mercredi 29 juin 2011

Pays basque : les déboires de demandeurs d'asile arméniens

Sujet à la une
Main basse sur les demandes d’asile : le parcours du combattant

28/06/2011

Cyrielle BALERDI

Monsieur A. est de nationalité arménienne. Cela fait deux ans et demi qu’il s’est installé au Pays Basque et qu’il travaille pour une société d’enduit de façade à Saint-Pée-sur-Nivelle. Il y a un mois et demi, il recevait la décision notificative du rejet de sa régularisation. Un peu plus tard, c’était au tour de la préfecture de lui adresser un courrier par recommandé, le sommant de quitter le territoire d’ici le 6 juillet. Son recours pour obtenir le droit d’asile et la qualité de réfugié venait d’être rejeté. La sentence tombe, violente.
Car si Monsieur A. fuit, c’est qu’il soutient “craindre de subir des persécutions en raison de ses opinions politiques”. Dans une lettre traduite du russe, je peux lire sa description des interrogatoires menés à plusieurs reprises par “des agents des affaires intérieures dont il a été sujet”. Il explique, extrait de sa carte médicale traduit de l’arménien à l’appui, comment en 2003, lors des élections présidentielles, alors qu’il s’était engagé en faveur du Parti de la République et avait été nommé observateur à la place de son frère, également militant de ce parti, il a été arrêté et détenu, puis transféré dans un centre de détention où il a été “victime de mauvais traitements”. Le diagnostic est sévère : commotion cérébrale, diverses fractures et choc traumatique. Mais le cauchemar continue. En 2005, alors que ses proches ont quitté l’Arménie, il explique avoir été à nouveau “inquiété en raison de la fuite de son frère”. Quelques mois après, il se plaint au ministère des Affaires intérieures. Il est “insulté et battu” pour qu’il retire sa plainte. En octobre 2006, alors qu’il a été arrêté et maintenu en détention, il “apprend l’assassinat de son épouse”, enceinte.

Face à moi, son employeur. Il a décidé de lancer un appel pour obtenir une régularisation par le travail : “Etant conscient de sa situation et ne sachant pas s’il pourrait rester au sein de mon entreprise, j’ai déposé des demandes d’embauche. Je n’ai trouvé aucune personne correspondant au descriptif demandé. M. A. est donc resté et à continuer à se former. Si demain la masse salariale devait augmenter, la formation interne ainsi que la coordination de celle-ci serait impossible sans ses compétences en management”. Mais comme lui, au Pays Basque, ils sont de plus en plus nombreux à venir grossir les rangs des demandeurs d’asile venus de l’Est. Chaque semaine, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) juge des douzaines de cas d’Arméniens demandeurs d’asile.

Au 20, rue Lagréou à Bayonne, le Comité inter-mouvement auprès des évacués (Cimade) voit lui aussi le nombre de demandeurs d’asile venus de l’Est augmenter. “Le plus gros des flux de migration est représenté par le Maroc et les communautés kurdes. Ceux qui viennent des pays de l’Est sont en général des demandeurs d’asile. Ils peuvent vivre des situations différentes, mais très souvent, ce sont des couples où l’un est arménien(ne) et l’autre d’Azerbaidjan. Comme les deux pays sont en concurrence pour s’accaparer le Haut Karaba, les foyers mixtes sont persécutés par leur communauté respective et sont chassés ou fuient leur pays. Beaucoup passent par la Russie ou l’Ukraine, où ils sont très mal considérés, avant de rejoindre un pays de l’Union européenne, dont la France, qui a nourri un lien particulier avec cette communauté depuis les années 1920 (à la suite du génocide de 1915 puis à l’annexion par l’URSS en 1922)”.

Le parcours du combattant

Il n’est pas tout à fait quinze heures quand Bernadette toque à la porte du local. A ses côtés, un couple de demandeurs d’asile émigrés originaires d’Arménie vient de recevoir le refus de la CNDA, qui fait suite, tel que la procédure le prévoit, à un premier rejet de l’Ofpra, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ce dernier est chargé d’instruire les demandes d’asile en examinant les pièces fournies par le demandeur. En cas de rejet, le demandeur d’asile dispose d’un délai d’un mois pour introduire un recours devant la CNDA. Pour le couple, la demande de protection n’a pas abouti.

Arrivés en 2009, ils ont un enfant de quinze ans, scolarisé, et le mari dispose d’une promesse d’embauche en CDI dans une société de carrelage. Il présente son cas dans un français approximatif. “Il a appris par lui-même, on leur a refusé les cours de français”, précise Bernadette. Lui, fait parti de la communauté yézide (cf. encadré). Il y a quelques années, son neveu s’est enfui avec une Arménienne sans le consentement de la famille de cette dernière. Depuis ce jour, des menaces pèsent sur sa famille. Il dit avoir été le témoin de l’assassinat de son oncle. Mais l’avis rendu par la CNDA fait part de l’impossibilité de vérifier l’authenticité des preuves et témoignages apportés.

Problème d’hébergement

Perdu, son regard interroge avec supplication son interlocutrice de la Cimade. Car la notification de la décision n’est pas arrivée seule : le Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) s’est lui aussi joint à la noce par un avis d’expropriation au 21 juillet prochain. Or les alternatives d’hébergement se font rares. Si rares que la Cimade elle-même a jeté l’éponge. “Il reste les associations qui font de l’hébergement, quelques mairies peut-être…”. Mais l’embouteillage guette, face à la vague de déracinés. Bientôt, une ultime lettre viendra frapper violemment à leur boîte. L’OQTF : l’obligation de quitter le territoire français. Si le couple peut encore faire recours, leurs chances d’obtenir le statut de réfugié sont faibles : “Moins d’un cas sur dix, et encore…”, commente Jeanne Barthélémy, la permanente. Et encore un long périple à travers les arcanes administratifs. Selon la Cimade, on ne peut d’ailleurs que “constater la complexité incroyable dans laquelle vivent les demandeurs de protection, soumis à des exigences disparates et à des procédures bureaucratiques qui réduisent à peau de chagrin l’exercice effectif du droit d’asile”. En 2009, les demandes d’asile de citoyens arméniens auprès de l’Ofpra ont été au nombre de 2 788 pour les adultes et de 815 pour les mineurs. L’Ofpra a donné son accord à 104 personnes ; après recours, la CNDA a donné 360 accords supplémentaires.

De l’asile à l’immigration ?

La tutelle de l’Ofpra est passée depuis novembre 2007 du ministère des Affaires étrangères à celui de l’Immigration. L’emblème d’un glissement. Ainsi, le droit d’asile serait devenu une “variable d’ajustement des politiques migratoires des Etats, au mépris du besoin de protection des persécutés”, dénonce la Cimade. Après avoir écrit une lettre au préfet pour plaider la cause Monsieur A., les Verts ont pu eux aussi le constater clairement. Dans sa réponse à la demande de la régularisation de cet homme, il y est indiqué en ces termes que “compte tenu du nombre élevé des demandeurs d’asile originaires de l’ancienne URSS présents en ce moment dans les centres d’hébergement du département, [aller à l’encontre des dispositions légales déjà prises] serait source d’incompréhension et de désordre”. Et à la Cimade de conclure : “La référence constante, dans les discours politiques et les évolutions administratives, aux ‘flux’ de demandes d’asile ou aux ‘faux réfugiés’, ont dilué l’humanité de celles et ceux qui viennent en France pour trouver ou recouvrer la liberté”. Ou quand la politique des quotas remet en cause le droit humain.


L’Arménie replacée dans les “pays à risques”

L’Arménie détient le record des demandes d’asile dans l’Etat français, pour les pays du Caucase du Sud. L’Ofpra attribue les 2 778 cas à trois critères principaux. Le 23 juillet 2010, l’Etat français a pris la décision de replacer l’Arménie au nombre des pays “à risques”. La décision mentionne notamment les attaques politiques continuelles de l’opposition en Arménie : “Les profils politiques sont encore largement majoritaires au sein de la population des ressortissants ou des résidents arméniens. Il s’agit pour l’essentiel de personnes ayant participé aux manifestations consécutives aux résultats électoraux de mars 2008, ou de personnes invoquant un militantisme au sein d’un parti d’opposition […]. L’Office est par ailleurs toujours saisi de demandes présentant la traditionnelle problématique ethnique : les demandeurs faisant valoir leur origine azérie en Arménie et arménienne en Azerbaïdjan, tandis que certains autres se présentent comme appartenant à la communauté yézide”.
Source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110628/275399/fr/Main-basse-sur-les-demandes-d%E2%80%99asile--le-parcours-du-combattant

Châteaudun : un couple ayant fui l'Arménie menacé d'expulsion

 A Châteaudun, un Arménien gravement malade, et son épouse,
sont menacés d’expulsion.


Après avoir fui l’Arménie en 2008 et accompli un périple de plusieurs mois à travers la Géorgie, la Russie…Cima et GareghinVARDANYAN arrivent en France à la fin de l’année 2009, sans papiers, ils demandent l’asile politique qui leur est refusé.
Quelques mois après leur arrivée en France Gareghintombe malade et découvre qu’il souffre d’une pathologie rénale très grave. Non seulement les demandes de régularisation pour raison de santé sont rejetées mais elles sont accompagnées d’une Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF).
Aujourd’hui, les époux VARDANYAN sont dans l’angoisse. Un retour en Arménie signifie arrestation et nouvelles violences. Comment dans ces conditions, Gareghinpourrait-il recevoir des soins continus?
Or l’interruption, même brève de ses soins pourraient lui être fatale. Il est donc impossible d’envisager tout retour dans un pays reconnu par l’OFPRA«pays non sûr».
La situation est grave et urgente.

Demandons ensemble que Cima et GareghinVARDANYAN soient régularisés
«Vie privée et familiale» à titre humanitaire.

Si vous souhaitez soutenir la demande de M. et Mme VARDANYAN , nous vous remercions de bien vouloir signer cette pétition.

Pétition à adresser par courrier : SPF Châteaudun 17 rue Louis Appert 28200 Châteaudun
Par mail : spf28chateaudun@orange.fr

OUI

A LA REGULARISATION DE CIMA ET GAREGHIN

OUI

A LA REGULARISATION DES SANS PAPIERS
Source : http://www.educationsansfrontieres.org/article36852.html

mardi 28 juin 2011

Allié du régime pourri arménien, l'ayatollah Khamenei menace la Turquie

L’Iran a prévenu sévèrement la Turquie

By admin at 27 juin, 2011, 12:44

Le Président de Syrie Bachar Al-Assad a eu une rencontre avec le leader religieux de l’Iran Ayatollah Khoménéi, et il a exprimé son mécontentement envers la conduite de Turquie envers la Syrie. Selon B. Al Assad, Ankara officiel tâche de câliner l’Occident, en contribuant que les forces de l’OTAN entrent en Syrie, rapporte la presse turque.

Selon un journal libanais, Ayatollah Khoménéi a fait une prévention menaçante à Turquie de ne pas offrir en aucun cas un terrait à l’OTAN pour attaquer la Syrie. Sinon les bases des Etats-Unis et de l’OTAN en Turquie seront la cible de l’Iran.

/Times.am/
 Source : http://times.am/fr/?p=4617

Voir également : Les manifestants syriens anti-Assad s'élèvent contre les alliés des nationalistes arméniens : la République islamique d'Iran et le Hezbollah

Bruxelles : l'Arménien de Géorgie Shirin Muradian soupçonné d'avoir participé à une fusillade

Le gang des Géorgiens impuni

(25/06/2011)

Dix mois après la fusillade de la place de Bethléem, il n’y a déjà plus personne en prison !

SAINT-GILLES Pour Nabil, qui a 21 ans et se trouvait le 7 septembre 2010 à 22 h 45 à la place de Bethléem à Saint-Gilles et donc “au mauvais moment au mauvais endroit” , le drame sans fin durera toute la vie.

Quant à la justice, dix mois après, Shirin Muradian, qui était détenu pour tentative d’assassinat, est sorti de prison. Son avocat, Me Olivier Martins, a pu exploiter savamment les zones d’ombre du dossier.

Âgé de 36 ans, Shirin Muradian provient de Tbilissi, en Georgie. Il est soupçonné d’avoir fait partie du commando géorgien qui, le 7 septembre 2010, a fondu sur la place de Bethléem : dix Géorgiens à bord de deux véhicules, un VW Passat break bleu ciel et un Mercedes ML 270 gris.

Dès le “Go !” de départ, tout le monde est descendu. Et alors, selon les témoins, “ce fut le western ” !

Fusillade sur la place, panique générale, des cris, des gens à terre et puis le commando reprit place dans les véhicules – les portières avaient expressément été laissées ouvertes – qui disparurent dans la nuit.
Laissant, sur le pavé, Nabil, 21 ans, miraculé mais à quel prix : une balle dans la nuque et la moelle cervicale sectionnée. “Subitement, Nabil ne sentait plus ses bras ni ses jambes […] Il se sentait comme une éponge”.

Vingt et un ans et quadriplégie complète avec pas ou peu d’espoir de rétablissement dans l’état actuel de la médecine et de la chirurgie.

Les Géorgiens et des Belgo-Marocains s’étaient affrontés “comme dans le Bronx” , confie un policier. Peut-être à propos d’une livraison de drogue. Ou peut-être en représailles d’incidents anciens : le cousin de l’un avait été insulté par le frère de l’autre. Une fille, un territoire, qui saura jamais ?

En plein Bruxelles mais à la géorgienne en tout cas : en 2008, la Géorgie repoussait les blindés russes.

Des déclarations emberlificotées, des traces insuffisantes de poudre sur les mains et les vêtements et des relevés téléphoniques prouvant sa présence dans le quartier à l’heure des faits. Au final pourtant, dix mois après, tout le monde est libre chez les Géorgiens.

Tout le monde est libre sauf Nabil O., 21 ans, prisonnier à jamais de son corps.


Gilbert Dupont

© La Dernière Heure 2011
Source : http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/358749/le-gang-des-georgiens-impuni.html

Voir également : Edvard Margaryan : mort d'un "voleur dans la loi" (sic) arménien

Nice : un Arménien de Géorgie suspecté de double homicide

Guerre de clans entre Arméniens et Géorgiens ou entre Arméniens d'Arménie et Arméniens de Géorgie ?

samedi 25 juin 2011

Syrie : un des bastions moyen-orientaux (avec le Liban et l'Iran) du lobby transnational arménien bientôt balayé par une intervention de l'armée turque ?

C'est à Alep (non loin de la frontière turque) que se trouvent les principaux soutiens communautaires arméniens (dachnaks) au despotisme assadien :
SYRIE
L’incroyable silence des Arabes


Devant l’apathie des régimes arabes face à la répression, en Syrie, le peuple syrien va suivre l’exemple de la Libye et réclamer une intervention étrangère.

23.06.2011 | Khaled Hroub | Al-Ittihad

A moins d’être dénué de toute humanité, on ne peut rester indifférent au sort du peuple syrien, qui subit jour après jour un véritable massacre. Pourtant, les pays arabes ne paraissent pas concernés et se comportent comme si cela se passait sur une autre planète. Alors que la répression se poursuit dans d’innombrables villes et villages, n’épargnant même pas les enfants, les gouvernements arabes ont l’air de regarder ailleurs. Le régime assiège la ville de Jisr Al-Choughour, dans le nord-ouest du pays, et ne laisse pas d’autre choix à la population que le chemin de l’exode par-delà la frontière turque. Malgré cela, les Arabes restent silencieux.

La seule voix qui s’élève pour con­damner fermement ces massacres est celle de la Turquie, pays qui n’est pas arabe et qui a pourtant de puissants intérêts économiques et stratégiques en Syrie. De son côté, l’Union européenne se préoccupe, elle aussi, de la situation et a fait des déclarations sans ambiguïté au sujet du régime. De même, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni et a tenté de prendre des résolutions susceptibles de dissuader le régime de poursuivre dans la voie de la répression sanglante. Dans les grands pays occidentaux, les organisations de défense des droits de l’homme, les médias et la société civile exercent des pressions considérables sur leurs gouvernements respectifs afin de les pousser à prendre position. Seuls les gouvernements arabes restent cois. Ces derniers se trouvent donc dans le même camp que la Russie et la Chine, qui ont pris position contre le peuple syrien en menaçant d’user de leur droit de veto pour empêcher le vote d’une résolution contraignante. C’est ainsi qu’a été adopté un texte a minima, dépouillé de toute sanction concrète. L’une des premières versions de cette résolution faisait référence à la très prudente déclaration de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), qui avait exprimé son “inquiétude” concernant la Syrie. Le but était d’obtenir le soutien de l’OCI. Or celle-ci est aussitôt montée au créneau pour refuser la résolution sous cette forme, expliquant qu’elle ne voulait pas légitimer une intervention occidentale en Syrie.

Cela veut dire que les dirigeants arabes et musulmans abandonnent le champ de la diplomatie et des mesures concrètes aux pays occidentaux, qui demeurent donc les seuls appuis de la population civile syrienne. Cela aggrave le hiatus entre l’immobilisme arabe, d’un côté, et les discours tonitruants contre les interventions militaires occidentales  de l’autre. Quant aux opinions publiques arabes, elles finissent par appeler de leurs vœux ces interventions, motivées par des pressions morales, mais évidemment aussi par des intérêts bien précis. Cela va de soi et il n’y a pas lieu de se faire la moindre illusion là-dessus. Il n’y a que les “forces de la résistance et du refus” [les mouvements radicaux anti-occidentaux] qui font semblant de le découvrir et de s’en étonner à chaque fois. En réalité, elles feraient mieux de s’interroger sur les facteurs qui préparent le terrain à ces interventions, leur donnent de la légitimité et poussent les populations à les saluer.

Ce qui se passe généralement, de la Bosnie-Herzégovine jusqu’à la Libye et la Syrie, en passant par le Kosovo, c’est que l’intervention étrangère est le seul moyen d’arrêter le massacre. Que les appels au secours du peuple réprimé coïncident avec les intérêts des puissances étrangères n’y change rien. Il n’y a pas de quoi prendre de grands airs et se croire particulièrement perspicace lorsqu’on a compris que l’intervention de l’Otan en Libye s’explique, entre autres, par les richesses pétrolières et par la position géographique de ce pays aux portes de l’Europe. Toutefois, la question que nous devons nous poser est la suivante : quelle alternative avons-nous à proposer à une population me­nacée de mort ? Lancer des slogans anti-impérialistes n’est décidément pas d’une grande utilité. Ce n’est pas non plus une alternative convaincante à une intervention occidentale qui a au moins réussi à empêcher le régime de Tripoli de mettre à exécution son intention de massacrer une partie de sa propre population.

Discours

“Le président syrien a fait son discours et le peuple syrien lui a répondu en poursuivant les manifestations”, relève le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat. Le 20 juin, Bachar El-Assad s’est adressé aux Syriens pour promettre des réformes, mais il n’est pas parvenu à les convaincre. Depuis le début du mouvement de contestation, le 15 mars, c’était sa troisième intervention publique. Hormis de vaines propositions de dialogue national, d’amnistie                 

et d’amendements constitutionnels, aucune mesure concrète n’a été formulée et, sur le fond, le président a une nouvelle fois évoqué des saboteurs et un complot de l’étranger. “Les responsables de l’effusion de sang auront des comptes à rendre”, a-t-il ajouté. Selon des ONG syriennes, la répression des manifestants a fait depuis trois mois plus de 1 300 morts parmi les civils.
Source : http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/23/l-incroyable-silence-des-arabes

Voir également : Les manifestants syriens anti-Assad s'élèvent contre les alliés des nationalistes arméniens : la République islamique d'Iran et le Hezbollah

Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

mardi 21 juin 2011

Azerbaïdjan : le président Ilham Aliev est confronté à la pression islamiste de l'Iran, cet allié du régime bananier arménien

Azerbaïdjan : à Nradaran, les islamistes défient le régime
Par Pierre Avril
21/06/2011 | Mise à jour : 09:07
REPORTAGE - La ville de Nradaran est l'un des très rares endroits du pays où l'on peut qualifier le président Aliev «d'usurpateur».

En cette fin d'après-midi, les doyens de Nradaran prennent le frais sur la place de l'Imam-Hussein, bercée par la brise de la mer Caspienne, toute proche. C'est l'heure des boissons locales, des biscuits et des palabres. Mais aussi de la prière. Dans la rue poussiéreuse qui mène à la grande mosquée, on croise, furtivement, des silhouettes féminines tout de noir vêtues. Dans ce bourg de 9000 habitants, situé à vingt kilomètres de Bakou, la figure tutélaire du petit-fils de Mahomet -personnage sacré dans la confession chiite- semble veiller sur les âmes, comme en témoignent les citations de l'imam, calligraphiées sur les murs. «Je ne luttais pas pour des biens, juste pour l'islam», prêchait le fils d'Ali, qui mourut en martyr à la bataille de Karbala (680).
Combattants de la foi

À leur manière, les fidèles de Nradaran se veulent des combattants de la foi. À notre arrivée, un habitant nous interpelle: «Ici, les Français ne sont pas les bienvenus, car ils portent tort à l'islam.» Impoli, l'homme se fait aussitôt rabrouer par le sage du village, Natig Karimov, qui souhaiterait donner de Nradaran une image de paix et de tolérance. «Ici c'est le seul endroit du pays où règne la démocratie», affirme le vieil homme. Comprendre: le seul village azéri où des jeunes filles voilées peuvent se rendre à l'école sans crainte d'être renvoyées. «Certes, l'Azerbaïdjan est une république laïque et la charia ne s'y applique pas, mais lorsque le gouvernement se mêle des affaires religieuses, proscrit le hidjab, interdit aux fidèles de prier dans la rue faute de place dans les lieux de culte, alors nous protestons.»

Organisées à l'initiative du conseil du village, les manifestations ne sont pas rares. La plus violente, en 2002, pour protester contre le chômage et le manque d'infrastructures, avait duré neuf mois. Elle s'était soldée par un mort et dix-sept blessés. Depuis, la police de Bakou hésite à s'aventurer dans le village, l'un des très rares endroits du pays où l'on peut qualifier le président Aliev «d'usurpateur».

Aux yeux du pouvoir azéri, à la fois dictatorial et profondément laïque, Nradaran est un repaire d'extrémistes financés par l'Iran, une pointe avancée du prosélytisme chiite destinée à contrarier la trajectoire occidentale du pays et à ébranler son modèle multiconfessionnel. «L'Iran est notre principale menace», estime Azim Mollazade, président du Parti des réformes démocratiques, une formation proche du pouvoir. Les relations entre Téhéran et Bakou sont aussi étroites que tendues. Avec ses seize millions d'individus, la communauté azérie constitue la première minorité d'Iran. Téhéran finance une télévision en langue azérie, Seher, qui dénonce en boucle le caractère «impie» du régime d'Ilham Aliev. Ce dernier accuse le régime des mollahs d'attiser le conflit frontalier du Haut-Karabakh en prenant fait et cause pour l'Arménie, contre l'Azerbaïdjan. Pour sa part, Bakou collabore étroitement avec Israël, notamment sur le plan militaire, ce qui en fait une cible de choix pour Téhéran.

Longtemps larvé, le conflit entre les islamistes locaux et le pouvoir, s'est récemment durci. En novembre 2010, le ministère de l'Éducation a mis le feu aux poudres en interdisant le port du voile à l'école. Puis le leader chiite Movsum Samadov, fondateur du Parti de l'islam, a été arrêté, entraînant des manifestations, aussitôt réprimées. Selon les mouvements islamistes, trente-deux de leurs militants seraient aujourd'hui sous les verrous. La semaine dernière, le président Aliev a fait retirer de la Biennale de Venise l'œuvre d'un sculpteur azéri représentant une femme musulmane entièrement voilée de noir. «Nous avons beau être pacifistes, si le pouvoir nous met trop la pression, on peut envisager une révolution à l'africaine. Dieu a interdit de faire couler le sang, mais il a aussi indiqué au Prophète que les frères ignorants de la loi divine, pouvaient être passés par l'épée», prévient Novrasta Ibragimova, présidente du comité des femmes du Parti de l'islam.

Éduquée dans les universités iraniennes, cette dame de 52 ans enseigne la charia et le Coran dans une des dix madrasas de Bakou et affirme avoir découvert sa vocation religieuse en 1990, après la répression sanglante, par les troupes soviétiques, de la révolte sécessionniste azerbaïdjanaise. Profondément désislamisée à l'époque soviétique, la société azerbaïdjanaise retrouve aujourd'hui ses racines. «Notre but est de faciliter l'instauration d'une démocratie laïque, de vivre librement avec notre hidjab, sans devoir imiter nos filles musulmanes qui se promènent à demi nues», poursuit Novrasta Ibragimova. Un programme politique suffisamment ambigu pour que le régime juge nécessaire d'en punir les auteurs.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/20/01003-20110620ARTFIG00777-azerbaidjan-a-nradaran-les-islamistes-defient-le-regime.php

Le club de football turc de Beşiktaş : les fans sont dirigés par un Arménien

Beşiktaş : le football engagé version turque

REPORTAGE

par Tania Gisselbrecht @

30/05/11

A Istanbul, de Galatasaray l’aristocrate à Fenerbahçe l’asiatique en passant par Beşiktaş, auto-proclamée équipe du peuple (« halk takim »), les « Trois Grands » du foot turc servent de marqueur identitaire à leurs fidèles. Mais les fans de Beşiktaş ont un petit quelque chose en plus : des banderoles engagées, un kop présent dans les défilés politiques, un leader Arménien… Car le Beşiktaşli type défend le progressisme social et l’intégrité footballistique. Rencontre avec ces supporters citoyens.

La galaxie Beşiktaş est un joyeux télescopage de références idéologiques. Ses supporters revendiquent autant le patronage d’Atatürk (le père de la République aurait admis en privé être un fan de l’équipe), que la figure du Che. Les membres de Çarşı - le club de supporters emblématique de Beşiktaş - complètent cet improbable identity kit avec le logo rouge du « A » d’inspiration anarchiste. Tout le monde s’accommode de ces « incohérences visuelles ». Après tout, n’est-on pas là pour s’amuser ?

Orhan Pamuk et droit des animaux dans les gradins

A priori oui. Sauf qu’à Beşiktaş, le fanatisme sportif s’est « politisé ». L’idéologie progressiste véhiculée par les aficionados du club fait figure d’ovni dans un univers sportif essentiellement dominé par des discours de haine. Au-delà des résultats sportifs, une même fierté paraît cimenter la communauté Beşiktaşli, celle d’exprimer des opinions parfois marginales et peu débattues dans la société turque. De la plus anecdotique (le massacre des bébés phoques, la hausse du prix du gaz), à la plus polémique (le soutien à Orhan Pamuk après ses prises de position sur le génocide arménien), les causes dans lesquelles se reconnaissent les supporters de Beşiktaş ne manquent pas. Anti-racisme, environnement ou justice sociale, les Beşiktaşli dénoncent toutes les dérives de la société et veillent à la préservation de l’intégrité de leur sport favori. Parmi les instigateurs de cet activisme tous azimuts, un nom revient constamment : Çarşı.

« Çarşı est contre tout ! »

Ce groupe de supporters indépendants, crée en 1982, est devenu emblématique. Çarşı signifie littéralement « bazar, marché » et, dans l’imagerie locale, fait bien sûr référence au quartier commerçant où est né le club. Au temple d’Inönü Stadium, c’est traditionnellement Çarşı qui officie. La naissance de Çarşı suit de près le coup d’état de 1980. A cette époque, la société turque connaît une polarisation gauche/droite extrêmement vive et l’expression citoyenne est muselée (partis et syndicats sont interdits). En défendant une éthique du supporter socialement responsable et en s’affichant dans certains défilés politiques, les membres de Çarşı ont-ils transformé les tribunes en plateformes de revendication politique et sociale ? Tanıl Bora, politologue auteur de plusieurs études sur le football turc, estime qu’« il serait trompeur de considérer Çarşı comme une sorte d’ersatz à la politique ». Certes, « des citoyens politisés, une partie de la jeunesse ou la culture populaire se sont appropriés ses slogans et jeux de mots comme une sorte de “bien commun” ». Mais il est « erroné de penser que Çarşı possède de ce fait une influence “hégémonique” sur la sphère publique. »

De fait, si Çarşı est devenu synonyme d’esprit contestataire, sa rhétorique ne se départit jamais d’un sens certain de l’humour. A force de répétition, le slogan « Çarşı est contre tout !» est ainsi devenu culte, y compris hors de la sphère footballistique. Ce cri résume parfaitement la culture iconoclaste de ses membres.
L’Arménien qui domine les gradins turcs

Impossible de vraiment comprendre le fonctionnement de cette formidable machine à slogans sans en faire partie. Son principal représentant, amigo Alen, insiste sur l’absence de hiérarchie : « Au sein de Çarşı, il n’y a pas de leaders, que des supporters », et sur son caractère démocratique : « On ne s’occupe pas des différences d’opinions politiques ou religieuses. » C’est que l’homme qui a longtemps animé les tribunes et qui jouit d’une notoriété médiatique incroyable a la particularité d’être arménien ! Et comble de l’ironie, Alen Markaryan reconnaît même que son patronyme a contribué à sa célébrité, « car les gens cherchent toujours à comprendre comment un turc arménien a pu accéder à ce poste dans un pays musulman ! » En voyant comment les travées du stade plongent dans le silence ou s’enflamment en une fraction de seconde sous sa houlette, on ne peut douter de sa popularité parmi les supporters de Besiktas.

On comprend aussi mieux comment le fanatisme sportif et le soutien collectif à une équipe ont permis à ce groupe de dépasser les crispations identitaires nationales.
L’équipe du peuple vs foot industriel

« Biz seni sevinmek için sevmedik » : « On ne vous aime pas pour être heureux ». Cette phrase décrit parfaitement le lien fusionnel qui unit les fans de Beşiktaş avec leur équipe. Ici, pas question de troquer soutien contre victoire. Il est acquis même en cas de défaite. Pour certains, cet amour inconditionnel est pourtant en berne. En cause, la libéralisation économique de la société turque et la marchandisation du football qui s’en est suivie. Le « football industriel » caractérisé par des transferts mirobolants, une valse effrénée d’entraîneurs boucs émissaires des saisons ratées et une augmentation constante du prix des billets, sape les valeurs originelles du club que sont la modestie, le travail, le sacrifice et la solidarité.

Alors un petit cercle de déçus s’est mis cette année à soutenir une petite équipe de province. Le club de Karabük, cité industrielle à l’ouest de la mer Noire, a la particularité d’être soutenu financièrement par un syndicat. Moins de ressources, mais une gestion saine qui a permis au club de rejoindre à nouveau la Süperlig. Cette démarche perpétue l’attitude de rébellion revendiquée par nombre de Beşiktaşli. Pour paraphraser l’adage de Çarşı, on pourrait presque dire les Beşiktaşli sont contre tout, même Beşiktaş.

    L’auteur remercie tous ceux qui ont inspiré et facilité ce reportage : Özcan, Bülent, Dilek, Aliçan et Inan. Merci aussi à Burcak Fakıoglu pour ses traductions.

    Cet article fait partie d’Orient Express Reporter 2010-2011, la série de reportages réalisés par cafebabel.com dans les Balkans. Pour en savoir plus sur Orient Express Reporter.
Source : http://www.cafebabel.fr/article/37735/besiktas-le-football-engage-version-turque.html

vendredi 17 juin 2011

Canada : le fraudeur arménien Léon Kordzian purgera sa peine dans le confort de sa résidence

Le confort de sa résidence pour un ex-fraudeur arménien    
Nouvelles générales - Justice
Écrit par David Santerre  
Jeudi, 16 juin 2011 16:51
Mise à jour le Jeudi, 16 juin 2011 22:24

La députée bloquiste d’Ahuntsic Maria Mourani, qui disait récemment espérer une « vraie peine de prison » pour un fraudeur notoire de son comté, Leon Kordzian, qui a détroussé des compatriotes arméniens de 868 000 $, en a pris pour son rhume jeudi en apprenant que ses deux ans moins un jour de prison, il les purgera dans le confort de sa résidence.


Une sentence « inacceptable » qui « met en échec le travail au parlement pour changer les lois », a déploré en entrevue avec RueFrontenac la députée qui a eu à intervenir dans ce dossier.

L’homme de 67 ans a ainsi été condamné par la juge de la Cour du Québec Jean-Pierre Boyer à une peine de deux ans moins un jour à purger dans la communauté.


Pour les huit premiers mois, il sera assigné à domicile en tout temps, sauf le jeudi après-midi afin qu’il puisse faire ses courses.

Cet ancien courtier immobilier, qui a été radié de son association professionnelle, a plaidé coupable en septembre dernier à 24 chefs d’accusation de fraude, et deux liés à la possession d’une arme à feu mal entreposée.

Sa maison en garantie…

L’homme approchait ses victimes, dans plusieurs cas des personnes d’un certain âge issues de la même communauté arménienne que lui, et peu familières avec le système bancaire canadien, pour leur faire placer leur argent moyennant un retour en intérêt garanti de 24 %.

À certains, il expliquait qu’il les aidait ainsi à financer de jeunes couples qui ne pouvaient obtenir de financement bancaire pour une première maison.

Pour appuyer ses prétentions, il montrait aux gens des documents sensés démontrer qu’il plaçait lui-même sa maison en garantie en cas de non paiement. Le hic, c’est que cette maison n’était pas la sienne, mais celle de sa sœur.

Et il a en effet versé des intérêts à ses victimes pour leur faire croire à la bonne marche du stratagème. Un montant d’ailleurs non-défini puisque la Couronne estime la valeur de ces ristournes à 135 000 $ et la défense à 393 000 $. Il n’en demeure pas moins que la mise de départ, les clients ne l’ont jamais revue. Des pertes variant entre 5000 et plus de 100 000 $ par victime.

D’ailleurs, lors des représentations sur sentence, certaines de celles-ci sont venues dire à quel point l’homme avait ruiné leur vie, leur retraite et leur santé dans certains cas.

Le juge Boyer a estimé que l’homme contre qui la Couronne réclamait quatre ans de pénitencier n’en méritait pas tant vu son âge, le fait qu’il ait perdu son permis de courtier immobilier, qu’il a plaidé coupable rapidement et semble démontrer de vrais remords et le fait qu’il n’a jamais tenté de diminuer son implication dans les crimes.

La procureure de la Couronne, Me Nicole Martineau, visiblement déçue, a indiqué qu’elle allait « analyser » le tout, sans préciser si elle lorgnait la Cour d’appel pour faire réviser cette sentence somme toute clémente.

Dans une autre vie, Maria Mourani, criminologue, a été agent de libération conditionnelle dans le système carcéral fédéral.

Son expérience avec les fraudeurs n’est pas énorme, puisque ceux-ci écopent rarement de peines de plus de deux ans et donc de juridiction fédérale, mais doute énormément des remords de Kordzian.

L’accusé et plusieurs des victimes résident dans le comté d’Ahuntsic. Maria Mourani a été interpelée par quelques-unes des victimes et avec elles a travaillé à en convaincre plusieurs autres, craintives, de porter plainte. Elle a même placardé le secteur où opérait Kordzian de messages mettant en garde la population contre lui.

« J’ai parlé avec les victimes, et certaines me disent qu’il a été assez effronté pour leur dire en pleine face qu’il aura une sentence peu sévère », rapporte-t-elle.


Elle déplore que des criminels comme lui, qui sont considérés comme non-violents par le système de justice, ne voient pas les juges ordonner que soit confectionné un rapport pré-sentenciel à leur sujet avant de rendre sentence.

« Ça permettrait aux juges de savoir exactement à qui ils ont à faire avant de les sentencer, leur risque de récidive, la sincérité de leurs remords », croit-elle.

« Ce n’est pas vrai que ces crimes sont non-violents. La vie de certains de ces gens est détruite, certaines sont des mères monoparentales, des personnes âgées à faible revenu. Ces gens vivent un stress face à la situation. Puis il y a le stress du procès et souvent le stress de ne pas se sentir écoutées », conclut-elle.
Source : http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/justice/38532-leon-kordzian

Pour rappel : Montréal : des Arméniens victimes du fraudeur Léon Kordzian

Des squatteurs arméniens dans un quartier huppé de Bordeaux

11 juin 2011 07h54 | Par Hervé Mathurin   

Bordeaux
Squatteurs chez les « bobos »


Quatre familles étrangères occupent un ancien restaurant rue Cornac avec le soutien de militants et de Michèle Delaunay.

Un squat dans le quartier huppé des Chartrons, à deux pas du cours de Verdun, voilà qui change des taudis de Bacalan et de la Bastide. C'est pourtant là, rue Cornac, que les militants du Réseau d'éducation sans frontière (RESF) et du Droit au logement (DAL) ont trouvé un ancien restaurant chinois, inoccupé depuis huit ans, pour loger quatre familles, dont huit enfants et deux personnes âgées. La dernière, arrivée du Daghestan, a pris ses quartiers avant-hier soir, mais d'autres sont présentes depuis l'ouverture du squat il y a un mois. Les associatifs se sont évidemment gardés d'ébruiter l'affaire durant cette période « afin de ne pas fragiliser davantage ces personnes ». Mais l'intervention d'un agent immobilier, mandaté par le propriétaire, a changé la donne. Celui-ci menace en effet les squatteurs d'une procédure judiciaire s'ils ne quittent pas les lieux au plus vite.

Gagner du temps

Le but des militants de RESF et du DAL était donc, en manifestant leur soutien, de créer une situation telle que la préfecture soit contrainte de reloger ces familles, toutes étrangères (Arméniennes principalement).
« On ne peut plus les expulser sans qu'il y ait eu procès auparavant », assurait l'un des militants. L'objectif est clair : gagner du temps, et spéculer sur la longueur de la procédure.

Dix-sept personnes

Olivier Grumel, l'agent immobilier, s'est déplacé afin de faire valoir son bon droit. Mais il s'est heurté à Michèle Delaunay, la députée socialiste, venue soutenir les associatifs « mais surtout apporter ma médiation en me substituant au préfet dans l'attente de son action ». La députée se dit « prête à discuter avec le propriétaire » pour trouver une solution provisoire, étant donné que des travaux de rénovation n'ont pas encore été engagés ni programmés. Les squatteurs se composent d'un couple de demandeurs d'asile régularisés avec deux enfants de moins de cinq ans et une grand-mère (la mère est enceinte de huit mois), un autre avec deux enfants et une personne âgée (actuellement hospitalisée), un autre couple avec deux enfants et une autre, également avec deux enfants, soit dix-sept personnes réparties sur deux étages. Pour les « protéger », les associations montent la garde par roulement devant la porte de l'ancien restaurant.

Ce type de situation n'est pas nouveau à Bordeaux. L'hiver dernier, un groupe d'immigrants des pays de l'Est avait campé plus d'un mois place André-Meunier avant que la préfecture trouve des solutions au cas par cas.

Combien de squats réels ?

Le préfet Schmitt avait donné la priorité aux étrangers dont la demande d'asile avait été légalisée. Dans la situation présente, il semble que certains immigrants soient en situation régulière et d'autres pas, ce qui complique le règlement. Personne ne sait exactement combien il y a de squats à Bordeaux, ni de squatteurs par conséquent, tant la discrétion est de mise dans la plupart des cas. La question ne se réglera pas avec la saison estivale.
Source : http://www.sudouest.fr/2011/06/11/squatteurs-chez-les-bobos-423602-653.php

Mauvaise nouvelle pour Erevan : une statue de l'ancien président azéri Gueïdar Aliev érigée en Serbie

Belgrade erects statue to former Azerbaijani President
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Thursday, June 9, 2011
BELGRADE - RFE/RL

A statue of late Azerbaijani President Heydar Aliyev has been unveiled in a Belgrade park whose renovation was aided by $2.9 million from the Azerbaijani government.

The ceremony to open Tasmajdan Park on Wednesday was attended by the late Azerbaijani leader's son, current Azerbaijani President Ilham Aliyev, and Serbian President Boris Tadic,
Radio Free Europe/Radio Liberty's Balkan Service reported.

Along with the statue of Aliyev, the park is home to a statue of Serbian writer Milorad Pavic, who died in 2009. The bronze statues are each 3 meters high.

"This is the day when we are tying together our flags and famous people from our history: the founder of the modern Azerbaijan, Heydar Aliyev, and our great writer Milorad Pavic," Tadic said at the ceremony.

Aliyev said the unveiling of the monuments was "a historic day for our two countries."

He added that the mayor of Azerbaijan's capital, Baku, has decided to erect a statue of famous 20th-century inventor Nikola Tesla, an ethnic Serb born in Croatia.

Earlier in the day, Tadic and Aliyev talked about improving economic and political cooperation.

Azerbaijan, a major exporter of oil and natural gas, wants to regain control of its breakaway region of Nagorno-Karabakh, for which it has Serbia's political support. It also does not recognize the independence of Kosovo, which broke away from Serbia in 2008.

Statues of Heydar Aliyev – the leader of Soviet Azerbaijan from 1969 to 1982 and president of Azerbaijan from 1993 to 2003 – have already been erected in Bucharest and Kiev at the behest of Azerbaijani authorities, who often make large financial donations to the accepting cities or countries.

Aliyev also served as the head of the KGB in Azerbaijan and was a Soviet Politburo member. He was forced to resign from that institution in 1987 amid allegations of corruption.

He died at the age of 80 in 2003.

Branka Sesto, a Croatian who headed a U.N. Human Rights Commission project in Azerbaijan from 2001 to 2004, said having Aliyev's statue was not something Belgrade and Serbia should be proud of.

Sesto had written to Belgrade media to draw attention to Aliyev's legacy as president, which is seen by many to be negative.

"Azerbaijan has great poets, fantastic musicians; Azerbaijan has marvelous singers and had a statue been erected [in Belgrade] for any of them, that would be a beautiful gesture," Sesto told RFE/RL.

Vida Knezevic of the cultural group Kontekst Kolektiv said Belgrade did not need an Aliyev statue.

"As someone working in culture, I do not know of a single aspect of his work that merits erecting a monument," she said.
 Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=belgrade-erects-statue-to-former-azerbaijani-president-2011-06-09

Voir également : Mauvaise nouvelle pour Erevan : la Serbie soutient l'Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabakh

Mauvaise nouvelle pour Erevan : les relations entre l'Azerbaïdjan et Israël sont toujours au beau fixe

Azerbaijan, Israel maintain unlikely ties
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Friday, June 3, 2011
BAKU - Agence France-Presse

Men swathed in embroidered shawls rock back and forth reverentially as they murmur morning prayers in Hebrew at a smart modern synagogue built for them by the state in the heart of Muslim Baku.

