vendredi 18 février 2011

Belgique : une famille de réfugiés politiques arméniens menacée d'expulsion à Hélécine



    * Mise à jour : jeudi 17 février 2011 07h58

HELECINE
Hélécine : une famille menacée d'expulsion

    * Source: L Avenir
    * Marc WELSCH

HÉLÉCINE - Les Margaryan sont des réfugiés politiques arméniens. Ils ont reçu leurs avis d'expulsion sans en comprendre l'exacte motivation.

«Jamais je n'aurais imaginé que prendre des photos auraient pu compromettre la vie de ma famille.» Voilà ce qui ronge les sangs de Vahag Margaryan, un Arménien de 38 ans, arrivé en Belgique en mai 2008 après avoir transité deux mois à Moscou avec toute sa famille.

Que lui est-il arrivé ? «Début 2008, raconte-t-il, au cours d'une manifestation à Erevan, la capitale de l'Arménie, j'ai assisté à une bavure policière. Un homme a été tué. Alors, un peu naïvement, j'ai pris des photos avec mon GSM. Photos sur lesquelles il est visible que la personne sans vie ne possède aucune arme, au contraire de ce que prétendait la version officielle.» Immédiatement repéré par les services secrets, il n'a cessé d'être harcelé. «Pressions diverses et menaces ont suivi, continue Vahag. Finalement, craignant pour ma sécurité et celle de ma famille, j'ai préféré m'en aller. Nous avons tout laissé tout derrière nous, nos métiers (il est joaillier et son épouse est comédienne) et tous nos avoirs.» Destination : la Belgique, où son épouse Lucine, 29 ans, possède des liens familiaux, son papa habitant Dinant. Il est, lui aussi, réfugié politique.

Installés dans un logement du CPAS à Hélécine, les Margaryan ont cherché à s'intégrer le mieux possible. Lucine et Vahag suivent chaque matin des cours de français à Hannut. Leur aîné, Vardan, 8 ans, est en 3e année à l'école communale d'Hélécine. Un garçon intelligent qui maîtrise déjà mieux notre langue que ses parents.

«Je parle aussi l'arménien et un peu le russe, lance fièrement le gamin. Et puis, je suis choriste à l'académie de musique de Jodoigne. Et je fais aussi du jiu-jitsu avec mes copains au hall d'Hélécine.» Il y a aussi le petit David, 1 an, qui est né en Belgique et sourit à tout ce qui bouge, loin d'imaginer ce que vivent ses parents.

«Mon mari et moi, raconte Lucine, nous sommes en situation de stress permanent. J'ai du psoriasis depuis que nous avons quitté l'Arménie. Vahag, lui, ne demanderait pas mieux que de retourner dans son pays, mais il se rend compte que c'est impossible. Il n'arrête pas de se poser des questions. En plus, on ne comprend rien à ce qui nous arrive.» Et d'expliquer que le 11 janvier dernier, les Margaryan ont appris qu'ils ne seraient pas reconnus réfugiés politiques. Il leur restait un mois pour introduire un recours.

Sauf que, le 24 janvier, ils ont reçu leur avis d'expulsion.

«On n'y comprend plus rien, dit Lucine. On ne sait pas à quoi il faut s'attendre. Oui, c'est dur. Si seulement nos enfants pouvaient ne pas vivre ce que nous vivons.»
Source : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39385369