mercredi 30 novembre 2011

La mafia arménienne passe par l'autoroute A 1

Les mafias de l’Est passent par l’A 1

Les mafias de l’Est passent par l’A 1 L’autoroute du Nord est de plus en plus empruntée par des malfaiteurs originaires des pays de l’Est. Au péage de Chamant, trois receleurs arméniens ont été stoppés sur la route de la Belgique.


L’A1, voie royale de tous les trafics. Drogue, clandestins et aussi autoroute des mafias de l’ex-bloc de l’Est. Troublant hasard, mercredi, la gendarmerie interpelle trois ressortissants serbes au péage de Chamant, qui remontent vers la Belgique. Le lendemain, ce sont trois Arméniens qui tombent dans les filets de la section des recherches de Toulouse pile au même endroit.

SUR LE MÊME SUJET Des Géorgiens spécialisés dans le cambriolage Des Géorgiens spécialisés dans le cambriolage Deux affaires pourtant distinctes, mais qui émettent le même signal : l’A1 mérite plus que jamais sa réputation d’axe béni de toutes les délinquances.

Opération Caucase

La section des recherches de Toulouse ne s’est pas dépaysée dans l’Oise par enchantement. Elle intervient dans le cadre d’une commission rogatoire pilotée par l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), menée principalement dans le Sud-Ouest… et dans l’Oise. Baptisée opération Caucase, elle a permis de neutraliser une branche de la puissante mafia géorgienne qui sévit en France depuis le milieu des années 2000, les « vory vzakone » (les voleurs dans la loi). Cette confrérie issue de l’ex-URSS est spécialisée dans les cambriolages de résidences, avec un appétit tout particulier pour les bijoux en or. Entre Géorgiens et Arméniens, une division des tâches s’opère. Aux Géorgiens les cambriolages et aux Arméniens le recel. Maillon stratégique de la chaîne, les receleurs arrêtés dans l’Oise étaient domiciliés en Ariège et dans le Tarn, et ils remontaient vers la Belgique. L’enquête initiée en août 2010 a confirmé que la Belgique était « un axe de blanchiment pour les bijoux », en raison d’une réglementation libérale en matière de recel. « Les bijoux sont ensuite écoulés sur la place d’Anvers chez des bijoutiers peu scrupuleux », explique la direction régionale des douanes.

L’OCLDI, qui dirigeait les opérations avec l’appui de trois cents hommes du GIGN, ne cache pas sa satisfaction. « C’est la première opération menée de manière autonome en France qui visait la mafia russophone. » Vingt-trois suspects ont été arrêtés. Parmi eux, un « vor » (l’équivalent d’un parrain de la mafia sicilienne) à Millau (Aveyron). Une source proche de la Jirs de Bordeaux (juridiction interrégionale spécialisée), qui instruit le dossier, confirme : « Le réseau a été décapité. » Les forces déployées étaient à la mesure de l’objectif. L’OCLDI a travaillé en étroite collaboration avec le FBI américain et Europol (office européen de police criminelle).

Au total, vingt-trois suspects ont été interpellés et placés en garde à vue quatre-vingt-seize heures pour vols en bande organisée. Présentés devant un juge d’instruction bordelais, les Arméniens arrêtés à Senlis ont été incarcérés.

Pour l’instant, ils ne font que transiter par l’A 1. Et même si les cambriolages ont bondi de 10% en un an dans l’Oise, surtout en zone rurale, aucune filière géorgienne n’a été à ce jour identifiée.

Mais la traque entamée par l’opération Caucase ne fait que commencer. car ces réseaux se régénèrent en permanence.
Source : http://ofek-consulting.com/spip.php?article894

Voir également : Aveyron et Sud-Ouest : démantèlement d'un réseau de cambrioleurs arméniens et "géorgiens"

Gers : l'incroyable butin de la bande organisée de cambrioleurs arméno-géorgiens

Bruxelles : l'Arménien de Géorgie Shirin Muradian soupçonné d'avoir participé à une fusillade