vendredi 28 octobre 2011

Cahors : rixe sanglante au sein de la communauté arménienne

Publié le 28/10/2011 08:00 | Jean-Luc Garcia
Cahors. Rixe sanglante au cœur de la communauté arménienne
tribunal

Cahors, quai de Regourd, février 2007 : une rixe sanglante éclate au cœur de la communauté arménienne. Une liaison amoureuse déchue serait à l'origine de cette affaire où un couteau a frappé et blessé.


Cinq prévenus, tous originaires d'Arménie… et presque tous frappés d'amnésie au moment d'évoquer une sombre affaire de coups de couteau, survenue le 11 février 2007, comparaissaient hier à la barre du tribunal correctionnel de Cahors.

Les faits remontent au 11 février 2007, jour d'une rixe au couteau, à Cahors, où un homme et son fils étaient aux prises avec trois autres individus d'origine arménienne.
Quelques heures auparavant, le jeune homme au centre de cette bagarre avait croisé son ancienne compagne dont il s'était séparé après avoir entretenu avec elle une relation amoureuse secrète. « Vous ne souhaitiez pas informer vos parents de cette liaison avec cette jeune femme en raison de votre différence d'âge avec elle », a souligné Tiffany Gamain, substitut du procureur. Au préalable, dans un bref rappel des faits destiné à clarifier une situation très embrumée, Gilles Accomando, président du tribunal, a expliqué qu'une « altercation a eu lieu avec cette jeune femme lorsqu'elle s'est retrouvée face à vous ». L'homme n'aurait alors pas supporté sa séparation avec sa dulcinée et surtout pas le lien qu'elle entretenait avec un autre Arménien. « Elle a déclaré que vous l'avez frappé », lance Tiffany Gamain. « C'est faux ! », rétorque aussitôt le prévenu.
Deux hommes blessés

Cet acte de violence, à l'origine du règlement de compte du 11 février, a laissé d'autres traces… dans d'autres chairs.


Le père du jeune homme et l'un des Arméniens venus en découdre ont chacun reçu des coups de couteau entraînant 36 jours d'interruption de travail pour le premier et 15 jours pour le second.
Mais qui a joué du couteau ? « J'ai pris l'arme des mains des autres. On était cinq. Je ne sais pas qui a sorti le couteau », balbutie le jeune homme.

« Votre mère a dit que si l'on trouvait du sang sur le couteau, c'était parce qu'elle saignait du nez. L'arme était dans votre veste et pourtant vous n'expliquez pas sa présence », reprend Tiffany Gamain. L'homme ne bronche pas. Les avocats Ilham Soummer, Thierry Chevalier, François Faugère et Henri Touboul, ont plaidé « l'absence de preuves et un grand vide dans ce dossier » pour défendre leurs clients à la fois auteurs et victimes. Ces derniers ont affirmé avoir oublié tous les détails de cette rixe. L'un d'eux prétend en être étranger. Des peines allant de 8 mois de prison à 8 mois assortis de sursis de 2 et 4 mois ont été requises. Délibéré le 1er décembre. Les cinq compères sont ressortis le cœur léger et l'esprit vide. L'amnésie bien sûr…
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/28/1203035-les-armeniens-a-couteaux-tires.html