lundi 7 février 2011

Décines : une altercation entre Arméniens se termine par un meurtre au couteau

Un meurtre à Décines devant la cour d’assises

publié le 03.02.2011 02h01

À compter de ce jour, Jacques Ozoyan comparait devant la cour d’assises du Rhône pour le meurtre d’un homme dans l’arrière-cour du restaurant de son beau-frère « Le Venezzia » avenue Jean-Jaurès à Décines. Les faits s’étaient produits le 20 septembre 2006 en soirée. Deux individus, dont Arman Asatryan, étaient venus proposer des bouteilles de champagne au noir au patron de la Pizzeria mais Jacques Ozoyan les avaient éconduits. Une première altercation avait eu lieu avant que l’accusé et les deux consommateurs ne se retrouvent dans l’arrière-cour. Asatryan avait alors essuyé plusieurs coups de couteau. Ozoyan, 36 ans, célibataire qui avait pour ambition de monter un restaurant arménien avec son frère, jure n’avoir jamais voulu tuer mais aurait agi par panique. À l’issue d’un an de détention, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
 Source :  http://www.leprogres.fr/fr/permalien/article/4561115/Un-meurtre-a-Decines-devant-la-cour-d-assises.html

Décines : poignardé dans l’arrière-cour de la Pizzeria

publié le 04.02.2011 02h01

L’accusé dit avoir agi avenue Jean-Jaurès sous le coup de la panique

Répliquer au jet de deux bouteilles de Pastis par des coups de couteau était ce la réponse la plus appropriée à une agression ? Les jurés de la cour d’assises devront répondre à cette question avant de rendre ce soir leur délibéré. Et tenter de se placer en situation le 20 septembre 2006 dans l’arrière-cour de la Pizzeria « Le Venezzia », 146 avenue Jean-Jaurès à Décines. Ce soir-là, Jacques Ozoyan est venu rendre visite à son beau-frère. Rien de plus naturel pour ce fils d’immigrés arménien pour qui la famille emprunte au sacré. Élevé dans la tradition catholique, il a fréquenté avec son aîné Robert, sa « moitié » selon ses termes, le très respectable pensionnat de la communauté à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or puis après un passage à l’école de la République a très vite travaillé chez son père garagiste à Décines. Pour ce célibataire de 32 ans, petit brun au langage policé et au costume noir anthracite s’ouvrant sur une chemise blanche, rien ne semble exister en dehors de ce culte familial qui le lui rend bien comme en témoigne la pile de lettres de recommandations produites à la barre. « J’ai vraiment fouillé le dossier pour vous trouver un seul défaut » dira même le président Wyon. Pas le profil du meurtrier, Ozoyan, tellement pas que la chambre de l’instruction l’a remis en liberté au terme, chose assez rare, d’une année de détention provisoire. Aussi rare également, l’absence de partie civile à la barre, ce qui ajoute au procès une coloration particulière. Ce soir-là, donc, Jacques se rend compte que les choses se passent mal à la pizzeria. Deux Arméniens, fraîchement arrivés et hébergés dans un foyer qui ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté installée dans l’est lyonnais de longue date, insistent pour proposer au restaurateur des bouteilles de champagne probablement volées. Face au refus, une première altercation a lieu entre les quatre hommes à l’extérieur. Les intrus agacés par l’intervention de Jacques s’emballent et jettent deux bouteilles en direction des commerçants récalcitrants. « Là j’ai paniqué, je suis rentré dans la cuisine et je suis ressorti avec un couteau. Je voulais me défendre ». Un récit quelque peu elliptique si l’on songe que selon un témoin Ozoyan a bondi sur la voiture où s’était réfugié l’un des « racketteurs » pour le piquer une première fois et contourner le véhicule pour lui enfoncer la lame en plein ventre. L’ancien enfant de chœur et sélectionné comme milieu de terrain dans l’équipe de foot arménienne pour les jeux olympiques a-t-il bafoué toutes ses valeurs ou seulement réagi d’une manière disproportionnée à une intimidation ?

Michel Girod
Source : http://www.leprogres.fr/fr/region/le-rhone/rhone/article/4566996/Decines-poignarde-dans-l-arriere-cour-de-la-Pizzeria.html

Rhône - Justice
Décines : 5 ans de prison pour les coups de couteau à la pizzeria

publié le 05.02.2011 02h01

Les jurés n’ont pas retenu le meurtre et ont divisé par deux la peine proposée par l’accusation mais le verdict a suscité l’incompréhension et la douleur de la famille de l’accusé

Deux visions diamétralement opposées d’une même scène. Celle d’une accusation y trouvant tous les ingrédients « d’un meurtre » et celle d’une défense y voyant un geste de panique « aux confins de la légitime défense ». Le dramatique fait divers survenu le 20 septembre 2006 sur le parking de la Pizzeria « Vénezzia », avenue Jean-Jaurès à Décines a trouvé hier peu après 19 heures son épilogue devant la cour d’assises du Rhône. Jacques Ozoyan, 36 ans, a été reconnu de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et condamné à 5 ans de prison avec un mandat de dépôt délivré à la barre. Loin sans doute des 10 années requises pour le meurtre d’un individu venu proposer avec insistance des bouteilles de champagne volées à son beau-frère. Loin aussi de l’espoir caressé par les proches de ce célibataire faisant l’objet des meilleurs renseignements, de le voir définitivement rendu à la liberté. Une liberté qui lui avait été accordée par une décision de la chambre de l’instruction au terme d’une petite année de détention provisoire. Le dossier était atypique en l’absence de toute partie civile, la victime récemment arrivée en France ayant emprunté un faux nom dans l’espoir d’une obtention de statut de réfugié politique. Pour Françoise Caperan, avocate générale, « Ozoyan a poursuivi l’individu dans la cour pour en découdre ». Pour elle, aussi, la riposte au couteau saisi dans la cuisine était disproportionnée par rapport au jet de bouteille « qui n’avait pas mis sa vie en péril ». Une thèse combattue avec vigueur par Me Philippe Scrève décrivant « un racketteur » déjà condamné sous une autre identité en Arménie menaçant et prêt à tout. Au terme de deux journées d’audience où il a été beaucoup question de ce foyer de la rue Coli à la mauvaise réputation, Ozoyan plus loquace pour parler de son parcours que des faits proprement dits a eu cette phrase sonnante comme un regret un peu tardif : « J’ai du remords pour ce qui est arrivé mais, ça a été un geste de défense ». Un geste de défense peut être mais légitime certainement pas pour les jurés.

Michel Girod
Source : http://www.leprogres.fr/fr/article/4571647/Decines-5-ans-de-prison-pour-les-coups-de-couteau-a-la-pizzeria.html