mercredi 6 juillet 2011

Brives-Charensac : parrainage républicain pour deux familles de réfugiés arméniens

Triple parrainage républicain en mairie de Brives-Charensac

Publié le 03/07/2011 à 00:00

Il concernait deux familles Arméniennes et une Kosovare, menacées d’expulsion et dans l’attente de la décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra)

Un parrainage républicain est toujours paradoxal. D’un côté, il est porteur d’espoirs et de joie ; de l’autre, il est synonyme de grande détresse humaine. Cette étrange sensation a ponctué la triple cérémonie organisée, hier matin, en mairie de Brives-Charensac. Avec le soutien de la municipalité brivoise, elle était le fruit du travail en collaboration du Collectif de soutien aux demandeurs d’asile de Langeac, du Collectif départemental de défense des demandeurs d’asile et sans-papiers, et de RESF 43 (Réseau éducation sans frontières).

Catherine Granier-Chevassus, conseillère municipale du Puy-en-Velay, et Yves Prat, adjoint au maire de Brives-Charensac, parrainaient le jeune Vruyr Dovlatyan et sa maman, Marinos, Arméniens déboutés du droit d’asile. Vruyr, coiffeur de profession, fait du bénévolat aux Restos du cœur et auprès d’Emmaüs afin de « redonner quelque peu l’aide » qu’il reçoit en France.

Pascale Bonhomme, adjointe au maire de Brives-Charensac, et Jacques Landau, militant associatif, étaient aux côtés de Slavik et Suzanna Sargsyan et de leurs enfants, David et Arthur, exilés d’Arménie. Après avoir vu leur maison incendiée, avoir été traqués par les autorités, ils avaient fui en Ukraine, avant de rejoindre la France.

Enfin, Evelyne Valentin, conseillère régionale, et Maurice Cubizolles, maire de Lempdes (Brivadois), apportaient leur soutien à Nejaz et Azra Mahmuti et à leurs sept enfants, exilés du Kosovo après avoir été persécutés par les Albanais et les Serbes.

Tous les parrains et marraines ont déploré « l’attitude de la France, pourtant réputée dans le monde comme le pays des Droits de l’homme, mais qui ne prend pas en compte le désespoir de ces hommes, femmes et enfants, réfugiés politiques, et dont l’avenir est menacé par des mesures d’expulsion ». Une position « d’autant plus inacceptable en Haute-Loire, alors que les habitants du Chambon-sur-Lignon ont tout risqué pour cacher des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale ». Ce qui fait dire à Maurice Cubizolles : « En étant le témoin de ça, j’ai honte d’être Français ». Pascale Bonhomme, elle, s’est avouée « fière d’accueillir une telle manifestation, Brives-Charensac étant très engagée pour les Droits de l’homme et le respect de l’être humain ». Enfin, Jacques Landau a mis en exergue « tout le bénéfice que peuvent apporter les immigrés à la France, notamment grâce à leur savoir et leurs connaissances ».

Reste que ces trois familles réfugiées en Haute-Loire sont toutes sous le coup de mesures d’expulsion. Leurs avenirs et leurs vies sont maintenant entre les mains de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR). Un « verdict » très attendu par ces exilés, mais également redouté.
Nadine Maurin
Source : http://www.leprogres.fr/haute-loire/2011/07/03/triple-parrainage-republicain-en-mairie-de-brives-charensac