Despite Azerbaijan's majority Shiite population, the government has funded the construction of two new synagogues in Baku in recent years, and maintains warm relations with Israel that have angered its Islamic neighbor, Iran.

Near the entrance of the synagogue is a photograph of the ex-Soviet state's powerful leader, İlham Aliyev. According to the leader of Baku's Ashkenazi Jewish community, Gennady Zelmanovich, "there have never been signs of anti-Semitism in Azerbaijan."

Some analysts suggest however, the lack of overt prejudice is partly because the country's Jewish population is so small as to be virtually invisible.

Tens of thousands of Azerbaijani Jews immigrated to Israel after independence in 1991 and only around 30,000 remain in a country, which emerged as one of the most secular in the Muslim world after decades of Soviet rule.

Energy-rich Azerbaijan's relationship with Israel is a pragmatic one, based on the export of oil and the import of weapons and military technology. Trade turnover between the two countries last year amounted to $1.8 billion.

"Each country finds it easy to identify with the other's geo-political difficulties and both rank Iran as an existential security threat," said a diplomatic cable from the United States embassy in Baku published by WikiLeaks.

The country needs Israeli weapons to help build up its military amid its continuing conflict with Armenia over the region of Nagorno-Karabakh, a constituent part of Azerbaijan, which has been occupied by Armenia since the end of 1994. While internationally recognized as Azerbaijani territory, the enclave has declared itself an independent republic but is administered as a de facto part of Armenia. Aliyev has vowed to win back control over Karabakh, by force if necessary, from the ethnic Armenian separatists who seized it during a war that took place between 1988 and 1994 and led to the occupation of the region by Armenia, the deaths of more than 30,000 and the creation of nearly 1 million refugees.

Baku has bought hundreds of millions of dollars' worth of battlefield hardware, military communications technology and unmanned drones, according to Israeli media.

"Israel's world-class defense industry with its relaxed attitude about its customer base is a perfect match for Azerbaijan's substantial defense needs, which are left largely unmet by the United States, Europe and Russia," the leaked U.S. embassy cable said.

Azerbaijan does not have an embassy in Israel because it does not want to offend its Muslim partners in the Organization of the Islamic Conference, analysts suggest, although Israel does have an embassy in Baku and was one of the first to recognize the country's independence.

"Israel is in need of friendly relations with Muslim countries," said Elhan Şahinoğlu, director of the Baku-based Atlas political research center, adding that the Jewish state also backs Azerbaijan over the emotive issue of Karabakh.

"Unlike in Europe, there has been no suppression of Jews in Azerbaijan's history, while Israel has always supported Azerbaijan's territorial integrity," the analyst said.

Islamic activists however complain that while the authorities fund the construction of synagogues, they have closed several mosques, arrested suspected Islamists and prohibited the wearing of the hijab in schools as part of attempts to stamp out religious extremism.

Muslim campaigners also want the Israeli embassy in Baku to be shut down in an act of solidarity with the Palestinian cause.

"We have always said the regime in Israel is not only against Muslims but against all of humanity," said Akif Geydarli of the banned Islamic Party. "Azerbaijan's friendship with such a country is unacceptable."

Armenia also accuses Azerbaijan of intolerance because the country's large ethnic Armenian population fled when hostilities in Karabakh began in the early 1990s amid bloody outbreaks of inter-ethnic violence.
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=azerbaijan-israel-unlikely-allies-2011-06-03

Voir également : Israël : Danny Ayalon et Avigdor Lieberman contre la "reconnaissance" du prétendu génocide arménien

lundi 13 juin 2011

Les Arméniens de France sous l'occupation allemande

Cyril Le Tallec, La communauté arménienne de France : 1920-1950, Paris, L'Harmattan, 2001, p. 185-187 :

"Revenons, cependant, au début de l'occupation allemande. L'Office des réfugiés arméniens, relevant d'un décret du Gouvernement français daté du 11 janvier 1930, continuera, dans un premier temps, à délivrer des certificats "pour usage administratif" assurant que le porteur est d'origine arménienne car, "comme ses parents, il est de race arménienne". Cet office, qui se confond avec le Comité central des réfugiés arméniens de Paris, est situé au 15, rue Jean-Goujon, dans le VIIIème arrondissement. On notera, par exemple, que les immigrés russes font de même, par le biais d'un Office des réfugiés russes (7, rue Guénégaud à Paris)... Même si la "race des Arméniens" (au sens de la loi du 2 juin 1941 établissant un "Statut des Juifs") est aryenne, certains Arméniens prennent l'habitude de se déplacer avec leur acte de baptême dans la poche. Un tel document peut en effet, lors de rafles "au faciès", sauver la vie de son détenteur...

Cependant, un nouvel office, plus docile, fut promptement institué par les autorités occupantes. Cet office, qui n'était plus celui des seuls Arméniens, était l'Office des émigrés caucasiens en France (basé au 130, rue de la Pompe, à Paris), groupant les Arméniens, les Géorgiens, les Azerbaïdjanais et les Nord-Caucasiens. L'organisme, strictement contrôlé par les Nazis, délivrera sur demande, en 1943, des certificats d'identité rédigés en allemand, français et arménien. De même, les Russes blancs se voient dotés d'un certificat d'identité, quasi identique, émis par l'Office des émigrés russes en France, basé rue de Galliéra. Par la création de ces deux organismes, seuls aptes à délivrer des certificats de "bonne aryanité" et fermement tenus en main, les autorités allemandes rendaient encore plus ardu un éventuel "camouflage des Juifs".

Dans un but de "clarification", on diffuse alors en France des ouvrages consacrés à la "pureté raciale" des Arméniens, tel Les Arméniens, Race, Origines ethno-raciales de R. Kherumian (Paris, Vigot, 1941) ou Die Armenische Nation (H. H. Sandel, 1943), très admiratif envers le Parti "national-révolutionnaire" Daschnak. Un quotidien collaborationniste publié à Paris, au ton prolétarien mais aux rédacteurs de droite, La France socialiste, décrira également la contribution des Arméniens à la défense de l'Occident ("Les marches orientales de l'Europe", septembre 1942). Quant à l'édition française du magazine italien Tempo du 8 octobre 1942, elle ne craint pas d'affirmer, au sujet de l'Arménie, que "c'est dans ces pays qu'il faut chercher l'incarnation de l'ancien idéal de beauté de la race Aryenne" ! Contacté par les Allemands, Charvach Missakian refuse catégoriquement de republier Haratch et de recruter, en échange de cette faveur, des ouvriers arméniens pour le Reich. Cependant, si la majorité des militants daschnaks se cantonne dans une neutralité vigilante, des Arméniens nantis n'hésiteront pas à s'afficher avec les Occupants. C'est le cas du grand fourreur S., ou du célèbre photographe U., lesquels multiplient les publicités (en allemand) dans le Pariser Zeitung. Mais il y a pire que la collaboration économique : dans L'Appel (l'hebdomadaire antisémite de la Ligue française), le diamantaire T. se proclamera ainsi, en mars 1941, "d'origine arménienne, catholique et aryen", afin de ne pas être confondu avec les locataires juifs de son immeuble...

La main-d'œuvre arménienne, réputée fiable et consciencieuse, est également activement recherchée par l'Organisation Todt (O.T.), laquelle offre aux volontaires, en 1943, "l'assurance de ne pas quitter la France" et promet l'impunité à tous les jeunes se trouvant en situation irrégulière. Le magazine de propagande Signal célébrera ainsi, en janvier 1943, les vertus de l'Arménien Minas T., manœuvre au Havre et enrôlé par l'Organisation Todt. Le 14 juin 1944, dans Le Cri du Peuple, organe du Parti populaire français de Jacques Doriot, on trouvera encore un article de propagande de l'O.T. en direction des Arméniens et des Cosaques, "âgés de 18 à 50 ans". L'engagement au sein de l'O.T. permet surtout aux Arméniens de France d'échapper au Service du travail obligatoire (S.T.O.) et au départ forcé pour l'Allemagne (ou pour certaines usines françaises régulièrement bombardées par les alliés). Le S.T.O. raflera ainsi, en février 1944, 150 Arméniens de Valence, au saut du lit. On les conduira au fort Montluc de Lyon, avant de les diriger sur la base stratégique (et perpétuellement bombardée) de Lorient... Le danger d'être pris dans une rafle du S.T.O. est donc bien réel et des Arméniens issus, par exemple, de la région phocéenne continueront donc à rejoindre les rangs de l'O.T. en mars 1944. Ce recrutement s'effectue par le biais de l'Oberbauleitung (direction régionale) de Marseille. C'est une "bonne combine" pour ne pas partir en Allemagne et réaliser, pour quelques isolés, de juteuses opérations financières (marché noir et trafics en tous genres...)."



samedi 11 juin 2011

Le délire de la "Grande Arménie" (Miatsial Hayastan) : les visées des nationalistes arméniens sur Ourmia en Iran

Georges Mamoulia, "Les crises turque et iranienne (1945-1947). L'apport des archives caucasiennes", Cahiers du monde russe, volume 45, n° 1, 2004, p. 277 :

"Bagirov [leader de la RSS d'Azerbaïdjan] s'opposait aussi aux dirigeants de l'Arménie soviétique qui essayaient d'obtenir du Kremlin l'autorisation de créer une région autonome arménienne dans la région d'Ourmia où se trouvait une importante population arménienne. Erevan espérait rattacher cette région à l'Arménie soviétique en cas de démembrement de l'Iran."

Les revendications irrédentistes du dachnak Mourad Papazian

Mourad Papazian (co-président de la FRA-Dachnak pour l'Europe occidentale), discours, 24 avril 2006 :

"Chers compatriotes, contre la Turquie, nous allons continuer à nous organiser. Nous organiser pour mieux nous mobiliser. Nous mobiliser pour mieux atteindre nos objectifs. Mieux atteindre nos objectifs pour gagner. Non seulement pour la reconnaissance du génocide mais aussi pour l’édification d’une Arménie libre, indépendante et réunifiée pour que tous ensemble, nous puissions reprendre possession de Van, Mouch, Kars, Sassoun, Bitlis et Erzeroum."

Qu'en disent ses "amis kurdes", au fait ?

Le parti Dachnak et l'Italie fasciste

Georges Mamoulia, Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales : Le cas de la Géorgie (1921-1945), Paris, L'Harmattan, 2009, p. 159 :

"La même année [1935], les émigrés arméniens entreprirent leurs premières tentatives en vue d'établir des liens avec les militaires italiens. Selon les archives italiennes, à l'automne 1935, Ichkhanian, le représentant des dachnaks en Italie, proposa à Rome la formation d'une Légion arméno-géorgienne pour participer à la guerre en Ethiopie. Les auteurs de cette initiative escomptaient que l'intervention de Rome dans les affaires de l'Afrique du Nord aboutirait à un affrontement militaire avec la Turquie en Méditerranée orientale comme en 1911."

Voir également : Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

Grossière duplicité de l'activisme arménien

La fidélité d'Ara Toranian au terrorisme de l'ASALA première mouture

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 90 :

"(...) l'ASALA impute la responsabilité du crime d'Orly à un groupe de fascistes arméniens affiliés à la FRA. Désinformation qui se retourne contre elle lorsqu'une branche de l'ASALA fait finalement scission en août 1983. Elle condamne l'attentat d'Orly et se regroupe dans l'ASALA-Mouvement révolutionnaire (ASALA-MR) sous commandement d'A. Yenikomchian, de M. Melkonian et d'A. Toranian, favorables au terrorisme des premières années, tandis que H. Hagopian récupère l'appareil et les caisses du mouvement.

Outre qu'elle poursuit, à la solde d'autres Etats et groupes, ses attentats contre les intérêts français dans le monde, l'ASALA se lance dans une vendetta contre les « traîtres » de l'ASALA-MR et son ennemie de toujours, la FRA."

Ara Toranian, entretien au Nouvel Observateur, 17 octobre 1986, p. 46 :

"Le tournant, c'est la prise d'otages au consulat de Turquie à Paris, en septembre 1981. Quatre jeunes Arméniens à visage découvert mènent une action au péril de leur vie. C'est l'apogée de l'ASALA. Mais dès lors va naître un terrible débat : faut-il épargner l'Etat français, qui a arrêté les quatre Arméniens, ou faut-il le prendre pour cible et tout faire pour les libérer ? Hagop Hagopian va choisir la seconde voie et la France deviendra une cible. Nous, nous cessons de soutenir l'ASALA, et c'est l'attentat d'Orly du 15 juillet 1983. Lâché par les modérés, Hagop Hagopian va s'en prendre aux Arméniens eux-mêmes : j'ai déjà eu deux bombes sous ma voiture et, depuis 1983, l'ASALA a tué plus d'Arméniens que de non-Arméniens."

Ara Toranian, discours à Paris, 24 avril 2009 : 

"Chers amis, chers camarades, le constat un petit peu lucide, amer que je fais n'est pas là pour nous décourager, mais il est là au contraire pour nous inciter à être plus mobilisés que jamais, à être plus combatifs que jamais, (...) à renouer avec l'esprit de la lutte des années 1975 et 80."



Voir également : Ils ont osé le dire : l'apologie insidieuse ou ouverte du terrorisme arménien

Le financement communautaire et illicite de l'organisation terroriste arménienne ASALA

L'ambassadeur d'Azerbaïdjan répond à la logorrhée de l'extrémiste Ara Toranian

"Arménité", "cause arménienne", qu'est-ce que c'est ?

Le terrorisme arménien en France : images d'archives

vendredi 10 juin 2011

Les violences faites aux femmes et aux filles en Arménie (rapport de 2011)

"Violences faites aux femmes et aux filles

En mars, sur décret du Premier ministre, les pouvoirs publics ont mis en place le Comité interadministrations pour la lutte contre les violences liées au genre. Aucun progrès n’a toutefois été observé quant à l’adoption de lois visant spécifiquement les violences faites aux femmes et l’ouverture de foyers d’accueil, contrairement à ce qu’avait recommandé le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes en 2009. On ne comptait qu’une seule structure d’accueil dans le pays. Elle était financée par des fonds étrangers et gérée par une ONG, le Centre pour les droits des femmes.

Victime de violences familiales répétées, Zarouhi Petrossian est morte à l’âge de 20 ans en octobre. Selon les informations recueillies, elle avait été violemment frappée par son mari et sa belle-mère. D’après les déclarations de sa sœur, la jeune femme avait déjà contacté par deux fois la police pour signaler ces violences et obtenir de l’aide, mais les fonctionnaires n’avaient pas donné suite à sa plainte, jugée « sans objet » et « déplacée ». Après l’importante médiatisation dont l’affaire a fait l’objet, les pouvoirs publics ont arrêté l’époux et l’ont inculpé d’« atteinte grave et intentionnelle à la santé » de la victime."


Source : https://www.amnesty.org/fr/region/armenia/report-2011#section-9-5

Voir également : Arménie : des femmes souffrent en silence

Violence au sein de la famille arménienne : le cas de Greta Baghdasaryan

Le problème de la violence conjugale en Arménie

jeudi 9 juin 2011

La collaboration entre l'ASALA et le PKK

Armand Gaspard (alias Armand Gasparian), Le Combat arménien : entre terrorisme et utopie, Lausanne, 1923-1983, Lausanne, L'Age d'Homme, 1984 :

"La collaboration de l'A.S.A.L.A. avec des forces révolutionnaires kurdes concerne essentiellement le Parti des travailleurs du Kurdistan turc (Partia Karkeren Kurdistan-P.K.K.), connu aussi sous le nom de guerre de son fondateur, Apo, alias Abdullah Ogalan [Öcalan]. Cette organisation gauchiste et séparatiste kurde a mené au seuil des années quatre-vingt des opérations de guérilla dans le sud-est de la Turquie, avant d'être démantelée par la junte militaire d'Ankara. Plus de deux-mille de ses militants et sympathisants ont été emprisonnés à Diyarbekir où leur procès a commencé en avril 1981. L'A.S.A.L.A. et le P.K.K. ont signé conjointement plusieurs attentats notamment en 1980 contre le bureau des Turkish Airlines à Rome et contre le consulat de Turquie à Strasbourg." (p. 71)

"A la fin du mois de mai 1983, la Turquie a lancé, avec l'accord du gouvernement de Bagdad, une opération surprise de grande envergure dans le nord du Kurdistan irakien pour y démanteler des camps de maquisards qui effectuaient des incursions en territoire turc limitrophe et menaçaient l'oléoduc Mossoul-Méditerranée. Le secret sur cette opération de « ratissage » a été si bien gardé qu'il n'est pas possible, même après coup, d'en connaître le bilan exact, notamment en ce qui concerne les pertes en vies humaines et le nombre des prisonniers. Cependant, Ankara déclare avoir détruit à cette occasion deux bases mises à la disposition de l'A.S.A.L.A. par le Parti démocratique du Kurdistan. Un nouveau raid de l'armée turque contre des maquisards kurdes en Irak a eu lieu fin août 1983.

Cependant, en août 1984, des maquisards du P.K.K. venus des confins syro-irakiens ont encore attaqué quatre objectifs militaires en territoire turc, près de la frontière, ce qui a provoqué les représailles habituelles de l'armée." (p. 79)

Voir également : Le financement communautaire et illicite de l'organisation terroriste arménienne ASALA

La FRA-Dachnak et le PKK : la fraternité d'armes cimentée dans le sang entre les terrorismes arménien et kurde

mercredi 8 juin 2011

La FRA-Dachnak et le PKK : la fraternité d'armes cimentée dans le sang entre les terrorismes arménien et kurde

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002 :

"D'autre part, la FRA préconise une stratégie d'encerclement de la Turquie à partir d'un Comité des peuples en lutte de libération comprenant la FRA, le PS chypriote et le PKK." (p. 74)

"S'agissant des Kurdes, avec lesquels la FRA cultive un esprit de fraternité révolutionnaire contre le kémalisme, des contacts ont été noués avec le PKK en 1983, à Beyrouth et à Damas, avant de s'interrompre, le temps que le PKK lui désigne un représentant officiel." (p. 83)

"(...) les conclusions du dernier point du congrès, la politique turque de la FRA, qui s'oriente vers une active coopération avec la résistance kurde en Turquie, par l'envoi d'instructeurs dans les camps du PKK et d'experts en explosifs. Malgré les réserves du CDCA qui estime que ce soutien peut s'avérer coûteux pour la FRA sur le plan politique, le congrès décide de relancer tous les contacts avec les leaders kurdes, dans la plus grande clandestinité. Dans ce tournant prokurde en pleine guerre Iran-Irak et soulèvement au Kurdistan turc, il ne s'agit pas pour la FRA de provoquer le régime iranien qui est opposé au Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) d'Abdul Rahman Ghassemlou. Il n'est pas non plus question de heurter la susceptibilité du régime baasiste de Saddam Hussein en Irak, opposé au PDK irakien de Massoud Barzani. La FRA avance le socialisme révolutionnaire dans une main et l'antiturquisme dans l'autre, avec l'ambition de jouer un rôle de médiateur entre les différents partis kurdes, dans le but de présenter un front uni contre la Turquie, dont la politique antikurde est la seule qui puisse, à ses yeux, faire taire les clivages interkurdes." (p. 109)

Voir également : Grossière duplicité de l'activisme arménien

samedi 4 juin 2011

La réfutation des allégations aberrantes des Arméniens sur leur soi-disant origine thraço-phrygienne

Iaroslav Lebedynsky, Les Indo-européens : faits, débats, solutions, Paris, Errance, 2006, p. 28 :

"Par ailleurs, Hérodote présentant les Arméniens comme une colonie phrygienne, on a voulu faire du phrygien l'ancêtre de l'arménien. Malheureusement, la comparaison entre les deux n'est pas probante ; en particulier, l'arménien ne permet nullement de comprendre les textes phrygiens antiques. On tend aujourd'hui à rapprocher le phrygien plutôt du grec (comme le faisait déjà Platon !), mais il n'est pas possible pour autant de l'inclure dans la branche hellénique. L'origine balkanique des Phrygiens paraissant à peu près certaine, leur langue devait relever d'un ensemble indo-européen de la région distinct du thrace et inconnu par ailleurs. L'influence du substrat anatolien sur la langue des conquérants phrygiens paraît avoir été modérée."

A noter que de toute façon, les Phrygiens ont envahi l'Anatolie presque aussi tardivement que les Grecs, et qu'ils y ont notamment détruit la brillante civilisation hittite, ce qui en toute logique devrait interdire aux nationalistes arméniens (arménocentrisme grotesque...) de tenter d'annexer comme ils le font cette civilisation :

"Vers 1200 avant J.-C. une partie des tribus thraces étaient passées en Asie où, sous le nom historique de Phrygiens, elles détruisirent l'empire hittite. Les Phrygiens s'installèrent alors sur le plateau d'Anatolie et étendirent leur pouvoir jusqu'aux Portes Ciliciennes vers le sud-est, jusqu'à Heuyuk au nord de Hattous (Boghaz-keui, l'ancienne capitale hittite) vers le nord-est." (René Grousset, Histoire de l'Arménie : des origines à 1071, Paris, Payot, 1984, p. 67)

Comme les Iraniens, les Arméniens ont une identité issue de l'expansion brutale des Indo-Européens

Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens. Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006, p. 28 :

"Ils [les Iraniens] appartiennent à la grande famille indo-européenne qui, en effectuant un vaste mouvement de migration en direction du sud et de l'ouest entre 2300 et 1900, a submergé le nord de l'Inde, le plateau iranien, l'Europe, dévastant tout sur son passage, anéantissant ou repoussant les indigènes dont certains avaient promu de brillantes civilisations, dont notamment celle de l'Indus. Ils en constituent un rameau particulier que l'on désigne sous le nom d'Indo-Iraniens ou Aryens, mais ils ne sont déjà plus de race pure : au cours de leurs migrations, ils se sont au moins mêlés à des Paléo-Asiates, comme en Inde ils se métisseront avec les Dravidiens, en Iran avec les diverses populations autochtones. Parlant tous à l'origine la même langue, ayant les mêmes croyances, la vieille religion indo-européenne aux dieux souverains, le même mode de vie, ils se sont peu à peu distingués les uns de autres, ont évolué, n'ont plus gardé de traits communs que ceux qu'on peut, dans toute famille, retrouver entre cousins issus de germains. Ils sont devenus des Indiens, des Iraniens, comme d'autres de leurs parents sont devenus des Latins, des Grecs, des Celtes, des Germains."

Voir également : Européanocentrisme et racisme biologique au sein de l'intelligentsia nationaliste arménienne

Le saviez-vous ? Comment la "Grande Arménie" s'est vidée de ses Arméniens au cours des siècles

Le processus de turquisation des populations anatoliennes

Le régime arménien libère quelques prisonniers politiques

ARMÉNIE
Libération de prisonniers politiques


01.06.2011

Le 26 mai, à l'occasion du 20ème anniversaire de l'Indépendance du pays, le Parlement a approuvé la proposition du président Serge Sargsian d'amnistier 397 prisonniers parmi lesquels quatre prisonniers politiques, arrêtés à la suite des manifestations dénonçant les fraudes électorales en mars 2008. Au nombre de ces derniers, le rédacteur en chef du journal d'opposition Aïkakan Jamanak, Nikol Pachinian, "potentiel candidat sérieux aux élections législatives de 2012", explique le site d'information Eurasianet. L'une des principales exigences du Front national Arménien, dirigé par l'ex-président Levon Ter-Petrossian, à l'origine du mouvement de prostestation actuel, a ainsi été entendue et saluée par l'opposition. "Les autorités ont répondu à notre exigence et nous sommes prêts à entamer un dialogue avec elles", a déclaré Ter-Perossian, rapporte le site d'information arménien Panorama.
Source : http://www.courrierinternational.com/breve/2011/06/01/liberation-de-prisonniers-politiques

Syrie : la communauté arménienne continuerait à soutenir la dictature d'Assad

Expert: « La communauté arménienne en Syrie a une attitude stricte envers les autorités actuelles »

By admin at 2 juin, 2011, 4:55

Les actions de protestation et les arrestations, les meurtres et les humeurs révolutionnaires sont en cours en Syrie. La communauté arménienne participe de quelque sorte à tous ces processus. Araqs Pachayan, expert du Centre des recherches politiques « Noravanq », a traité ce sujet lors d’une conférence de presse.

« La communauté arménienne en Syrie assiste à Bachar al Asad », a-t-elle noté.

Selon l’expert, les membres de la communauté arménienne se sentent protégés en direction de ces autorités et c’est pourquoi ils ont une attitude aussi claire.

Araqs pachayan a dit que la communauté arménienne sait qu’ils seront en protection si le pouvoir actuel e change pas.

« La communauté arménienne peut faire face à quelques difficultés dans le cas du changement des autorités », a souligné l’expert, en ajoutant qu’actuellement rien ne menace à la communauté arménienne.

/Times.am/
Source : http://times.am/fr/?p=3748

Voir également : Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

Talat Paşa (Talat Pacha) et les Arméniens

Fuat Dündar, entretien avec François Georgeon, L'Histoire, n° 341, avril 2009 :

"On sait que Talat a ordonné aux gouverneurs de Diyarbakir (le 12 juillet), d'Ankara (27 juillet) et enfin de toutes les provinces (le 29 août) d'arrêter les massacres [d'Arméniens en 1915]." (p. 16-17)


Fuat Dündar, Crime of Numbers : The Role of Statistics in the Armenian Question (1878-1918), New Brunswick, Transaction Publishers, 2010 :

"(...) le point important pour Talat Pacha n'était pas la loyauté à l'islam, mais plutôt à l'Etat. (...)

De temps en temps, il y avait aussi des tentatives pour déporter les convertis lorsque leurs conversions étaient suspectes. Par exemple, à la mi-juin, les Arméniens convertis dans les provinces d'Edirne et Ankara furent déportés. La raison de vouloir déporter les convertis d'Ankara était qu'il y avait le soupçon qu'ils avaient cessé de l'être et qu'ils pratiquaient la messe catholique. Evidemment, le seul soupçon à l'égard de la sincérité de la foi musulmane était considéré comme un motif de déportation par les autorités locales. Talat Pacha, cependant, donna des ordres pour qu'ils ne soient pas déportés. Suite à cela et à d'autres tentatives locales semblables, Istanbul répéta, le 20 juin 1917, que les déportations avaient pris fin." (p. 110)


Guenter Lewy, The Armenian massacres in Ottoman Turkey : a disputed genocide, Salt Lake City, University of Utah Press, 2005 :

"Le 5 mai 1916, Talaat Pacha dit à un correspondant spécial du Berliner Tagehlatt dans une interview qu'il savait que les déportés arméniens avaient été massacrés. "Malheureusement, de mauvais fonctionnaires, entre les mains desquels l'exécution de ces ordres [de déportation] avait été appliquée, se lancèrent dans des excès déraisonnables en faisant leur devoir." Ces événements tragiques, ajouta-t-il, "m'ont causé plus d'une nuit sans sommeil". Dans un rapport à la réunion annuelle du CUP à la fin septembre de cette année, Talaat aurait admis les mêmes excès et mentionné la formation de commissions d'inspection. Et dans un discours lors du dernier congrès du CUP le 1er novembre 1918, il reconnut de nouveau les "incidents", mais il soutint que ces derniers avaient été exagérés par la presse arménienne et grecque. "Beaucoup de fonctionnaires utilisèrent la force et la violence plus que nécessaire. Dans de nombreuses régions des innocents furent injustement des victimes. Je reconnais cela."

La sincérité avec laquelle Talaat Pacha exprima ces regrets et la franchise avec laquelle il répondit aux excès commis contre les Arméniens ont été mis en question, à l'époque ainsi que plus tard. Le 3 septembre 1915, l'ambassadeur d'Autriche, qui avait été informé de l'ordre de Talaat interdisant les attaques contre les convois, exprima sa méfiance que cela pourrait représenter une tentative de tromper les ambassadeurs étrangers. Il restait à voir si ce décret, s'il fut vraiment délivré, serait mis en oeuvre. Le consul d'Allemagne à Adana, aussi, parla d'une "tromperie grossière", puisque les décrets de la fin août furent rapidement remplacés par une seconde ordonnance qui annula les dispositions antérieures. Plus récemment, Taner Akçam a parlé d'un système de Talaat Pacha à deux vitesses dans lequel les ordres émis publiquement étaient annulés par la suite par des émissaires spéciaux ou des télégrammes. La preuve à l'appui d'un tel système est mince. L'ambassadeur Hohenlohe pensait que les ordres de Talaat avaient échoué à atteindre leur effet à cause de l'arbitraire des autorités provinciales. Ou peut-être que c'était juste l'habituel usage turc de supposer que quelque chose se passerait après qu'un ordre avait été soigneusement mis sur le papier." (p. 111-112)

"Les auteurs turcs soulignent que le gouvernement ottoman, à partir d'une date précoce, prit note des vols et des meurtres d'Arméniens à déplacer et, à l'automne 1915, envoya donc des commissions d'investigation pour enquêter sur ces abus. Un conseil d'enquête spécial au sein du ministère de la Guerre examina les irrégularités et réalisa cette tâche jusqu'au début de 1918. Selon le livre blanc de 1916, le gouvernement "promulgua une loi spéciale pour la sauvegarde des biens appartenant à des Arméniens déportés et chargea de l'application de cette loi une commission composée de fonctionnaires expérimentés et compétents. Elle envoya également des comités d'inspection qui effectuèrent des enquêtes sur place et renvoyèrent en cour martiale ceux dont la culpabilité avait été établie". L'historien turc Kamuran Gürün, en s'appuyant sur une source d'archives, écrit que 1.397 personnes furent jugées par des tribunaux militaires pour des infractions contre des Arméniens et que certains reçurent la peine de mort.

Le journaliste turc Ahmed Emin Yalman (dans un livre publié en 1930) remit en question l'effet de l'enquête. "Certains délinquants mineurs furent réellement punis ; mais ceux favorisant les déportations étant très influents dans le gouvernement, le tout relevait plus d'une démonstration que d'une tentative sincère pour fixer l'entière responsabilité." Dadrian, s'appuyant sur des copies des rapports des commissions d'enquête conservées dans les archives du Patriarcat arménien de Jérusalem, affirme que le mandat de la commission était limité à l'appropriation illicite de biens et que la question des massacres ne faisait pas partie de leur travail d'enquête. Il cite plusieurs rapports qui en effet se référent au pillage et à la fraude, même si dans un cas, un rapport parle aussi de la répression des attaques contre les Arméniens. Edward Nathan, le consul américain à Mersin, le 6 novembre 1915, mentionne l'arrivée d'un commissaire impérial "pour enquêter sur les abus des autorités locales en ce qui concerne la prise de la propriété personnelle des Arméniens déportés". Le lieu en question ne connut pas de massacres, de sorte que le fait que cette enquête ne portait que sur le vol de biens arméniens n'infirme pas nécessairement l'existence d'enquêtes sur des meurtres dans d'autres endroits.

Talaat Pacha lui-même apporte son soutien à l'argument selon lequel les enquêtes et par conséquent la punition étaient limitées dans leur portée. Dans ses mémoires posthumes, il écrit que "dans de nombreux endroits, où la propriété et les biens des déportés furent pillés, et les Arméniens molestés, nous fîmes arrêter ceux qui en étaient responsables et les punîmes en fonction de la loi". Toutefois, ajoute-t-il, bien que beaucoup de coupables furent punis, "la plupart d'entre eux étaient indemnes". Ce groupe de délinquants incluait ce large groupe de Turcs qui insistaient pour que les Arméniens soient punis pour le massacre de musulmans innocents et leur aide aux "bandits arméniens".

Les éléments turcs ici visés étaient à courte vue, fanatiques, et pourtant sincères dans leur conviction. Le public les a encouragés, et ils eurent l'approbation générale derrière eux. Ils étaient nombreux et puissants. Leur punition ouverte et immédiate aurait suscité un grand mécontentement parmi le peuple, qui était favorable à leurs actes. Un effort pour arrêter et punir tous ces promoteurs aurait créé de l'anarchie en Anatolie à un moment où nous avions grandement besoin d'unité ... . Nous fîmes tout ce que nous pouvions, mais nous préférions remettre la solution de nos difficultés internes à après la défaite de nos ennemis extérieurs." (p. 113-114)


Sur les deux autres figures du triumvirat jeune-turc : Enver Paşa (Enver Pacha) et les Arméniens

Cemal Paşa (Djemal Pacha), figure majeure de l'arménophilie turque

jeudi 2 juin 2011

Chiche kebab à l'arménienne

Chiche Kebab à L'armenienne

Préparation : 2h
Cuisson : 20 mn

Ingrédients (pour 8 personnes) :
- 1 gros gigot D'agneau Desossé
- 1 botte de persil
- 1 kg d'oignons blancs
- 1 jus de citron
- 1 verre d'huile d'olive
- 1 cuillère à soupe de poivre
- 1 cuillère à soupe de sel
- 1 cuillère à soupe de cumin

Préparation :

La veille, dégraissez le gigot et coupez-le en dés de 3 cm de côté.
Mettez les dés à mariner avec le persil ciselé, les oignons coupés en fines rondelles, le jus de citron, l'huile d'olive, le poivre, le sel et le cumin.
Laisser reposer au réfrigérateur.

Le lendemain, mettre 5 ou 6 morceaux de viande par brochette (chiche).
Allumez le barbecue avec du charbon de bois ; lorsque la braise n'est plus très vive, faire cuire les brochettes.

Accompagnez ces brochettes avec les oignons et le persil macérés et un riz pilaf (voir remarques ci-dessous).
Source : http://www.marmiton.org/recettes/recette_chiche-kebab-a-l-armenienne_55953.aspx

mercredi 1 juin 2011

Le règne du "sultan rouge" (sic) Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) : une "belle époque" pour les Arméniens ottomans hors d'Anatolie orientale

François Georgeon, Abdülhamid II : le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003, p. 321-322 :

"A l'âge des nationalismes, et au moment même où Abdülhamid cherche à s'appuyer sur la communauté musulmane, l'Empire ottoman affirme, plus que jamais, sa vocation multinationale. Si l'on replace le phénomène dans la longue durée et à l'exception des Arméniens d'Anatolie orientale, la fin du XIXe siècle constitue une « belle époque » pour les communautés non-musulmanes. Leur apogée est d'abord démographique. Jamais les Arméniens et les Grecs n'ont été aussi nombreux. Les pertes territoriales de 1877-1878 ont accentué le caractère musulman de l'Etat ottoman, certes, mais dans le même temps, la proportion des Arméniens et des Grecs a, elle aussi, sensiblement augmenté. Dans les années 1880, ceux-ci représentent 21 % de la population. Et parce qu'ils ont été touchés plus tôt par la « révolution démographique », leur taux d'accroissement est supérieur à celui des musulmans.

Pour ces communautés, c'est aussi l'apogée sur le plan de l'organisation communautaire. En effet, le règne d'Abdülhamid marque le sommet de l'autonomie des millet : les communautés continuent à jouir de leurs privilèges d'autonomie dans le cadre de la réforme des institutions modernisées au début des années 1860, à l'époque des Tanzimat, au profit des élites laïques ; elles possèdent leurs propres institutions communautaires, leurs paroisses, leurs écoles, leurs tribunaux, leurs propres taxes. En contribuant à séculariser les millet, en réduisant le pouvoir du clergé et des religieux au sein des communautés au profit des laïques, les hommes d'Etat des Tanzimat espéraient affaiblir leur identité, et rendre possible, par le biais de ces nouvelles élites sécularisées, la création d'une « nation ottomane ». Ces calculs se sont révélés faux : si la religion a été le conservatoire de la nationalité, c'est le plus souvent au sein de ces nouvelles élites (enseignants, avocats, médecins, commerçants, journalistes) qu'ont été recrutés les pionniers du nationalisme. (...)

En même temps que les communautés profitent du système d'autonomie, elles bénéficient aussi de la protection assurée par les consuls et de la modernisation de l'Etat. L'Etat leur assure, en principe, davantage d'égalité et de sécurité. La liberté religieuse (c'est-à-dire en fait le droit de changer de religion) a été proclamée ; les interdits vestimentaires ont été supprimés ; de même, les confiscations, normalement, n'existent plus ; et les formules injurieuses, adressées aux chrétiens et aux juifs, sont en principe interdites. Certes, la situation est loin d'être parfaite, la stigmatisation n'a pas disparu. Mais il reste que la « violence symbolique » dont étaient victimes les non-musulmans a quelque peu diminué. Les communautés ne sont pas « allogènes » dans l'Empire ; il n'y a pas de numerus clausus dans les écoles ni, en principe, de restriction aux déplacements de telle communauté, tel que le pratique au même moment l'Empire des tsars. Abdülhamid lui-même respecte le cadre communautaire, il ne part pas en guerre contre les millet, même si, dans certains domaines, il voudrait les contrôler davantage. C'est le cas pour les écoles ; c'est le cas aussi pour les prérogatives judiciaires des différents clergés, qu'il cherche à limiter mais sans succès."


François Georgeon, "Le dernier sursaut (1878-1908)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 552-553 :

"(...) l'expansion économique et culturelle de l'Europe dans l'empire s'accompagne de l'ascension des minorités non musulmanes, surtout des Grecs et des Arméniens. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle constituent pour cette bourgeoisie nouvelle un véritable âge d'or. Déjà, la proportion des non-musulmans est plus forte dans les villes. Ils représentent en effet le tiers de la population urbaine et seulement le cinquième de la population totale de l'empire. Mais c'est parmi eux que se recrutent les commerçants, hommes d'affaires, entrepreneurs. A Izmir, on voit se constituer cette classe sociale dans le dernier quart du XIXe siècle. Alors qu'auparavant Grecs et Arméniens se contentaient de servir d'intermédiaires et d'agents aux firmes commerciales anglaises, ils commencent à fonder leurs propres maisons de commerce et à se lancer dans l'import-export. Dès 1893, on dénombre 97 maisons de commerce appartenant à des Grecs et à des Arméniens d'Izmir, et 34 à Aydïn. Cette mainmise sur les activités commerciales et économiques ne concerne pas que les régions côtières : dans le même temps à Ankara, les Grecs ont accaparé le commerce de la laine angora, et les Arméniens contrôlent le commerce de transit. Représentant le tiers de la population de la ville, ils ont la haute main sur toutes les activités commerciales.

La position des Grecs et des Arméniens est désormais dominante dans le commerce extérieur, mais aussi dans les activités bancaires et industrielles. Le premier « recensement » industriel de l'Empire ottoman, réalisé en 1913-1915, confirmera cette tendance : 50 % du capital investi dans les établissements industriels recensés sont aux mains des Grecs, 20 % appartiennent à des Arméniens, 5 % à des juifs. Le reste se partage entre les étrangers (10 %) et les Turcs (15 %). Autrement dit, à la veille de la Première Guerre mondiale, les trois quarts du capital industriel sont contrôlés par les Ottomans non musulmans."


Voir également : Le XIXe siècle, l'âge d'or des Arméniens d'Istanbul

Abdülhamit II (Abdul-Hamid II), un sultan entouré d'Arméniens

Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

Les prétendus "massacres hamidiens" de l'automne 1895

Le bolcheviste arménien Stepan Shaoumian (Stepane Chaoumian) : un ami intime de Staline et le massacreur des Azéris de Bakou

Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, Paris, Le Livre de Poche, 2010, p. 695, note 1 :

"Stepane Chaoumian, le compagnon de chambre de Staline à Londres et son jeune associé dans le hold-up de Tiflis et ensuite à Bakou, fut le maître brutal de la Commune de Bakou en 1918 quand il supervisa le massacre d'environ quinze mille Azéris. Il fut ensuite renversé et fusillé par les Blancs et les Britanniques, devenant ainsi l'un des Vingt-six Commissaires [du Peuple] entrés dans la légende. Staline adopta alors le fils de Chaoumian, Levan, et l'éleva dans sa propre maison."

Outre Chaoumian, on peut mentionner également "Kamo" (alias Simon Ter Petrossian) et Souren Spandarian parmi les amis et compagnons de lutte arméniens du futur dictateur d'origine géorgienne. L'Arménien Anastase Mikoyan, ancien commissaire de la Commune de Bakou, fut un apparatchik de premier rang de l'époque stalinienne, il co-signa notamment l'ordre d'exécution des officiers polonais de Katyn.

Voir également : Histoire des Arméniens : massacre de la population azérie à Bakou

Une hypothèse plausible : Staline a-t-il envisagé la déportation du peuple azéri sous l'influence de son camarade arménien Anastase Mikoyan ?

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

L'Arménie veut renforcer sa coopération énergétique avec la République islamique d'Iran

L'Iran et l'Arménie veulent renforcer leur coopération énergétique


TEHERAN - L'Iran et l'Arménie ont signé un protocole d'accord pour renforcer leur coopération dans les domaines énergétique (pétrole, gaz et électricité) mais aussi commercial et industriel, ont rapporté mardi les médias iraniens.

Le ministre arménien de l'Energie, Armen Movsissian, a signé cet accord lundi soir à Téhéran avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi.

Le volume des échanges entre les deux pays a augmenté de 38% en 2010 passant à 270 millions de dollars, a indiqué M. Salehi.

Il a par ailleurs indiqué que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se rendrait la semaine prochaine en Arménie.

Les deux pays ont décidé la construction d'une troisième ligne électrique d'une capacité de 500 à 800 mégawatts reliant leurs réseaux électriques.

Ils envisagent également la construction par des sociétés iraniennes de deux barrages hydroélectriques de 180 mégawatts chacun sur la rivière Araxe, frontalière entre les deux pays.

En février, M. Movsissian avait annoncé la construction d'un oléoduc de 365 km reliant Tabriz (nord-ouest de l'Iran) à Erakhsh, en Arménie. Cet oléoduc doit permettre à l'ancienne république soviétique de diversifier ses fournisseurs d'énergie, en particulier après la guerre russo-géorgienne d'août 2008 qui a perturbé son approvisionnement en hydrocarbures.

En 2007, l'Arménie et l'Iran avaient inauguré un gazoduc destiné à acheminer 36 millions de mètres cubes/jour de gaz iranien en Arménie pendant 20 ans.


(©AFP / 31 mai 2011 09h44)
Source : http://www.romandie.com/news/n/_L_Iran_et_l_Armenie_veulent_renforcer_leur_cooperation_energetique310520110905.asp