lundi 18 avril 2011

La négation de la déportation tsariste des Circassiens et le rôle joué par les Arméniens dans l'expansion russo-tsariste

22.05.2010
Russie : Les Jeux Olympiques de Sotchi et la négation des déportations Circassiennes

En 2014, la station caucasienne de Sotchi, occupée par Moscou,  accueillera les Jeux Olympiques d'hiver. Mais en Russie,  le peuple circassien, entre autres, fait tout pour empêcher cette farce. Ce sont plus d'un millions de circassiens qui exigent que le gouvernement russe reconnaisse l' Muhajir ( le génocide circassien).

En 1864, le tsar Alexandre II ordonna la mort ou la déportation de 90 % de la population circassienne, et c'est précisément Sotchi, sur la principale de la ville, baptisée la "Vallée Rouge", qui fut le théâtre de l'un des pires épisodes des massacres. Les tombes de soldats et de civils, à proximité du site, ont été démolies, fouillée et remplacées par des parcs. Officiellement, la Russie ne reconnaît pas le génocide circassien, et n'y a jamais porté attention.

L'annonce des Jeux Olympiques en ce lieu a ravivé, non seulement les tensions, mais surtout les douleurs et les enjeux mémoriels auxquels la Russie se doit de faire face sont immenses. L'événement est perçu comme une provocation odieuse, et porte la marque du déni historique.
De nombreuses manifestations ce sont déroulées, ce 21 mai, devant les Ambassades de Russie des grandes capitales.

Actuellement, la Circassie historique est divisée en six régions de la Fédération de Russie, mais environ 90 % de la population circassienne vit en diaspora. Selon " NoSochi2014 ", un site internet fédérant les opposants aux jeux de Sotchi, la date d'ouverture des olympiades coïnciderait par ailleurs avec le 150e anniversaire du génocide, anniversaire pourtant emblématique du peuple circassien.

Le Gouvernement Russe a toujours refusé toute proposition de discussion sur la question. En 1994, le Président Russe Boris Eltsine avait toutefois reconnu que de nombreux peuples du Caucase avaient lutté légitimement contre le régime tsariste. Bien qu'il n'ait jamais accepté le terme de "génocide", le blog de la Fondation Jamestown affirme qu'il fut néanmoins le premier et le seul a s'être avancé sur le terrain de la reconnaissance des faits historiques, soit les déportations en masse du peuple circassien.
Source : http://freecaucasus.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/05/22/russie-les-jeux-olympiques-de-sotchi-et-la-negation-du-genoc.html

Georges Mamoulia, Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales : Le cas de la Géorgie (1921-1945), Paris, L'Harmattan, 2009, p. 18 :

"Le gouvernement russe avait expulsé de nombreux musulmans du Caucase en Turquie, après les guerres russo-caucasiennes, et les régions vidées avaient été peuplées par les Arméniens, qui, à leur tour, fuyaient les répressions dans l'Empire ottoman. C'est pourquoi dans certaines régions de la Géorgie, de l'Azerbaïdjan et même du Caucase du Nord la population arménienne était devenue prépondérante tandis que dans les régions arméniennes de Turquie s'installaient les musulmans caucasiens expulsés par les Russes, sans compter les musulmans des Balkans chassés à l'issue des guerres balkaniques de 1906-13."

Justin McCarthy, discours devant la Grande Assemblée nationale de Turquie, 24 mars 2005 :

"L'exil forcé des musulmans continua jusqu'aux premiers jours de la Première Guerre mondiale : 300 000 Tatars de Crimée, 1,2 million de Circassiens et d'Abkhazes, 40 000 Lazes, 70 000 Turcs. Les Russes envahirent l'Anatolie durant la guerre de 1877-78, et à nouveau de nombreux Arméniens rejoignirent le camp russe. Ils servirent d'éclaireurs et d'espions. Les Arméniens devinrent la « police » dans les territoires occupés, persécutant la population turque."