

İsmail Ertuğ, représentant de l'Allemagne, a déclaré que ce massacre et cette occupation devraient occuper l'actualité mondiale.
Source : http://www.1info2.com/azerbaidjanais-massacres-par-les-ar-380.html

Livry-Gargan : escroquerie d'un architecte arménien concernant un lycée communautariste arménien ?

Le chantier du lycée arménien bloqué depuis l’été 2008

Sébastien Thomas | Publié le 16.02.2011, 07h00

L’ambassadeur d’Arménie en personne avait fait le déplacement pour la pose de la première pierre du futur lycée arménien de Livry-Gargan. C’était en décembre 2006. En juillet 2008, la structure de l’établissement est sortie de terre, mais depuis, le chantier est arrêté. La raison? Un conflit entre l’Association des dames arméniennes amies des écoles tebrotzassere (Adaaet), gestionnaire du site, et l’architecte sur la construction du bâtiment.

L’affaire devrait se régler devant la justice.
L’Adaaet s’occupe déjà depuis 1928 d’une école privée au Raincy (lire ci-dessous). En 2004, la Fondation Gulbenkian, basée au Portugal, se propose de financer en partie un établissement qui serait le deuxième lycée arménien de France, après celui de Marseille. Le terrain, à Livry-Gargan, avoisine l’école et appartient à l’Union générale arménienne de bienfaisance (Ugab), qui le donne en usufruit.
Les travaux débutent en décembre 2007. Mais six mois plus tard, l’association déchante. « Lors d’une visite de chantier, en juillet 2008, on s’est aperçu qu’il y avait beaucoup de choses qui ne correspondaient pas au permis de construire, explique Jeannine Vartanian, présidente de l’Adaaet. Nous avons donc préféré suspendre le chantier. » Et la responsable de détailler : « Le bâtiment dépassait de 3 m la hauteur prévue, un hall monumental avait été aménagé à la place des bureaux administratifs et, surtout, le lycée était placé bien trop près du garage voisin. »

L’association a déposé un recours contre l’architecte

Selon l’association, une négociation a été menée avec la mairie afin de régler le problème de hauteur, d’où un nouveau permis de construire en février 2010. Mais pour la partie trop proche du garage, il faudrait la raser, ce qui coûterait plus de 320 000 €. Or, le devis de construction du lycée a déjà explosé puisqu’il est passé de 1,7 million d’euros au départ à près de 3,4 millions d’euros.
« L’architecte nous a été imposé par la Fondation Gulbenkian, précise Liyana Cancioglu, conseillère de l’association. Il a fait ce qu’il voulait, nous n’étions jamais consultés. » L’Adaaet a donc déposé un recours contre lui devant le tribunal de grande instance de Paris. « C’est un drame, car l’établissement devait ouvrir en septembre 2008, nous avions fait toutes les démarches pour avoir les enseignants, lâche Anahid Avedissian, vice-présidente de l’association. Et nous ne savons pas du tout quand les travaux pourront reprendre. »
De son côté, Zaven Mouradian, l’architecte du site, conteste toutes ces accusations. « La hauteur était parfaitement respectée et seul un coin du bâtiment fait l’objet d’une démolition, mais on est loin d’une aile entière, se défend-il. S’il y a eu un nouveau permis de construire, ce n’est pas pour rectifier des erreurs mais pour que l’Ugab, propriétaire du terrain, puisse apposer sa signature, ce qui n’avait pas été fait la première fois. » Quant à l’arrêt du chantier, Zaven Mouradian en livre une autre explication : « La Fondation Gulbenkian ne devait financer qu’une partie du lycée et l’Adaaet n’a pas trouvé l’argent nécessaire pour continuer les travaux », défend l’architecte, qui estime, lui, le coût total du chantier à 2,7 millions d’euros.



Le Parisien
Source : http://www.leparisien.fr/livry-gargan-93190/le-chantier-du-lycee-armenien-bloque-depuis-l-ete-2008-16-02-2011-1317464.php

mercredi 23 février 2011

La Talaudière : 7 ans de prison pour le braqueur Ashot Hovanissian

Sept et neuf ans de prison pour le braquage de La Talaudière

Lu 216 fois |

Publié le 23/02/2011 à 00:00

L’avocate générale, Mme Furstoss, avait requis dix ans à l’encontre d’Ashot Hovanissian, et quatorze ans à l’encontre de Nougi Ozdanaev. Des peines qui devaient sanctionner un vol en bande organisée avec arme.


Car ce 6 août 2009, à La Talaudière, les faits commis ne se sont pas limités à un simple vol, comme ont tenté de le faire croire les deux accusés.Le témoignage du bijoutier, hier matin, ne laissait guère de doute : « Je discutais tout à fait normalement avec l’un d’eux, qui m’avait acheté une bague la veille », a-t-il raconté. « L’autre est passé derrière moi, m’a cravaté et fait tomber au sol. Je me suis débattu, le plus costaud m’a maintenu par terre et frappé ». On est loin du simple vol.

D’autant que Nougi Ozdanaev a tiré sur un policier municipal (avec un pistolet à gaz lacrymogène, certes) pour protéger leur fuite. « J’ai cru qu’il avait une arme et qu’il allait s’en servir », a-t-il expliqué.

Le seul doute concerne Ashot Hovanissian : a-t-il simplement fait le guet, comme il l’affirme, ou s’est-il lui aussi servi en bijoux ? « Peu importe », rappelait l’avocate générale. « La bande organisée induit une responsabilité identique, quels que soient les rôles distribués ».

Les avocats de la défense ne l’entendaient pas de cette oreille, évidemment.

M e Florindi-Daurat, pour Ashot Hovanissian, insistait sur sa participation toute relative : « Il a fait le guet et facilité la fuite avec sa voiture. Pas plus ». M e Faure affirmait que Nougi Osdanaev « n’a pas pointé d’arme sur le bijoutier. Et s’il a tiré sur le policier, c’est parce qu’il savait qu’il ne mettait pas sa vie en danger. Il n’a pas de sang sur les mains ».

Tous deux ont insisté sur le parcours atypique des deux accusés : l’un Arménien, l’autre Russe, tous deux réfugiés pour fuir la violence dans leur pays (leurs parents ont été assassinés). Un exil difficile en France, du mal à subvenir à leurs besoins, et les vols pour seule issue. Ils ont aussi lancé un message d’espoir, vu leur jeune âge (25 ans pour Hovanissian, 23 ans pour Ozdanaev) et un entourage familial encore présent pour leur tendre la main. Les jurés les ont manifestement écoutés.

(1) Voir nos éditions d’hier.
Jean-Hugues Allard
Source : http://www.leprogres.fr/loire/2011/02/23/sept-et-neuf-ans-de-prison-pour-le-braquage-de-la-talaudiere

Voir également : Braquage de La Talaudière : les explications peu crédibles de l'Arménien Ashot Hovanissian

mardi 22 février 2011

Kadhafi, l'ami des terroristes arméniens

Kadhafi, l’ami des terroristes
le 22/02/2011 à 00:00

Le colonel Kadhafi a accueilli dans son pays toutes les tendances du terrorisme international.

Les ambitions régionales, voire mondiales, du colonel libyen l’ont rapidement conduit à tendre la main aux mouvements terroristes qui faisaient trembler la planète dans les années 70. Tout le « gratin » de la bombe, du détournement d’avion et de l’assassinat politique a séjourné, à un moment ou un autre, dans les sables libyens. On y trouvait les Irlandais de l’IRA, les Palestiniens d’Arafat ou d’autres factions plus extrémistes. Les Allemands de la bande à Baader ont appris les techniques terroristes avec les Arméniens de l’Asala ou les commandos de l’Armée rouge japonaise.

Non content de leur ouvrir ses frontières, d’habitude très fermées, Kadhafi a aussi financé les mouvements révolutionnaires, au point que les États-Unis ont décidé de réagir. Les affrontements entre les deux pays ont été violents, culminant avec le bombardement de Tripoli destiné à tuer le bouillant colonel en 1986. La fille adoptive de Kadhafi avait péri dans l’attaque. En représailles, un attentat fera trois morts dans une discothèque berlinoise fréquentée par des militaires américains, quelques semaines plus tard.

À deux reprises, les Libyens ont détruit des avions en plein vol. Le premier, un Boeing de la Pan Am, a explosé au-dessus de Lockerbie (Écosse), faisant 270 morts, le 21 décembre 1988. Au mois de septembre suivant, c’était au tour d’un DC-10 d’UTA d’être détruit par une bombe.

Ces actes ont valu à la Libye de faire l’objet, à plusieurs reprises, de sanctions votées par les Nations unies.

le 22/02/2011 à 00:00
Source : http://www.lalsace.fr/actualite/2011/02/22/kadhafi-l-ami-des-terroristes

Il faudrait peut-être aussi se pencher sur les liens du Dachnak avec le régime libyen :

"Pour la première fois, la FRA condamne publiquement les Etats-Unis pour « terrorisme d'Etat » contre la Libye, lors du raid américain sur Tripoli, le 15 avril 1986, qui « ne fait qu'ajouter de la violence à la violence »." (Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 114)

Braquage de La Talaudière : les explications peu crédibles de l'Arménien Ashot Hovanissian

Justice. « Je ne savais pas que j’allais participer à un braquage »

Lu 262 fois |

Publié le 22/02/2011 à 00:00

Mis à jour il y a environ 1 heure

Un Russe, un Arménien et « Gio » l’introuvable : ce sont les trois auteurs présumés du braquage de la bijouterie Martin de La Talaudière, commis le 6 août 2009 au matin. Seuls les deux premiers figurent dans le box des accusés, pour le procès en Assises qui s’est ouvert hier. « Gio », lui, n’a jamais été identifié. Le braquage a été bien préparé : les lieux ont été repérés les jours précédents, différents scénarios ont été élaborés (« le plan A on le vole, le plan B on le braque en lui disant de rester calme, le plan C on le braque avec une arme » dit le Russe), et la fuite a été programmée en direction de l’Espagne.

Pourtant, rien ne va se passer comme prévu : il y a le facteur, d’abord, qui entend les appels au secours du bijoutier alors qu’il passe devant le magasin ; il entrouvre la porte, avant de réaliser ce qui se passe et de s’enfuir. Il y a ensuite ce policier municipal qui patrouille juste à côté et qui, prévenu par le facteur, se lance à la trousse des braqueurs ; l’un d’eux fait usage d’un pistolet à gaz lacrymogène pour le stopper. Il y a enfin ce contrôle des gendarmes, le lendemain dans l’Aveyron, alors que les fuyards roulent à 140 km au lieu de 90 ; la course-poursuite se termine dans un champ de maïs, avec interpellations à la clé. Les bijoux ne seront jamais retrouvés (le préjudice avoisine les 35 000 euros). « Gio », qui n’était pas dans la voiture, non plus.

Le Russe, Nougi Ozdanaev, reconnaît la plupart des faits, même s’il se cherche des excuses : les coups portés au bijoutier, « c’est Gio ». S’il a tiré sur le policier municipal, « c’est parce que je savais que ça ne risquait pas pour sa vie ». S’il a braqué, « c’était pour payer des dettes liées à la drogue ».

L’Arménien, Ashot Hovanissian, nie tout sauf sa présence : « Je les ai emmenés dans ma voiture mais je ne savais pas que j’allais participer à un braquage ». Il dit s’être retrouvé là par hasard. Pourtant, il a bien été vu en train de prendre des bijoux dans le magasin. Et c’est lui qui est au volant et qui refuse le contrôle, le lendemain. Son ex-compagne l’enfonce un peu plus lorsqu’elle déclare aux policiers qu’elle l’avait entendu parler du braquage avec un de ses complices. Déclaration sur laquelle elle est revenue, hier, pour affirmer qu’elle a subi « la pression des policiers » pour pouvoir retrouver au plus vite son enfant. Mais l’homme dont elle est toujours amoureuse aura du mal à faire croire aux jurés qu’il n’est pour rien dans cette histoire. Le verdict est attendu dans la soirée.
Source : http://www.leprogres.fr/faits-divers/2011/02/22/je-ne-savais-pas-que-j-allais-participer-a-un-braquage

Pour rappel : La Talaudière : au moins un Arménien impliqué dans le braquage d'une bijouterie

lundi 21 février 2011

La famille mixte Hambardzumyan est en danger si elle retourne en Arménie

P1827 - DAVID ET SA FAMILLE DOIVENT RESTER EN FRANCE ! David et sa famille sont en danger, s’ils retournent en Arménie


La famille de DAVID doit rester

en France
Une importante menace d’expulsion pèse sur la famille HAMBARDZUMYAN originaire d’Arménie.


Après avoir été déboutée du droit d’asile par l’OFPRA (Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides) le 22 septembre 2009, le préfet du Rhône a refusé  d’accorder une carte de séjour temporaire en qualité de réfugiée à la maman de David.et l’a obligée à quitter le territoire français  par décision en date du 17 juin 2010

Le recours de Madame HAMBARDZUMYAN, a donc été refusé en date du 25 janvier 2011, considérant que l’obligation faite de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Madame HAMBARDZUMYAN, a quitté l’Arménie pour la Russie avec son époux et ses enfants il y a plus de 6 ans, en 2004. Elle ne dispose plus d’attaches dans son pays d’origine.

Madame HAMBARDZUMYAN est rentrée en France le 25 décembre 2008 et ses enfants l’ont rejointe en 2009. Son époux a fait comme elle l’objet d’un refus de titre de séjour.

La maman de David soutient qu’elle est, ainsi que sa famille parfaitement intégrée en France, qu’elle maîtrise la langue française, qu’elle dispose d’un fort réseau amical, que son mari justifie de promesses d’embauche, que ses enfants font preuve de remarquables progrès dans leur scolarité.

David est en effet scolarisé au Lycée Picasso de Givors en 1ère année CAP PRO ELEC, et son investissement, son sérieux et la forte volonté qui l’anime, font de lui un élève exemplaire, qui essaie de se faire une place dans un pays qui doit la lui donner.

Cette famille vit aujourd’hui sans papiers dans des conditions très difficiles avec une grande dignité

Outre l’expérience traumatisante que constitue une expulsion, le retour en Arménie serait pour la famille HAMBARDZUMYAN, un risque grave en raison des menaces et des agressions que son époux a subi du fait de ses origines azéries.
 
David et sa famille sont donc en danger, s’ils retournent en Arménie.


DAVID ET SA FAMILLE DOIVENT RESTER EN FRANCE. !

Monsieur le Préfet, au nom des valeurs humanistes revendiquées par notre pays, nous vous demandons de réexaminer le dossier de la famille HAMBARDZUMYAN et de lui accorder de rester parmi nous !
dimanche 20 février 2011.
Source : http://www.educationsansfrontieres.org/article34547.html

Belgique : des demandeurs d'asile arméniens mêlés à l'incendie d'un centre de rétention ?

Belgique: un centre de rétention en partie incendié par ses occupants

BRUXELLES - Des demandeurs d'asile en colère ont en partie incendié dimanche leur centre de rétention en Belgique et menacé pour certains de se pendre afin de protester contre leurs conditions de vie et les abus commis selon eux par les gardiens, selon les autorités locales.

Une aile de ce centre fermé de Steenokkerzeel, situé près de l'aéroport de Bruxelles dans la banlieue nord-est de la capitale, a été incendiée. Quelques demandeurs d'asile ont été évacués dans la soirée et conduits vers d'autres installations du même type.

"Une aile à laquelle on a mis le feu est inhabitable. Les familles avec enfants peuvent rester. Nous essayons entre autres d'évacuer les personnes qui sont montées sur le toit. On ne sait pas encore combien de personnes devront être replacées", a expliqué dans la soirée le maire de Steenokkerzeel, Karel Servranckx.

Plusieurs des occupants sont montés en effet sur les toits et ont tenté d'escalader les grillages. D'autres ont menacé de se pendre avec leur literie depuis la fenêtre de leur cellule.


Le quartier a été pendant longtemps bouclé par la police, venue en nombre.

Une quarantaine de manifestants se sont aussi rendus en cortège dimanche jusqu'à l'entrée du centre à l'appel d'un comité de soutien aux demandeurs d'asile, "Voix Sans Frontières".

Les demandeurs d'asile dénoncent depuis plusieurs jours leurs conditions de rétention et accusent le service d'ordre de se livrer à des mauvais traitements, physiques et psychiques, contre eux.

Une partie des résidents ont entamé une grève de la faim mercredi en réaction aux mauvais traitements dont aurait été victime en particulier un Egyptien de 18 ans.

Le jeune homme aurait été emmené mardi soir dans une salle d'isolement, où il aurait été frappé par quatre gardiens, selon les protestataires. Les gardiens auraient aussi proféré des menaces à son encontre afin qu'il accepte son expulsion dans le calme et qu'il ne revienne plus jamais en Belgique, selon les protestataires.

Des Arméniens auraient aussi été maltraités après avoir tenté de s'évader.

Devant le centre, les manifestants ont brandi dimanche un calicot proclamant "Droits humains en danger".

"Les hommes politiques se montrent rapides à condamner la violence du régime de Moubarak mais ferment les yeux devant la violence employée par des gardiens belges à l'égard d'un jeune Egyptien", a affirmé un membre du comité de soutien, Axel Wauters.

La Belgique fait face depuis plusieurs mois à un afflux de demandeurs d'asile.

(©AFP / 20 février 2011 22h26)
Source : http://www.romandie.com/infos/news2/110220212600.4v2r0m49.asp

Voir également : Belgique : des Arméniens tentent désespérément de s'évader d'un centre fermé

Violence au sein de la famille arménienne : le cas de Greta Baghdasaryan

Document - Arménie. Violence au sein de la famille en Arménie. Le cas de Greta Baghdasaryan

VIOLENCE AU SEIN DE LA FAMILLE EN ARMÉNIE


LE CAS DE GRETA BAGHDASARYAN



AMNESTY INTERNATIONAL

Document public

EUR 54/007/2008

ÉFAI


Novembre 2008




© Amnesty International




« Je ne connaissais pas les lois. À l'âge de 18 ans j'ai quitté Erevan et j'ai vécu pendant 12 ans dans un village, isolée, et quand je suis revenue à Erevan, je ne savais pas à qui m'adresser. Mes voisins ont vu que j'avais des ecchymoses, mais qui les écoutera maintenant ? Je n'ai jamais pensé que je pouvais demander de l'aide à la police. D'ailleurs, j'aurais eu peur des conséquences. Maintenant je n'ai plus peur de personne car je n'ai rien à perdre […] je veux porter plainte. Mais çà remonte à plusieurs années. Je ne suis pas allée voir la police au début mais uniquement un médecin. Cependant je veux tout de même [engager une action en justice] et qu'il soit poursuivi pour ce qu'il m'a fait. Mais me sera-t-il possible maintenant de prouver que c'est lui le coupable ? J'ai des documents médicaux qui attestent des blessures. Si je peux le prouver, je ne vais pas hésiter à le faire … »



LE CAS DE GRETA BAGHDASARYAN, juillet 2008


Greta Baghdasaryan est née à Erevan, la capitale de l'Arménie. C'est en 1986 qu'elle a rencontré pour la première fois son futur mari. Selon son témoignage, cet homme l'a violée en1989 et elle est tombée enceinte. Afin de garder secrets la grossesse et l'enfant, il l'a conduite chez ses parents dans la région d'Aragatsotn où ils se sont mariés en 1990.


Coups, viols et autres formes de violence sont devenus courants tout au long de sa vie de couple. Lors d'un entretien avec Amnesty International elle s'est souvenue qu'au cours de sa grossesse il l'avait contrainte à marcher longtemps sans eau, la frappant avec une branche « comme une vache ». Elle aurait fait une fausse-couche à la suite de ces coups. Elle a finalement quitté son mari en janvier 2001 après qu'il l'eut frapp é à coups de pelle, lui fracturant le nez et lui causant une commotion cérébrale. Son voisin l'a dissuadée d'appeler la police et elle est retournée à Erevan où vivent ses parents. Elle est allée chez le médecin, qui a relevé les éléments de preuve médicaux sans toutefois rendre compte de sa situation à la police. Ces mauvais traitements l'ont laissée infirme et elle ne peut pas travailler et pourvoir aux besoins de ses enfants.


Elle a maintenant davantage confiance en elle, est plus consciente de ses droits et ne veut pas garder le silence à propos de ce qu'elle a vécu. Elle souhaite aussi que son agresseur soit poursuivi en justice, bien que son avocat actuel qui appartient au Centre Sakharov pour la protection des droits de l'homme, une organisation arménienne non-gouvernementale, estime qu'en vertu de la loi relative aux délais de prescription il ne lui est pas possible d'engager une action devant les tribunaux. Apparemment, les rapports contenant les éléments de preuve médicaux ne sont pas recevables dans le cadre d'une procédure judiciaire.


Ses enfants et elle-même n'ont plus accès à la maison familiale, construite avec l'aide de son père lorsqu'elle vivait avec son mari. Après avoir officiellement divorcé de son mari en 2002, elle a découvert qu'en leur absence il avait fait radier ses deux fils du registre des résidents locaux. Cette mesure a conduit à la violation de certains des droits que leur confère le statut de citoyen arménien, notamment le droit de vote, et les empêche d'accéder au système éducatif, aux services de santé et à la protection sociale. Greta Baghdasaryan a engagé une procédure auprès d'un tribunal local pour demander que la part des biens qui lui revient lui soit restituée et que les noms de ses fils soient réinsérés dans le registre des résidents locaux. Trois demandes ont été rejetées par le tribunal régional d'Ashtarak. Greta Baghdasaryan estime qu'elle a été victime de discriminations lors de ces procédures devant le tribunal local parce qu'elle est considérée comme « une étrangère » par la famille et les amis de son mari qui font partie de l'administration locale.


Amnesty International est préoccupée par la discrimination manifeste exercée contre Greta Baghdasaryan, victime de violences domestique et sexuelle, et par l'absence dans son cas de procédures équitables.L'organisation exhorte les autorités arméniennes concernées à enquêter sur ce qui s'est passé dans cette affaire et à veiller à ce qu'elle obtienne pleinement réparation, notamment une indemnisation, des soins médicaux et que soient prises en sa faveur des mesures de réadaptation psychologique et sociale.



CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE ?


Veuillez écrire aux autorités arméniennes concernées en abordant les points suivants :

- dites-vous préoccupés par la discrimination manifeste exercée contre Greta Baghdasaryan, victime de violences domestiques et de violences sexuelles, lors du partage des biens des époux, et par le fait que, dans cette affaire, la justice n'a pas été rendue avec équité. Faites remarquer qu'en conséquence elle-même et ses enfants se sont vu privés d'un logement adéquat et de leur droit en matière de propriété. Demandez également l'ouverture d'une enquête sur cette affaire ;

- exprimez votre inquiétude concernant le handicap dont souffre Greta Baghdasaryan à la suite des mauvais traitements qui lui auraient été infligés par son mari et qui l'empêche de travailler. Demandez aux autorités de veiller à ce qu'elle-même et ses enfants bénéficient immédiatement de mesures d'assistance et d'un logement adéquats ;

- exhortez les autorités à faire en sorte que Greta Baghdasaryan et toutes les femmes victimes de violences obtiennent pleinement réparation, notamment une indemnisation, des soins médicaux et qu'elles bénéficient de mesures de réadaptation psychologique et sociale, comme le précise la recommandation générale 19 du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et la Recommandation (2002) 5 du Comité des ministres du Conseil de l'Europe ;

- demandez instamment aux autorités de veiller à ce que les enfants de Greta Baghdasaryan retrouvent tous les droits que leur confère leur statut de citoyen arménien, notamment en les réintégrant dans le registre des résidents de leur choix ;

- déplorez le fait qu'en Arménie des milliers de femmes soient régulièrement soumises à des violences au sein de leurs familles, ce qui constitue une violation grave de leurs droits fondamentaux.

- exhortez les autorités à faire en sorte que la lutte contre la violence domestique et le respect par l'Arménie de ses obligations en vertu de la Convention des Nations unies pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes deviennent des priorités.



ENVOYEZ VOS APPELS AU :


1) Premier ministre

Prime Minister Tigran SARGSYAN,

Government Building 1,

Republic Square,

Erevan 375010,

Arménie


2) Procureur

General Prosecutor Avghan HOVSEPYAN,

5 V.Sargsyan Street,

Erevan 0010,

Arménie


Envoyez une copie au :

1) Maire

Village Mayor Hrach Avagyan,

village of Byurakan,

region d'Aragatsotn,

Arménie


2) Préfet

Marzpet (head of the regional administration) G.Gyozalyan,

région d'Aragatsotn,

Arménie

EUR 54/007/2008 - ÉFAI Amnesty International - novembre 2008
Source : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/EUR54/007/2008/fr/bf37010c-a409-4627-b3f6-ca29f5e5913e/eur540072008fra.html

Voir également : Arménie : des femmes souffrent en silence

samedi 19 février 2011

Erevan : la révolution en marche comme au Caire ?

Manifestation à Erevan appelant à suivre l'exemple égyptien

Publié le 18.02.2011, 19h18

Des milliers d'Arméniens sont descendus vendredi dans les rues d'Erevan pour appeler à la démission du gouvernement et à la mobilisation contre le pouvoir sur le modèle des événements d'Egypte. | Vano Shlamov

Des milliers d'Arméniens sont descendus vendredi dans les rues d'Erevan pour appeler à la démission du gouvernement et à la mobilisation contre le pouvoir sur le modèle des événements d'Egypte.
Plus de 5.000 personnes rassemblées dans le centre de la capitale arménienne ont dénoncé l'injustice politique, les conditions sociales difficiles et la hausse de l'inflation dans cette ancienne république soviétique.
"Le mouvement pour le changement du gouvernement qui a commencé au Kirghizstan, en Tunisie et en Egypte se poursuit, tôt ou tard il viendra chez nous, car la situation en Arménie n'est pas meilleure et la haine envers les autorités n'est pas moins forte", a déclaré devant les manifestants l'un des dirigeants d'opposition, l'ex-président arménien Levon Ter-Petrossian.
Cette manifestation intervient, alors que la coalition gouvernementale qui a la majorité au parlement a exprimé jeudi son soutien au président actuel Serge Sarkissian en tant que candidat à sa réélection pour la présidentielle en Arménie en 2013.
M. Sarkissian est cependant très critiqué dans son pays pour l'échec de la normalisation des rapports avec la Turquie, Erevan ayant gelé l'an dernier la ratification des accords prévoyant des relations diplomatiques et la réouverture de leur frontière commune.
Les deux Etats sont divisés par la question des massacres d'Arméniens (1915-1917) sous l'Empire ottoman. Erevan qualifie ces massacres de génocide, un terme que Ankara rejette.
L'opposition reproche aussi à M. Sarkissian des violences meurtrières ayant suivi son élection à la présidence face à son principal concurrent Levon Ter-Petrossian en 2008.
Les manifestations contre sa victoire à la présidentielle avaient alors dégénéré en émeutes et en bataille rangée avec la police et s'étaient soldées par la mort de deux policiers et huit civils ainsi que des dizaines de blessés.
Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/manifestation-a-erevan-appelant-a-suivre-l-exemple-egyptien-18-02-2011-1321713.php

vendredi 18 février 2011

Gaïdz Minassian : "des Arméniens ont tué des Arméniens"

Gaïdz Minassian, conférence sur le thème : "Relations Turquie-Arménie, le tournant, les enjeux, les défis ?", organisée par l'Association pour la Recherche et l'Archivage de la Mémoire Arménienne (A.R.A.M.), Marseille, 16 octobre 2009 :

"(...) ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les Arméniens doivent faire aussi ce devoir de mémoire. Allez, travail de mémoire. Regardez, l'Arménie, c'est un Etat depuis 1918, à la fois une république de 18 à 20, une république soviétique, une république indépendante aujourd'hui post-soviétique. Il y a eu des morts à chaque fois, des Arméniens qui ont tué des Arméniens. Il faut le dire. Qui rendait compte à nous tous ici ? Qui rendait compte aux Arméniens qui sont morts ? On peut se cacher derrière Hitler, on peut se cacher derrière Staline, on peut se cacher derrière la Perestroïka. Il y a un moment donné il faut poser des vraies questions, et c'est comme ça qu'on avance. On ne peut pas demander uniquement à la Turquie d'avancer en disant : "faites votre travail de mémoire", et arrivé aux Arméniens dire : "ah ben non". Bien entendu le premier geste doit venir de la Turquie sur le génocide, là-dessus il n'y a rien à dire. Mais les Arméniens doivent faire aussi ce travail, pour avancer, pour eux-mêmes, pour sortir de cet obscurantisme qui les empêche d'avancer, pour sortir de cet aveuglement qui les empêche de discuter entre eux. Et pourquoi ils ne discutent pas entre eux ? Parce qu'il n'y a pas de tradition d'Etat. (...) Non, non, pas uniquement soviétique [la tradition expliquant cet état de fait] parce qu'il y a aussi l'identité caucasienne qui est là, chez les Arméniens d'Arménie, l'identité orientale qui est là, chez les Arméniens et d'Arménie et du Proche-Orient. Et nous ici en France ou aux Etats-Unis, nous sommes des Occidentaux, nous sommes des démocrates, nous sommes des citoyens, nous sommes des libéraux, etc. Mais ça ne veut pas dire que sous prétexte qu'on est de diaspora on est forcément démocrate. ça c'est important aussi. Les Arméniens en Arménie ont besoin de démocratie, les Arméniens en diaspora ont aussi besoin de démocratie, pour leur propre jeu politique. Et ça c'est important."

Source :


Relations Turquie Arménie : conférence de Gaïdz Minassian #3
envoyé par assoaram. - L'actualité du moment en vidéo.

Voir également, du même politologue : "Arménité", "cause arménienne", qu'est-ce que c'est ?

L'"historien" Gérard Chaliand avait déjà évoqué les conséquences de cette absence de tradition étatique.

Belgique : une famille de réfugiés politiques arméniens menacée d'expulsion à Hélécine



    * Mise à jour : jeudi 17 février 2011 07h58

HELECINE
Hélécine : une famille menacée d'expulsion

    * Source: L Avenir
    * Marc WELSCH

HÉLÉCINE - Les Margaryan sont des réfugiés politiques arméniens. Ils ont reçu leurs avis d'expulsion sans en comprendre l'exacte motivation.

«Jamais je n'aurais imaginé que prendre des photos auraient pu compromettre la vie de ma famille.» Voilà ce qui ronge les sangs de Vahag Margaryan, un Arménien de 38 ans, arrivé en Belgique en mai 2008 après avoir transité deux mois à Moscou avec toute sa famille.

Que lui est-il arrivé ? «Début 2008, raconte-t-il, au cours d'une manifestation à Erevan, la capitale de l'Arménie, j'ai assisté à une bavure policière. Un homme a été tué. Alors, un peu naïvement, j'ai pris des photos avec mon GSM. Photos sur lesquelles il est visible que la personne sans vie ne possède aucune arme, au contraire de ce que prétendait la version officielle.» Immédiatement repéré par les services secrets, il n'a cessé d'être harcelé. «Pressions diverses et menaces ont suivi, continue Vahag. Finalement, craignant pour ma sécurité et celle de ma famille, j'ai préféré m'en aller. Nous avons tout laissé tout derrière nous, nos métiers (il est joaillier et son épouse est comédienne) et tous nos avoirs.» Destination : la Belgique, où son épouse Lucine, 29 ans, possède des liens familiaux, son papa habitant Dinant. Il est, lui aussi, réfugié politique.

Installés dans un logement du CPAS à Hélécine, les Margaryan ont cherché à s'intégrer le mieux possible. Lucine et Vahag suivent chaque matin des cours de français à Hannut. Leur aîné, Vardan, 8 ans, est en 3e année à l'école communale d'Hélécine. Un garçon intelligent qui maîtrise déjà mieux notre langue que ses parents.

«Je parle aussi l'arménien et un peu le russe, lance fièrement le gamin. Et puis, je suis choriste à l'académie de musique de Jodoigne. Et je fais aussi du jiu-jitsu avec mes copains au hall d'Hélécine.» Il y a aussi le petit David, 1 an, qui est né en Belgique et sourit à tout ce qui bouge, loin d'imaginer ce que vivent ses parents.

«Mon mari et moi, raconte Lucine, nous sommes en situation de stress permanent. J'ai du psoriasis depuis que nous avons quitté l'Arménie. Vahag, lui, ne demanderait pas mieux que de retourner dans son pays, mais il se rend compte que c'est impossible. Il n'arrête pas de se poser des questions. En plus, on ne comprend rien à ce qui nous arrive.» Et d'expliquer que le 11 janvier dernier, les Margaryan ont appris qu'ils ne seraient pas reconnus réfugiés politiques. Il leur restait un mois pour introduire un recours.

Sauf que, le 24 janvier, ils ont reçu leur avis d'expulsion.

«On n'y comprend plus rien, dit Lucine. On ne sait pas à quoi il faut s'attendre. Oui, c'est dur. Si seulement nos enfants pouvaient ne pas vivre ce que nous vivons.»
Source : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39385369

jeudi 17 février 2011

Los Angeles : vaste coup de filet contre le gang "Armenian Power" (sic)

L.A. : Raid de la police contre le gang “Armenia Power”

Par Benoîte Juneaux | 17/02/2011 | Catégorie: Humeur du Jour, Local, Los Angeles, Slideshow, Société

Soixante-quatorze membres du gang Armenian Power ont été mis aujourd’hui en examen pour fraude à Glendale. Douze nouveaux  membres présumés viennent également d’être arrêtés.

Vingt millions de dollars. C’est la somme totale escroquée par le gang Armenian Power. Soixante-quatorze de ses membres ont été inculpés ce matin à Glendale, en Californie. D’après les autorités, les malfaiteurs encourent des peines allant d’un an d’emprisonnement à la perpétuité. Arnaque bancaire, piratage, violence, kidnapping et meurtre : en l’espace de vingt ans, la mafia arménienne a infiltré tous les niveaux du crime organisé.

Les truands ont d’abord mis en place une arnaque à la carte bancaire dans une douzaine de magasins 99 Cent Only de la région. Grâce à un système sophistiqué de filtrage, ils sont parvenus à récupérer les numéros de compte des clients. Au total, deux millions de dollars auraient été subtilisés.

Mais le Armenian Power n’en est pas à son premier fait d’armes. Le gang est aussi accusé de piratage bancaire. Il aurait agit avec l’aide des gangs de rue afro-américains de Los Angeles. Les victimes, souvent âgées, ont ainsi été dérobées de plus de 10 millions de dollars.

Certains membres du Armenian Power sont également impliqués dans des affaires de meurtres. Selon Andre Birotte Jr,  procureur à la Cour fédérale de Californie, les malfaiteurs avaient pris l’habitude de recourir à la violence pour mener à bien leurs arnaques. « La  violence, et bien souvent le crime, constituent le dominateur commun de tous ces accusés, peu importe le délit commis. Chacun d’entre eux est prêt à tuer pour de l’argent », a-t-il expliqué au « Los Angeles Times ». Pour preuve : le kidnapping d’un homme d’affaire de Glendale. Le gang avait alors réclamé 500 000 dollars de rançon contre la vie du businessman. « Ils sont prêts à tout pour répandre la peur dans leur communauté et arriver à leurs fins », ajoute le procureur.

Cette condamnation couronne deux années d’enquête intensive. L’opération, renommée Power Outage, a impliqué plus de mille agents de police. Les autorités ont, dans un premier temps, passé les villes de Glendale, Burbank et East Hollywood au peigne fin avant d’enquêter dans le reste du pays. Une nouvelle arrestation a d’ailleurs eu lieu ce matin à Glendale, deuxième plus grand foyer arménien au monde. Douze membres présumés du Armenian Power ont alors été mis sous les verrous pour une affaire de racket.

Apparu dans les années 1990 à Los Angeles, le Armenian Power est un gang de rue très virulent. Ces membres sont issus de la communauté arménienne, installée dans la banlieue de Los Angeles depuis les années 1980. D’après la police, 200 personnes sont supposées appartenir à ce groupuscule. Une centaine courent encore dans la nature.

Crédits photo : The Washington Post, The Los Angeles Times
Source : http://franceusamedia.com/2011/02/la-raid-de-la-police-contre-le-gang-armenia-power/

mercredi 16 février 2011

L'Arménie en 2010 : la persistance de l'impunité pour les atteintes aux droits humains

    * Arménie - Rapport 2010 d'Amnesty International

Arménie - Rapport 2010 d'Amnesty International
Les droits humains en RÉPUBLIQUE D'ARMÉNIE


L’année a été marquée par la persistance de
l’impunité pour les atteintes aux droits humains. La liberté d’expression a fait l’objet de restrictions et des journalistes ont été agressés. Décrétée en mars 2008 pendant l’état d’urgence, l’interdiction de manifester dans le centre de la capitale, Erevan, est demeurée en vigueur. Les dispositions visant à protéger les femmes et les jeunes filles contre la violence étaient loin de satisfaire aux normes internationales.
Le gouvernement n’a proposé aucune véritable option de remplacement du service militaire.
Contexte

Le 19 juin, l’Assemblée nationale a amnistié des militants de l’opposition qui avaient été emprisonnés dans le cadre des événements de mars 2008 à Erevan. L’amnistie s’est appliquée aux personnes non accusées de crimes de sang et condamnées à moins de cinq ans d’emprisonnement. Celles qui ne tombaient pas sous le coup de l’amnistie ont vu la durée de leur peine réduite de moitié. Les 1er et 2 mars 2008, des manifestations violentes avaient eu lieu à Erevan pour dénoncer les résultats du scrutin présidentiel du 19 février, qui s’était soldé par la défaite du candidat d’opposition Levon Ter Petrossian face au président sortant Serge Sarkissian.

Les négociations avec l’Azerbaïdjan au sujet du Haut-Karabakh ont quelque peu progressé ; ce territoire litigieux enclavé en Azerbaïdjan est essentiellement peuplé d’Arméniens de souche et a fait sécession après le conflit armé de 1990. Le 2 novembre, à l’issue de discussions qui se sont déroulées à Moscou, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé un accord visant à régler leur contentieux dans le respect du droit international.
Violences contre les femmes et les filles

Dans ses observations finales publiées en février, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] s’est dit inquiet de l’absence de lois spécifiques sur les violences domestiques et de l’inexistence d’institutions gouvernementales compétentes en la matière. Le Comité a demandé aux autorités d’« adopter sans tarder une loi sur la violence familiale à l’encontre des femmes » et d’ouvrir des foyers d’accueil en nombre suffisant.

Les autorités ont travaillé sur un avant-projet de loi en la matière, mais aucun texte n’avait été soumis au Parlement à la fin de l’année. En 2009, une seule structure, gérée par le Centre pour les droits des femmes, était en mesure d’accueillir les victimes de violences au foyer.
Impunité

En octobre, quatre policiers ont été inculpés de recours à la force contre des civils durant les manifestations du 1er mars 2008. À la fin de l’année, aucune enquête indépendante n’avait été menée sur ces faits supposés. La commission parlementaire créée en juin 2008 pour enquêter sur cette affaire n’a pas été en mesure de le faire car l’opposition a refusé d’y participer. Un autre groupe, chargé d’établir les faits et composé de représentants de diverses formations politiques et du médiateur, a été dissous par décret présidentiel en juin 2009, avant d’avoir pu commencer ses travaux.

    * Dans l’affaire concernant Mikael Danielian, un défenseur des droits humains victime d’une agression par arme à feu, les poursuites ont été abandonnées en mai au motif que l’auteur du coup de feu aurait agi en état de légitime défense. En mai 2008, un ancien dirigeant du Parti progressiste arménien, progouvernemental, avait tiré sur Mikael Danielian à bout portant avec un pistolet à air comprimé. Des groupes de défenseurs des droits humains ont déploré que certains témoignages clés n’aient pas été pris en considération par l’accusation. Mikael Danielian a fait appel du jugement, mais la Cour d’appel ne s’était pas encore prononcée à la fin de l’année.

Liberté d’expression

    * Le 30 avril, l’avocat et journaliste Arguichti Kiviryan a été roué de coups de bâton devant chez lui, à Erevan, par des individus non identifiés. Ses agresseurs auraient ensuite tenté de l’abattre. Le représentant pour la liberté des médias de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a demandé aux autorités de mener des investigations sur les faits et s’est déclaré préoccupé par le défaut d’enquêtes sur les agressions violentes visant des journalistes, qui contribuait à créer un climat d’impunité. À la fin de l’année, le procès de deux suspects qui avaient été placés en détention au mois de juillet n’était pas terminé.

Discrimination – témoins de Jéhovah

Le service civil de remplacement de la conscription continuait d’être contrôlé par l’armée. Obligés de porter l’uniforme militaire, les objecteurs de conscience étaient sous les ordres du procureur militaire et n’avaient pas le droit d’organiser des réunions de prière. Au 1er novembre, 71 témoins de Jéhovah purgeaient des peines allant de 24 à 36 mois d’emprisonnement parce qu’ils avaient refusé d’effectuer leur service militaire pour des raisons de conscience.

En octobre, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que la condamnation de Vahan Bayatyan à deux ans et demi d’emprisonnement pour refus d’accomplir son devoir militaire pour raisons religieuses ne constituait pas une violation du droit à la liberté de conscience et de religion. La Cour a considéré que le droit à l’objection de conscience n’était garanti par aucun article de la Convention européenne des droits de l’homme. Exprimant une opinion dissidente, une des juges a déclaré que l’arrêt ne reflétait pas le fait que le droit à l’objection de conscience était reconnu presque universellement comme une composante fondamentale du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Vahan Bayatyan a fait appel du jugement auprès de la Grande Chambre.
Source : http://www.amnesty.org/fr/region/armenia/report-2010

Wikileaks : les diplomates américains jettent un regard sans concession sur la clique dirigeante arménienne

Thursday, February 10th, 2011

Leaked US Cables Criticize Mafia Lifestyle of Armenia’s Ruling Class

YEREVAN (RFER/RL)–The U.S. State Department has refused to comment on the veracity of newly published documents that show top American diplomats in Yerevan criticizing the state of affairs in Armenia.

A Russian whistle-blowing website, which claims to be a partner of WikiLeaks, published this week what it called cables sent to Washington by U.S. Ambassador Marie Yovanovitch and her former deputy, Joseph Pennington.

Yovanovitch purportedly analyzed a spate of high-profile killings and other violent incidents that happened in Armenia in October 2009. In one of those incidents, a nephew of President Serzh Sarkisian reportedly beat up and badly injured a man at a Yerevan nightclub.
The cable attributed to Yovanovitch says violence perpetrated by senior Armenian officials, government-linked businessmen and their relatives appears to have become the norm in the country. There is a widespread sense of impunity among such individuals, she allegedly wrote.

Another purported cable was sent to Washington by Pennington in April 2008 and focused on emigration from Armenia. The diplomat, who was the U.S. charge d’affaires in Yerevan at the time, allegedly suggested that the process accelerated after the February 2008 presidential election and the ensuing government crackdown on the Armenian opposition.

More and more middle-class Armenians are losing faith in their country’s future, he said, according to the Russian website.

The U.S. Embassy in Yerevan on Wednesday declined to say whether the documents are authentic. In a statement sent to RFE/RL’s Armenian service, it said only that U.S. diplomatic cables often carry “tentative and incomplete” assessments of the situation in a particular country and do not necessarily reflect U.S. foreign policy.

The statement also reiterated the State Department’s strong condemnation of the disclosure by WikiLeaks and other news sources of its secret diplomatic correspondence.
Source : http://asbarez.com/93250/leaked-us-cables-criticize-mafia-lifestyle-of-armenias-ruling-class/

La Talaudière : au moins un Arménien impliqué dans le braquage d'une bijouterie

"21 au 23 février : jugés pour le braquage de la bijouterie Martin

Le 6 août 2009, trois individus braquent la bijouterie Martin à La Talaudière. Ils ligotent le gérant avant de faire main basse sur des bijoux. Dans leur fuite, l’un d’eux tire sur un policier municipal avec un pistolet à gaz lacrymogène. Deux d’entre eux seront interpellés le lendemain dans l’Aveyron. Il s’agit d’Ashot Hovanissian et de Nougi Ozdanaev. Le premier, ressortissant arménien, sera défendu par M e Laurence Florindi-Daurat ; le second, Russe, par M e Alain Faure. L’accusation sera représentée par Mme Furstoss, et les parties civiles par M e Pierre-Henry Fournier et M e Françoise Bouthier."

Source : http://www.leprogres.fr/fr/region/la-loire/loire/article/4631714/Le-boulanger-accuse-de-meurtre-devant-la-cour-d-assises-de-la-Loire.html

mardi 15 février 2011

Belgique : des Arméniens tentent désespérément de s'évader d'un centre fermé

Tentative d'evasion au 127bis la nuit passée (12 au 13/02/2010)

Publié: Sunday 13 February 2011 17:19 par Kput | Share
Mots-clés: local liberté_de_circulation révoltes\luttes_sociales répression\contrôle_social sans-papiers\zonder-papieren

Tentative d'evasion de quelques Armeniens la nuit passée au centre fermé 127bis à Steenokerzeel. aujourd'hui tous les détenus seraient punis.

La nuit passée, tentative d'evasion de quelques détenus armeniens au centre fermé 127bis à Steenokerzeel. Ils ont brisé une fenêtre et ont tenté de s'évader mais malheureusement les matons ont pu les arrêter.

Aujourd'hui tous les détenus seraient punis et n'auraient plus accès à leurs "chambres" (traduction novlangue de cellules...).

Feu aux centres fermés,

No Border, No Nation, Stop Deportations !
Source : http://bxl.indymedia.org/articles/1072

Les réfugiés arméniens eux-mêmes le disent : "l'Arménie est dangereuse pour nous"



Accueil > Société - Rouen
Rester à tout prix

Publié le lundi 14 février 2011 à 10H11

SANS-PAPIERS. La famille Kaloian est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Les soutiens s'organisent.

Pour Mamiko et ses deux filles, « l'Arménie est dangereuse pour nous »
Source : http://www.paris-normandie.fr/article/societe/rester-a-tout-prix

Arménie : manifestations prévues contre le gouvernement autoritaire et incapable de Sarkissian

Manifestations en Arménie New
Info ajouté par TRT le 2011-02-15 15:15:43

Manifestations en Arménie


Un meeting sera organisé en Arménie pour réclamer la démission du gouvernement et la tenue d'élections anticipées.


Le meeting qui sera organisé le 18 février par le Congrès national arménien, lancera un appel à des élections anticipées et à la démission du gouvernement.

La modification des résultats électoraux, la pression exercée à la classe moyenne de la société et les hausses de prix non maîtrisées par le gouvernement, seront soulignées pendant le meeting.


Le premier président de l'Arménie et le leader du Congrès national arménien, Levon Ter-Petrossian, prononcera un discours pendant le meeting, suite auquel une manifestation sera organisée par le Congrès.
Source : http://www.1info2.com/manifestations-en-armenie-353.html

Pour rappel : Arménie : l'opposition au régime bananier s'inspire de la révolte égyptienne

Souhaitons aux démocrates arméniens de connaître le succès de leurs alter ego tunisiens et égyptiens.

Lancement de la construction de l'oléoduc entre le régime bananier arménien et la République islamique d'Iran

Lancement de la construction de l'oléoduc entre l'Arménie et l'Iran en 2011

MOSCOU - La construction d'un oléoduc reliant l'Iran à l'Arménie, qui devait initialement débuter à l'été 2009, va être lancée cette année, a déclaré lundi le ministre arménien de l'Energie, Armen Movsissian.

"Nous allons résoudre les problèmes liés au prix du carburant, aux paramètres techniques et aux sources de financement d'ici la fin de l'année, et nous pourrons commencer la construction", a déclaré M. Movsissian.

Cet oléoduc long de 365 kilomètres, dont la construction devait commencer à l'été 2009, reliera la ville iranienne de Tabriz à Eraskh, en Arménie.

Il doit permettre à cette ancienne république soviétique de diversifier ses fournisseurs d'énergie, en particulier après la guerre russo-géorgienne en août 2008, qui a perturbé son approvisionnement en hydrocarbures.

"L'oléoduc permettra au pays de disposer d'importations stables de carburant", a souligné le ministre.

En 2007, l'Arménie et l'Iran avaient inauguré un gazoduc destiné à acheminer 36 millions de mètres cubes de gaz d'Iran en Arménie pendant 20 ans.

Erevan a renforcé ses liens avec Téhéran après le blocus économique imposé par les pays voisins, l'Azerbaïdjan et la Turquie, en raison du conflit sur la région du Nagorny-Karabakh.

Ce rapprochement irrite l'Azerbaïdjan, qui comme l'Iran est un pays à majorité chiite. Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont eu lieu devant l'ambassade iranienne à Bakou pour exiger que Téhéran mette fin à sa coopération avec Erevan.

(©AFP / 15 février 2011 16h45)
Source : http://www.romandie.com/ats/news/110215154544.qkkct18e.asp

Pour rappel : Les satrapes arméniens et iraniens conviennent de construire un oléoduc

Liban : deux Arméniens dans le gouvernement mis en place sous la pression du Hezbollah ?

lundi 14 février 2011

Le saviez-vous ? Comment la "Grande Arménie" s'est vidée de ses Arméniens au cours des siècles

N'en déplaise aux propagandistes nationalitaires arméniens, les dits territoires de la "Grande Arménie" (Anatolie orientale et une partie du Sud-Caucase) se sont largement et continuellement dépeuplés au cours des siècles pour de multiples raisons, et non pas à cause d'une politique de destruction délibérée de la part des sultans ottomans comme ils voudraient le faire croire. Détaillons les causes successives de ce dépeuplement arménien.

La dispersion diasporique volontaire dès le haut Moyen Age :

"Les Arméniens sont depuis le haut Moyen Age un peuple de diaspora." (Alexandre Bennigsen, "Le détonateur caucasien", L'autre Europe, n° 20, 1989, p. 22)

La déportation par l'empereur byzantin Maurice vers les Balkans (VIe siècle) :

"Des milliers d'Arméniens sont déportés par l'empereur byzantin Maurice (582-602) vers la Bulgarie, à Philippopolis (Plovdiv)." (Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau, Atlas des diasporas, Paris, Odile Jacob, 1991, p. 76)

L'exode vers la Cilicie consécutif à la conquête arabe (VIIe siècle) :


"Si les alliances avec l'Arménie procurèrent temporairement à l'Empire [byzantin] des contingents arméniens, les annexions mirent à sa disposition, de façon permanente, les troupes et les chefs traditionnels de ces provinces érigées en thèmes. Il y eut, de plus, des migrations, dues à l'oppression arabe en Arménie, en particulier au tournant du IXe siècle : en 909 et dans les années suivantes, « l'Arménie devint un désert et un amas de ruines ; ses villes furent détruites, ses bourgs désolés, ses habitants furent dispersés chez des nations étrangères, parlant d'autres langues [...] ; le catholicos lui-même, le seigneur Hovhannês, fut forcé de chercher refuge sur le territoire appartenant aux Grecs [...], dans le district de Taranaghik », au couvent de Garnik. Sous Léon VI le Sage également, Mélias et ses compagnons quittent l'Arménie occidentale, mise à sac par les Arabes, pour chercher fortune en terre d'Empire." (Gérard Dédéyan, "Reconquête territoriale et immigration arménienne dans l'aire cilicienne sous les empereurs macédoniens (de 867 à 1028)", in Michel Balard et Alain Ducellier (dir.), Migrations et diasporas méditerranéennes (Xe-XVIe siècles), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, p. 22)

Les massacres massifs par les Byzantins dans le contexte des guerres arabo-byzantines (VIIe siècle) :

"Vers 655 les Arabes prirent Garin [Erzurum], provoquant une réaction des Byzantins contre les Arméniens (!). Arabes et Grecs pillèrent, violèrent, brûlèrent, massacrèrent les civils. Les exactions sur la population arménienne furent, la plupart du temps, commencées par les Byzantins et continuées par les Arabes, en guise de représailles." (Albert Khazinedjian, L'Eglise arménienne dans l'œcuménisme : des suites du Concile de Chalcédoine à nos jours, Paris, L'Harmattan, 2002, p. 59)

La déportation par l'empereur byzantin Constantin V vers les Balkans (VIIIe siècle) :

"L'avance arabe en Asie Mineure se caractérisait par des raids profonds, mais ponctuels et séparés par de longues périodes de trêve qui permettaient une reconstruction au moins provisoire. La progression byzantine est extrêmement lente : la même région est, durant des années, le théâtre des opérations. Un dépeuplement accentué précède et même, parfois, suit, l'avancée des armées byzantines : fuite pour échapper à la famine devant la destruction des récoltes ; déportation des populations fraîchement rechristianisées et jugées peu sûres ; expulsion des musulmans qui refusent de se convertir. Ainsi Constantin V fait peupler les places fortes de Thrace par des Syriens et Arméniens qu'il a raflés autour de Mélitène et Théodosioupolis en 752." (Michel Kaplan, Les Hommes et la terre à Byzance du VIe au XIe siècle. Propriété et exploitation du sol, Paris, Publications de la Sorbonne, 1992, p. 448)

L'installation en Cilicie (dépeuplée par la dévastation menée par Nicéphore II Phocas au Xe siècle) et en Cappadoce organisée par les Byzantins (Xe-XIe siècles) :

"Mais l'émigration arménienne atteignit son apogée entre 963 et 1025, sous les règnes de Nicéphore Phokas, Jean Tzimiskès et Basile II. Trois siècles après « l'épopée byzantine », mais sans doute d'après des sources arabes antérieures, le maphrian (vicaire pour les diocèses jacobites de l'Est) syriaque Aboû l-Farâdj écrit, à propos du règne de Nicéphore Phokas: « A cette époque, les Romains l'emportaient sur les Arabes, faisant des captifs et du butin, et parvenaient jusqu'à la Grande Arménie, puis s'en allaient. Alors les Arméniens, craignant que les Arabes ne se vengeassent sur eux du fait qu'ils étaient chrétiens, refluèrent vers la frontière romaine ». Michel le Syrien, patriarche jacobite de la fin du XIIe siècle, suggère une émigration moins spontanée: « A l'époque où les Grecs enlevèrent des villes aux Arabes en Cappadoce, en Arménie et en Syrie, ils tirèrent et amenèrent de la Grande Arménie une foule de peuples. Ceux-ci se fixèrent en ces lieux et se multiplièrent ».

De ces textes, il ressort que, à la suite des campagnes byzantines contre les émirats arabes de l'Arménie, une partie de la population suivit les armées grecques à leur retour en terre d'Empire, soit parce que ces Arméniens étaient trop compromis avec les Grecs, soit que ces derniers eussent mis en œuvre leur traditionnelle politique de déportation." (Gérard Dédéyan, op. cit., p. 22-23)

"Il faudra attendre 934 pour que les Byzantins soient définitivement maîtres de Mélitène ; pendant près de deux siècles, toute cette zone fut donc l'objet de luttes incessantes et dévastatrices. La destruction de l'Etat paulicien par Basile Ier aboutit également à la quasi-désertification de toute une région. De la même façon, un peu plus tard, la reconquête de Nicéphore Phocas et Jean Tzimiskès en Cilicie et Syrie du Nord se fait par le vide : l'armée byzantine, sur instruction explicite de l'Empereur, détruit tout sur son passage, à commencer par les vergers qui faisaient la fortune de la région ; on veut faire fuir les populations existantes pour faciliter l'occupation byzantine.

L'effet obtenu dans les zones précédemment reconquises se retrouve concrètement dans le testament d'Eustathe Boïlas de 1059 ; les terres que celui- ci a acquises, à 10 jours de marche de la Cappadoce en direction d'Edesse, étaient presque entièrement désertées, à un ou deux hameaux près. Dans cette région, les hostilités ont pris fin presque un siècle auparavant, mais elle n'était toujours pas repeuplée, malgré le recours aux Arméniens. D'une façon générale, le vide créé selon un croissant qui s'étend de la région de Téphrik jusqu'à la Cilicie et à Antioche, a littéralement aspiré les populations arméniennes, partiellement chassées par les Arabes, mais sûrement aussi en expansion démographique. Byzance les installe tout le long de la frontière orientale ; avec leur chef Mélias, ils sont pratiquement les fondateurs du thème de Lykandos ; ils pénètrent aussi profondément en Cappadoce. De la même façon, en Cilicie et Syrie du Nord reconquises, l'Empire appelle systématiquement, outre les Arméniens, des populations syriennes, même hétérodoxes.

On voit donc que les invasions arabes et la reconquête byzantine ont amené en Asie Mineure et dans ses confins qui furent, durant certaines périodes intégrés à l'Empire au point d'y organiser des curatories, de profonds mouvements démographiques." (Michel Kaplan, op. cit., p. 448-449)

L'émigration consécutive à la conquête militaire seldjoukide (XIe siècle) :

"Au cours du quart de siècle 1075-1100, pendant lequel les provinces orientales furent gouvernées sans que Constantinople pût y exercer un contrôle direct, le phénomène décisif fut le déplacement de la population arménienne, principalement en raison de la pression turque. Bousculée par les envahisseurs dans les provinces du nord, en Cappadoce, à Sébastè, elle descendit vers la Cilicie et dans une moindre mesure vers le duché d'Antioche ; outre les conditions naturelles favorables à la défense dans les monts du Taurus, elle était plus proche des garnisons arméniennes qui constituaient une grande partie des défenses de ces provinces. Certains empereurs, tel Michel VII, en nommant Abelgharib stratège de Tarse et de Cilicie, favorisèrent ce mouvement." (Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance (963-1210), Paris, Publications de la Sorbonne, 1996, p. 400)

"Le peuplement turc de l'Asie mineure ne se fit pas de façon homogène. Dans les régions orientales, les tribus restèrent nomades, en laissant les villes et les champs aux indigènes. Une partie de la population de la Grande Arménie, dont Ani était la capitale, se rendit cependant en Cilicie pour fonder la Petite Arménie. Dans ces deux royaumes, il y eut peu de symbioses arméno-turques si l'on en juge par le tout petit nombre de mots arméniens passés en ottoman." (Jean-Paul Roux, Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée, Paris, Fayard, 2000, p. 204)

"En 1057, ils [les Turcs] opérèrent dans la région de Mélitène, qu'il faudrait dès lors nommer Malatya ; en 1059-1060, dans celle de Sivas ; en 1062, à nouveau à Malatya et dans le Diyarbakir ; en 1064, ils prirent la capitale de l'Arménie bagratide, Ani, ce qui entraîna, sous la direction de Rouben, un exode massif de ses populations vers la Cilicie où un royaume de Petite Arménie fut constitué en 1080. Le vieux royaume chrétien, si souvent défait et rebâti, allait-il à jamais disparaître ? Les Turcs lui en voulaient-ils déjà particulièrement ? Faisons deux remarques. La première, c'est que ce fut sur les murailles d'Ani qu'apparut pour la première fois le croissant, un symbole tribal parmi d'autres, qui deviendra celui de tout l'islam. La seconde, c'est qu'on attribue, parfois par ignorance, à la conquête seldjoukide la destruction d'Ani où, dans un site splendide, il ne demeure plus que des pans de murs et des ruines d'églises, alors qu'elle fut quelque peu due aux invasions successives des Mongols et des Timourides, et surtout au tremblement de terre qui secoua la ville en 1319." (Jean-Paul Roux, Un choc de religions : la longue guerre de l'islam et de la chrétienté, 622-2007, Paris, Fayard, 2007, p. 132-133)

L'islamisation/acculturation d'une partie de la population arménienne :

"Malgré la tolérance [des Seldjoukides en Anatolie], ou à cause d'elle, les conversions des indigènes à l'islam étaient nombreuses pour des raisons politiques, économiques et culturelles ou, simplement, par suite du prestige de la civilisation musulmane." (Jean-Paul Roux, Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée, Paris, Fayard, 2000, p. 211)

La dispersion diasporique en Asie centrale et en Chine (dynastie Yuan) sous la domination mongole (XIIIe siècle) :

"Sous la dynastie mongole des Yuan, les Arméniens avaient fondé en Chine des colonies qui semblent avoir été prospères. Pendant que certains avaient suivi les pistes de l'Asie centrale, d'autres étaient venus par la voie de mer, qui aboutit aux ports chinois du Pacifique." (Paul Pelliot, Recherches sur les chrétiens d'Asie centrale et d'Extrême-Orient, 1973, Paris, Fondation Singer-Polignac, p. 144)

Les pertes humaines et les déportations vers le Sud dans le cadre des représailles (faisant suite à la collaboration active et sanglante des Arméniens avec les Mongols d'Hülegü) des Mamelouks en Cilicie (XIIIe siècle), ce qui laisse supposer que l'exode vers l'Est (et donc le repeuplement arménien de l'Anatolie orientale) fut assez limité :

"Au cours de la première moitié du XIIIe siècle, les Mongols traversèrent l'Arménie et pénétrèrent en Anatolie. En 1247, le roi Het'um, soucieux de préserver l'intégrité de la Cilicie, conclut une alliance avec Goguk Khan, et en 1253, il la renouvela avec le successeur de ce dernier, Mangu Khan. Les Arméniens participaient, aux côtés des Mongols, au blocus économique de l'Egypte et se signalèrent notamment en mettant fin aux exportations de bois cilicien vers ce pays ; ils firent également cause commune avec les Mongols dans les campagnes menées par ces derniers en Anatolie et en Syrie. L'arrivée des Mongols en Syrie coïncida avec la chute des Ayyoubides et la montée des Mamelouks. En 1250, les unités arméniennes de Het'um 1er se joignirent aux forces de Hulagu et prirent part à l'occupation d'Alep, de Hama, de Homs, de Damas et de diverses autres villes syriennes. Cependant, en 1260 les Mongols se firent battre par les Mamelouks. Ceux-ci, dès lors, ne tardèrent pas à passer à l'attaque et leur première cible fut le royaume de Cilicie. En 1266, ils s'en emparèrent, massacrant la population et emmenant les survivants en captivité en Egypte. En 1274-1275, le souverain mamelouk Baïbars attaqua une fois de plus la Cilicie. C'est Tarse qui souffrit le plus. Environ 10 000 de ses habitants furent emmenés en Egypte.

Lorsque les Mongols et les forces de Het'um reprirent leurs incursions en Syrie, ils commencèrent par remporter quelques victoires mais furent écrasés devant Damas en 1303.

Jusqu'en 1342, le royaume de Cilicie fut gouverné par la dynastie arménienne de Reuben et de Het'um. N'ayant pas d'héritier mâle direct, Léon IV, le dernier descendant de la dynastie de Het'um, désigna comme successeur son parent le plus proche, Guy de Lusignan (...) Ainsi, la couronne de Cilicie passa entre les mains d'une noble famille française et le royaume arménien devint un pays gouverné par des Latins (...).

Mais, en 1375, les Mamelouks attaquèrent à nouveau et prirent Sis, la capitale du royaume arménien de Cilicie qui, à partir de cette date, fut incorporée dans leur Empire. (...)

Après la chute de Sis, les Mamelouks emmenèrent en captivité quelque 40 000 Arméniens dont beaucoup s'établirent à Alep." (Avedis K. Sanjian, The Armenian Communities in Syria under Ottoman Domination, Cambridge, Massachusetts, 1965, p. 16-18, cité par Kamuran Gürün dans Le Dossier arménien, chapitre I : "L'Arménie et les Arméniens", sous-partie : "Le royaume arménien et la Cilicie", Paris, Triangle, 1984)

Les pertes humaines lors de la guerre de Tamerlan contre les Ottomans (XVe siècle) :


"Le Grand Emir [Timur/Tamerlan] passa par Erzurum et se dirigea sur Sivas, où il arriva le 10 août [1400]. La ville, une grosse cité commerçante de quelque 120 000 âmes, résista jusqu'au 26. Timur, qui avait promis d'y épargner les musulmans, se vengea sur les chrétiens. 4 000 sipahis arméniens lui furent livrés et il les enterra vivants, dix par dix, en position fœtale. Leurs femmes furent torturées, liées aux queues des chevaux et traînées sur le sol ; leurs enfants, piétinés par les sabots. On dit que, par crainte de la contagion, les lépreux furent aussi mis à mort, mais il s'agit peut-être d'une accusation calomnieuse. Puis la cavalerie djaghataïde poursuivit l'armée ottomane jusque vers Kayseri." (Jean-Paul Roux, Tamerlan, Paris, Fayard, 1991, p. 135)

Les pertes humaines et l'exode consécutifs à la guerre entre les Ottomans et les Safavides (XVIe-XVIIIe siècles) :

"Ce long conflit où l'Iran ne prit pas le meilleur précipita considérablement la ruine de l'Anatolie orientale, comme celle de l'Iran occidental, déclenchant donc bien plus tôt qu'on ne le croit le processus d'émigration des Arméniens : certains gagnèrent Ispahan, d'autres Constantinople, d'autres allèrent plus loin encore, partout dans le monde, tant il devenait intenable d'habiter constamment sur le front de guerre." (Jean-Paul Roux, Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée, Paris, Fayard, 2000, p. 323)

"Ainsi débuta un conflit qui, ouvert ou larvé, allait durer jusqu'au XVIIIe siècle, contribuerait à ravager et à désertifier les régions qui constituent aujourd'hui l'est de la Turquie et l'ouest de la Perse, et à rendre quasi intenable la situation des Arméniens dont les terres serviraient trop souvent de champ de bataille, les incitant à commencer leur exode vers Constantinople, Ispahan et ailleurs." (Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens. Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006, p. 395)

La migration des Arméniens des provinces orientales vers Istanbul (XVIe-XVIIe siècles) :

"Les premiers Arméniens d'Istanbul ont été amenés de Tokat, de Sivas et de Kayséri dans la capitale ottomane par Mehmed le Conquérant et installés à Souloumonastir. D'autres, par la suite, vinrent de Brousse, d'Ankara, de Baybourt, d'Adana et s'installèrent à Galata, à Samatya ou à Souloumonastir où était fixé le siège du patriarcat orthodoxe arménien, qui y demeura jusqu'en 1641, date à laquelle il fut transféré à Koum Kapi. Au début du XVIIe siècle, il semble qu'il y ait eu une nouvelle vague d'arrivants arméniens des provinces orientales d'Anatolie, vague qui correspond à la place grandissante prise alors par les Arméniens dans le commerce anatolien et méditerranéen. Est-ce en raison de cet afflux que le sultan Mourad IV prit en 1635 le décret d'expulsion contre les Arméniens originaires de Kayséri et des provinces est-anatoliennes ? C'est possible, mais ce décret ne reçut finalement pas d'application pratique." (Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Paris, Hachette Littératures, 2008, p. 72)

"La présence arménienne à Constantinople remonte presque à la prise en main de la ville par les Ottomans. Sous le règne des sultans ottomans, de multiples vagues de déportations (au XVIe siècle) ou d'émigration (au XVIIe siècle) arméniennes ont engendré la formation de six quartiers de Constantinople. Ces premiers exilés forment les fameuses altı cemât (« six communautés ») de Samatia, Balat, Kumkapi, Langa, Hasantipi et Galata, dont les habitants étaient regroupés selon leurs origines. Au tournant du XVIIe siècle, une nouvelle vague d'Arméniens fuyant les guerres turco-persanes, s'est établie dans la périphérie de la capitale, à Edirne Kapi, Top Kapi, Eyub, Beşiktaş, Ortaköy, Kuruçeşme, Uskudar et Kadiköy." (Raymond H. Kévorkian, Le génocide des Arméniens, Paris, Odile Jacob, 2006, p. 675)

La déportation par les Safavides (XVIIe siècle) :

"La menace ottomane se fit plus nette avec l'accession au trône d'Ahmet Ier en décembre 1603. Préventivement, l'armée séfévide s'avança vers l'ouest (Kars et Erzouroum) et pratiqua la politique de la terre brûlée qui lui avait si bien réussie jusque-là. Le gros de la population, principalement arménienne, fut déporté en même temps pour n'offrir qu'un désert aux armées ottomanes qui continuaient leur progression. L'opération réussit si bien qu'une révolte éclata dans l'armée ottomane, lasse des privations, et qu'elle s'en retourna vers Van. Poursuivie par le « ghoulam » Allahverdi Khan (d'origine géorgienne) et son lieutenant Karchaqai Khan (d'origine arménienne), la troupe ottomane réussit à s'enfuir par le lac.

De cette opération préventive de dépeuplement, la version iranienne prétend que 20 000 Arméniens furent déportés en Perse, convertis de force à l'islam pour grossir les rangs des « ghoulams » au service de l'administration séfévide. Un autre contingent d'Arméniens, 3 000 familles d'Erevan et du Nakhitchevan (ville de Djoulfa), fut déplacé dans de cruelles conditions vers Ispahan, et réinstallé aux abords de la ville. Ils y fondèrent la Nouvelle-Djoulfa, furent autorisés à pratiquer leur foi et devinrent à force de travail une communauté prospère. Les zones de l'Anatolie septentrionale et du Nakhitchevan, laissées presque vides de population, se repeuplèrent progressivement de Turcomans et de Kurdes." (Antoine Constant, L'Azerbaïdjan, Paris, Karthala, 2002, p. 146-147)

L'émigration vers l'Empire russe (XIXe siècle) :

"L'implantation russe au Caucase crée deux grands mouvements de migration. Les musulmans du nord du Caucase émigrent vers la Turquie et les Arméniens de ce pays s'installent au Caucase. Dans les grandes villes comme Tiflis ou Baku, les Arméniens forment une bonne partie de la bourgeoisie, mais aussi de l'artisanat, tandis que dans les campagnes, où les grands féodaux géorgiens et azeris détiennent la terre, les migrants arméniens s'installent de préférence dans les régions montagneuses, comme le Lori, sur la frontière actuelle entre la Géorgie et l'Arménie, le Karabagh ou le Zanguezour. Les conflits avec les Azeris avaient déjà provoqué une première « guerre » arméno-tatare (nom donné à l'époque aux Azeris) en 1905-1907." (Stéphane Yerasimos, "Caucase, la grande mêlée (1914-1921)", Hérodote, n° 54-55, 4e trimestre 1989, p. 152)

"Tout au long du XIXe siècle, à partir du traité de Turkmentchay, un vaste mouvement de migration des Arméniens de Perse et de l'Empire ottoman se concentra, à l'invitation des autorités impériales, sur les nouvelles terres russes du Caucase. On avait en vue de regrouper une population arménienne dispersée et de l'attirer sur ces terres en lui offrant un statut plus avantageux que celui qui était le sien dans les domaines musulmans. Moins de 20 000 dans la région d'Erevan en 1827, les Arméniens y étaient 700 000 à la fin du siècle et 1 800 000 dans tout l'Empire à la veille de la révolution. Après l'annexion des khanats d'Erevan et de Nakhitchevan, 35 000 Arméniens de Perse (régions de Salmas et d'Ourmiya entre autres) s'installèrent dans ces régions caucasiennes. L'exode simultané de populations musulmanes eut pour effet d'élever la proportion des Arméniens à environ 50 % la population de ces anciens khanats vers 1832. La région du Karabagh fut aussi une des régions cibles du peuplement arménien où, selon des sources russes des années 1830, les « musulmans » représentaient 35 000 familles contre 19 000 familles arméniennes.

La victoire russe contre les Ottomans en 1829 fut à l'origine de la migration de 40 000 Arméniens dans la région d'Akhalkalaki, 12 000 dans la région de Chirak, 25 000 dans la région du lac Sevan (lac Göytcha). La cheville ouvrière de cette immigration fut le colonel Lazarev, officier de l'armée tsariste d'origine arménienne. Des concessions de terres assorties d'une exemption d'impôts de cinq ans furent offertes aux immigrants. La défaite russe de la guerre de Crimée (1853-1856), conduisant les Russes à évacuer la région de Kars, amena son lot de déplacement de population arménienne. La guerre russo-ottomane de 1877-1878, dans laquelle des officiers arméniens (général Loris-Mélikian, général Ter-Goukassian, général Lazarian) s'illustrèrent brillamment du côté de l'armée impériale russe, mena à une occupation temporaire de l'Arménie ottomane puis à un retrait consécutif à la révision des clauses du traité de paix ; environ 25 000 Arméniens abandonnèrent la région d'Erzouroum pour s'installer sous la souveraineté russe dans le Caucase. Une région administrative de la goubernia d'Erevan prit le nom d'une de ces régions de Turquie évacuée par les Russes après la remise en cause du traité de San Stefano : l'exil des Arméniens de la région de Bayazid conduisit les Russes à baptiser Novo Bayazet (« Nouveau-Bayazid ») un district à l'est d'Erevan.

Le cas du Karabagh illustre assez bien le phénomène de colonisation de peuplement entrepris par le pouvoir russe et les autorités arméniennes : au terme de la vague d'émigration de populations chrétiennes, dont des Arméniens, fuyant la région à l'époque du khan Ibrahim Khalil et des incursions meurtrières du shah de Perse dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, devant l'insécurité et les guerres pour se réfugier en Géorgie, le peuplement chrétien et arménien s'était considérablement réduit, pour ne compter que 11 000 individus en 1797. Le retour de certains réfugiés et l'arrivée de plusieurs milliers de nouvelles familles en provenance de Perse et de l'Empire ottoman firent passer le nombre des Arméniens de 20 000 en 1823 à 75 000 en 1897, date à laquelle on estimait le nombre des Azéris (nommés Tatars du Caucase à l'époque par les autorité russes) à 62 000 personnes, sans compter les migrations saisonnières des éleveurs de la plaine du Karabagh, difficiles à estimer." (Antoine Constant, op. cit., p. 198-199)

Et tout ceci explique que :


"(...) la géographie du peuplement arménien dans l'Empire ottoman, qui fait que dans l'Anatolie orientale et en Cilicie la population arménienne est étroitement imbriquée dans le tissu démographique musulman. En outre, dans les six provinces orientales les plus peuplées d'Arméniens, ceux-ci ne constituent nulle part à la fin du siècle la majorité de la population. Arméniens, Turcs, Kurdes, Circassiens se côtoient dans les mêmes villages, dans les mêmes villes." (François Georgeon, "Le dernier sursaut (1878-1908)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 560)

dimanche 13 février 2011

Arménie : sombre affaire de pédophilie aux ramifications politiques

Moyen Orient et Monde
Un scandale de pédophilie remet en cause des sanctions trop clémentes


05/02/2011

Arménie
Un scandale de pédophilie aux ramifications politiques en Arménie a mis en évidence la clémence des peines contre les auteurs de crimes sexuels sur des mineurs.
Révélée par les médias arméniens, l'implication de Serop Der-Boghossian, un important homme d'affaires et récemment encore conseiller du Premier ministre, dans des abus sexuels sur des adolescents a suscité de nombreuses réactions dans la société.

À commencer par le chef du gouvernement Tigran Sarkissian, qui a promis lundi dernier sur son blog que « l'enquête serait rapide, détaillée et transparente », alors que le pédophile présumé nie en bloc et qualifie cette affaire de chantage monté de toutes pièces.
Le procureur chargé de l'affaire, Artur Gambarian, a, lui, souligné que les crimes de ce type n'étaient « pas assez sévèrement punis ». Car en Arménie, les crimes sexuels sur des enfants de moins de 16 ans sont punis d'amendes ou de peines allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Sur les 18 jugements prononcés en 2009 dans des affaires de pédophilie, seuls trois hommes ont été condamnés à des peines de prison, a relevé le procureur. « Les pédophiles ne sont pas assez sévèrement punis par la loi, qui facilite l'augmentation de la violence envers les enfants », a-t-il déploré. En conséquence, le magistrat a appelé à durcir les peines, soulignant que la grande majorité des affaires de pédophilie se soldaient par de faibles amendes. « C'est intolérable », a-t-il confié à l'AFP. « Si les lois n'évoluent pas et que les pédophiles restent impunis, il n'est pas impossible que des pédophiles issus d'autres pays, motivés par la clémence de la justice arménienne, ne viennent agir ici », a mis en garde M. Gambarian.
Pour ne rien arranger, les parents d'enfants victimes d'abus sexuels sont souvent peu enclins à révéler les faits à la justice, observent de leur côté des agents de la protection de l'enfance en Arménie. L'affaire impliquant Serop Der-Boghossian ne représente que la partie « émergée de l'iceberg », estime ainsi une responsable de l'ONG Personnes dans le besoin, Tatevik Bejanian. « Les parents ne veulent pas que le malheur de leur enfant soit sur la place publique, craignant d'être stigmatisés et que la honte ne retombe sur leur famille. Ainsi les criminels restent impunis », regrette Mme Bejanian.
Une autre affaire de pédophilie impliquant un enseignant dans un institut pour enfants souffrant de troubles mentaux avait défrayé la chronique l'an passé en Arménie. L'homme a été condamné à deux ans de prison.
Source : http://www.lorientlejour.com/numero/4430/article/688125/Un_scandale_de_pedophilie_remet_en_cause_des_sanctions_trop_clementes.html

Atteinte à l'écosystème caucasien : les autorités arméniennes appellent au massacre des loups

Arménie : campagne de chasse aux loups, qui attaquent des villages

EREVAN - Les autorités arméniennes ont appelé jeudi à chasser et à abattre les loups, en raison de la multiplication des attaques de villages par ces carnassiers.

"Compte tenu d'une forte augmentation du nombre des loups ces dernières années en Arménie, une procédure pour réguler le nombre de ces animaux sauvages a été approuvée", a indiqué le gouvernement arménien dans un communiqué.

La chasse au loup est indispensable, car ces bêtes attaquent de plus en plus souvent des villages arméniens et tuent des animaux de ferme, explique le communiqué, précisant que seuls les chasseurs munis d'une licence ou des personnes subissant une attaque seront autorisés à tirer sur les loups.

Une récompense d'environ 200 euros est prévue pour chaque loup tué, une somme considérable dans les régions appauvries de cette ancienne république soviétique du Caucase.


Cette initiative a été dénoncée par des écologistes arméniens.

"On tue illégalement des mammifères qui servent de nourriture aux loups. Alors, ces derniers deviennent plus agressifs et viennent chercher de la nourriture dans des villages, en attaquant des chevaux, des vaches et des moutons",
a dit Rouben Khatchatrian, directeur du Fonds pour la protection de l'environnement.

(©AFP / 10 février 2011 15h42)
Source : http://www.romandie.com/infos/news2/110210144208.vyh21576.asp

L'exode des Arméniens d'Arménie

ARMÉNIE • L'exode continue
10.02.2011

L'Arménie ne cesse de se vider de ses habitants selon le ministère de l'Aménagement du territoire. "Depuis 1992, 1,3 million de personnes [soit un tiers de la population] ont quitté le pays, dont les personnes hautement qualifiées. Cela a compromis le développement du pays", rapporte le site Kavkazski Ouzel. "L'émigration est l'un de nos problèmes les plus épineux et sa prévention est notre priorité", confie le ministre de l'Aménagement du territoire Vatché Terterian. La majorité des émigrés arméniens (65 %) s'installe en Russie.
Source : http://www.courrierinternational.com/breve/2011/02/10/l-exode-continue

mercredi 9 février 2011

Bas-Rhin : cas d'un réfugié arménien menacé en Arménie en raison de son mariage avec une Azérie

Juridiction: Cour Administrative d'Appel de Nancy
Formation: 3ème chambre - formation à 3
Date de la décision: jeudi 27 janvier 2011
N°: 10NC01456
Inédit au recueil Lebon
Type de recours: excès de pouvoir
Président: M. VINCENT
Rapporteur: M. Thierry TROTTIER
Commissaire du gouvernement: M. COLLIER
Avocats en présence: SULTAN


REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS


Vu la requête, enregistrée au greffe le 2 septembre 2010, présentée pour M. Aren A, ..., par Me Sultan ; M. A demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 1002738 du 6 août 2010 par lequel le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 5 mai 2010 par lequel le préfet du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du préfet du Bas-Rhin en date du 5 mai 2010 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Bas-Rhin, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;

4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés en première instance ;

5°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés en appel ;

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- la décision attaquée méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que ses liens personnels et familiaux sont exclusivement en France ;

- il est exposé en Arménie, son pays d'origine, à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire :

- l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour prive de base légale la décision d'obligation de quitter le territoire ;

- cette décision méconnaît aussi les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne pourrait se rendre en Arménie en toute sécurité compte tenu de son mariage avec une Azerbaïdjanaise ;

Vu le jugement et la décision attaqués ;

Vu le mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2010, présenté par le préfet du Bas-Rhin, qui conclut au rejet de la requête ; Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé ;


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Vu le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;


Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 6 janvier 2011 :

- le rapport de M. Trottier, président,

- et les conclusions de M. Collier, rapporteur public ;

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ; qu'aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : La carte de séjour temporaire vie privée et familiale est délivrée de plein droit à : (...) 7° l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée.. ;

Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'épouse de M. A et les parents de celle-ci ont également fait l'objet de refus de titre de séjour assortis d'une obligation de quitter le territoire français et, d'autre part, certains des frères et soeurs de son épouse bénéficiaient de titres de séjour d'une durée très provisoire ; qu'ainsi, alors même que son épouse est de nationalité différente et que le couple a un enfant né le 24 septembre 2008 à Strasbourg, la décision refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A n'a pas dans les circonstances de l'espèce porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ; qu'elle n'est, par suite, contraire ni à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni au 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; que la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé ;

Considérant que, si M. A soutient qu'il serait soumis à des traitements inhumains ou dégradants contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans le pays dont il a la nationalité, un tel moyen est inopérant à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour litigieuse, qui n'emporte pas, par elle-même, l'obligation pour le requérant de retourner dans son pays d'origine ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

Considérant qu'il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation qui aurait été commise par le préfet du Bas-Rhin, qui reprennent ceux qui ont été précédemment développés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour, doivent être écartés pour les mêmes motifs que précédemment, ainsi que celui tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour pour les mêmes motifs ceux qui ont été précédemment développés ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

Considérant qu'aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales... ; que ce dernier texte énonce que : Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ;

Considérant que le requérant, dont l'épouse a la nationalité azerbaïdjanaise, ne justifie pas qu'il encourrait personnellement des risques en cas de retour dans son pays d'origine, alors qu'au demeurant sa demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 9 juillet 2008, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 29 janvier 2010 ; qu'en l'absence de précision sur les difficultés engendrées par la mixité de son couple, M. A n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant l'Arménie comme pays à destination duquel il pourra être reconduit ;

Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande ;


Sur les conclusions à fin d'injonction :

Considérant que le présent arrêt n'implique aucune mesure d'exécution ; que les conclusions de M. A tendant à ce que la Cour ordonne au préfet du Bas-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ne peuvent être ainsi qu'être rejetées ;


Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à M. A la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;


DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. Aren A et au ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.
''
''
''
''
2
N°10NC01456
Source : http://droit-finances.commentcamarche.net/jurisprudence/administrative-3/indedits-2/3247049-cour-administrative-d-appel-de-nancy-3eme-chambre-formation-a-3-27-01-2011-10nc01456-inedit-au-recueil-lebon