vendredi 16 septembre 2011

Brest : une famille de réfugiés arméniens dort dans la rue

Actualité
Vendredi 16 septembre 2011

Des enfants émigrés dorment dans la rue

Depuis plusieurs jours, des familles étrangères avec des enfants, dont certains n'ont que 4 ans, dorment sur le trottoir au port de commerce.
L'histoire

En 2011, en France, des enfants de 4 ans peuvent dormir dans la rue ! La scène se passe au port de commerce, rue de Madagascar. Depuis environ deux semaines pour certaines, des familles installent un campement pour la nuit : une bâche pour isoler du sol et des couvertures. Elles sont installées sur le trottoir, devant le foyer d'hébergement Aftam.

Il y a désormais cinq familles : trois d'Albanie, soit douze personnes dont six enfants ; une couple d'Arméniens avec une fillette de 4 ans et un garçon de 7 ans ; une mère seule avec trois enfants, dont une fillette de 4 ou 5 ans, venue de la Corne de l'Afrique. Somalie, Éthiopie, Djibouti ? Difficile à dire : seuls les enfants parlent le français, laissant penser qu'ils sont effectivement passés par Djibouti.

« Déni de droit »

Gevorg et son épouse Gohar ont fui l'Arménie, mais ne veulent pas dire pourquoi. Ils craignent beaucoup d'être pris en photo. Par l'intermédiaire d'un bénévole russe, ils acceptent d'expliquer leur parcours. Ils disent être arrivés en France le 30 août en provenance de Moscou, « après trois jours en autobus ». Pourquoi ont-ils poussé jusqu'à Brest ? Impossible de le savoir. Ils disent être arrivés « par l'autobus ». Depuis deux semaines, le couple affirme n'avoir bénéficié que de « trois nuits à l'hôtel ». Ils ont l'intention de faire une demande d'asile.

« C'est un déni de droit, dénonce Olivier Cuzon de Cass'Papiers, collectif de soutien aux sans-papiers. Le préfet a l'obligation d'assurer l'hébergement d'urgence des demandeurs d'asile. Et surtout, laisser des enfants dormir dans la rue ! C'est contraire à la convention internationale des droits de l'enfant. »

Hier après-midi, deux militants ont demandé une entrevue à la sous-préfecture. La grille ne s'ouvrant pas, ils ont profité de la sortie du personnel pour se glisser dans l'enceinte de la sous-préfecture. Ils ont été finalement reçus par le secrétaire général. « Ils suivent la situation de près et ont promis une réponse le plus rapidement possible », indiquait Olivier Cuzon, à l'issue de l'entrevue.

« Forte tension »

Hier soir, le sous-préfet de Brest souhaitait replacer cette affaire dans « un contexte de forte tension sur l'hébergement des demandeurs d'asile. Depuis le début de l'année, les demandes ont augmenté de 30 % au niveau national. Ça se répercute aussi dans le Finistère. » Selon Jean-Pierre Condemine, le Finistère dispose de 421 places d'hébergement d'urgence. « Nous sommes saturés. »

Ne contestant pas l'urgence pour les enfants, le sous-préfet assure que « les décisions les plus adaptées seront prises pour les familles les plus en détresse ». Mais il prévient : « Nous ne pourrons pas héberger tout le monde. »

Hier soir, les familles africaine et arménienne ont été hébergées à Keraudren. Les familles albanaises sont restées sur le trottoir.

Yannick GUÉRIN.  Ouest-France 
Source : http://www.brest.maville.com/actu/actudet_-Des-enfants-emigres-dorment-dans-la-rue_loc-1991777_actu.Htm