samedi 19 novembre 2011

La perception des Kurdes dans la littérature nationaliste arménienne, avant l'alliance nouée entre la FRA-Dachnak et le Khoyboun dans les années 20

Mikaël Varandian (idéologue de la FRA-Dachnak), L'Arménie et la question arménienne, Laval, G. Kavanagh & Cie, 1917, p. 27-30 :

"Kurdes et Circassiens ont tous deux les mêmes traits caractéristiques que les hordes primitives. Les uns et les autres sont nomades et pratiquent largement le banditisme.

Strabon mentionne deux fois le Kurde, en le gratifiant du nom de brigand. Xénophon parle, dans son Anabase, des sauvages et vaillants Carduques (Kurdes). Et ces derniers restent à peu près ce qu'ils étaient du temps de Xénophon. Les habitudes de vagabondage et de brigandage persistent dans la plupart des petites tribus, dont se compose ce peuple étrange. Il y a cependant quelques tribus sédentaires et pacifiques, vivant du fruit de leur propre travail. (...) L'agriculture, les métiers, le commerce, toutes les branches du travail qui demandent des efforts pénibles et persistants et une certaine discipline, sont en mépris chez les Kurdes (quoiqu'il y ait des Kurdes cultivateurs) et ils vivent rarement dans les villes. Le peuple kurde ne s'est pas efforcé de travailler, parce qu'il a eu de tous temps à côté de lui un élément producteur par excellence, l'Arménien qu'il pouvait exploiter et spolier infiniment et impunément. Quand il ne peut pas vivre des produits ou de la vente des bestiaux, il frappe et il prend.

Voilà un des facteurs principaux de l'éternel drame arménien.

Mais le Kurde frappe même sans aucune nécessité, pour ainsi dire vitale, poussé uniquement par son caprice débridé, par l'esprit d'aventure, par son désir de possession et de domination. Il suffit de se rappeler les cas innombrables d'enlèvements de jeunes filles arméniennes.

Et ainsi l'histoire, depuis de longs siècles, a assisté au déroulement de l'antagonisme sanglant de deux races aryennes, partageant le même milieu géographique, possédant le même sol, ayant les mêmes conditions climatériques, l'une produisant, et l'autre s'appropriant, l'une attachée à sa terre, à sa charrue, à sa caravane, intelligente et laborieuse, possédant une langue riche et une littérature, dès le IVe siècle, aspirant à sortir de son enfer asiatique pour aller à la civilisation occidentale, poursuivant à travers mille obstacles sa mission d'intermédiaire entre l'Orient et l'Occident ; l'autre, fragment de l'humanité préhistorique, vivant toujours dans l'âge pastoral, n'ayant aucune trace de culture, manquant même d'un alphabet, méprisant le travail créateur, tenant le banditisme pour le plus noble des métiers, le vol et le brigandage pour la suprême vertu, féroce et par dessus tout encouragée, soutenue par la race dominante, dont elle partage la religion, armée jusqu'aux dents, semant tous les jours l'épouvante et la mort par ses razzias perpétuelles, arrêtant les caravanes, pillant, violant, assassinant le « raya », son esclave, qu'un despotisme sans scrupule lui a livré désarmé, sans défense !

Il est impossible de trouver une situation plus tragique et un martyrologe plus poignant dans l'histoire des sociétés humaines.

Et c'est un grand problème sociologique que cette éternelle immobilité de la race kurde, qui ne manque cependant pas de qualités positives, cette humeur éternellement inquiète, pareille à celle des Tziganes que la civilisation européenne ne parvient pas à domestiquer.

C'est aussi un grand problème politique qui se posera demain devant l'Europe poursuivant la réalisation de ses vastes projets, dans ces régions lointaines d'Anatolie et de Mésopotamie, où des masses de Kurdes sont fixés avec leurs habitudes invétérées de vie nomade, de razzias et de brigandage."

Voir également : L'alliance entre nationalistes kurdes et arméniens est basée sur le mensonge, l'occultation et la haine

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Musa Bey, le boucher kurde des Arméniens de Muş

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