lundi 5 décembre 2011

Johannès Dadian, portrait d'un amira

Jean-François Solnon, Le turban et la stambouline : l'Empire ottoman et l'Europe, XIVe-XXe siècle, affrontement et fascination réciproques, Paris, Perrin, 2009, p. 478 :

"Johannès Dadian était un sujet arménien du sultan. Comme ses ancêtres établis à Istanbul au XVIIIe siècle et protégés du Grand Seigneur, il dirigeait les poudreries ottomanes, chargé ainsi de doter la Porte en armes dont l'usage était interdit aux chrétiens. A la fois administrateur et ingénieur, c'était un inventeur doué, sans cesse en voyage d'études en France et en Angleterre à l'affût des innovations technologiques et en quête des meilleurs techniciens à débaucher. Il fut l'un des premiers acteurs de l'industrialisation naissante de la Turquie. Polyglotte (il parlait l'ottoman, l'arménien, le grec et le français), il avait la dimension d'un entrepreneur international. A la fin de la guerre de Crimée, où les armes sorties de ses manufactures avaient fait merveille, des officiers français lui proposèrent de lui en acheter les secrets. L'homme était un ami de la France, mais il était aussi sujet fidèle du sultan : il refusa. Abdülmedjid apprit cette preuve de loyalisme et le récompensa. Les Dadian pouvaient se vanter de la « confiance presque illimitée » des Ottomans pour les Arméniens."

Voir également : Le XIXe siècle, l'âge d'or des Arméniens d'Istanbul

Le règne du "sultan rouge" (sic) Abdülhamit II (Abdul-Hamid II) : une "belle époque" pour les Arméniens ottomans hors d'Anatolie orientale

Abdülhamit II (Abdul-Hamid II), un sultan entouré d'Arméniens

Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens