mercredi 7 septembre 2011

Carcassonne : des familles de demandeurs d'asile arméniens vivent sous des tentes

Le mercredi 7 septembre 2011 à 06h00 par Fabien Arnaud | Mis à jour à 08h07

Carcassonne
Le pont de l'Avenir, nouvelle adresse des demandeurs d'asile


Un barbecue en métal, des cordes à linge tendues entre les arbres, des miroirs accrochés à un tronc. Un quotidien de fortune s'est mis en place près du pont de l'Avenir, pour une dizaine d'étrangers sans papiers. Sur cette berge de l'Aude, aux portes du centre-ville de Carcassonne, cinq tentes de camping se dressent désormais, abritant trois familles (deux arméniennes et une macédonienne) et un Afghan.

Tous sont arrivés ces dernières semaines, succédant sur cet emplacement à la famille kosovarde que nous avions rencontrée fin juillet. Un couple et une adolescente, aujourd'hui sous le coup d'une obligation de quitter le territoire (lire encadré).

"C'est la Cimade (le comité inter-mouvements auprès des évacués, NDLR) qui leur a donné ces tentes et les a installés ici", explique Archak, un jeune Arménien de Carcassonne. Depuis leur arrivée, il vient en aide à ses compatriotes, et joue les interprètes. "Je leur ai apporté des chaises. D'autres ont donné le barbecue, une bouteille de gaz, des petits meubles dont ils ne se servaient plus". Pour le reste, la petite communauté vit avec les colis alimentaires de la Croix Rouge, dont le local est situé tout près de là.

Aram, ses trois enfants et son épouse enceinte En cette fin d'après-midi, Aram, l'un des pères de famille arménien, est en train de faire du feu. Son épouse, enceinte, prépare le repas. A leurs côtés, leurs deux fils de 15 et 14 ans, et leur fille de 10 ans. Aucun ne parle français, mais tous les trois ont été recensés par le Réseau éducation sans frontières, pour être scolarisés dès que possible (lire page 2). En attendant, les enfants de la famille tuent le temps comme ils peuvent. "L'un des deux frères est très bon aux échecs. Je le fais jouer avec un membre d'un club de Carcassonne", raconte Archak.

Et traduisant les propos du père : "Ils disent avoir quitté Erevan à cause de la situation politique". L'autre famille arménienne arrive d'Ekaterinbourg, une ville de l'Oural, en Russie. "Le père est arménien et la mère turque". Eux aussi auraient quitté leur pays à cause du rejet dont ils seraient victimes. La famille macédonienne, elle, est arrivée début août à Carcassonne. Le ressortissant afghan, lui, aurait obtenu un logement tout récemment.

A la Croix Rouge, on observe en tout cas une forte demande de la part d'étrangers sans logement, à Carcassonne. "Depuis le début de l'été, nous avons accueilli des dizaines de familles. Cela nous a surpris. Maintenant, la situation est aussi tendue en été qu'en hiver", constate une bénévole.

Les demandeurs d'asile, eux, comptent sur la Cimade, qui leur offre une domiciliation pour mener leurs démarches administratives. Et s'en remettent au destin. "Dieu décidera !", lance l'épouse d'Aram devant sa tente.
Source : http://www.lindependant.fr/2011/09/07/le-pont-de-l-avenir-nouvelle-adresse-des-demandeurs-d-asile,58857.php