dimanche 13 février 2011

Arménie : sombre affaire de pédophilie aux ramifications politiques

Moyen Orient et Monde
Un scandale de pédophilie remet en cause des sanctions trop clémentes


05/02/2011

Arménie
Un scandale de pédophilie aux ramifications politiques en Arménie a mis en évidence la clémence des peines contre les auteurs de crimes sexuels sur des mineurs.
Révélée par les médias arméniens, l'implication de Serop Der-Boghossian, un important homme d'affaires et récemment encore conseiller du Premier ministre, dans des abus sexuels sur des adolescents a suscité de nombreuses réactions dans la société.

À commencer par le chef du gouvernement Tigran Sarkissian, qui a promis lundi dernier sur son blog que « l'enquête serait rapide, détaillée et transparente », alors que le pédophile présumé nie en bloc et qualifie cette affaire de chantage monté de toutes pièces.
Le procureur chargé de l'affaire, Artur Gambarian, a, lui, souligné que les crimes de ce type n'étaient « pas assez sévèrement punis ». Car en Arménie, les crimes sexuels sur des enfants de moins de 16 ans sont punis d'amendes ou de peines allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Sur les 18 jugements prononcés en 2009 dans des affaires de pédophilie, seuls trois hommes ont été condamnés à des peines de prison, a relevé le procureur. « Les pédophiles ne sont pas assez sévèrement punis par la loi, qui facilite l'augmentation de la violence envers les enfants », a-t-il déploré. En conséquence, le magistrat a appelé à durcir les peines, soulignant que la grande majorité des affaires de pédophilie se soldaient par de faibles amendes. « C'est intolérable », a-t-il confié à l'AFP. « Si les lois n'évoluent pas et que les pédophiles restent impunis, il n'est pas impossible que des pédophiles issus d'autres pays, motivés par la clémence de la justice arménienne, ne viennent agir ici », a mis en garde M. Gambarian.
Pour ne rien arranger, les parents d'enfants victimes d'abus sexuels sont souvent peu enclins à révéler les faits à la justice, observent de leur côté des agents de la protection de l'enfance en Arménie. L'affaire impliquant Serop Der-Boghossian ne représente que la partie « émergée de l'iceberg », estime ainsi une responsable de l'ONG Personnes dans le besoin, Tatevik Bejanian. « Les parents ne veulent pas que le malheur de leur enfant soit sur la place publique, craignant d'être stigmatisés et que la honte ne retombe sur leur famille. Ainsi les criminels restent impunis », regrette Mme Bejanian.
Une autre affaire de pédophilie impliquant un enseignant dans un institut pour enfants souffrant de troubles mentaux avait défrayé la chronique l'an passé en Arménie. L'homme a été condamné à deux ans de prison.
Source : http://www.lorientlejour.com/numero/4430/article/688125/Un_scandale_de_pedophilie_remet_en_cause_des_sanctions_trop_clementes.html