mercredi 30 novembre 2011

Les Arméniens de France dans la Résistance... Euh, pardon, dans la Gestapo, chez Henri Lafont

Grégory Auda, Les belles années du "milieu" 1940-1944 : le grand banditisme dans la machine répressive allemande en France, Paris, Michalon, 2002, p. 23 :

"Si la majorité des gestapistes étaient Français, il faut tout de même souligner une certaine tendance au cosmopolitisme de ce « corps » informel : des Italiens, des Polonais, des Arabes, des Géorgiens, des Arméniens, etc."

Raymond Ruffin, Les Espionnes du XXe siècle, Paris, France-Empire, 2000, p. 164-165 :

"Dûment accrédité par Boemelburg, Lafont se rend à Fresnes le 6 septembre [1940] pour faire libérer quelques-unes de ses anciennes connaissances du « milieu ». Ainsi se retrouvent en liberté, mais sous la coupe de leur sauveur, plusieurs spécimens de la pègre : Pinardel, Carrier, Maillebuaux, Tissier, Bonnal, Valet, Estébéguy dit Adrien le Basque, Lucien Prévost et Charles Cazauba. La Gestapo réquisitionne un immeuble au 93 de la rue Lauriston pour y installer ses « auxiliaires ». Mais Lafont trouve ses effectifs insuffisants, qu'à cela ne tienne et avec la bénédiction de Boemelburg il repart pour Fresnes. Cette seconde fournée de crapules comprend : Paulo la Gamberge, Cajac, Miclar, René Mâle dit Riri l'Américain, Robert Moura, Paul Clavié, Eddy Pagnon, Abel Danos dit Le Mammouth, Jean-Michel Chaves dit Nez de braise, un tueur demi-fou, Bernard Tertre, Robert Méry dit Robert le Pâle, Armand Le Fou, Feu-Feu le Riton, François Lorand dit François le Mauvais, Louis Seiche, Jacques Leroy, Raymond Richard dit Monmon, Jules Besançon, Maurice Latès, Jo le Corse, Adolphe Cornet dit Fredo la Terreur, Charles Valet, Alexandre Villaplana ancien international de football, ami de Violette Morris, Georges l'Arménien, et enfin celui qui deviendra le bras droit de Lafont, l'ex-inspecteur de police Pierre Bony [Bonny] destitué dans le cadre de l'affaire Stavisky-Prince pour avoir falsifié des rapports et des procès-verbaux. Quelle brochette ! Voilà bien des cellules de la prison vides de pensionnaires, hélas pas pour bien longtemps car ceux-là même qui viennent de les quitter vont y amener par fournées les patriotes qu'ils auront arrêtés et torturés."

Marcel Hasquenoph, La Gestapo en France, Paris, De Vecchi, 1975, p. 137-138 :


"Dans cette véritable Cour des miracles, il y a :
- Armand le Fou, vingt-sept ans, huit condamnations, un meurtre, chef du gang des « Tractions avant » ;
- Raymond Richard, proxénète ;
- Daniel Hirbes, fonctionnaire en retraite, dénonciateur du réseau « Résistance-Fer » ;
- Bernard Tertre, ancien légionnaire, dénonciateur du réseau « Libération-Vengeance » ;
- Jacques Leroi, ancien commandant, le tortionnaire-type ;
- Louis Seiche, l'espion de profession qui sera abattu le 24 août 1944 ;
- Bernard Simoni, le trafiquant qui se spécialise dans la chasse des parachutistes et le dépistage des terrains d'aviation ;
- Feu-Feu dit « le Riton », sept condamnations dont l'attaque du fourgon postal de la rue de Maubeuge ;
- François Lorand dit « François le Mauvais », spécialiste de la traite des blanches et de l'écoulement de la fausse monnaie ;
- Pierre Romain, le patron d'un cabaret à Pigalle qui est le point de ralliement ;
- Mohamed Begdane dit « Jean le Manchot », ancien des Brigades internationales qui se fait appeler « von Kerbach » ;
- Jacques Bernard « la Gueule d'or » : dix fois condamné ;
- « Jo le Corse », le tueur à gages du Patron, on l'appelle le « Guillaume Tell » du milieu ;
- Adolphe Cornet dit « Fredo la Terreur du Gnouff », préposé à « la magnéto à effacer le sourire » ;
- Il y a aussi Jules Besançon le proxénète, Maurice Latès, Charles Blénot, l'Arménien Georges Kaidijian, etc."

Voir également : Les Arméniens de France sous l'occupation allemande

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