lundi 14 novembre 2011

La position équivoque des Arméniens, notamment dachnaks, durant les Guerres balkaniques (1912-1913)

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005 :

"(...) à mesure que la guerre semble de plus en plus inévitable entre Triple Alliance et Triple Entente, l'Empire ottoman entre dans une succession de crises où les Arméniens se divisent. Guerre en Tripolitaine et guerres balkaniques partagent les courants politiques arméniens. La FRA condamne les puissances balkaniques au sein de la IIe Internationale mais ne peut empêcher sa tendance anti-turque de rejoindre la Bulgarie dans la guerre contre Constantinople. En Russie, à mesure que les tensions s'accentuent avec la Turquie, les relations entre Saint-Pétersbourg et la FRA se normalisent après un procès retentissant du Dachnak dans la capitale russe en 1912 et au verdict clément." (p. 15)

Feroz Ahmad, "The Special Relationship : The Committee of Union and Progress and the Ottoman Jewish Political Elite, 1908–1918", in Avigdor Levy (dir.), Jews, Turks, Ottomans : a shared history, fifteenth through the twentieth century, New York, Syracuse University Press, 2002 :

"Non seulement l'Etat ottoman pouvait compter sur les troupes juives pour se battre avec vaillance, mais dans certaines zones, il a également armé la population juive de manière à résister à une invasion grecque de la côte égéenne. (...)

Il est intéressant de noter que la Porte n'a pas armé population arménienne de la région ; on peut en conclure que les Arméniens de la région n'étaient pas dignes de confiance pour résister à une invasion grecque. Il est généralement admis que les Arméniens d'Anatolie restèrent fidèles à l'Empire ottoman durant les Guerres balkaniques. Richard G. Hovanissian note, toutefois, qu'"en 1912, les Arméniens des Balkans réagirent en formant une unité de volontaires pour aider la Bulgarie contre la Turquie, tandis que les Arméniens de Transcaucasie s'agitaient de nouveau pour une implication russe dans les affaires ottomanes"." (p. 226-227)

Avigdor Levy, "The Siege of Edirne (1912-1913) as Seen by a Jewish Eyewitness : Social, Political, and Cultural Perspectives", ibid. :

"Les Arméniens d'Edirne étaient généralement considérés comme sympathisants des Bulgares. Cependant, ils étaient une communauté restreinte et riche, et il semblerait que certains d'entre eux souffrirent également des conséquences de l'occupation [bulgare]." (p. 329, note 82)

Jacques Eskenazi et Alfred Krispin, Jews in the Bulgarian hinterland : an annotated bibliography, Sofia, IMIR, 2002 :

"Dans le supplément E sont présentés des faits sur le pillage des biens juifs à Odrin [Adrianopolis] après la prise de cette forteresse par les troupes bulgares ; sur le meurtre d'un Juif qui plaidait pour un officier turc captif ; sur le viol de femmes grecques, juives et même arméniennes, malgré le soutien arménien à la cause bulgare." (p. 584)

Yves Ternon, Guerres et génocides au XXe siècle : architectures de la violence de masse, Paris, Odile Jacob, 2007 :

"En fait, la seconde guerre des Balkans est aussi une guerre de propagande. La commission Carnegie déjoue la manœuvre et fait la part des responsabilités. Elle révèle que la campagne de presse dirigée par la Grèce a masqué les excès de l'armée grecque et que ceux-ci ont précédé les crimes bulgares. Dans cette campagne de presse, les Grecs ont pris la défense des musulmans turcs. Ils ont accusé les Bulgares d'avoir, dans leur retraite, violé les femmes et massacré les populations civiles grecques et turques, et aussi arméniennes." (p. 118)

Voir également : Salonique, 1912 : les exactions de l'armée grecque contre les populations non-orthodoxes

La brutalisation entraînée par les Guerres balkaniques (1912-1913), elles-mêmes provoquées par les Etats chrétiens-orthodoxes (Grèce, Serbie, Bulgarie)

Les conséquences désastreuses de l'agression coordonnée par les Etats grec, bulgare et serbe contre l'Empire ottoman (1912-1913)

La barbarie de la tourbe grecque en 1912-1913

La christianisation-grécisation forcée des enfants turcs musulmans par les stato-nationalistes grecs

L'imbrication de deux réalités : le martyre des muhacir et les massacres d'Arméniens en Anatolie

Le modèle des fedai arméniens : le terrorisme des komitacı chrétiens-orthodoxes de Macédoine

Les racines positivistes du nationalisme révolutionnaire arménien 

Le projet ottomaniste d'admission des Arméniens dans l'armée ottomane : des Tanzimat à la révolution jeune-turque

1914-1915 : la volonté de collaboration de la FRA-Dachnak avec l'Entente et contre l'Empire ottoman