samedi 25 juin 2011

Syrie : un des bastions moyen-orientaux (avec le Liban et l'Iran) du lobby transnational arménien bientôt balayé par une intervention de l'armée turque ?

C'est à Alep (non loin de la frontière turque) que se trouvent les principaux soutiens communautaires arméniens (dachnaks) au despotisme assadien :
SYRIE
L’incroyable silence des Arabes


Devant l’apathie des régimes arabes face à la répression, en Syrie, le peuple syrien va suivre l’exemple de la Libye et réclamer une intervention étrangère.

23.06.2011 | Khaled Hroub | Al-Ittihad

A moins d’être dénué de toute humanité, on ne peut rester indifférent au sort du peuple syrien, qui subit jour après jour un véritable massacre. Pourtant, les pays arabes ne paraissent pas concernés et se comportent comme si cela se passait sur une autre planète. Alors que la répression se poursuit dans d’innombrables villes et villages, n’épargnant même pas les enfants, les gouvernements arabes ont l’air de regarder ailleurs. Le régime assiège la ville de Jisr Al-Choughour, dans le nord-ouest du pays, et ne laisse pas d’autre choix à la population que le chemin de l’exode par-delà la frontière turque. Malgré cela, les Arabes restent silencieux.

La seule voix qui s’élève pour con­damner fermement ces massacres est celle de la Turquie, pays qui n’est pas arabe et qui a pourtant de puissants intérêts économiques et stratégiques en Syrie. De son côté, l’Union européenne se préoccupe, elle aussi, de la situation et a fait des déclarations sans ambiguïté au sujet du régime. De même, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni et a tenté de prendre des résolutions susceptibles de dissuader le régime de poursuivre dans la voie de la répression sanglante. Dans les grands pays occidentaux, les organisations de défense des droits de l’homme, les médias et la société civile exercent des pressions considérables sur leurs gouvernements respectifs afin de les pousser à prendre position. Seuls les gouvernements arabes restent cois. Ces derniers se trouvent donc dans le même camp que la Russie et la Chine, qui ont pris position contre le peuple syrien en menaçant d’user de leur droit de veto pour empêcher le vote d’une résolution contraignante. C’est ainsi qu’a été adopté un texte a minima, dépouillé de toute sanction concrète. L’une des premières versions de cette résolution faisait référence à la très prudente déclaration de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), qui avait exprimé son “inquiétude” concernant la Syrie. Le but était d’obtenir le soutien de l’OCI. Or celle-ci est aussitôt montée au créneau pour refuser la résolution sous cette forme, expliquant qu’elle ne voulait pas légitimer une intervention occidentale en Syrie.

Cela veut dire que les dirigeants arabes et musulmans abandonnent le champ de la diplomatie et des mesures concrètes aux pays occidentaux, qui demeurent donc les seuls appuis de la population civile syrienne. Cela aggrave le hiatus entre l’immobilisme arabe, d’un côté, et les discours tonitruants contre les interventions militaires occidentales  de l’autre. Quant aux opinions publiques arabes, elles finissent par appeler de leurs vœux ces interventions, motivées par des pressions morales, mais évidemment aussi par des intérêts bien précis. Cela va de soi et il n’y a pas lieu de se faire la moindre illusion là-dessus. Il n’y a que les “forces de la résistance et du refus” [les mouvements radicaux anti-occidentaux] qui font semblant de le découvrir et de s’en étonner à chaque fois. En réalité, elles feraient mieux de s’interroger sur les facteurs qui préparent le terrain à ces interventions, leur donnent de la légitimité et poussent les populations à les saluer.

Ce qui se passe généralement, de la Bosnie-Herzégovine jusqu’à la Libye et la Syrie, en passant par le Kosovo, c’est que l’intervention étrangère est le seul moyen d’arrêter le massacre. Que les appels au secours du peuple réprimé coïncident avec les intérêts des puissances étrangères n’y change rien. Il n’y a pas de quoi prendre de grands airs et se croire particulièrement perspicace lorsqu’on a compris que l’intervention de l’Otan en Libye s’explique, entre autres, par les richesses pétrolières et par la position géographique de ce pays aux portes de l’Europe. Toutefois, la question que nous devons nous poser est la suivante : quelle alternative avons-nous à proposer à une population me­nacée de mort ? Lancer des slogans anti-impérialistes n’est décidément pas d’une grande utilité. Ce n’est pas non plus une alternative convaincante à une intervention occidentale qui a au moins réussi à empêcher le régime de Tripoli de mettre à exécution son intention de massacrer une partie de sa propre population.

Discours

“Le président syrien a fait son discours et le peuple syrien lui a répondu en poursuivant les manifestations”, relève le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat. Le 20 juin, Bachar El-Assad s’est adressé aux Syriens pour promettre des réformes, mais il n’est pas parvenu à les convaincre. Depuis le début du mouvement de contestation, le 15 mars, c’était sa troisième intervention publique. Hormis de vaines propositions de dialogue national, d’amnistie                 

et d’amendements constitutionnels, aucune mesure concrète n’a été formulée et, sur le fond, le président a une nouvelle fois évoqué des saboteurs et un complot de l’étranger. “Les responsables de l’effusion de sang auront des comptes à rendre”, a-t-il ajouté. Selon des ONG syriennes, la répression des manifestants a fait depuis trois mois plus de 1 300 morts parmi les civils.
Source : http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/23/l-incroyable-silence-des-arabes

Voir également : Les manifestants syriens anti-Assad s'élèvent contre les alliés des nationalistes arméniens : la République islamique d'Iran et le Hezbollah

Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien