mercredi 9 novembre 2011

Musa Bey, le boucher kurde des Arméniens de Muş

François Georgeon, Abdülhamid II : le sultan calife (1876-1909), Paris, Fayard, 2003, p. 257-258 :

"Au printemps 1889, dans la région de Muş, en Anatolie orientale, le chef d'une puissante tribu kurde, Musa bey, se livre à des violences contre des villages arméniens, où il enlève et séquestre une jeune fille arménienne avant de la convertir de force à l'islam. Attaques contre des villages, granges incendiées, rapts de femmes, conversions. Tout cela fait partie du quotidien dans cette Anatolie orientale marquée par ce type de violences depuis longtemps. Peut-être le rapt de femmes chrétiennes est-il devenu plus fréquent à mesure que la traite se raréfie et que les esclaves circassiennes deviennent plus difficiles à se procurer ? Pourtant, cette affaire, banale au départ, va grossir et enfler au point d'être évoquée dans la presse européenne et de faire l'objet d'un débat à la Chambre des communes. Et elle va connaître une conclusion inattendue : un grand procès public à Istanbul à la fin de l'année.

Au cours de l'été, le consul anglais à Erzurum entreprend une longue tournée en Anatolie orientale. Il y trouve une situation bien changée depuis l'époque où, une dizaine d'années auparavant, il parcourait les mêmes régions. Dans l'ensemble, note-t-il, les effets de la guerre [russo-turque] se sont estompés, la famine a disparu, la sécurité publique s'est améliorée. Garnisons, télégraphe, gendarmerie, patrouilles, justice, police : la présence de l'Etat est nettement plus sensible. Mais le diplomate britannique remarque aussi la situation économique déprimée, notamment le déclin des activités traditionnelles du tissage, les sentiments de jalousie des musulmans à l'égard du bien-être et de la prospérité matérielle des chrétiens. Quant aux Arméniens, les plus éduqués d'entre eux regardent vers l'Occident et se plaignent de leur situation tandis que les classes populaires sont plutôt loyalistes. Dans l'ensemble règne pourtant dans la communauté un mécontentement latent."

Voir également : Les prétendus "massacres hamidiens" de l'automne 1895

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