mardi 1 mars 2011

Le traitement médiatique biaisé du conflit arméno-azéri

Antoine Constant, L'Azerbaïdjan, Paris, Karthala, 2002, p. 328 :

"Les médias soviétiques et occidentaux rendaient les « musulmans fanatiques azéris » responsables de la tragédie [les émeutes de Soumqaït], un préjugé tenace et invariablement exploité dans le traitement médiatique pendant tout le conflit.  

La partie arménienne, qui pourtant réveillait ces vieux démons, sut cultiver une image de victime qui lui valut un penchant positif à l'Ouest, mais aussi en URSS. Les mois qui suivirent donnèrent lieu à de sinistres migrations croisées de populations, fuites volontaires ou opérées sous la menace. L'Arménie comptait encore 5 % d'Azéris sur son territoire, soit environ 174 000 personnes réparties dans le Zanguezour (Goris, Kapan, Meghri), dans quelques villages de la plaine de l'Araxe et les districts frontaliers d'Idjevan, Vardenis et Krasnoselsk, et en moindre nombre à Erevan. Au Karabagh, des regroupements se formèrent à Shousha et Khodjalou.

Les Arméniens quittèrent de la même manière Soumqaït, Gandja, où des brutalités turent signalées, et les districts ruraux situés entre la région autonome et la Koura, où ils étaient concentrés dans plusieurs villages, et en moindre nombre au Nakhitchevan. Leur nombre resta élevé à Bakou. A l'automne 1988, il y avait 75 000 réfugiés en Azerbaïdjan, en décembre ils étaient environ 100 000 sans que leurs très difficiles conditions de vie ne suscitent beaucoup de commentaires de compassion dans les médias."

Voir également : Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique