vendredi 5 août 2011

Aveyron : la colère d'Ara et Melina, demandeurs d'asile arméniens

Rodez La colère et l’inquiétude des demandeurs d’asile en Aveyron
PHILIPPE ROUTHE
04/08/2011, 06 h 00

Au lendemain de la manifestation des professionnels de l’urgence sociale un peu partout en France, ce sont les demandeurs d’asile qui, hier en fin de matinée, en Aveyron, ont crié leur colère et leur inquiétude. "On n’a plus droit à de l’argent, on n’a plus de colis alimentaires. Comment fait-on avec nos enfants ?" a lancé Ara, dans un français approximatif, à un parterre de journalistes locaux, à deux pas de la préfecture. Originaire d’Arménie, il portait la parole de plusieurs familles, présentes à ses côtés. "Et toutes ne sont pas là, car elles ont peur aussi de la police." "Toutes les aides ont été bloquées" relatait Melina, sa compagne.

À leurs côtés, quelques membres de la Ligue des Droits de l’Homme étaient venus les soutenir. L’un d’eux, Léon Malié, soulignait en outre les difficultés que connaissent les associations telles que le secours populaire ou le secours catholiques pour faire face à toutes les demandes. Ce sont donc des familles désemparées qui souhaitaient, hier, alerter les pouvoirs publics et les médias sur leur situation.

"Le crédit global n’a pas augmenté, ni diminué, mais les demandes, elles, ont bien explosé"

Robert Garrigues, directeur du DDCSPP Du côté de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, une première explication vient de la difficulté de subvenir à tous les besoins face à l’explosion de la demande. "En Aveyron, nous disposons d’un crédit pour l’hébergement d’urgence qui s’élève à 1 825 000 euros, auquel il faut ajouter une avance de 26 000 euros dédiés uniquement aux demandeurs d’asile. Un crédit global qui n’a pas diminué par rapport à l’an passé, mais qui n’a pas augmenté non plus. Or, les demandes, elles, ont bien explosé avec l’arrivée importante de ressortissants des pays de l’est" fait remarquer Robert Garrigues, le directeur de la DDCSPP.

Mais pour ce dernier, la préoccupation est d’autant plus grande, qu’en matière d’hébergements d’urgence, l’Aveyron est à saturation avec 335 places (270 pour l’hébergement d’urgence et 58 pour les demandeurs d’asile). "Nous sommes aujourd’hui en surpopulation. Heureusement que quelques associations indépendantes œuvrent également", fait remarquer Robert Garrigues, qui s’inquiète déjà de ce que va réserver l’hiver.

"Nous espérons toutefois une rallonge très prochainement. Je précise aussi que nous travaillons à l’ouverture d’hébergement d’urgence correct pour cet hiver, dans le département et c’est en bonne voie", a-t-il ainsi précisé, voulant apporter une note d’optimisme à une situation particulièrement "compliquée."
Source : http://www.midilibre.fr/2011/08/03/la-colere-et-l-inquietude-des-demandeurs-d-asile-en-aveyron,366004.php