lundi 18 avril 2011

Les malheurs indicibles de la nation arménienne (d'après les chroniqueurs arméniens)

Etienne Asolik de Taron, Histoire universelle, Paris, Imprimerie nationale, 1917, p. 22 :

"De son temps, l'Arménie [sous les Arabes] devint un désert et un amas de ruines ; ses villes furent détruites, ses bourgs désolés, ses habitants furent dispersés chez des nations étrangères, parlant d'autres langues ; ses églises restèrent abandonnées, vides des prières des ministres et du peuple, et dépouillées de leurs magnifiques ornements (...)."

Matthieu d'Edesse, Chronique de Matthieu d'Edesse, Paris, A. Durand, 1858, p. 113 :

"Qui pourrait retracer en détail les malheurs de la nation arménienne, ses douleurs et ses larmes, tout ce qu'elle eut à souffrir des Turcs, ces animaux féroces, buveurs de sang, dans le temps où notre royaume avait perdu ses maîtres légitimes, que lui avaient enlevés ses faux défenseurs, l'impuissante, l'efféminée, l'ignoble nation des Grecs ! Ils avaient dispersé les plus courageux d'entre les enfants de l'Arménie, après les avoir arrachés de leurs foyers, de leur patrie. Ils avaient détruit notre trône national, abattu ce mur protecteur que formaient notre brave milice et nos intrépides guerriers, ces Grecs, qui ont fait de leur promptitude à prendre la fuite leur titre de renommée et de gloire, semblables au pusillanime pasteur qui se sauve en apercevant le loup. Ils n'eurent point de repos qu'ils n'eussent renversé le rempart de l'Arménie, la poitrine héroïque de ses fils. Les Perses fondirent sur nous et les Romains s'attribuèrent, avec l'impudence la plus effrontée, l'honneur des victoires gagnées sur les infidèles."

Guiragos, cité dans le Journal asiatique, publié par la Société asiatique, cinquième série, tome XI, 1858, p. 492 :

"Il y avait  cinq cent quinze ans que cette ville [Bagdad] avait été fondée par [Abou-] Dja'far, (...) l'Ismaélite. En 194 de l'ère arménienne (24 mai 745-23 mai 746), elle fut bâtie sur le Tigre, au-dessus de Ctésiphon, à une distance d'environ sept journées de marche de Babylone. Pendant tout le temps qu'elle conserva l'empire, pareille à une sangsue insatiable, elle avait englouti le monde entier ; elle rendit alors tout ce qu'elle avait pris, en 707 de l'ère arménienne (16 janvier 1258-15 janvier 1259). Elle fut punie pour le sang qu'elle avait versé, pour le mal qu'elle avait fait, lorsque la mesure de ses iniquités fut comble devant Dieu, qui connaît tout et qui donne la rétribution avec équité, sans acception de personnes et avec exactitude."

Tchamtchean, cité dans le Journal asiatique, publié par la Société asiatique, tome XII, 1833, p. 203-204 :

"(...) les Arméniens, les Géorgiens, les Albaniens et les Syriens étaient persécutés pour la cause de la religion chrétienne que les Tartares, poussés par les Persans qui étaient au milieu d'eux, ne leur laissaient pas pratiquer publiquement."