samedi 8 octobre 2011

En Géorgie, le débile Sarkozy donne des leçons à la Russie (après la Turquie), et contribue ainsi à l'isolement de son "ami" le tyranneau arménien Sarkissian

En Géorgie, Sarkozy rappelle Moscou à ses engagements

Par Alain Barluet

Publié le 07/10/2011 à 20:43

À Tbilissi, le chef de l'État a dénoncé les «menaces et intimidations» russes.


Nicolas Sarkozy a fait un triomphe vendredi, auprès de dizaines de milliers de Géorgiens rassemblés dans le centre de leur capitale Tbilissi, en dénonçant le non-respect par Moscou des accords qui avaient mis fin en 2008 à une offensive russe en Géorgie. Si le président français n'a pas nommé la Russie dans ses critiques, la cible était limpide. «La France ne se résigne pas au fait accompli», a-t-il dit, promettant de veiller à l'application des accords conclus sous son égide et clamant son attachement à l'intégrité territoriale de la Géorgie.

Trois ans après avoir négocié un cessez-le-feu toujours contesté, le chef de l'État a profité de la dernière étape de sa tournée dans le Caucase pour rappeler fermement la Russie à ses engagements, dénonçant ses «menaces et intimidations». Il a notamment critiqué le maintien, «à rebours des engagements pris», d'importantes forces militaires «de l'autre côté des lignes de séparation», en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Allusion aux forces que Moscou, loin d'avoir réduites, a renforcées dans ces deux provinces géorgiennes sécessionnistes, dont la Russie a reconnu unilatéralement l'indépendance. Les accords de 2008 prévoyaient pourtant que leur statut serait défini dans le cadre de négociations, aujourd'hui en panne.
«Sphères d'influence»

Nicolas Sarkozy a également demandé que des observateurs européens puissent se rendre dans ces provinces, comme prévu par les accords, et que le droit des personnes déplacées de revenir dans leurs foyers soit respecté - une demande, là aussi, adressée implicitement à Moscou. «La France considère la Russie comme son amie», a dit Nicolas Sarkozy, qui a invité Moscou et Tbilissi à suivre la voie du dialogue et de la réconciliation, comme la France et l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. C'est cependant à la Russie qu'il a fait allusion dans la foulée en affirmant qu'il fallait que cessent «la rhétorique de confrontation (…), les intimidations, les menaces et les tentatives de déstabilisation proprement inacceptables».

C'est aussi à Moscou qu'il s'adressait quand il a lancé du haut d'une estrade monumentale, face à une statue dorée de saint Georges terrassant un dragon : «Chacun doit admettre que l'Union soviétique n'existe plus et qu'une politique de sphères d'influence n'a pas vocation à lui succéder.»
Aspirations «légitimes» à l'UE

Applaudi par la foule et son homologue Mikhaïl Saakachvili, le président français a également franchi un pas dans la reconnaissance des ambitions européennes de la Géorgie, en estimant qu'elle devait «être libre d'exprimer son aspiration à l'Union européenne et un jour la rejoindre». Il est ainsi allé au-delà des vœux des dirigeants géorgiens eux-mêmes, résignés en ces temps de crise européenne à voir s'éloigner leur rêve d'adhésion à l'Union. Il a également légitimé «l'aspiration (de Tbilissi) à rejoindre l'Otan si son peuple le souhaite».

Après Erevan et Bakou, M. Sarkozy a été accueilli en «ami» (et en français) par le président géorgien, trois semaines après avoir été reçu en «sauveur», avec le premier ministre britannique David Cameron, dans la Libye libérée du colonel Mouammar Kadhafi. «Cette foule immense vient ici exprimer son amour pour la liberté, l'Europe et la France. Sa reconnaissance aussi, lui a lancé son hôte. Nous n'oublierons jamais qui est venu nous épauler, il y a trois ans». «C'est un moment historique pour cette nation et pour cette région», a-t-il confié à des journalistes français.

Oubliée, dans les déclarations du moins, la vente par la France de quatre porte-hélicoptères Mistral à la Russie, qui pourraient faciliter, selon Tbilissi, une éventuelle intervention militaire russe. Le président français n'en a pas moins pris le risque de froisser Moscou, comme il a indisposé les dirigeants turcs en les sommant de reconnaître le génocide arménien de 1915, lors de sa visite d'État en Arménie, jeudi et vendredi matin.


Auparavant, effectuant la première visite d'un président français à Bakou, Nicolas Sarkozy avait aussi prêché la réconciliation entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui se disputent le Nagorny Karabakh, territoire séparatiste azerbaïdjanais peuplé en majorité d'Arméniens. Mais là encore, son homologue Ilham Aliev a souligné le chemin qui séparait les deux voisins de la paix en lui rappelant brutalement que, selon lui, «ce sont nos terres qui sont sous l'occupation».
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/07/01003-20111007ARTFIG00636-en-georgie-sarkozy-rappelle-moscou-a-ses-engagements.php