mercredi 18 mai 2011

Guerres arabo-byzantines : comment les Arméniens ont trahi les Byzantins

Jean-Paul Roux, Un choc de religions : la longue guerre de l'islam et de la chrétienté, 622-2007, Paris, Fayard, 2007 :

"Quelques Grecs et quelques Syriens tentaient de résister, mais ils étaient d'autant plus impuissants contre les envahisseurs que ceux-ci recevaient sans cesse des renforts. L'empereur byzantin, le basileus, Héraclius (612-640), fut obligé de recruter une nouvelle armée. Quand elle se mit en route, les Arabes abandonnèrent les territoires qu'ils pillaient et se regroupèrent, puis ils se replièrent pour l'attendre au sud de la petite rivière du Yarmuk, un affluent du Jourdain. Les forces byzantines, sans être énormes, étaient impressionnantes, de l'ordre de 30 000 hommes, mais c'était un ramassis de toutes sortes de gens que rien n'unissait. Elles attaquèrent le 15 août 636. Les auxiliaires arabes qui servaient dans leurs rangs désertèrent ou passèrent à leurs frères musulmans : on pouvait s'y attendre ! Les Arméniens choisirent le champ de bataille pour se donner un empereur : c'était plus imprévisible et pour le moins inopportun ! Dans de telles conditions, les Grecs ne pouvaient pas espérer l'emporter. Ils ne résistèrent pas aux charges des cavaliers qui les assaillaient. Leur général fut tué. Ils prirent la fuite, furent poursuivis et souvent rattrapés et sabrés. Après la Palestine, Héraclius perdait la Syrie. Malgré une épidémie de peste qui ralentit les opérations, les villes tombèrent les unes après les autres." (p. 51)

"En 689, en dépit des accords conclus, Justinien II entreprend des opérations en Arménie, puis, en 692, il entre imprudemment en lutte ouverte avec les Arabes. Il se fait vaincre à Sebastopolis, au nord de la Cappadoce, ce qui entraîne une succession de raids arabes sur l'Asie Mineure. La lutte devient alors des plus confuses, avec revers et succès pour un camp, puis pour l'autre. Byzance, en 700, prend Samosate, située sur la route d'Edesse, est victorieuse en Cilicie et reconquiert Chypre. Les musulmans occupent le pays des Lazes (696), soutiennent une révolte de l'Arménie byzantine (702), prennent Tyane (709), s'emparent de la Cilicie (710-711), d'Amasya (712), puis s'avancent en Anatolie, entrent à Antioche de Pisidie (713), ravagent la Cappadoce, enlèvent Pergame, assiègent Amorion (715) et, enfin, préparent une nouvelle offensive contre Constantinople." (p. 56-57)

Voir également :  Des victimes oubliées du terrorisme nationaliste arménien en Anatolie : les Juifs d'Hakkari et les Grecs de Trabzon

Le parasitisme des fonctionnaires arméniens de l'Empire byzantin

Les Arméniens et Byzance