mercredi 23 mars 2011

Le rejet des Hemşinli (Hémichis), Arméniens islamisés, par le nationalisme arménien

Friday, December 01, 2006
Les Arméniens musulmans ou Hémichis
Les Arméniens musulmans ou Hémichis

Arméniens aussi mais jamais considérés comme tels ni par les Arméniens de Turquie ou d’Arménie, ni par la diaspora, les Hémichis (Hemisi) sont musulmans. Ils vivent principalement dans l’Est de la Turquie, dans les régions de Diyarbakir, Van, Erzurum, Erzican, Harput, Mardin, Avanos et Malataya. Leur nombre est estimé à plusieurs centaines de milliers dont une bonne partie parle encore l’arménien malgré une assimilation en voie d’achèvement. Les Hémichis, comme une partie des Slaves, Crétois, Romains et Caucasiens de Turquie, se sont convertis à l’islam au cours de la période ottomane. Sous l’Empire, ils faisaient partie de la Nation (Millet) musulmane, comme les autres ethnies islamisées, les alévis et les yézédis, contrairement aux grégoriens qui avaient leur propre Nation.

Les Hémichis, malgré leur conversion, continuèrent à vivre côte à côte avec les grégoriens ; sans problème majeur. C’est lors de l’annexion des royaumes caucasiens par la Russie, au début du XIXe siècle que commencèrent les ennuis pour les Arméniens musulmans installés dans les régions comprises entre la Géorgie actuelle et le l’Azerbaïdjan. Refoulés vers l’Empire ottoman en même temps que les Circassiens, les Ossètes, Tchétchènes, Abkhazes et Adjars, on retrouve des réfugiés dans une large bande allant de Trébizonde à l’ancienne Cilicie.

1914 fut l’année la plus noire de l’histoire des Hémichis. La Russie ayant promis l’indépendance aux Arméniens chrétiens de l’Arménie turque, encourageât ces derniers à créer un climat de terreur dans les villages musulmans de cette région peuplée à 25% d’Arméniens chrétiens (excepté la province de Van, où ils formaient la majorité). Ainsi, des massacres à grande échelle eurent lieu jusqu’au début de 1915, dont les victimes kurdes, circassiens, hémichis, turkmènes et autres caucasiens n’avaient que deux points communs, soit d’être ottomanes et musulmanes. De 1914 à 1915, on estime à 300 000 le nombres des victimes (massacre des musulmans d"Erzurum et de Van compris), oeuvre des milices indépendantistes arméniennes (chrétiennes).

La République créa un climat favorable aux Hémichis non seulement de Turquie, mais aussi à ceux du Caucase soviétique qui trouvèrent une terre d’asile et s’installèrent dans les régions où les Arméniens grégoriens avaient été forcés de partir (déportation par l’armée ottomane et massacres de 1915).
Aujourd’hui les Hémichis sont avant tout turcs et revendique leur appartenance à la Nation. La confiance entre Arméniens chrétiens et musulmans est toutefois limitée même si l’on n’assiste pas à un réel clivage. Cette communauté n’est pas considérée comme minoritaire, puisque la notion de "minorité" n’est pas ethnique ou linguistique en Europe orientale, mais uniquement religieuse.

Rinaldo Tomaselli, inspiré de "Questions d’Orient de Stephane Yerasimos.
Source : http://mbarchives.blogspot.com/2006/12/les-armniens-musulmans-ou-hmichis.html