lundi 21 novembre 2011

L'opposition du résistant socialiste français Daniel Mayer à l'entrée de la FRA-Dachnak au sein de l'Internationale socialiste

Gaïdz Minassian, "L'Internationale socialiste et les partis socialistes exilés du bloc communiste : le cas de la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun", Revue d'études comparatives Est-Ouest, volume 32, n° 3, 2001, p. 111-112 :

"En 1947, SFIO et FRA sont confrontées aux communistes : la première avec la rupture du tripartisme par Ramadier en 1947 ; la seconde avec le renoncement de Staline à la province de Kars-Ardahan. Plusieurs délégations de la SFIO participent à la fête de l'indépendance de l'Arménie tous les 28 mai et les socialistes français mettent leurs locaux parisiens à la disposition des Jeunesses dachnaks pour leurs congrès de 1947 et 1949 (Haïastan, déc. 1995). Cherchant à convaincre ses interlocuteurs, la FRA fait preuve de modération dans sa lettre de candidature. Elle appelle à « rétablir l'Etat socialiste démocratique arménien sur le sol natal historique de nos ancêtres » (Archives Dépreux). Les socialistes occidentaux étant très attentifs à leurs relations avec l'URSS, la FRA n'insiste ni sur le démantèlement de ses structures dans les pays communistes des Balkans, ni sur la restauration de l'Etat (puisqu'il est question de « l'Etat socialiste ») et encore moins sur l'URSS ; elle ne parle que de « sol natal historique » sans préciser sa forme juridique du moment. En proclamant « qu'elle n'est pas un parti d'état-major sans troupes », la FRA tient à distinguer sa candidature de celles des autres partis exilés qui, le Parti social-démocrate letton excepté, sortent peu à peu de la scène politique. Mais, malgré cette pondération, la SFIO s'oppose à l'affiliation des exilés car elle ne veut pas donner l'impression que la future organisation socialiste refuse le dialogue avec l'URSS. Le socialiste français Daniel Mayer, chef de la tendance la plus opposée à l'adhésion de la FRA, prend en compte le rapprochement entre certains dachnaks et l'Allemagne nazie pendant la Deuxième guerre mondiale pour conclure que la FRA n'est pas un mouvement socialiste et qu'elle n'a donc pas sa place dans l'organisation socialiste internationale."

Voir également : Le socialisme de la FRA-Dachnak

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