jeudi 24 février 2011

Livry-Gargan : escroquerie d'un architecte arménien concernant un lycée communautariste arménien ?

Le chantier du lycée arménien bloqué depuis l’été 2008

Sébastien Thomas | Publié le 16.02.2011, 07h00

L’ambassadeur d’Arménie en personne avait fait le déplacement pour la pose de la première pierre du futur lycée arménien de Livry-Gargan. C’était en décembre 2006. En juillet 2008, la structure de l’établissement est sortie de terre, mais depuis, le chantier est arrêté. La raison? Un conflit entre l’Association des dames arméniennes amies des écoles tebrotzassere (Adaaet), gestionnaire du site, et l’architecte sur la construction du bâtiment.

L’affaire devrait se régler devant la justice.
L’Adaaet s’occupe déjà depuis 1928 d’une école privée au Raincy (lire ci-dessous). En 2004, la Fondation Gulbenkian, basée au Portugal, se propose de financer en partie un établissement qui serait le deuxième lycée arménien de France, après celui de Marseille. Le terrain, à Livry-Gargan, avoisine l’école et appartient à l’Union générale arménienne de bienfaisance (Ugab), qui le donne en usufruit.
Les travaux débutent en décembre 2007. Mais six mois plus tard, l’association déchante. « Lors d’une visite de chantier, en juillet 2008, on s’est aperçu qu’il y avait beaucoup de choses qui ne correspondaient pas au permis de construire, explique Jeannine Vartanian, présidente de l’Adaaet. Nous avons donc préféré suspendre le chantier. » Et la responsable de détailler : « Le bâtiment dépassait de 3 m la hauteur prévue, un hall monumental avait été aménagé à la place des bureaux administratifs et, surtout, le lycée était placé bien trop près du garage voisin. »

L’association a déposé un recours contre l’architecte

Selon l’association, une négociation a été menée avec la mairie afin de régler le problème de hauteur, d’où un nouveau permis de construire en février 2010. Mais pour la partie trop proche du garage, il faudrait la raser, ce qui coûterait plus de 320 000 €. Or, le devis de construction du lycée a déjà explosé puisqu’il est passé de 1,7 million d’euros au départ à près de 3,4 millions d’euros.
« L’architecte nous a été imposé par la Fondation Gulbenkian, précise Liyana Cancioglu, conseillère de l’association. Il a fait ce qu’il voulait, nous n’étions jamais consultés. » L’Adaaet a donc déposé un recours contre lui devant le tribunal de grande instance de Paris. « C’est un drame, car l’établissement devait ouvrir en septembre 2008, nous avions fait toutes les démarches pour avoir les enseignants, lâche Anahid Avedissian, vice-présidente de l’association. Et nous ne savons pas du tout quand les travaux pourront reprendre. »
De son côté, Zaven Mouradian, l’architecte du site, conteste toutes ces accusations. « La hauteur était parfaitement respectée et seul un coin du bâtiment fait l’objet d’une démolition, mais on est loin d’une aile entière, se défend-il. S’il y a eu un nouveau permis de construire, ce n’est pas pour rectifier des erreurs mais pour que l’Ugab, propriétaire du terrain, puisse apposer sa signature, ce qui n’avait pas été fait la première fois. » Quant à l’arrêt du chantier, Zaven Mouradian en livre une autre explication : « La Fondation Gulbenkian ne devait financer qu’une partie du lycée et l’Adaaet n’a pas trouvé l’argent nécessaire pour continuer les travaux », défend l’architecte, qui estime, lui, le coût total du chantier à 2,7 millions d’euros.



Le Parisien
Source : http://www.leparisien.fr/livry-gargan-93190/le-chantier-du-lycee-armenien-bloque-depuis-l-ete-2008-16-02-2011-1317464.php