dimanche 27 novembre 2011

Le "Gang des Lyonnais", un gang d'Arméniens ?

Mis à jour 21-11-2011 00:02

"Ce livre m'a permis de raviver la mémoire lyonnaise"
A l'occasion de la sortie mercredi du film d'Olivier Marchal "Les Lyonnais", entretien avec le journaliste du "Progrès" Richard Schittly, qui détaille le contexte historique du Gang, dans son ouvrage : "L'Histoire Vraie du Gang des Lyonnais"


Comment vous est venue l'idée d'écrire un livre sur cette histoire ancienne ?
Ça me trottait longtemps dans la tête. Ça fait partie de l'histoire lyonnaise. C'est même dans le code génétique des journalistes Lyonnais. J'ai remarqué que l'histoire complète du Gang n'avait jamais été racontée de manière et surtout pas dans son contexte historique. Avant le film, j'avais déjà noué des contacts. Ce livre m'a permis de raviver la mémoire lyonnaise.

Au fond, qu'apportez-vous de nouveau ?
Je pense apporter une connaissance exhaustive de ce gang. J'ai réalisé une vingtaine d'entretiens, j'ai eu la chance d'avoir accès à des archives inédites des dossiers d'instruction comportant 26 tomes. Cela me permet de raconter de façon chronologique cette épopée et notamment le contexte historique : en 1968 et 1969, la Police judicaire est décapitée avec à sa tête le commissaire Charles Javilliey, soupçonné de corruption. Le Gang des lyonnais va profiter entre 1970 et 1972 de cette désorganisation de la police qui mettra deux ans avant d'identifier les premiers protagonistes.

Qu'avez-vous pensé du film et des confidences d'Edmond Vidal racontées dans le livre "Pour une poignée de Cerises".
Ceux qui aiment le travail d'Olivier Marchal vont apprécier "Les Lyonnais". Mon livre est un complément du film qui est à 70% de la fiction, de l'invention. Concernant le livre, c'est le témoignage d'Edmond Vidal qui est très touchant, c’est sa vision personnelle. Le livre ne devait pas être édité, il a accepté ce projet pour laisser quelque chose à la jeune génération. Dans ce livre, Vidal dit beaucoup de chose mais c'est codé, il ne donne pas le nom des vrais lieux. Mon livre permet de décoder. J'ai aussi élargi à d'autres témoignages comme celui de Pierre Pourrat, surnommé Le Docteur, dont je dresse la biographie complète, il est aujourd'hui décédé. J'ai écumé des procès verbaux des années 60 pour dresser son portrait.

Vous rappelez que le gang des Lyonnais n'aurait pas vu le jour sans l'esprit d'un clan, c'est-à-dire ?
Je parle des Arméniens, l'histoire familiale de ces gens qui sont arrivés à Décines, qui ont partagé une jeunesse très tumultueuse. Je parle de la communauté Gitane. C'est en comprenant cette amitié entre Gitans et arméniens, liés dans la difficulté, les joies, qu'on comprend mieux le Gang. J'évoque aussi le fait qu'à l'époque, les parrains du milieu étaient très liés à la politique, au Sac notamment. Il y a eu un conflit entre les anciens liés à la politique et les jeunes, dont ceux du Gang, qui voulaient s'en affranchir. Jean Augé, qui venait du milieu, a voulu éliminer les membres du Gang.

Vous évoquez aussi la délinquance d'aujourd'hui, très différente du code d'honneur du Gang.
Au moment du tournage du film, on a eu à Lyon une série de braquages très violents. J'ai fait le parallèle. Ce sont des braqueurs sans foi ni loi, rien à voir avec le Gang des Lyonnais. Eux notaient dans des carnets leur plan de fuite au moment de projeter un braquage ; c'était ce qu'ils appelaient les cavales. C'était minutieusement préparé. Le Gang évitait à tout prix la confrontation, l'effusion de sang. Cela n'a rien à voir avec ce qu'on voit aujourd'hui à Lyon.

Que vous inspire l'affaire Neyret, le commissaire qui a même servi d'inspiration à l'un des personnages du film ?
Je suis très prudent mais cela est déconcertant, suscite l'incompréhension. Je n'ai pas encore démêlé cette affaire.
Source : http://www.metrofrance.com/lyon/ce-livre-m-a-permis-de-raviver-la-memoire-lyonnaise/pkkt!vv4AtAE0rSBhDYVL4MV7fQ/

Les amis d'enfance d'Edmond Vidal

Pierre Zakarian dit « Pipo » est né en 1940 à Lyon. Son casier ne porte que quelques condamnations pour proxénétisme. Il a effectué son service en Algérie. Personnage attachant et fidèle, il n'hésitera pas à rejoindre Momon avec lequel il a grandit. Il avait lancé avec Momon et un autre ami un grand magasin de discount en Isère dans les années 1980.

Michel Silmetzoglu dit « Michel le Grec » rejoint l'équipe à 33 ans. Il est le rigolo de la bande. Intelligent et plein d'humour, il aime amuser la galerie. Bien qu'étant soupçonné de proxénétisme son casier judiciaire est vierge. Il possède, avec Joseph Vidal dit « Galane » (le grand frère d'Edmond), des parts dans un bar-dancing de Vienne, le California.

Jean-Pierre Mercarian, la trentaine dit « Mardir », rejoint l'équipe pas solidarité à ses amis d'enfance. Il est un grand collectionneur d'objets militaires américains.

L'équipe sera compléter aussi avec le frère de Michel Silmetzoglu , Constantin dit « Guitou », Robert Gandeboeuf le frère de Jean-Pierre Gandeboeuf, Georges Manoukian dit "Chaim", Jean-Pierre Mardirossian... Le Gang des lyonnais aurai comporté 15 membres environ


Entre 1970 et 1974, la police attribua à cette équipe plus de 35 braquages dont celui de la poste centrale de Strasbourg, le premier braquage qui sera qualifié par la presse de « hold-up du siècle » en France. Le 30 juin 1971, le Gang des Lyonnais entre dans la légende en dérobant, sans violence, 11 680 000 francs (7 120 000 €).
Source : http://milieulyonnais.skyrock.com/2193892595-Les-amis-d-enfance-d-Edmond-Vidal.html

Voir également : La "French Connection" : la conjonction de la mafia arménienne et du narco-terrorisme arménien

La bonne blague de Jean Reno : "il n'y a pas de mafia arménienne"

Milieu arménien : l'assassinat de Félix Margarian

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