samedi 19 mars 2011

Arménie : l'opposant Raffi Hovhannissian évoque un risque d'explosion sociale

Arménie: risque d'"explosion sociale", dit un opposant en grève de la faim

EREVAN - Le chef du principal parti d'opposition au Parlement arménien, Raffi Hovhannissian, en grève de la faim depuis quatre jours sur une place centrale d'Erevan, a mis en garde vendredi contre un risque d'"explosion sociale", au lendemain d'une importante manifestation.

La société arménienne est dans une "situation critique" à cause de la pauvreté et de l'injustice, a déclaré M. Hovhannissian lors d'une conférence de presse sur la place.

"Nous voudrions que les autorités comprennent la gravité de la situation et qu'il est nécessaire de trouver des solutions d'urgence pour régler ces problèmes, plutôt que de reporter l'explosion sociale d'ici deux ou trois ans", a ajouté cet ancien ministre des Affaires étrangères.

En grève de la faim depuis mardi, M. Hovhannissian a indiqué que la seule chose qu'il demandait, c'était la démission du gouvernement.

Plus 12.000 personnes, selon l'AFP, ont répondu jeudi à l'appel de l'opposition à manifester contre les autorités, suivant le modèle de mobilisation dans certains pays arabes, avant de se disperser tard dans la soirée.

Mais Raffi Hovhannissian est resté sur la place. "Toute la nuit, des gens sont venus lui demander comment il se sentait et ont tenté de le convaincre de cesser sa grève de la faim, mais Raffi a l'intention de continuer", a dit à l'AFP Stepan Safarian, un parlementaire de son parti, Héritage.

La manifestation de jeudi était le plus important rassemblement depuis les violentes protestations contre la victoire à l'élection présidentielle de Serge Sarkissian face à Levon Ter-Petrossian en 2008.

Dix personnes, parmi lesquelles deux policiers, avaient alors été tuées après onze jours de protestations.

Jeudi, les manifestants ont occupé la place centrale d'Erevan après le départ de la police antiémeutes et exhibé des pancartes réclamant "Des élections, maintenant!" et la "Liberté pour les prisonniers politiques !".

Le fait que les forces antiémeutes ont quitté cette place avant qu'elle ne soit occupée par les manifestants montre que les autorités sont "prêtes à faire des compromis dans une atmosphère de patience et de respect mutuel", a déclaré à l'AFP un autre parlementaire du parti Héritage, Edouar Charmazanov.

Une nouvelle manifestation de l'opposition est prévue le 8 avril.

"Nous allons bousculer le régime pour faire démissionner le gouvernement, mais nous allons faire cela pacifiquement, en respectant la loi, de façon à ce qu'il n'y ait pas de violence, a déclaré à l'AFP Arman Musinian, porte-parole d'un autre parti d'opposition, le Congrès National Arménien.

Jeudi, l'opposition évoquait une "révolution de velours", dénuée de violences, dans cette ancienne république soviétique et destinée à renverser le gouvernement.


(©AFP / 18 mars 2011 12h50)
Source : http://www.romandie.com/infos/news2/110318115011.6iab9d0j.asp