mercredi 18 mai 2011

Les Arméniens ottomans, une communauté non-musulmane exclue du devşirme (devchirmé)

Dimitri Kitsikis, L'Empire ottoman, Paris, PUF, 1991, p. 58 :

"Le rang d'« esclave » [de la Porte] était tellement prisé que ces populations [musulmanes de Bosnie] avaient conclu un arrangement avec Mehmet II qui stipulait que leur conversion ne les exclurait point, eux et leurs descendants, du devşirme. Ces kapıkulları musulmans étaient appelés potor et étaient envoyés au service du palais et non dans l'armée.

Le recrutement se fit d'abord en Roumélie, puis, à partir de 1512, fut étendu à l'Anatolie. Afin de ne pas désorganiser le commerce et l'industrie, les jeunes d'Istanbul, des grandes villes et les fils des artisans ruraux en étaient exclus. Néanmoins, des parents chrétiens et même musulmans versaient des pots-de-vin pour envoyer leurs enfants à la campagne, dans l'espoir qu'ils pourraient être recrutés. Les Juifs et les Arméniens (bien que ces derniers fussent chrétiens, mais non orthodoxes) en étaient totalement exclus. D'ailleurs les Juifs n'avaient pas de base rurale et, vivant dans les villes, ils en étaient de toute façon exclus."

Pour des informations complémentaires sur le sujet : Le devşirme (devchirmé) dans l'Empire ottoman