samedi 21 mai 2011

L'armement des fedai (guérilleros) arméniens en Anatolie ottomane

Anahide Ter Minassian, "Le mouvement révolutionnaire arménien, 1890-1903", Cahiers du monde russe et soviétique, volume 14, n° 4, 1973, p. 569, note 16 :

"Le développement du mouvement fédaï, du terrorisme interne et externe, les tentatives pour organiser l'auto-défense de la paysannerie arménienne exigeaient des quantités importantes d'armes et de munitions. Les problèmes d'armement, ainsi que les problèmes financiers qui y sont afférents, devinrent jusqu'à l'obsession, la préoccupation essentielle des révolutionnaires arméniens. Armes et munitions ont toujours été insuffisantes. Elles sont achetées ou volées dans les armureries et les casernes (les Arméniens doivent le service militaire en Russie depuis 1887). Elles proviennent en général de Tula. Elles doivent, déjouant la surveillance policière, être transportées sur d'immenses distances et traverser plusieurs frontières. La route principale passe par la Perse : c'est la route Salmast-Van. Sur cette route, les daschnaks fortifient le petit monastère de Dérik. En 1891 ils créent, à Tabriz, leur propre arsenal. Le transfert, qui se fait par petites caravanes, souvent à dos d'hommes, est rendu extrêmement dangereux par les embuscades que tendent les Kurdes avides de s'emparer de ces armes. Le coût très élevé, en hommes et en argent, de ces opérations explique les mesures draconiennes appliquées contre ceux qui se séparent de leurs armes. Cela explique aussi la décision prise par les daschnaks de ne plus distribuer, mais de vendre les armes à la paysannerie (1892). Plus tard, la Bulgarie devint un centre où les daschnaks eurent aussi un arsenal et même une Académie militaire (créée par Rostom en 1905, probablement à Plovdiv)."

Voir également : Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens