jeudi 17 novembre 2011

"Génocide" tutsi : victoire de Pierre Péan face aux extrémistes de SOS Racisme, la vision unilatérale de l'histoire rwandaise mise à mal

Rwanda : SOS débouté pour la 3° fois contre Péan
Tefy Andriamanana - Marianne | Mercredi 9 Novembre 2011 à 05:01 |

La Cour de cassation vient de confirmer la victoire de Pierre Péan dans l’affaire qui l’a opposé à SOS Racisme depuis 5 ans. Cinq ans pour confirmer que son livre n’a rien de raciste.


Cette fois, c’est définitif. La Cour de cassation vient de confirmer la victoire de Pierre Péan dans son procès intenté par SOS Racisme pour diffamation raciale et provocation à la haine raciale. Péan avait déjà gagné ses procès en première instance et en appel. La plus haute juridiction française vient donc clore une affaire qui dure depuis 5 ans.

Tout est parti du livre de Péan Noires fureurs, blancs menteurs, publié en novembre 2005 (Mille et une nuits), qui accuse Paul Kagame, actuel président rwandais, d’être impliqué dans l’attentat qui tua notamment l’ex-président Habiyarimana le 6 avril 1994, point de départ du génocide. Mais ce n’est pas cette thèse sur le commanditaire de l'attentat, mais un autre passage qui a déclenché la plainte de SOS Racisme : Péan y évoquait la « culture du mensonge et de la dissimulation » chez les Tutsis.

En novembre 2008, en première instance, les juges ont relaxé Péan estimant que cette formule « aussi brutale qu’elle puisse paraître, spécialement pour les victimes du génocide », ne vise pas à « jeter le discrédit sur l’ensemble des Tutsis ». Un an plus tard, ce jugement a été confirmé en appel. Et cette fois, c'est la Cour de cassation qui confirme que Péan n'a rien à se reprocher. Pour Me Florence Bourg, avocate de Péan, il s’agit là d’un « arrêt très important pour la liberté d’expression ».

« Il y a un militantisme assez clair de SOS Racisme sur le Rwanda »


Mais cette affaire dépasse le seul cadre de la liberté des journalistes. En prenant position ainsi sur le génocide rwandais, SOS Racisme a mis le doigt dans un engrenage que l'association ne maîtrise visiblement pas. « Il y a un militantisme assez clair de SOS Racisme sur le Rwanda », souligne d’ailleurs Me Florence Bourg. « Pierre Péan a une thèse qui n’est pas celle de SOS Racisme, cela n’aurait pas dû finir dans une arène judiciaire, mais par un débat public », regrette-t-elle.

Car le débat sur le Rwanda dépasse largement le cadre de l’antiracisme franco-français. En s’impliquant dans cette vive polémique, SOS Racisme a dû composer avec les tourments de la géopolitique africaine. En septembre dernier, une manifestation de Congolais avait tenté de faire irruption dans les locaux de l’association. Ils accusaient SOS Racisme de mettre injustement en cause des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) dans des violences qui s'étaient produites en marge de la visite officielle de Paul Kagame en France. Depuis 2010, dans un rapport de l'ONU, Kagame est lui-même accusé d'être impliqué dans des massacres en RDC.

Et, en France, c'est le plus souvent dans les tribunaux que l'on débat de la question rwandaise. En juin dernier, Agathe Habyiarimana, veuve de l’ex-président rwandais et accusée d'être impliquée dans le génocide, n’avait pas réussi à visionner avant diffusion un documentaire de France2 la concernant. Selon elle, le film remettait en cause sa présomption d’innocence. Sa demande a été rejetée par le juge des référés.

Qui sert les intérêts de Kagamé ?
Cependant deux autres décisions de justice ont changé quelque peu que la teneur des débats sur le Rwanda. En septembre dernier, la Cour d’appel de Paris a rejeté  la demande d’extradition de la veuve Habyiarimana faite par Kigali qui l’accuse d’avoir été une des meneuses du génocide. Et en octobre dernier, le Tribunal administratif de Versailles a annulé la décision du préfet de l’Essonne refusant une carte de séjour à Agathe Habyiarimana. Pour le tribunal, le motif de « menace pour l’ordre public » invoqué par le préfet n’était pas justifié. Pour autant, la veuve Habyiarimanana qui réside depuis 10 ans en France est toujours sous le coup d’une plainte pour « complicité de génocide » du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (en fait, l'association de deux personnes, Dafroza et Alain Gauthier).

Bref, avec l’affaire Péan puis Habyiarimana, la justice française a mis plusieurs fois à mal la vision unilatérale du génocide rwandais. Une vision unilatérale qui, en tout cas, a bien servi les intérêts de Paul Kagame, et accessoirement ceux de l’Elysée qui a souhaité de toute force se rabibocher avec Kigali. Voilà de quoi faire réfléchir les dirigeants de SOS Racisme sur le bien-fondé de leur cause.
Source : http://www.marianne2.fr/Rwanda-SOS-deboute-pour-la-3-fois-contre-Pean_a212288.html

vendredi 11 novembre 2011
Nouvelle défaite pour SOS Racisme

Le 8 novembre dernier, après cinq années de coûteuses procédures, la Cour de Cassation a rejeté le pourvoi formé par l’association SOS racisme qui poursuivait Pierre Péan, auteur d’un livre intitulé « Noires fureurs, Blancs menteurs » et dans lequel il prend le contre-pied de l’histoire officielle concernant le génocide du Rwanda[1]. Pierre Péan ayant gagné ses procès en première instance et en appel, SOS Racisme subit donc une troisième grave défaite, ce qui devrait faire réfléchir ses généreux donateurs.


A travers ce procès emblématique, SOS Racisme a montré son vrai visage, celui d’une organisation militante dont l’acharnement contre Pierre Péan avait pour but de décourager ceux qui oseraient à l’avenir mettre en doute la thèse de Kigali concernant le génocide du Rwanda.
Or, l’histoire « officielle » de ce génocide a été totalement bouleversée à travers quatre jugements rendus par le TPIR (Tribunal pénal international sur le Rwanda)[2].
Expert assermenté dans trois de ces quatre procès, je suis bien placé pour décrypter la portée des jugements rendus et cela, au-delà du véritable « enfumage » auquel se sont livrés les média ayant une fois de plus agi en simples porte-voix du régime de Kigali et de la vision de l’histoire qu’il prétend imposer.

1) Le 28 novembre 2007, la Chambre d’Appel du TPIR a acquitté Ferdinand Nahimana, un des fondateurs de la Radio Télévision des Mille Collines (RTLM) de l’accusation « de commettre le génocide, d’incitation directe et publique à commettre le génocide, de persécution et d’extermination », considérant que la création de RTLM n’entrait en rien dans le plan génocidaire. Or, jusque là, la thèse officielle était que le génocide avait été programmé puisque les « extrémistes hutu » avaient fondé la RTLM pour le préparer.

2) Le 18 décembre 2008 le TPIR a déclaré le colonel Bagosora non coupable « d’entente en vue de commettre un génocide », faisant ainsi voler en éclats les bases mêmes de l’histoire officielle du génocide du Rwanda car le colonel Bagosora fut constamment présenté comme le « cerveau » de ce génocide.

3) Selon le régime de Kigali, le génocide fut planifié par l’Akazu (ou petite maison, ou petite hutte), cercle nébuleux et criminel constitué autour de la belle famille du Président Habyarimana et dont Protais Zigiranyirazo, frère d’Agathe Habyarimana, épouse du président, était le chef. Ce petit groupe aurait comploté et planifié l’extermination des Tutsi dans le but de préserver son pouvoir et son influence. Le procès de M. Zigiranyirazo était donc lui aussi emblématique puisqu’il était censé mettre en évidence le cœur même de la préparation du génocide.
Or, le 18 décembre 2008 en première instance le TPIR a écarté la thèse du complot ourdi par M. Zigiranyirazo et sa belle famille et l’a acquitté du principal chef d’accusation, à savoir d’avoir prémédité le génocide et d’avoir comploté en ce sens avec le colonel Bagosora et Agathe Kanziga épouse du président Habyarimana pour exterminer les Tutsi du Rwanda.
Le mythe de l’Akazu s’envolait donc. Le 16 novembre 2009, en appel, M. Zigiranyirazo a été acquitté des dernières accusations pendantes et immédiatement libéré.

4) Dans l’affaire dite Militaires I étaient notamment jugés les anciens chefs d’état-major de l’armée et de la gendarmerie, les généraux Augustin Bizimungu et Augustin Ndindiliyimana. Le 19 mai 2011, ils ont été acquittés du chef principal qui était celui de l’entente en vue de commettre le génocide. Ainsi donc, pour le TPIR, la hiérarchie militaire n’a ni prémédité, ni programmé le génocide.

A travers ces quatre jugements[3], c’est donc l’histoire « officielle » du génocide du Rwanda qui est réduite à néant. En effet, si ce génocide ne fut ni prémédité, ni programmé, c’est donc qu’il fut « spontané ».

Or, l’évènement majeur et déclencheur qui provoqua la folie meurtrière fut l’assassinat du président Habyarimana dans la soirée du 6 avril 1994, puisque les massacres commencèrent dès la nouvelle de l’attentat connue, quand les partisans du président assassiné attribuèrent ce crime au FPR, donc à leurs yeux aux Tutsi et à leurs alliés hutu, les « Hutu modérés » des journalistes.
Ceux qui ont abattu l’avion du président Juvenal Habyarimana portent donc l’immense responsabilité d’avoir directement ou indirectement provoqué le drame du Rwanda. Or encore, selon le juge français Bruguière et le juge espagnol Merelles, le président Kagamé aurait ordonné cet attentat et ils donnent même les noms de ceux qui auraient tiré les deux missiles ayant abattu l’avion présidentiel.
Voilà ce qui dérange les « amis » de Kigali, dont SOS Racisme. D’autant plus que Théogène Rudasindwa, ancien directeur de cabinet de Paul Kagamé, exige d’être entendu par le TPIR et par un juge français afin, selon ses propres termes, de pouvoir « divulguer tous les détails sur l’attentat du 6 avril 1994 » dont il impute la responsabilité à l’actuel chef de l’Etat rwandais. L’heure de vérité approche donc, et inexorablement…

Bernard Lugan
11/11/11

[1] Pour la déconstruction de cette histoire officielle, on se reportera à mon livre Rwanda : contre-enquête sur le génocide. Privat, 2007.
[2] Pour les détails, explications et développements concernant ces procès, l’on se reportera à l’Afrique réelle n°4
[3] Les prévenus ont été condamnés pour d’autres motifs que celui de préméditation du génocide. Voir à ce sujet les commentaires de ces jugements dans l’Afrique réelle.
Source : http://bernardlugan.blogspot.com/2011/11/nouvelle-defaite-pour-sos-racisme.html

Nous nous félicitons de cette victoire du sérieux, du bon sens, du journalisme d'investigation sur les lobbies liberticides et malveillants. Pour autant, est-ce que cela poussera les militants ethno-nationalistes arméniens à cesser de cautionner ces mensonges unilatéraux sur de prétendus "genocides" au Rwanda ou au Darfour, comme sur ce site extrémiste (faisant la part belle à cette propagande de désinformation) crée par eux ? On peut en douter...

Voir également : Nicolas Stoquer, président du parti gaulliste RPF, analyse de manière remarquable l'idéologie victimaire et la généralisation perverse du qualificatif de "génocide" dans les cas arménien et tutsi

Rony Brauman (ancien président de Médecins sans frontières), pourfendeur de l'instrumentalisation inconsistante du terme de "génocide" dans le conflit du Darfour